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tenues à l’aide d’excitations mécaniques. En fait, il semble acquis aujourd’hui que l’électrisation de divers points de la surface inférieure du cerveau ou de la base du crâne donne des résultats identiques, même lorsque on a enlevé au préalable l’hypophyse. Biedl et Reiner, Ludena, Gaelio, Caselli et Collina attribuent les constatations de M. de Cyon à un défaut de technique ; lorsqu’on excite la slande pituitaire par compression ou par courant électrique, le stimulus s’irradie par l’intermédiaire du lobe postérieur jusqu’au centre du pneumogastrique.
Livon déclare que l’hypophyse est inexcitable, les excitations électriques bien localisées n’entraînant aucune modification ; les phénomènes signalés tiennent à des excitations portant sur les régions voisines. Après hypophysectomie et excitation, la partie antéro-supérieure de la loge hypophysaire donne de l’hypertension et celle de la région postéro-supérieure entraîne du ralentissement cardiaque avec renforcement des battements..On est done autorisé, sembie-t-1l, en présence de tous ces faits, à considérer comme dénuée de vraisemblance l’hypothèse d’une fonction circulatoire purement mécanique de l’hypophyse. Cette dernière n’agit sur la circulation que 1x ar l’intermédiaire de son produit de sécrétion.
Action de l'extrait hypophysaire sur les fibres musculaires \
Nous venons de voir que: d’après Salvioli et Carraro, l’hypophyse aurait une action sur les fibres lisses du vaisseau :; dans un ordre d'idées analogue, Cramer a trouvé que l’extrait hypophysaire du bœuf dilatait la pupille des yeux de grenouilles énuclées. Il y aurait une action directe surles fibres lisses dilatatrices de la pupille et cette action
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serait distincte de la substance possédant le pouvoir diurétique. Des recherches récentes de divers auteurs tendent également à démontrer que l’hypophyse est susceptible d’agir de la même façon sur les fibres lisses de l’utérus et de la vessie.
Franckl-Hochwart et Frohlich signalent à ce propos que cette notion pourrait expliquer les troubles génitaux observés dans l’acromégalie ainsi que les troubles vésicaux observés dans certaines tumeurs hypophysaires.
Au point de vue thérapeutique, il paraît acquis par diverses observations cliniques que l’extrait hypophysaire peut donner de bons résultats lorsqu'il est mdiqué d’augmenter l’excitabilité de l’utérus et de la vessie.
Action de l’extrait hypophysaire sur la nutrition générale.
On avait eru primitivement, à la suite d’Oswald, que le produit de sécrétion hypophysaire n’était pas susceptible de modifier les proportions d’azote et de phosphove éliminées ; depuis, on est arrivé à des conclusions coniraires. L’extrait hypophysaire modifie le bilan de la nuirition ; mais de nouvelles recherches sont nécessaires pour mettre d’accord les expérimentateurs. Malcolm a obtenu des résultats contradictoires suivant qu’il employait l'extrait sec ou l’extrait des glandes fraîches. Thomson et Johnston ont trouvé que l’extrait hypophysaire (de cheval et de veau) augmentait le métabolisme chez le chien (augmentation de l’azote de l’urée, des phosphates) : d’autre part, à la suite de l’ingestion d’extrait hypophysaire le poids de l’animal diminue tout d’abord, mais au hout d’un certain temps, il y aurait récupération et même eugmentation. C’est ainsi que Delille a-vu chez des la-.
pins, au bout de 14 mois de traitement, apparaître une adipose remarquable.
Action de l'extrait hypophysaire sur le développement somatique
Caselli inaugura ces recherches avec l’hypophyse de bœuf qu’il faisait macérer pendant vingt-quatre heu- 1es dans du sérum physiologique glycériné à poids égal, pour étudier l’influence sur le développement de l’organisme. Il pratiqua sur de jeunes lapins et sur de jeunes chiens des injections sous-cutanées de 1 à 2 centimètres cubes pendant 2 à 4 mois. Les résultats ne furent pas très favorables, dans quelques rares cas il y eut un peu de retard de développement.
Cerletti, ensuite, a entrepris des expériences semblables. Le maximum d’activité devant coïncider avec la période . de développement, il a employé des hypophyses de jeunes agneaux ; il est assez curieux de noter qu’il n’a obtenu que des phénomènes de retard particulièrement visibles au niveau des os longs. C’est surtout le développement des zones épiphysaires qui s’est trouvé amoindri.
Toxicité et pouvoirs antitoxiques. — La toxicité de la substance hypophysaire fraîche ou à l’état d’extrait doit être considérée comme très faible. Ce fait, qui résultait des recherches prémières de MM. Mairet et Bosc, a été confirmé par l’ensemble des travaux ultérieurs ; et MM. Mairet et Bose employèrent les hypophyses de bœuf, qu’ils administrèrent aux lapins par diverses voies (intra-veineuse, sous-cutanée, péritonéale, stomacale), sous forme d’ex- | traits ou de macérations glycérinées ; les injections SOUS-
cutanées donnèrent lieu seulement à une hyperthérmie passagère se produisant 2 heures après l’injection ; il n’y eut pas d’autres effets. Par voie intra-péritonéale, les troubles furent plus marqués (affaissement du train postérieur, ralentissement de la respiration et du cœur), mais se dissipèrent assez rapidement. Par injection intra-veineuse, on chserva du myosis, de la tachycardie, de l’affaissement et de l’hyperthermie. Les injections à hautes doses (2 à 4 hypophyses) provoquèrent des troubles gastro-intestinaux avec albuminurie. La conclusion la plus intéressante est que l’ingestion répétée d’hypophyse à dose modérée n’entraîna aucun phénomène particulier ; signalons toutefois que par voie sous-cutanée on eut un peu d’amaigrissement et une légère hyperthermie.
