‹ Etat de Californie en 1870: impressionsChapitre 24 sur 43 · UN GUILLAUME ¥ELL · texte numérisé non relu

UN GUILLAUME ¥ELL

Nous étions quatre, couchés au pied d'un arbre, devisant sur toutes les choses les moins intéressantes du monde, quand brusquement la conversation bifurqua sur des aventures de chasse.

Un Américain bien né — ils le sont tous — ne sort jamais dans les champs sans son rifle.

Justement un coucou insolent vint se jucher sur une branche de Tarbre qui nous pro-

tégeait contre les caresses un peu trop vives du soleil.

Un de ces messieurs me demanda si je voulais la tête ou les pattes de ce coucou.

Je crus qu'il voulait rire !

Je demandai la tête, comme le peuple, sous la révolution, demanda celle de Louis

Mon tireur se mit à genoux, posa son rifle sur une fourche en bois, qu'il avait sous le bras, prit son temps, lâcha la détente, et Toiseau mort, tomba à nos pieds, en deux morceaux/

Il lui avait coupé le cou avec sa balle ! . . .

Je lui aurais demandé les pattes, c'eût été la même chose.

Je le saluai très bas, car, pour rien au monde, je n'aurais voulu être son ennemi.

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