‹ État actuel de la question des abcès corticaux du reinChapitre 45 sur 46 · HOT LS · texte numérisé non relu

HOT LS

Obs. 5. — Non. L... , 48 ans, se trouvant en vacances en août 1929 à Deauville, est pris de malaise général avec température et le médecin qui le soigne pense à une grippe. Cet état se prolonge pendant trois semaines et brusquement le malade présente une rétention complète aiguë d'urines et on doit le sonder.

Il rentre alors le 17 septembre à Paris et est vu par le D' Fey qui découvre l'existence d'une grosse prostatite aiguë. Le malade est mis au traitement, au repos, aux lavements chauds et la rétention d'urines cède et la température s'améliore.

Le 8 septembre les urines jusque-là claires deviennent troubles et à l'examen on constate que :

Le volume dela prostate a encore augmenté et qu'il existe un abcès collecté, mais comme cet abcès se vide dans l'urètre, on décide de surveiller et d'attendre.

La température tombe bientôt, mais le 15 septembre le malade ouvre spontanément sa collection dans le rectum : il se produit une petite débâcle purulente. Dans les jours qui suivent, l'abcès se vide bien,et la guérison survient sans incident.

Le malade reprend ses occupations et reste trois semainesen parfaite santé, sans température, sans douleurs et avec des urines parfaitement claires.

Au bout de trois semaines, réapparition du malaise général de courbature et élévation progressive de la température qui monte de 5 dixièmes par jour, atteignant 389, 5 vers le 15 octobre.

A partir du 15 octobre la température reste stationnaire, oscillant entre 38 et 38°,5 mais ne dépassant jamais 39.

L'état général du malade est bon, il accuse cependant de la fatigue, quelques maux de tête. On pense à une infection générale mais l'hémoculture et le séro-diagnostic sont négatifs.

L'examen du sang montre l'existence de 18.000 globules blancs avec 70 % de polynucléaires,

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Malgré tous les traitements les signes persistent sans symptômes de localisation.

Au bout d’une quinzaine de jours le malade accuse une douleur dans la région lombaire gauche, douleur continue, mais‘accentuée par les mouvements.

A l'auscultation on trouve quelques râles de congestion à

. la base gauche, un examen radioscopique pratiqué ne montre rien de spécial. Le sinus costo-diaphragmatique est clair et les mouvements du diaphragme ont une amplitude normale.

Cette période fébrile accompagnée d'une douleur lombaire

gauche se prolonge pendant deux mois.

Le 20 décembre la douleur lombaire est plus violente et à l'examen on la trouve maxima en un point très précis, toujours le même situé dans l'angle costo-vertébral. Les mouvements faits par le malade l'augmentent. Elle ne présente pas d’irradiations.

Les urines sont claires et limpides.

L'aspect général du malade est toujours bon, cependant on constate un sérieux amaigrissement.

A l'examen de la région lombaire on constate l'existence d'un rein très augmenté de volume, descendant jusqu'à l'ombilic. Le rein est peu mobile, mais cependant mobilisable ; il est sensible mais peu douloureux à la pression.

Il n'existe aucun signe de périnéphrite, aucun empâtement, aucune infiltration de la peau, aucun œdème.

Ure radioscopie est faite par le D' Truchaud, elle montre la présence d'une ombre rénale gauche très augmentée dans tous les sens : absence de calculs l’hémidiaphragme gauche est parfaitement mobile.

Devant ces symptômes : état septicémique prolongé, gros rein gauche.

Urines claires, survenant chez un malade ayant présenté dans ses antécédents récents une prostatite, on pense à l'existence d'abcès métastatiques unilatéraux du rein.

DA

L'état général n'étant pas inquiétant, on institue un traitement par le bactériophage injectable d'Hauduroy : trois piqures à deux jours d'intervalle.

A la suite de ce traitement la température baisse légèrement de 2 dixièmes lesoir, mais cet abaissement ne persiste pas. /

Le 3 janvier l’état est stationnaire et on décide de faire entrer le malade à la Maison de santé.

Le 3 janvier on pratique un examen de la vessie et un cathétérisme : la vessie est saine, les orifices urétéraux normaux. Cependant l'orifice gauche est un peu congeslionné.

La sonde monte à gauche jusqu'en haut, il n'y a pas de rétention, un échantillon prélevé montre que les urinessont parfaitement claires et stérilss. |

La sonde est laissée à demeure jusqu'au lendemain, ce qui ne modifie en rien la température.

L'état local est toujours le même.

5 janvier : Intervention : Lombotomie gauche sous-anesthésie générale au Schleich. |

Les muscles incisés, la capsule apparaît infiltrée d'œdème et on évacue une volumineuse collection périnéphrétique : 2 litres de pus environ.

Le pus évacué, on vérifie l’état du rein. On constate qu'il est situé à la partie antérieure de la poche.’Il présente des abcès au niveau de sa convexité et du pôle inférieur.

Les abcès de la convexité, au nombre de 3 ou 4 sont superficiels et rompus. L'abcès du pôle inférieur est plus volumineux, on peut introduire le doigt dedans, il forme une cavité du volume d’une noisette dans le parenchyme rénal,

Deux drains et une mèche sont laissés dans le foyer.

L'examen du pus a montré l’existence de staphylocoques dorés à l’état de pureté.

Suites opératoires : la température se maintient encore élevée pendant 4 jours, puis la défervescence se produit etle malade cicatrise sa plaie sans incidents.

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