AUTRES LOCALISATIONS POSSIBLES DE LA TUBERCULOSE TRAUMATIQUE
Nous l’avons déjà dit, on a signalé des cas de tuberculose traumatique intéressant la plupart des organes. Nous ne nous étendrons pourtant pas sur toutes les localisations possibles ; nous nous contenterons de citer les principales.
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Tuberculose épididymotesticulaire. — C’est, semble-t-il, la plus fréquente localisation après la tuberculose pulmonaire, pleurale et ostéoarticulaire, encore qu’on ne puisse guère trouver de cas où la relation de cause à effet entre le traumatisme et l’apparition ultérieure de tuberculose soit manifeste. Le plus souvent, en effet, 1l semble bien, comme le note le Professeur DEervirLée, qu’il s’agisse plutôt, « soit d’une tuberculose simplement révélée, soit d’une tuberculose révélée et aggravée ». A la suite d’un choc banal, le plus souvent assez léger, par exemple après s’être assis maladroitement sur la selle d’une bicyclette, un homme remarque « quelque chose d’anormal » dans la région de l’épidyme ; c’est une lésion tuberculeuse qui était silencieuse et qui pourra subir une poussée du fait du traumatisme.
Tuberculose rénale. — Elle est rare. On en a rapporté quelques observations. Nous en citons une de Berri et ARMÈS qui nous paraît assez typique
Un homme de 32 ans, sans antécédents personnels ou héréditaires notables, est renversé par une auto, alors qu’il circule à bicyclette, ce qui lui cause un important traumatisme de la région lombaire droite et une violente commotion cérébrale. : Il est obligé de rester alité un mois.
Puis, 4 mois après l’accident, alors que tout semblait normal, son attention est attirée par des urines présentant une coloration rouge foncée qui disparaît après une semaine. Rien à signaler par ailleurs.
Mais, trois mois après cet épisode, apparaissent des douieurs régulières dans la région lombaire droite, sans irradiations, des brûlures à la miction, polakïurie diurne (toutes les 20 minutes) et nocturnes (toutes les 30 minutes). Légères hématuries accompagnées d’urines troubles.
A ce moment, un examen clinique, la cystoscopie, la radiographie, la bactériologie affirment l’existence d’une tuberculose rénale droite. Le rein gauche paraît indemne. Une néphrectomie droite ultérieure confirme le diagnostic.
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* Il semble bien que le diagnostie de tuberculose traumatique ne puisse être ici mis en doute.
Tuberculose péritonéale. — On en a signalé quelques cas. Dans certains, comme ceux de Sims et GUILLERMIN, il s’agit de véritable péritonites aiguës, traumatiques, nécessitant une intervention qui permet de trouver du pus tuberculeux dans l’abdomen.
Dans d’autres cas, l’évolution est plus insidieuse. C’est le cas classique de Dupoxcxer, où un soldat reçoit un violent coup de pied à l’abdomen. Il reste malade pendant plusieurs mois et, un peu moins d’un an après, on le trouve atteint d’une péritonite plastique tuberculeuse.
Méningite tuberculeuse. — Le Porrige en cite plusieurs cas qui ont été publiés sous l'étiquette traumatique. Dans les uns, la méningite semblait isolée ; dans d’autres, il semble plutôt qu'il s’agissait d’une manifestation de début d’une tuberculose généralisée. À noter que les traumatismes invoqués n'étaient pas toujours crâniens.
On pourrait citer aussi des péricardites tuberculeuses, des tuberculoses herniaires, des tuberculoses de la rate. pour lesquelles une étiologie traumatique a été proposée.
TUBERCULOSE GÉNÉRALISEE
Avant de terminer l’étude clinique de la tuberculose traumatique, nous tenons à envisager brièvement la question des granulies tuberculeuses généralisées.
Nous avons vu en terminant notre étude pathogénique comment Ficker en expliquait l’apparition.
Un traumatisme violent atteignant un sujet tuberculisé produit chez celui-ci un brutal fléchissement des résistances à l’infection ; une fonte d’un foyer bacillaire latent amène un très important déversement de matériel caséeux,
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d’où dissémination massive de B.K. et apparition possible de granulie.
Le traumatisme invoqué peut intéresser n’importe quelle partie du corps, mais il serait le plus souvent crânien.
Voici justement une observation très démonstrative de FIcKET
Il s’agit d’un jeune homme de 20 ans, exerçant régulièrement depuis 5 ans, la profession de menuisier.
Dans ses antécédents, on note, à l’âge de 5 ans, des troubles de croissance avec poussée de fièvre et perte d’appétit. A 18 ans, épisode fébrile indéterminé d’une durée de quelques jours.
Le 5 septembre, après une discussion, il reçoit sur la tempe gauche, un coup assez violent porté par un objet métallique mousse, qui entraîne une plaie contuse. Il est laissé une heure environ sur le bord de la route dans un état comateux.
Le lendemain et les 3 à 4 jours suivants, il se rend à la clinique voisine pour faire soigner sa plaie. Il ne présente aucune fracture du crâne, pas de signe d’irritation cérébrale, pas d’'hypertension intracranienne. Il ne se plaint que de lassitude légère. Il n’a pas de fièvre.
Six jours après la rixe, il commence à se plaindre de céphalée, a de la fièvre, et, 7 jours après, il présente les premiers signes d’une méningite aiguë qui est confirmée par ponction lombaire et qu’on croit méningococcique,
Il meurt, le 26 septembre, après avoir présenté des phases successives de coma et d’excitation.
La méningite évolua donc en une quinzaine de jours.
L’autopsie montra, non seulement qu’il s'agissait manifestement d’une méningite tuberculeuse, mais que la plupart des viscères présentaient des granulations miliaires.
L’autopsie montra aussi une masse caséeuse bacillaire adhérente à une veine pulmonaire et en communication avec elle ; il en était résulté sûrement une très importante bacillémie.
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Et Fioker dit : « L’envahissement sanguin par des microbes susceptibles de créer deux lésions granuliques est suivi extrêmement tôt par des manifestations cliniques fébriles. Aussi peut-on être assuré qu’un individu qui présenterait une telle dissémination sanguine avant le traumatisme en serait subjectivement malade et serait incapable de travailler ».
Aussi Ficxer conclut-il nettement que le traumatisme a été responsable de cette granulie.