‹ Etat Actuel de la Physio-Pathologie de la Glande HypophysaireChapitre 13 sur 19 · PACE · texte numérisé non relu

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parait pas devoir donner au moins actuellement des résultats appréciables dans l’étude de l’hypophyse.

En injectant simultanément, comme l’ont Fait Conti et Curti, puis Renon et Delille, des extraits combinés de plusieurs glandes vasculaires sanguines ; il est évident qu’on doit obtenir des résultats tout différents de ceux produits par l’emploi d’un extrait unique ; mais l’interprétation en est que plus complexe. Nous ne sommes pas peut-être assez fixés encore sur l’étude analytique des produits de sécrétion des diverses glandes endocrines pour avoir recours à des méthodes synthétiques. Qu'il y ait des associations synergiques et que l’opothéraphie doive s’en inspirer, le fait n’est pas douteux; mais il est peut-être encore prématuré de penser que nos essais d’association synergique peuvent être superposés à la synergie effective mais encore mal connue des glandes endocrines. Certains de leurs produits sont encore trop mal connus en eux-mêmes au point de vue de leur origine propre (hypophysine, adréaline), pour qu’on puisse déjà songer à utiliser leurs associations aux réactions réciproques.

Données fournies par la méthode des excitations fonclionnelles. — Nous avons vu plus haut que, contrairement à certaines hypothèses de de Cyon, démontrées inexactes par Livon, les excitations mécaniques de l’hypophyse ne devaient pas être retenues actuellement comme importantes. Nous avons vu qu’il en était de même pour les excitations électriques, de sorte que les seuls faits d’excitation fonctionnelle susceptibles d’être utilisés ici sont ceux qui cent suivi les intoxications expérimentales. Thaon a constaté que les injections de pilocarpine produisent chez le lapin un état d’hyperfonctionnement hypophysaire maniresté par certaines modifications cellulaires (cellules volu-

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mineuses fortement colorées, granuleuses, groupées en travées épaisses).

Gemelli, qui a étudié l’action des toxines bactériennes et des poisons divers, est arrivé à des résultats semblables, lyperfonctionnement et hyperplasie cellulaire. Pour lui c’est la preuve du rôle antitoxique de l’hypophyse qui réagit aux infections et dont l’activité secrétoire augmente.

Le vrai moment de l’hyperactivité est avant la mort ; Si l’on poursuit jusqu’à la mort il y a épuisement de l’organe. Ces phénomènes se produisent aussi bien dans les infections aiguës que dans les intoxications chroniques, comme la ligature de l’uretère, la stricture de l’intestin, ainsi que Guerrini l’a constaté.

Guerrini a utilisé le sérum d’anguille et la toxine diphtérique. Les modifications cellulaires apparaissent dans l’hy-. pophyse après la septième ou la huitième injection toxique chez le cobaye ; la présence de nombreuses karyokinèses dans les cellules chromophiles traduit l’hypertrophie fonctionnelle. La réaction est surtout marquée dans les intoxications chroniques ou prolongées. Il n’est ainsi pas douteux que l’hypophyse présente des modifications fonctionrelles au eours des états qu’on décrit actuellement sous le nom d’intoxication. Ces faits impliquent-ils de sa part une action antitoxique directe ? Nous avons vu qu’elle n'avait pas été vérifiée in vivo ; qu’il nous suffise d’indiquer qu'il y à là une question de terminologie, ée à l’évolution inévitable des idées biologiques et médicales sur les toxines et les antitoxines. -

Données fournies par les hypophysectomies. — Nous essayerons de dégager ce chapitre de toutes les considérations historiques qui l’encombreraient.

On doit considérer tout d’abord comme une notion bien

acquise que l’hypophyseetomie totale entraîne infaiïlliblement la mort à bref délai,

1° Incompatibiité de l’hypophysectomie totale avec la survie de l'animal. — Paulesco avait trouvé que les animaux chez lèsquels on pratiquait l’hypophysectomie totale mouraient généralement vingt-quatre heures après (chien) ; la gravité de l’intervention a été confirmée par les autres expérimentateurs, en particulier Livor, Reford et Cushing. (1).

Toutefois: emelli aurait réussi à produire chez la grenouille et chez le chat des hypophysectomies totales “’ayant pas été suivies de mort même à longue échéance ct les troubles notés après l’intervention se bornèrent à de la polyurie avec polydypsie ou encore à une hypothermie passagère de 4 heures. Gemelli (2) a conelu de ses expériences que l’hypophyse n’est nullement indispensable à la vie. \

Les constatations de l’auteur italien paraissent Jjusqu'ici isolées, et des recherches confirmatives sont nécessaires avant de pouvoir infirmer la notion bien établie, em particulier chez le chien, des suites rapidement mortelles de l’hypophysectomie totale. Les récentes expériences de Croppe, Harvey, Cushing et John Hosmans ont à nouveau précisé mes opinions sur ce point ; elles ont abouti à une remarque intéressante, à savoir que la durée de la survie

(1) Reford and Cushing : Is the pituitary gland essential Lo the maintenance of life ? John Hopkins Hosp. Bull. 1909, t. 20.

