‹ État actuel de la question des abcès corticaux du reinChapitre 10 sur 46 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

C’est Rayer qui lepremier, en 1841, en étudiant les paranéphrites, apporta une observation d'abcès multiples unilatéraux du rein, avec pièce anatomique.

Plus tard, les expérimentateurs à la suite des travaux de Rodet en 1885 et surtout de la thèse d’Albarran en 1889, élablissent la fréquence de leur existence et expliquent leur pathogénie. Puis les travaux de Lannelongue en 1891, de Pernice et Scagliosi en 1894 confirment leur fréquence à la suite d’injections expérimeniales de bouillon de culture de staphylocoques dans la veine marginale de l'oreille du lapin.

Ces abcès miliaires du rein constituent la lésion la plus constante et la plus caractéristique de linfection staphylococcique expérimentale.

C’est un Allemand, Israël, qui le premier en 1891 a décrit l’aspect clinique de cette affection qu’il dénomme furoncle ou anthrax du rein. Il insiste sur la très grande fréquence de l'unilatéralité et apporte plusieurs observations en 1901. $

À partir de cette époque, quelques rares observations sont publiées : celle de Kahn en 1902, de Jordan en 1905, de Lambert en 1906, mais il faut attendre les travaux

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américains de Brewer en 1910 pour avoir une étude d'ensemble sur la question. Brewer précise la pathogénie, l'aspect clinique de cette affection qu’il décrit sous le nom d’infarctus septique du rein.

I décrit leur évolution fréquente vers la graisse périrénale et laisse entrevoir la fréquence de leur existence dans l’étiologie du phlegmon périnéphrétique. Il revient sur la question en 1912-1913, insistant sur l’unilatéralité des lésions et sur l'importance du diagnostic précoce qui permet par une intervention de sauver les malades : il publie d’ailleurs dix observations de malades guéris par la néphrectomie.

Jeremitch et Rehn en 1911, Ekchorr et Zinn en 1912 confirment les travaux de Brewer et publient des observations. k

En 1919, Bergeret dans son étude sur la pathogénie des phlégmons périnéphrétiques insiste sur l'extrême fréquence de l’abcès du rein à l’origine de ces phlegmons : ilen apporte d’ailleurs des preuves cliniques, expérimentales et anatomiques.

En 1920, en Amérique, Hyman étudie à nouveau la question des suppurations aiguës métastatiques du rein, il essaye d'établir une classification entre les diverses formes anatomiques des abcès observés.

Depuis, de nombreux travaux ontcontribué à l'étude de cette question, en France : la thèse de Gresset en 192, les communications de M. Chevassu au Congrès d’Urologie en 1923, la thèse de Godart en 1924, la communication de M. Fey à la Société d'Urologie en 1929, et la discussion qui suivit.

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En Allemagne les travaux de Horn en 1923, de Reshke en 1924, de Smirnow, de Kônig en 1925, de Voss en 1927, de Kairis et Perlman en 1928.

Ayant eu l’occasion pendant notre Internat à la Clinique de l'hôpital Necker de voir avec M. le P' agrégé Fey, plusieurs cas, nous nous sommes décidé sur son conseil à reprendre cette étude.

Nous tenons à le remercier ici de tous les conseils qu’il nous a prodigués ainsi que des observations qu'il a bien voulu mettre à notre disposilion.

Nous nous proposons de reprendre l’étude anatomique et clinique de ces abcès corticaux du rein, de montrer toutes les incertitudes de leur diagnostic, ainsi que les difficultés qu’il y a de poser les indications du traitement.

ETIOLOGIE

La cause déterminante de ces suppuralions rénales unilatérales est une infection métastatique et l'on retrouve le plus souvent dans les antécédents de ces malades la lésion causale : la porte d’entrée microbienne. |

Dans l’immense majorité des cas, la porte d’entrée est une infection périphérique cutanée à staphylocoques.

L’abcès du rein apparaît donc comme une localisation infectieuse au cours d’un état de septicémie légère. Il faut insister sur ce fait que c’est une des caractéristiques de la septicémie à staphylocoques que de se localiser sur un seul organe, peut-être par prédisposition spéciale d’un organe ou par affinité spéciale du microbe.

La cause

La plus fréquente est un furoncle ou un anthrax et la statistique de Richardson retrouve cette étiologie dans 75 % des cas. Mais toutes les manifestations cutanées à staphylocoques peuvent y prédisposer : l'acné dans

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