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le plomb colloïdal. Barr BeLz en utilisant des injeclions intraveineuses de plomb colloïdal aurait eu dixneuf guérisons complètes sur cent douze tumeurs inopérables. Ces préparations s’obtiennent, soit par la voie chimique, soit par les procédés électriques de Brenic. Leur teneur en élément actif peut être extrèmement différente. Il ne faut pas oublier que toutes les préparations de plomb sont très toxiques, mais ce sont encore les préparations colloïdales qui présentent cette toxicité au minimum. TiFFENEAU distingue des solutions fortes et des solutions faibles de plomb colloïdal. Les solutions utilisées par BLair-BELL contiennent 5 milligrammes de plomb par cc. et on pratique des injections de 10 cc. tous les quatre à cinq jours. On peut les prolonger jusqu’à l’injection d’une quantité totale de 35 à 40 centigrammes. Duroux utilise une solution à 0,16 centigrammes p. 100 dans du glycocholate de soude. Ces injections sont parfaitement bien supportées. On a utilisé des solutions encore plus faibles : 0,2 milligrammes par cc., mais à cette dilution, les résultats sont beaucoup moins nets et il ne peut s'agir alors que d’une médication adjuvante, associée à l’irradiation.
Parmi les sels minéraux ou organiques du plomb, on a préconisé un très grand nombre : iodure de plomb (Meyer), séléniure de plomb (Tonn), hydroxyde de plomb colloïdal (LoiseLEuR), hyposuifite (Rorro), acétate (MaxweLL et Biscnorr), fumarate (Fournier), thiopropanosulfate (LumrèREs, terpénol-hypophosphite (Duroux et CREVALLIER), elc.
Nous n'insistons pas sur le mode d'action présumé de ces produits, ils varient à l'infini avec la pathogénie supposée du cancer. Par contre, cette fois-ci, nous pouvons parler de résultats. En dehors des faits relatés par BLair-Bezz, dès le début de lutilisation du plomb, il a publié une statistique portant sur 160 cas en 1927 et sur 500 cas en 1929. En 1927, cet auteur aurait obtenu 25 p. 100 de guérisons, mais en 1929, la proportion des cas est tombée à 10 p. 100.
Malheureusement, aucun autre auteur n’a obtenu des résultats comparables. Topp lui-même se montre assez peu enthousiaste, S. Wyarp a même enregistré des aggravations et seulement une proportion infime d'améliorations. C’est également l’avis de Rorro et CALCAGNO.
La vérité est probablement là encore entre les deux extrêmes. Duroux et CHEVALLIER, d'accord en ‘cela avec un grand nombre d'auteurs, voient dans le plomb un excellent médicament adjuvant que l’on associera avantageusement aux radiations et à la chirurgie. DazimiEer pense que « il ne paraît pas a priori impossible d'améliorer l’action du plomb dans le cancer en recherchant d’autres formes chimiques plus électives, d’autres modes d’application et en s'adressant à une catégorie de malades moins désespérés. »
Les métaux radioactifs, thorium et uranium n’ont pas donné les résultats qu’on était en droit d’attendre d'eux. Dès 1919, CarnorT et GUILLAUME ont tenté un traitement par des injections de mésothorium. Le seul
résultat qu'on en ait obtenu fut l’amélioration d'une
leucémie (Cmiray et BENbA). Il en est de même de l’uranium essayé en Amérique.
Le cuivre essayé par GAUBE, puis par WALLON ne semble juqu’ici donner que des résultats partiels, les préparations mises en expérience ont été le cuivre colloïdal, l’hydroxyde de cuivre, le sulfate de cuivre ammoniacal, l’oléate de cuivre, etc. On a tenté également l'association du cuivre à l’argent et à l'uranium.
L'argent, l'or et le platine auraient donné également quelques résultats et Dupuy pe FRENELLE les range dans le traitement du terrain cancéreux. Il en est de même de l’iridium, le ruthénium, etc.
Voilà les principaux faits actuellement établis pour ee qui concerne les tentatives de chimiothérapie minérale dans les tumeurs malignes. On ne peut dire que les efforts aient manqué ; si l’on doit déplorer une insuffisance, c’est plutôt celle de nos connaissances. Il est possible que la grande thérapeutique anticancéreuse de l’avenir sorte de ces faits, mais on devrait connaître les formes les plus actives et les moins toxiques des métaux mis en œuvre. Si EnrLic n'avait pas découvert les arsénobenzols, on n’aurait jamais connu les propriétés antisyphilitiques de l’arsenic. Il est'exceptionnel qu’un composé minéral simple puisse donner des bons résultats en chimiothérapie. Nous allons maintenant étudier les composés organiqus qui semblent avoir permis quelque espoir.
CHIMIOTHÉRAPIE ORGANIQUE
C’est à peine que l’on doit parler dans éette rubrique de quelques extraits végétaux employés depuis longtemps dans le traitement du cancer : chélidoine (ou la substance active qui en est extraite, la chélidonine), la ciguë, le laurier-cerise, la violette, la colchique, etc.
Parmi les substances mieux connues au point de vue chimique et pharmacodynamique, on a utilisé la choline et la bétaïne qui sont des corps de composition chimique voisine et qui agiraient en modifiant le métabolisme de la cellule cancéreuse.
Nous voudrions surtout parler de trois catégories de substances : les corps fluorescents (quinine, fluorescéine), des colorants (bleu de méthylène, bleu d’isamine) et des acides aminés.
* LE à Le premier corps fluorescent qui fut employé était la quinine. JaABouLay en préconisa l’emploi en 1900, croyant que le cancer était une maladie à protozoaires. D'autres auteurs, comme Launois, CASTAIGNE, BLoN- DEL, etc., l'ont essayé en notant toujours une amélio-
ARRET LUS AREDE
ration notable de l’état général. Il est vrai, que la plupart l’ont employée conjointement avec le magnésium, l’arsenic, etc. On donne la quinine en injections intramusculaires de chlorhydrate neutre ou basique à la dose de 40 à 50 centigrammes quotidiens. On a préconisé également l'administration de sulfate de quinine à la dose de 2 grammes par la bouche.
. Un autre corps fluorescent, l’éosine,'a été employé plus tard par WassERMANN, associé au sélénium, comme nous l'avons déjà vu. C’est à la suite des expériences d’'Exrricu, constatant la fixation élective de Féosine sur les tissus cancérisés, que WASSERMANN employa l’éosine, comme véhicule du sélénium. Le corps carcinolytique supposé était, dans cètte combinaison, le sélénium, l’éosine représentait le groupement haptophore.
Or, plus tard on a émis des doutes sur l’activité du sélénium sur les cancers, et on a supposé que le corps vraiment actif dans la combinaison de WASSERMANN était l’éosine. En se basant sur ces faits, et sur des constatations concernant la propriété anticancéreuse des substances fluorescentes irradiées, COPEMAN expérimenta la fluorescéine (l’éosine est un dérivé tétrabromé de la fluorescéine qui, elle-même est la phtaléine de la résorcine), après lui avoir fait subir une irradiation par le radium ou par les rayons X. On donne 30 à 60 milligrammes de fluorescéine par la bouche ou 10 centigrammes en solution aqueuse par voie intraveineuse.
On a constaté par cette méthode que certains can-