(2) Gemelli : Ulteriore contributo alla fisiologia dell” ipofisie ; Sonderabdruch : ans Folia neurobiologica, 1908, H. E. Hekma, Groningen, Also ; Sur la fonction Das Arch. iltal. de biol., 1908.

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était beaucoup plus longue chez les jeunes animaux que chez les adultes (2 à 3 jours, dans le premier cas ; 11 jours en moyenne dans le second). Ces résultats différents tiennent à des causes qui nous échappent encore ; on peut supposer que les phénomènes de compensation du côte des autres glandes endocrines s’effectuent plus facilement chez les jeunes, ou peut-être qu’il y a chez eux persistance et réveil d’activité plus facile, les hypophyses accessoires de la région pharyngienne, qui sont connues depuis quelques années et qui viennent d’être récemment l’objet du travail considérable d’'Haberfeld (1) ; mais ce seraient là des inductions toutes hypothétiques.

Quoi qu'il en soit de cette différence de réaction entre les animaux jeunes et les adultes, il faut considérer comme une notion bien établie au point dé vue des apphcations physiopathologiques chez l’homme que l’hypophysectomie totale est toujours suivie de mort assez rapide.

Mais, alors que Paulesco n’avait pas pu relever un ensemble symptomatique constant à la suite des hypophysectomies totales destinées à être mortelles, les physiolo- &istes américains sont parvenus à constituer un syndrome d’insuffisance à peu près constant (cachexia hypophyseopriva, apituitarisme), dont les éléments n’avaient/été que partiellement prévus ou rassemblés avant eux (irritabilité, asthénie, hypothermie, asthénie parfois extrêmement marquée, ralentissement de la respiration qui prend le type diaphragmatique ; arythmie avec affaiblissement du pouls, tremblements, contractures et convulsions, anesthésie À la douleur et coma terminal, position caractéristique en re-

(4; Haberfeld : Die Rachendachhyophyse, etc. Beit: Z path. anal. un, Z. alle, Path., 1910. |

ploiement du train postérieur) ; il était nécessaire pour constituer ce tablean de disposer d’un nombre considérable d’interventions et de pouvoir exclure par une technique minutieuse la production de certaines complications telles que hémorragie, méningite, etce., susceptible de fausser la statistique et l’interprétation des faits expérimentaux.

Mais, à côté de ce syndrome d'insuffisance hypoplhysaire aiguë post-opératoire, d’autres conclusions plus intéressantes peut-être au point de vue de la nature des fonctions hypophysaires ont été apportées par l’étude des hypophysectomies incomplètes avec longue survie.

2 L'hypophysectomie subtotale entraine un syndrome d'insuffisance hypophysaire prolongée. — Voici ce que pensait Paulesco des résultats de l’hypophysectomie partielle : « L’insuffisance du fonctionnement de l’hypophyse à la suite de l’hypophysectomie totale ou presque totale ne se manifeste par aucun/{symptôme particulier ou caractéristique, et, dans les cas de survie prolongée, il ne se produit aucun trouble trophique appréciable au niveau des extrémités (museau, membres). » |

Malgré l’autorité de leur auteur, ces conclusions ne sauraient être maintenues aujourd’hui ; elles sont en effet démontrées inexactes par d’autres expériences ayant entraîné l’apparition de troubles généraux persistants de gravité variable. Les physiologistes spécialisés sur la question et ayant réussi à entraîner consécutivement à une lésion hypophysaire des troubles généraux de natures diverses susceptibles d’être rapportées à un syndrome d’insuffisance hypophysaire, sont peu nombreux ; mais l’exainen de leurs faits paraît assez probant pour qu’on puisse s'attendre à des confirmations ultérieures.

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Le premier résultat positif est celui de Livon (1) qui présenta en 1908 un chien chez lequel une hypophysectomie subtotale avait entraîné l’apparition d’une obésité généralisée avec asthénie, chute des poils, ete. La survie fut de 8 mois, et après autopsie, l’examen anatomo-pathologique montra des lésions très intéressantes des diverses glandes vasculaires sanguines

Lobe glandulaire de l’hypophyse en voie de régénération lente. Néoformation d’aspect adénomateux, grâce à la persistance d’un fragment demeuré intact dans la selle turcique ; atrophie à peu près complète du corps thyroïde, hyperplasie très marquée des capsules surrénales, surtout prononcée au niveau du cortex, lésions dégénératives localisées au foie.

