‹ Etat Actuel de la Physio-Pathologie de la Glande HypophysaireChapitre 10 sur 19 · STE · texte numérisé non relu

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Insuffisance surrénale et maladie d’Addison. — Oppen- Leim et Læœper ont trouvé dans dans deux cas de tuberculose surrénale l’hypophyse hypertrophiée. Dans une maladie d’Addison, Pensini et Benenati trouvent une réviviscence du thymus, une hypertrophie de la thyroïde et de l’hypophyse. Thaon, dans 4 cas de maladie d’Addison, trouve également un certain degré de prolifération cellulaire. Delille a étudié l’hypophyse dans deux cas intéressants. Le premier était celui d’une femme atteinte d’insuffisance surrénale aiguë à forme pseudo-péritonitique. On trouva une tuberculose surrénale bi-latérale, une hypertrophie de l’hypophyse avec formations adénomateuses. Dans le second cas, qui était un syndrome d’Addison classique, l’hypophyse présentait une congestion considérable avec prolifération cellulaire marquée.

Sclérodermie. — Strümpell, Alquier et Touchard constatèrent dans ? cas de sclérodermie une légère sclérose hypophysaire. Plus récemment, Roux et Laffond (4) ont trouvé dans un cas l’hypophyse hémorragique, congestionnée, avec des éléments cellulaires rares à protoplasme peu différencié ; les auteurs émettent l'hypothèse d’une sclérodermie spéciale par insuffisance hypophysaire.

Myasthénie (syndrome de Erb). — Fontanel aurait rencontré chez une myasthénique un corps pituitaire volumineux et ramolhi. Tilney a publié un cas paraissant typique, dans lequel la myasthénie bulbo-spinale débuta au commencement de la grossesse et entraîna la mort un mcis

(1) Roux et Laffond : Selérodermie el corps pituitaire. Revue neurologique, 1907.

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après l’accouchement. Marinesco, chez une myasthénique a trouvé également une hyperplasie hypophysaire

Diabète. — Thaon a noté chez deux tuberculeux atteints de diabète une hyperplasie hypophysaire.

Cette question des altérations hypophysaires au cours des diabètes emprunte un intérêt particulier, à c2 fait qu'il existe des glycosuries d’origine exclusivement hyj'ophysaire connues depuis longtemps, dans l’acromégalie, et qu’on à pu retrouver dans certains cas de tuberculomes hypophysaires. Haushalter et Lucien, de Vecchi et Bolognesi ont vu tous les deux coïncider un diabète avec une tuberculose hypophysaire.

Rosenhaupt a vu un cas de diabète coïncider avec une tumeur de l’hypophyse. Tout récemment, Renon, Monier- Vinard et Delille ont publié l’observation d’un malade qui curait présenté des symptômes d’hyperfonction hypophysaire avec polyurie assez considérable.

Acromégalie. — L'état de l’hypophyse dans l’acromégalie a donné lieu à de nombreux travaux, des conclusions contradictoires. On sait que le plus habituellement l’hypophyse est hypertrophiée macroscopiquement ; mais la structure de sa tumeur étant très variable, des divergences nombreuses se sont produites sur sa signification pathogénique. Nous renvoyons, pour l’exposé de cette question qui mérite une étude spéciale, à la thèse récente de notre ami Orhan (1), qui, de l’examen critique des faits anatomiques et cliniques jusqu'ici apportés, a conclu au caractère primitif des lésions hypophysaires et à l’hy-

(1) Orhan : De l'acromégalie. Revue générale et étude critique. Thèse de Montpellier, 1910. ds

perhypophysisme initial dans l’acromégalie en voie de constitution.

Gigantisme. — T’hypophyse est également hypertroyhiée chez les géants et aussi bien, semble-t-il, chez les géants infantiles que chez les géants acromégales. Les constatations histologiques de Launois et Roy montrent que la tumeur hypophysaire rappelle celle de l’acromégalie. Le mécanisme serait done ici celui d’une hyperactivité bhypophysaire à l’époque de la poussée ostéogénique. Mais iei encore, comme dans l’acromégalie, il faut tenir compte des lésions polyglandulaires associées.

Infantilisme. — Certains géants infantiles présentent une hypertrophie macroscopique de l’hypophyse.

Babinski a publié l’observation d’une jeune fille de 17 ans, dont les organes génitaux présentaient un aspect infantile et qui avait un épithélioma hypophysaire.

Vigouroux et Delmas ont cité l’observation d’un infantile de 42 ans, qui fut considéré toute sa vie comme un infantile hypothyroïdien, ses testicules étaient très atrophiés et très scléreux, son corps thyroïde était petit, légèrement fibreux et possédait des vésicules normales ; son hypoprhyse n’offrait aucuné lésion à l’examen miCrOSCOpIQUE, mais il y avait une tumeur fibreuse ealcinée de la Hge pituitaire.

Hueter a trouvé à l’examen microscopique d’une naine des lésions tuberculeuses de l'hypophyse.

Raymond, chez un infantile de 17 ans, chétif et malingre, a tronvé une tumeur à la base de l’encéphale (adénome kystique), avec ostéite raréfiante des os de la selle turcique el disparition totale de l’hypophyse.

