RÉSULTATS CLINIQUES DE L'OPOTHÉRAPIE HYPOPHYSAIRE
L'action des extraits hypophysaires chez l’homme ne paraît pas avoir suscité jusqu'ici des études complètes ou grolongées, malgré les progrès récents de la physio-pathologie hyrophysaire. En effet, antérieurement à la période contemjÿoraine, les seules tentatives dont on trouve mention sont celles de MM. Marie et Marinesco (1895) (ingestion de substance pituitaire à des acromégaliques ) ; de MM. Mairet et Bosc (1896) (épilepsie). En 1900, Caselli | emploie cette médication chez deux malades atteints de lypémanie ; en 1906, les expériences physiologiques et les essais cliniques de Rénon et Delille ouvrent toute une série de recherches faites par de nombreux auteurs dans des cas assez divers ; maïs il faut reconnaître que Rénon et Delille, d’une part, Lévi et de Rotschild, d'autre part, sont les seuls qui poursuivirent ces recherches d’une facon systématique.
Nous examinerons d’abord quels résultats ont été obtenus dans la médieation RRÉIPSnEE
Fièvre typhoide. — Rénon et Delille auraient observé
dans de nombreux cas, à la suite de l’opothérapie hypophysaire, le relèvement de la tension artérielle, passant
&e 12/14 à 15/20, le ralentissement du pouls tombant de 140/130 à 110/90 ; la chute de la température pendant la période d’infection hypophysaire ; l’abondance de la diurèse, la rapidité de la convalescence.
Les effets heureux sont particulièrement nets à leurs yeux dans les fièvres typhoïdes avec complications cardiaques.
Par contre, Parisot, qui expérimentait de son côté la médication hypophysaire, dans 7 cas n’aboutit pas à des résultats aussi favorables ; il reconnaît l’augmentation de la diurèse, nie le ralentissement du pouls et ne constate qu’une hypertension passagère ou peu marquée.
Diphtérie. — L'’extrait hypophysaire a été employé sans accident par Rénon et Delille ; il y aurait eu amélioration du pouls et de la tension artérielle ; maïs ici il est évidemment difficile de faire la part réciproque de ce qui revient à l’extrait et à la sérothérapie anti-diphtérique.
Erésypèle. — Des réserves analogues doivent être faites sur les constatations des mêmes auteurs, en raison de l’évolution habituellement favorable de l’affection.
Pneumonie. — Rénon et Dellille ont obtenu les mêmes effets cardio-vasculaires favorables, mais 1ci encore il est difficile d'interpréter les effets thérapeutiques en raison de l’existence habituelle d’une polyurie spontanée au moment de la crise ; d’ailleurs, les auteurs ont eu 3 cas de mort sur 4 pneumonies graves.
Grippe. — Dans deux cas graves de congestion pulmonaire grippale chez des vieillards, Rénon et Delille signalent des effets favorables, en particulier une amélioration
de l’asthénie.
00e Broncho-pneumonie. — Constatations analogues des auleurs précédents : Toutefois, dans un cas, l’hypophyse n'aurait eu qu’un effet douteux, renforçant la contraction
eardiaque sans augmenter la tension.
Tuberculose. —— Rénon et Delille ont apporté 6 observations ; il s'agissait de tuberculeux avancés chez lesquels
l'opothérapie a amélioré l’état cardio-vasculaire sans modifier l’état général ni l’évolution. Parisot, dans 18 cas de tuberculose pulmonaire, arrive aux mêmes conclusions.
Cardiopathies. -— Rénon et Delille ont utilisé dans les cardiopathies aiguës et chroniques les extraits des divers lobes. Ils déclarent avoir vu des résultats absolument défavorables dans les affections aortiques pour lesquelles l'hypertension est, en effet, la règle ; il y eut même de graves accidents d’angor pectoris..
Dans les affections mitrales et dans les myocardites à la période d’hyposystolie, les résultats furent plus favorab'es. La tension artérielle fut augmentée et la diurèse rétablie. L’arythmie fut peu modifiée ; diverses tachycardies furent améliorées.