Ces recherches fondamentales de MM. Mairet et Bosc n’ont pas été infirmées par lès travaux postérieurs, alors que Schäfer et Swale Vincent obtenaient en 1899 par injection sous-cutanée d’extrait pituitaire chez les petits nammifères des symptômes paralytiques analogues à ceux. chtenus avec l’extrait surrénal. Thomson et Jonhston (1906) ne reconnaissaient après ingestions prolongées d’hy-
pophyse de bœuf à des chiens qu’une légère diminution du poids du corps. Conti et Curti (1906) vérifièrent l’opposition déjà établie au point de vue physiologique entre les extraits du lobe nerveux et du lobe glandulaire ; 11S conclurent que l’ingestion du lobe postérieur était très toxique en particulier chez le lapin, où la mort survenait par asystolie.
Les extraits du lobe glandulaire, quoique beaucoup inieux supportés, pourraient cependant amener à forte dose la mort par insuffisance cardiaque.
Garnier et Thaon étudièrent surtout les variations de la
ny toxicité suivant que l’extrait a été préparé depuis un temps plus ou moins long.
Salvioli et Carraro, dont les recherches poursuivies sur un nombreux matériel (chat, lapin, chien), ont une importance considérable, démontrèrent que, contrairement à certaines conclusions de Conti et Curti, les extraits hypophysaires ne possédaient pas une toxicité suffisante pour meracer la vie de l’animal, même à forte dose ; d’après eux, l'extrait du lobe glandulaire peut être injecté dans les veines en quantité considérable et sans accident ; le lobe ner-veux, par contre, est assez toxique, les injections sont sui-
vies d’apathie, de somnolence avec fatigue ou parésie du
{rain postérieur ; mais ces phénomènes, fait capital, disparaissent rapidement.
D'ailleurs, récemment (1908), Carraw vient de reprendre cette étude en opérant précisément avec les extraits du iobe postérieur du bœuf injecté au lapin par voies diverses. Ïis confirment à nouveau que les injections sous-cutanées
et intra-péritonéales n’entraînent aucun trouble fonction-
nel durable, alors que la méthode intra-veineuse s’accompagne assez souvent de dyspnée, de convrlsions avec émission d’urines et de matières fécales. La diminution de poids est la règle dans la plupart des cas.
Une cohclusion d'importance pratique dan est
ia suivante : l’extrait d’un lobe postérieur de bœuf en injection intra-veineuse tue le lapin, alors qu’au contraire en peut injecter quotidiennement et pendant très longtemps et sans troubles. généraux un demi-lobe postérieur par voie veineusé, ou trois quarts de lobe postérieur par voie péritonéale.
Les recherches de Mazay (1908) ont He que la toxicité était plus forte pour l’hypophyse des animaux jeunes que pour celle des animaux adultes. TI à vérifié l’accoutu-
A dt inance aux injections répétées qui avait été démontrée par Salvioli et Carraro. É
Etienne et Parisot (1908) ont constaté à nouveau cette accoutumance.
Plus récemment encore, Renon et Delille ont expérimenté l'action de l’extrait hypophysaire par voie péritonéale ; ils confirment la très faible toxicité des extraits du lobe nerveux et l’innocuité presque absolue de l’extrait du lobe antérieur.
Aïllion et Aïlquier (1908), ayant employé des doses trop considérables, ont observé chez le lapin des morts spontanées à la suite d’une ingestion prolongée. Il résulte de l’ensemble de ces constatations que la toxicité de la substance hypophysaire est minime même par voie intra-veineuse lorsqu'on l’emploie à doses modérées. Il y a donc à ce point ae vue une différence complète déjà soulignée par Delille avec les effets extrêmement nocifs de l’adrénaline et des extraits surrénaux. È
Pouvoir antitoxique de l’hypoghyse. — Ta physiologie pure n’a pas apporté sur ce point des données aussi in. téressantes que l’anatomie pathologique, comme nous le verrons plus loin. Delille a répété avec l’hypophyse les expériences déjà faites antérieurement par Oppenheim à l’aide des surrériales ; après avoir préparé des extraits hypophysaires frais et secs, il les a mélangés avec des substances toxiques qu'il injectait à des animaux. Il n’a pas obtenu de conclusions nettes ; de même il a cherché, mais sans résultat, à voir si l’extrait hypophysaire était susceptible de modifier les propriétés actives du sérum (alexines, opsonines).
Action des extraits hypophysaires combinés. — Nous passerons très rapidement sur ce cliapitre, car il ne nous