Cursching a également décrit deux cas d’infantilisme avec néoplasie hypophysaire.

Nazari a publié le cas d’un infantile arriéré, à l’autopsie auquel on trouva une tumeur kystique de l’hypophyse, une hypoplasie du corps thyroïde et des testicules avec persistance du thymus. Il y avait simultanément tuberculose pulmonaire et méningite tuberculeuse.

Dans tous ces faits, le rôle des lésions polyglandulaires associées n’a peut-être pas été suffisamment mis en luimière, et la signification fonctionnelle de l’état hypophysaire est encore difficile à préciser ; néanmoins, les doecuments de cet ordre prendront une importance considérable, surtout lorsque le même auteur aura pu en étudier un certain nombre.

Achondroplasie. — Porak et Durant trouvèrent l’hypo- yhyse intacte dans deux cas, toutefois, Parhon, Schunda et Zaplachta auraient noté dans un cas d’achondroplasie fruste une atrophie scléreuse de l’hypophyse et du corps thyroïde.

Obésité, — La question des rapports susceptibles d’être établis, en l’état actuel de nos connaissances, entre l’obésité et les lésions hypophysaires sera étudiée plus longuement au chapitre de l’insuffisance hypophysaire ; nous y retrouverons certaines constatations anatomo-pathologiques dont la place était plutôt à côté des faits expérimentaux. De même, nous ne ferons pas une étude détaillée des lésions hypophysaires rencontrées dans le syndrome de Dercum (adipose douloureuse). Cette question a fait récemunent l’objet d’une étude critique de notre ami Poi-

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rier (1). Cette étude, à laquelle nous renvoyons, montre aue l’adipose douloureuse, isolée au point de vue clinique par le savant neurologiste américain, correspond ordinairement à une hypergénèse des éléments cellulaires de l’hypophyse ; il ne s'agirait pas cependant d’un Ryperhypophysisme fonctionnel au moins à une période avancée, et dans certains cas l’hypophyse se trouve transformée en une véritable tumeur à caractères malins, dépourvue de toute valeur sécrétoire.

Maladies nerveuses

Dans la paralysie générale, Narboute avait trouvé que le poids de la glande pituitaire était diminué. Thaon étudia l’hypophyse dans trois cas et conclut à une hyperactivité sécrétoire. Schmiergeld aboutit à des conelusions analogues.

Dans l’épilepsie, Claude et Schmiergeld trouvèrent ? fois un hyperfonctionnement, 7 fois un hypofonctionnement et 6 fois l’aspect normal. Dans la migraine, Deyl a trouvé l'hypophyse hypertrophique. Dialti a étudié l’hypophyse dans un cas d’épilepsie et dans deux cas de démence précoce ; dans le premier, l’hypophyse était congestionnée et les vésicules du hile remplies de colloïde. Dans les deux autres, les lésions étaient différentes. L’hypophyse d’une démente précoce, morte d’un cancer thyroïdien avec métastase, était à peu près normale. Au contraire, une démente précoce, morte À 8 ans au cours d’une entérocolite, montra un état atrophique du lobe glandulaire, avec raréfaction des éléments chromophiles.

(1) Poirier : La maladie de Dercum fladipose douloureuse). Revue générale, Thèse de Montpellier, 1910.

UMTS

D'autre part, si l’on envisage la question particulière des troubles mentaux en rapport avec une tumeur de l’hypophyse, quelques statistiques ont été tentées. Schuster qui à réuni 779 cas de néoplasies cérébrales avec troubles psychiques, trouve l’hypophyse intéressée dans 161 cas, après le cervelet, 82 cas, et le lobe frontal, 147 cas. Boyce et Beadles, sur 3.000 autopsies d’aliénés, signalent 20 tumeurs cérébrales, dont 6 hypophysaires. Enfin, qu'il nous suffise de mentionner l’importance et la fréquence des troubles psychiques associés à l’acromégalie et au gigantisme.

Maladies des organes hémato-poiétiques

Ce chapitre, appelé peut-être à devenir intéressant, manque totalement de constatations. Dialhi l’a ouvert en étudiant l’hypophyse dans un cas de leucémie-myéloïde et dans une anémie pernicieuse à type de Biermer. Dans le premier cas, les vésicules du hile renfermaient une colloïde abondante, la glande était hyperhémiée et les éosinophiles rares. Dans le second, certaines parties du lobe glandulaire étaient en voie d’atrophie et contenaient des éléments cellulaires peu colorables.

En résumé, l’anatomiüe pathologique de l’hypophyse ne comporte guère jusqu'ici que des constatations isolées. Des recherches systématiques seront nécessaires encore pendant de longues années, pour contrôler les faits jusqu'ict rapportés et pour en dégager des conclusions générales susceplibles de servir de base à une opothérapie rationnelle, C’est surtout dans la pathologie nerveuse et mentale et en particulier dans l'étude des arrêts somatiques ou psychiques de. développement, que ces recherches se: ront intéressantes. Ne,

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CHAPICRE II

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