L'étude anatomo-physiologique de ce fait expérimental sera prochainement l’objet d’un travail avec figures. Il représente chronologiquement la première démonstration : 1° de l’apparition d’un syndrome d’insuffisance hypophysaire prolongé après hypophysectomie subcomplète ; 2° du pouvoir de régénération anatomo-physiologique du lobe glandulaire après lésions locales destructives.

Presque simultanément, Crowe, Cuhsing et Homans (2)

(1) Livon: Réunion Biologique de Marseille, 4908. Nous devons à l'obligeance de MM. Livon et Peyron les renseignements relatifs à l’élat des glandes vasculaires sanguines de ce chien.

(2) Voici la liste des publications de ces auteurs qui nous est actuellement connue: 1° Effects of Hypophysal Transplantation Following Total Hypophysectomy in the canine, 1909; % The Hypophyses cerebri, Clinical aspects of Hyperpituilarism and of Hypopiluilarism, 1909; 3° Partial Hypophysectomy for Acromegaly with Remarks on the Function of the Hypophysis, 1909. The Function of {he pituilary Body, 1910.

Le mémoire d'ensemble a paru dans les Bulletins de Johns Hopkins Hospital, mai 1910. Experimental hypophysectomy (From “the Huntercain Laboratory of Experimental Medecine). -

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qui commençaient à aborder la chirurgie expérimentale de l’hypophyse, publiaient des résultats analogues ; et ils ont pu, au cours de longues recherches poursuivies depuis cette époque à l’aide d’un matériel considérable, confirmer et développer les notions déjà contenues dans le fait initial de Livon. I! convient de souligner la minutie de la technique opératoire qu’ils ont suivie et pour les détails de laquelle nous renvoyons à leurs mémoires, développés ; en outre, pour être mieux fixés sur le degré total ou partiel de P’ablation hypophysaire, ils ont procédé systématiquement à l’examen histologique de la selle turcique après autopsie de leurs animaux ; ce que beaucoup des auteurs précédents avaient négligé de faire. Ils ont groupé en plusieurs séries le nombre des faits expérimentaux, qui est considérable

a) La première série comprend les cas d’hypophysectoniie totale dont nous avons indiqué précédemment les suites toujours mortelles au bout d’une durée variable. I] convient de noter que pour essayer de vérifier les résultats obtenus par Gemelli, les auteurs ont pratiqué une série d’hypophysectomies sur le chat par la voie buccale ; ils n’ont pas obtenu la survie annoncée par Gemelli ; nous verrons plus loin les caractères du tableau clinique d’insuffisance pituitaire aiguë présenté par les animaux en expérience. b) Une autre série de faits comprend : les cas d’ablation totale du lobe glandulaire avec intégrité du lobe rerveux (Table V des auteurs). Les auteurs crurent la réaliser dans neuf cas ; en réalité, la vérification histologique montra que dans trois seulement l’ablation du lobe antérieur avait été complète ; or, le résultat clinique fut le même qu'après hypophysectonue totale des deux lobes : méme tableau d'insuffisance hypophysare aiguë avec mort rapide. c) Une autre série comprend les cas dans lesquels

l’ablation a intéressé le lobe postérieur en totalité, mais en laissant intact le lobe glandulaire ; il y a trois cas de cette catégorie ; les animaux ne présentèrent aucun symptôme spécial constant, sauf de l’érotomanie et des convulsions dans un cas. On les sacrifia quelques semaines ou quelques mois après l'intervention et l’examen anatomo-pathologique ne montra pas ces lésions généralisées de l’appareil cndocrine que nous retrouverons plus loin ; à noter seulement des lésions dégénératives du foie. ;

d) Un quatrième groupe comprend les cas d’ablation incomplète du lobe glandulaire. On peut y reconnaître d’ailleurs deux séries de faits, suivant que le lobe postérieur a été laissé en place ou au contraire extirpé. Les auteurs ont pratiqué 6 hypophysectomies du premier tripe et 12 du second. |

Les résultats physiologiques éloignés sont d’ailleurs assez uniformes : les animaux ayant subi ces interventions ont survécu, en présentant une adiposité remarquable par son intensité et l'intégrité des extrémités des membres notée dans plusieurs cas. Ils ont eu de la polyurie, de la glycosurie permanente ou transitoire de la frigidité sexuelle, accompagnées d’atrophie des organes génitaux externes. l’hypothermie a été parfois notée ; plus souvent on a, eu la chute des poils et des œdèmes.

Les animaux en expérience sont devenus le plus souvent apathiques, plus rarement irritables. Chez les sujets jeunes, les organes génitaux sont restés à l’état infantile. C’est ce même ensemble de symptômes qui s’est trouvé réalisé dans l’expérience antérieure de Livon.

e) On pourrait ranger dans un groupe à part, bien qu’ils appartiennent à des séries distinctes, les faits dans lesquels on à utilisé, pour combattre les conséquences de l’hypophysestomie, les injections d'extrait hypophysaire ainsi

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