‹ Etat de Californie en 1870: impressionsChapitre 41 sur 43 · LES GROS ARBRES · texte numérisé non relu

LES GROS ARBRES

Les Gros Arbres^ — The big Trees, — sont situés dans un pli de terrain.

C*est une cuvette de terre végétale très riche en humus.

Le sol est humide, ce qui convient parfaitement à la croissance de ces gigantesques cèdres.

Ils puisent, dans ce terrain, une nourriture abondante, qu'ils rendent par la suite, à la terre, en pourrissant sur place.

C'est un cercle vicieux qui se renouveile sans jamais épuiser le sol.

Uécorce de ces cèdres a la forme de côtes de melon.

Elle est extrêmement rugueuse, épaisse, et cette épaisseur va jusqu'à un pied ou un pied et demi.

Sa couleur est d'un rouge très brun à l'intérieur, près de l'aubier. Elle est spongieuse.

avec des tissus lâches, comme celle d'une mauvaise qualité de liège.

C'est presque de Tétoupe.

Grâce à cette grande épaisseur, à son peu de pesanteur, on a pu détacher des sections entières, et reconstruire ainsi la forme extérieure de Tarbre.

C'est pourquoi on les a vues figurer à toutes les expositions universelles.

Néanmoins, cette figuration est loin de donner une idée exacte de l'imposante grandeur de l'arbre vu sur pied, ou couché sur le sol, comme je l'ai devant mes yeux maintenant.

Les branches seules de ces grands cèdres dépassent, en volume, le tronc du plus gros sapin qui croît sous son ombre.

Ces branches, sur l'arbre, sont peu nombreuses.

Elles ont un aspect osseux.

Elles sont courtes, tordues, presque difformes.

Elles sont ramassées sur elles-mêmes,

comme des étais titaniques qui auraient pour mission de porter la voûte du ciel.

Et de fait, leur cime est souvent brisée!

Ce sont des masses énormes.

Près de Thôtel, cinq hommes, pendant vingt-cinq jours, ont été employés à abattre un de ces cèdres.

Sur sa section coupée, on a construit un pavillon fermé.

Cela représente une salle de danse de 32 pieds de diamètre.

Voilà un plancher qui n'est prêt de s'user, ni de s'écrouler sous les pas des cavaliers!

Sur le tronc de ce même arbre renversé, qui gît sur le sol comme un Titan vaincu, on a adossé une échelle pour arriver au sommet.

Plus loin, un deuxième, couché sur la terre, est en partie brûlé intérieurement.

Il forme un long tunnel de 25 pieds de diamètre : c'est presque l'espace suffisant pour le passage d'une voie ferrée.

En attendant, un homme à cheval, le parcourt dans son entier d'un bout à l'autre.

-ne

Page 1