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CHAPITRE IV

des abîmes les plus salubres, je reçus au visage une bouffée formidable.

Longtemps il parla. Moi qui croyais les avoir devinés, je découvris tout d'un coup, l'orgueil et l'ambition de l'esprit. Celui-là me hélait du milieu de sa solitude. Celui-là connaissait la domination, et s'était emparé des royaumes.

Oui à cet instant j'ai vu la force. Il avait maîtrisé d'abord soi, et ensuite les livres et les hommes. Ayant choisi d'être saint, il pouvait être aussi bien pape ou empereur. Ayant renoncé au détail de tout, il méritait le tout.

Et à la même minute, je possédais aussi ce bonheur: pouvoir rendre hommage à un vrai maître, m'en remettre en entier corps et âme, selon ce vieil instinct humain du compagnonnage, au détenteur authentique de la puissance.

Dans cette petite cage de bois un tourbillon ramassait et résumait pour mon suprême profit le meilleur de l'humain: la Foi avec tous ses attributs, et son don capital qui ressemble à une belle mort volontaire. Elle est le paroxysme de la vie, elle signifie que toutes les forces dont nous pouvons disposer sont enlevées en un

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coup de filet qui ne laisse traîner rien de viable, elle nous donne donc de la vie la jouissance la plus essentielle. Eh bien! elle ajouta encore le bienfait contraire, elle nous dérobe à ce beau pis-aller dans le moment où elle nous fait goûter Tarrière-saveur qui le justifie.

Après cela je n'avais plus qu'à mourir ou à me saisir à seize ans de la couronne, de cette succession royale qu'on m'offrait. Je suis mort en effet mais d'une mort nuisible, une mort misérable et sans nom.

A quoi bon raconter ensuite l'inévitable romantisme de mes dix-huit ans. C'est une maladie que nous ne pouvons éviter, mais, qui dans l'état présent des mœurs, devient honteuse.

Je me contente de ces brèves indications. Viennent les grands événements qui peut-être aviveront en Cogle les moindres parcelles de sa puissance.

Alors l'étroit univers bougera et éclatera comme un sol miné. Cet étroit univers dont voici la matrice.

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