Parisot conclut de ses recherches que l opothérapie pituitaire a peu d’effet dans les cardiopathies valvulaires et offre au contraire des avantages dans les myocardites.
Syndromes dus à des lésions des glandes endocrines. Maladie de Basedow. F
Nous avons vu précédemment qu'on avait rencontré, dans certains cas de maladie de Basedow, une lésion atrothique de l’hypophyse ; Rénon et Delille ont essayé l’opothérapie hypophysaire dans plusieurs cas ; au bout de plusieurs jours, ils ont vu la tension sanguine se relever
LU VER ei les symptômes fonctionnels s’atténuer ; le goître diminue peu, l’exophtalmie rétrocèderait. Mais aussitôt qu’on cesse l’opothérapie, tous les phénomènes morbides reparaissent et s’aggravent. Parisot a également observé 3 cas soumis à l’opothérapie et paraît avoir obtenu des améliorations considérables et durables.
Insuffisance surrénale. — Trerotoli, chez un addisonrien, a constaté, après chaque injection d’extrait du lobe postérieur, une légère élévation de tension.
Insuffisance ovarienne. — Il existe peu de documents cliniques probants ; l'hypertension étant fréquente après la ménopause, l’extrait hypophysaire serait plutôt nocif. Rénon et Delille auraient obtenu d'excellents résultats de l’opothérapie associée hypophyso-ovarienne.
. Acromégalie. — Nous renvoyons à la thèse d’Orhan
. pour ce qui concerne la valeur de l’opothérapie hypophysaire dans ce syndrome ; on verra qu'elle est rationnellement contre-indiquée en raison de l’état initial ou causal d’hyperhypophysisme dans l’acromégalie. Il semble bien que la plupart des auteurs ayant expérimenté l’opothérapie dans des acromégalies en voie de développement, ont obtenu des effets nocifs et une accentuation des symptômes ; c’est ce que constatèrent en particulier Rénon et Delille ; mais par contre, il y a lieu de rechercher les indications de cette opothérapie lorsque l’hyperhypophysisme initial a disparu ; c’est-à-dire dans les acromégales constituées ou anciennes, et surtout dans celles qui paraissent s'accompagner d’hyperthyroïdie.
Maladies dystrophiques.
Maladie de Parkinson. — Parhon et Uréchia ont employé l’opothérapie dans un cas de syndrome de Par-
DTA kinson ancien ; ils ont noté l’atténuation de certains symptômes gênants, tels que la transsudation, la soif, les sensations de chaleur, la tachycardie et l’hypotension. Delilie, dans un cas, a obtenu des résultats analogues ; par contre, dans ses deux observations, la rigidité musculaire ne paraît pas avoir été influencée.
Myasthénie. — Vincent et Delille ont traité par l’opothérapie hypophysaire un cas de myasthénie bulbo-spinale grave ; ils ont employé l’opothérapie associée hypophysoovarienne. La tension sanguine a été augmentée et l’astaénie considérablement diminuée.
De même, Parhon et Uréchia auraient obtenu une amélioration très accentuée d’un cas de myasthénie bulbo-spirale. |
A rapprocher des observations précédentes un autre cas d’amélioration notable d’une myopathie atrophique progressive par l’opothérapie hypophysaire (Levi et de Rothschild).
Arrêts de développement. — Levi et de Rothschild ont présenté à la Société de neurologie, le 7 févirer 1907, trois enfants arriérés que l’opothérapie hypophysaire avait très améliorés. De même, de Cyon a vu un cas d’infantilisme avec gigantisme considérablement amélioré.
Obésité. — Les résultats de l’opothérapie seraient particulièrement intéressants à étudier iei, puisque nous avons exposé plus haat les raisons physiologiques qui permettent de rattacher certaines obésités à une insuffisance hypophysaire ; malheureusement, les documents cliniques sont peu nombreux. Avenfeld, Elschning, Fleischer, ete. ont obtenu de bons résultats dans les dystrophies adiposogénitales ; dans la maladie de Dercum, les effets parais-