OBSERVATION XVII
(Jeannel. — Province médicale, 16 octobre 1909)
LE
Ostéomyélite aiguë de l'humérus. — Evidemment. — Résection. — Guérison.
Malade de 18 ans, alteint d'ostéomyélite des lrois quarts supérieurs de l'humérus droit, récidivée après évidement. Arthrite concomilante et ankylose scapulo - humérale. Le malade est opéré le, 16 jules 1908. Résection des 4/5 supérieurs, tête humérale comprise. Pour éviler la rélraction musculaire el le
tassement du bras vers l'épaule, on a logé dans la g gaine périos-
lique une tige de fer qui en haut appuyait sur à face inférieure de l’acromion et qui pénélrait en bas dans le court fragment huméral. Celle tige, remplaçant la diaphyse enlevée, fut abandonnée et resta bien tolérée (1° radiographie). Le malade sort de lhôpital le 20 novembre 1908. Pas de raccourcissemenl, le bras est au contraire allongé de près de O m. 02. Deux fistules persisl tent. Coude mobile. Le 15 mars 1909, résul- Lat Lrès bon. Il persiste une fistulette en haut ; diaphyse très bien reproduite, allongée par en haut. Commence à travailler. Ne souffre pas (2° radiographié). En comparant la radiographie du mois de mars 1909 à celle qui a été faite en novembre 1908,
on conslalte que l'extrémité supérieure de la tige de fer, qui
en novembre 1908 avoisinail l'acromion, en est aujourd’hui distante de 3 ou 4 centimètres, ce qui prouve que l’épiphyse supérieure a proliféré. Enfin, examiné le 15 juillet dernier, ce jeune
homme allait de mieux en mieux ; il ne souffrait de rien, il
pouvait travailler, labourer, conduire une voiture. Il avait une ankylose définitive de l'épaule. C’est tout ce qui le gênail ; on voyait encore deux fistuletles en haut et en avant, et en dehors et en bas, qui donnaient quelques gouttes de pus. Les mouvements du coude étaient libres, lavant-bras vigoureux.
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Et: M. Jeannel conclut « que la peur 1e Corps \élrans | ver, inclus et perdu dans les tissus, ne le hante point, qu’ il doit bien avoir à ce jour inclus dans les tissus, sous = forme de ligatures ou de sutures, quelques centaines de.
mètres de fils métalliques pou le grand bien de ses. da qui n'ont jamais eu à s’en plaindre », En résumé donc, nous voyons que l évidement procure la guérison, à la condition qu'il soit large et profond,
dépassant les limites de l'infection osseuse et atteignant l'os sain ; ; qu'après l’évidement la récidive est cependant out soit par insuffisance de l'opé ration. Deneres soit par inoculation secondaire de l'os évidé ; qu'en tout. cas la guérison est longue, la cavité créée dans l'os évidé . se comblant très lentement: d'autre part, nous voyons. la résection diaphysaire totale ou subtotale suivie de
régénération prompte et complète, à la condition, bien entendu, que la suppuration n'ait pas détruit la précieuse couche ostéogène du périosle. ‘ Indications de la résection primilive. — La résection primitive de la diaphyse étant admise en principe, il est de toute. us d'en bien limiter les indications.
Nous n’aurons en vue que la résection dans l ostéomyé-
membres. Pour les. os .courts, le calcanéum, l'astragale
ile des os longs, et particulièrement des os longs des
par exemple, la résection primilive est acceptée par tous les chirurgiens. Sur ces os, il est facile de le concevoir, la trépanation et évidement à leurs extrêmes limites se confondent avec-la résection, et celle-ci ne peut avoir sur : ces pelits os les conséquences qu'elle a sur les os longs et qui lui donnent un tout autre intérêt.
Nous avons déjà mentionné ces formes malignes d’ostéomyélite où l'altération profonde de l’état général, la fièvre élevée avec diarrhée, le délire persistant, laspect
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lyphique indiquent, dès les premiers jours, la gravité de l'infection. Localement le périoste est décollé sur toute la hauteur de la diaphyse; celle-ci baigne dans un vériable manchon de pus. «L'os, nous dit M. Gérard- Marchand, a perdu sans relour ses connexions vaseulairés ; la soudainelé de l'attaque a été telle que los est mort vivant ; et c’est en vain qu'on chercherait à l'œil nu un de ces caractères d'ostéile qui précèdent ordinairement tout travail de nécrose. Get os est à peine découvert, exposé à l'air et débarrassé de son lt purulent, qu'il se dessèche et devient presque instantanément aussi blanc que l'os qui à macéré depuis des mois dans un liquide propre à le blanchir. » Nous ne croyons pas que la trépanation puisse donner ici quelque résultat. Longtemps on a eu recours dans ces cas à l’amputation : on sacrifiait le membre à l'intérêt vital. Aujourd'hui l’on pratiquera la résection primitive. Les conseils de M. le professeur Ollier sont sur ce point formels : « Dans ces panostéiles avec infiltration purulente de la totalité du tissu spongieux on procédera d'emblée à l’ablation ou à° la résection de l'os; C'est en suivant cette ligne de conduite que nous avons pu, depuis plusieurs années, nous abstenir de toute amputation pour les cas d’ostéomyélite suppurée des grands os longs des membres, qui nous sont arrivés à une période voisine du début. » |
À côté de ces formes très graves, heureusement assez rares, on observe plus fréquemment des cas où les décollements périostiques sont étendus mais partiels, n'intéressant que le tiers ou davantage de la colonne diaphysaire. Ces cas sont, en général, traités par la trépanation large avec évidement de la partie dénudée. L'intervention est souvent suffisante. Dans tous les cas, elle met un terme aux accidents immédiats, el permet