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UN CHASSEUR

L'Américain n'est pas chasseur, il est tireur.

Je m'explique.

Il ignore le fusil de chasse à plomb.

Par conséquent, la chasse à courre, au vol, lui est parfaitement inconnue.

Tout animal qui remue ne fait point son affaire !

C'est pourquoi il y a tant de perdrix, de lièvres, etc., dans le pays.

C'est que ce genre de gibier à poil ou à plume n'est jamais chassé.

L'Américain ne poursuit que le chevreuil, le cerf, l'élan, l'ours, le lion, le buffalo, etc., en un mot, la grosse pièce.

Il a, pour arme, un rifle d'une forme toute particulière.

Ce rifle est très lourd, très résistant, parfois très long.

Il se charge à balle, avec une baguette en bois, qu'il enfonce avec un maillet.

Cette carabine est rayée, elle est d'une très grande précision.

C'est un chef-d'œuvre de mécanisme.

L'Américain tire à de longues distances.

Quand un chevreuil se sauve, le tireur immobile le laisse courir, sachant, par expérience que l'animal levé ira dans un lieu découvert, et là s'arrêtera pour regarder celui qui l'a effrayé.

C'est alors que le chasseur, se mettant à genoux, appuyant l'extrémité de son arme sur une fourche en bois, prend son temps, ajuste bien et lâche la détente.

Telle est son habileté qu'il manque rarement son but.

Pour arriver à une telle précision, il a perfectionné son arme.

Elle possède, sur la partie supérieure, un tube de la longueur même du canon.

Ce tube contient un appareil télescopique.

C'est avec cette mire spéciale qu'il vise l'animal. Quand il le tient bien au centre de deux cheveux en ''«'5 contenus dans la mire, il

lâche la détente, ou plutôt la deuxième détente, car son rifle en possède deux.

Cette dernière est d'une sensibilité extrême.

Comme on le voit, on ne chasse pas avec un pareil instrument, mais par contre on arrive à une telle justesse de tir que cela tient du merveilleux.

C'est simplement stupéfiant !

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