Partie fii)e
« Tout n'est pas rose dans les parties de « campagne que les citadins de San-Francisco « entreprennent quelquefois.
« Dimanche dernier, voulant fuir la pousse sière de la ville et se donner Timmense joie « d'une promenade sur l'eau d'abord, d'un « déjeuner sur l'herbe ensuite, et d'un festi- « val champêtre enfin, 22 à 24 personnes, « Gentlemen et Ladies, se sont embarqués « sur un bateau qui devait les conduire à « Saucelito.
« On est parfaitement arrivé à destination « et la journée s'est passée conformément au « programme. Mais lorsqu'on a songé au re- « tour, ça été une autre affaire : le bateau « était échoué, la marée étant basse, et force « a été d'en prendre son parti et de coucher « à la belle étoile.
« Les têtes froides ont alors tant soit peu « pesté, mais les jeunes gens ont pris leur « volée ^ — "n Ranch situé à sept milles de
« là, et, de près ou de loin, chacun les a « suivis. Lorsque l'heure du berger est ar- « rivée les agneaux étaient déjà aux champs.
« Enfin, quand sur un autre bateau, on « put quitter ces lieux enchantés, il était cinq « heures du matin, et la brise parfumée, qui « soufflait dans les voiles, apportait vers la « terre les sons mourants d*une mélodie qui « semblait être :
« Ah! qu il fait donc bon, qu il fait donc « bon cueillir la fraise!'»