CHAPITRE PREMIER
HISTOLOGIE DE L'HYPOPHYSE
Nous envisageons, en premier lieu, les dispositions qui sont en rapport avec la sécrétion, c’est-à-dire l’élaboration cytoplasmique, et en second lieu celles qui caractérisent ‘excrétion proprement dite.
A) Les éléments sécréteurs de l’hypophyse. — Les celjules du lobe glandulaire, groupées en cordons de formes ct de dimensions variables, ont été divisées d’après leurs affinités tinctoriales en plusieurs groupes
1° Groupe acidophile. — II comprend les éosinophiles et les sidérophiles.
- Les éosinophiles, de formes arrondies ou polygonales, cnt des dimensions variant de 5 à 15 p et un eytoplasme franchement rose à l’hématéine-éosine ; les petits éléments ont un corps cellulaire d’aspect grenu, homogène, alors que dans les plus volumineux apparaissent de nombreuses vacuoles. Pas plus dans les unes que dans les autres, on ne décèle de granulations pourvues d’une affinité tinetoriale propre, distincte de celle de l’ensemble du protoplasme. Dans les éléments cellulaires volumineux, les aspects syneitiaux sont fréquents.
Les noyaux, fortement colorés et d’aspect opaque dans
les éosinophiles de petite taille, sont, au contraire, vésiculeux ou pourvus d’un réticulum chromatique net dans les éléments de grande taïlle.
Les sidérophiles ne se distinguent des éosinophiles que par la présence de granulatïons qui retiennent électivement l’hématoxyline ferrique. Il convient de noter toutefois que, dans les plus petits éléments à cytoplasme réduit, la coloration à l’hématoxyline ferrique ne réussit pas à déceler de granulations,.
2 Groupe basophile. — Sur les coupes colorées à l’hématoxyline-6osine, elles apparaissent en violet et tranchent sur les éosinophiles du voisinage. Leur forme est variable, leur dimension est souvent considérable : 10 à 30
: leur basophilie réside dans la granulations plutôt que dans l’ensemble du cytoplasme. En effet, après double coloration acide et basique (hémateine-éosine orange), on voit que le protoplasme présente un fond rouge, sur lequel tranchent des granulations violettes tnprene par lhématéine.
Caractères importants : les vacuoles sont Re nent nombreuses dans cette variété et empiètent souvent sur les contours du noyau ; ce dernier, petit et opaque dans les petits éléments, est au contraire volumineux et clair dans les autres ; il est parfois masqué par l’abondance des granulations. |
Cellules chromophobes. — Elles sont caractérisées par leur faible affinité pour les réactifs colorants ; leur volume exigu (mince auréole de eytoplasme d’aspect frange où mousseux), la disparition fréquente des contours cellulaires (kernhaufen de Rogowitseh). leurs noyaux vésiculeux et hypochromatiques.
ts — Les noyaux sont toujours assez volumineux et parfois faéants ; par places dans le spongioplasme homogène,
commencent à apparaître des granulations tantôt acidophiles, tantôt basophiles. À noter enfin, caractère important, l’absence à peu près complète de vacuoles intra-cytoplasmiques.
Les diverses catégories d’éléments cellulaires que nous venons d'étudier sont irrégulièrement réparties. Il y a des cordons de type exclusivement éosinophile, d’autres de type basophile ; la plupart sont mixtes ; il apparaît manifestement que chacun des éléments décrits affecte une certaine prédominance pour une zone déterminée du lobe vlandulaire, mais aucune formule nette n’a été jusqu'ici dégagée ou vérifiée.
Ces notions rapidement résumées sur la cytologie des cellules hypophysaires résultent des recherches successives de plusieurs auteurs, en particulier de celles de Flesch, Dostojewski, Lothringer, Rogowitsch, Stieda, Saint-Remy, Pisenti et Viola, Schonemann, Louis Comte, Benda, Thom, Erdheim, Caselli, Gémelli, Launois et Mulon, Guérrini. Elles viennent d’être récemment complétées par la notion des phénomènes nucléaires de la sécrétion (Alezaïs et Peyron), qui est peut-être appelée à éclaircir certains points de la physiologie pathologique et normale de la glande. j
Voici, succinctement résumés, les faits observés et décrits par ces derniers (1) :
« Le phénomène le plus intéressant qu’on observe avec une netteté particulière dans les grands éosinophiles, con-
(1) Alezais et Peyron : Sur les phénomènes nucléaires de la secrétion dans le lobe glandulaire de lhypophyse humaine. C. R, Académie Sciences, 1910. |