OPOTHÉRAPIE
Considérée a priori, l'opothérapie du cancer est extrèmement séduisante. On sait que le jen des sécrétions internes régit la croissance de nos tissus et l’équilibre entre leur développement. On a donc pu supposer que en corrigeant le trouble hormonale qui permet le développement d’un cancer, on arrive à rétablir l'équilibre normal et faire régresser le cancer.
C’est l’inventeur même de l’opothérapie moderne, Brown-SÉQuARD qui tenta le premier d'agir sur le cancer par l'extrait testiculaire. Puis, l’opothérapie du cancer fut entréprise sur de nouvelles bases. Onier a montré en 1911 que ladministration d'extrait thyroïdien empêche la prise de la greffe et rend difficile la production du cancer au goudron. En 1920, ces faits furent entièrement confirmés par KARENTSCHENSKY. D'un autre côté, on a trouvé que l’hypothyroïdie ou l’ablation expérimentale du corps thyroïde facilitait le développement du cancer.
En se basant sur ces faits, LUMIÈRE a entrepris récemment un traitement du cancer dont les résultats ne sont pas encore connus (FIFFENEAU).
Nous avons déjà cité les expériences de L: Lors qui tendent à prouver que l'ovaire est indispensable au
développement des cancers et que la castration, chez
la femelle, rend impossible la greffe et la cancérisa-
tion par le goudron.
Les extraits de foie et de pancréas ont été utilisés avec quelques succès par OprEr.
Logper a conseillé les injections d'extrait pancréatique dans le cancer de l’estomac. Il leur attribue une influence heureuse sur l’état général et peut-être une
action locale.
On a beaucoup insisté sur l'efficacité du thymus dont les extraits ont donné quelques résultats étonnants entre les mains de Couraup.
ARLOING, JOSSERAND et CHARACHON ont étudié des extraits de cortico-surrénale qui agiraient favorablement, pendant certaines phases du cancer expérimental de la souris. OsninARA a essayé un extrait de corps jaune et de placenta et aurait obtenu quelques résultats dans le cancer de l'utérus.
La rate aussi jouerait un rôle important dans la défense anticancéreuse. Murpxyx pense que la rate,
comme l'ensemble du système réticulo-endothélial,
intervient par l'intermédiaire des leucocytes. Tel semble être l'avis de ZacHERL également.
Parmi les hormones isolées, l’insuline semble avoir été employée avec quelque succès (ANIRINE, STULERNE). Par contre, Boivin et aussi BARRAL ont constaté non seulement des échecs complets, mais aussi des accélérations. D'après ce qué nous avons vu sur le métabolisme des hydrates de carbone dans les cancers, cela
n'a rien d'étonnant. Nous y reviendrons d’ailleurs encore. ju : Dre | Nous pensons que la plus grande partie des tenta-
tives opothérapiques doivent être interprétées égale- À
ment comme de la protéinothérapie. Toute injection de
substance étrangère semble apporter un ralentissement passager de la croissance des cancers.
LA
Cela n ‘empêche d’ailleurs qu’on ne cherche dans ce Le
sens-R, la solution du problème du cancer. À cela, il faudrait que nos connaissances dans le domaine des sé- IS crétions internes, comme également dans celui de la “ pathogénie du cancer, soient plus avancées. Il fau- drait également disposer de préparations hormonales
pures et d’ une activité por certaine. ‘ fl AN ENT E
CHIMIOTHÉRAPIE MINÉRALE
Nous avons déjà vu dans l’esquisse historique que plusieurs éléments minéraux ont été préconisés depuis longtemps dans le traitement des cancers. Le plus ancien, le plomb, remonte jusqu’à GaALtEN. C’est encore actuellement celui qui a été le plus employé. Bien d’autres ont apparu depuis, sans d’ailleurs que les résultats soient bien remarquables. Nous allons étudier successivement les divers éléments minéraux, dans un ordre purement chimique, sans nullement préjuger de leur efficacité et de leur importance.
a) Eléments mélalloïdes
Parmi les métalloïdes, on a préconisé l'emploi de l’iode, du sélénium, de l’antimoine et de l’arsenic. L’iode a été préconisé à la suite des travaux de VAN per WELDEN qui a montré, en 1909, l’affinité particulière de la cellule cancéreuse pour cet élément. Cette affinité est probablement due à la haute teneur de la
cellule cancéreuse en glycogène. BorREzL a ténté d’ail-
AD
leurs l'introduction de l’iode sous forme d'une combinaison avec le glycogène.
Actuellement, on utilise soit des sels minéraux d’iode, sous forme de solution de Lugol, soit des combinaisons organiques en injections. Dans tous les cas, ce corps possède une action sédative sur les douleurs, probablement en diminuant les processus inflammatoires péritumoraux (TIFFENEAU).
Ce sont les travaux de WasseRMAnN qui ont fait ranger le sélénium et le tellure parmi les agents anticancéreux. Cet auteur, en adoptant les vues d'Exrricu sur la double fonction toxophore et haptophore des agents chimiothérapiques, associe le sélénium à une matière colorante l’éosine qui a la propriété de se fixer électivement sur les cellules néo-plasiques. La combimaison sélénium-éosine s’est révélée dans la pratique extrêmement toxique et les animaux en expérience succombèrent avant que leur cancer ait eu le temps de rétrocéder. D'ailleurs, plus récemment on a mis en doute la propriété carcinolytique du sélénium (SucrurA et Benenicr). On n'a jamais pu constater des résultats thérapeutiques bien net, ni avec le sélénium seul (P. Dezser) ni avec sa combinaison cuivrique (Losrer).
L’antimoine et surtout l’arsenic sont utilisés depuis longtemps dans le traitement des tumeurs malignes, soit localement, soit introduits par la bouche ou même en injections. WERNER présente un nombre considérable de cas d’améliorations ; les résultats étaient très différents selon la préparation employée (anhydride
arsénieux, Cacodylates, arsenobenzènes, etc.), Maurice