Pour instituer les établissemens de banques mutuelles
3°. L'émission de deux millions de billets de l'échiquier pour les travaux publics ;
4^. La mise en circulation de deux millio;is six cent mille livres , payes à certains possesseurs des cinq pour cent ;
5^. La diminution du taux général de l'intérêt de l'argent, en procurant à la Banque la faculté d'escompter à quatre pour cent.
Parmi les erreurs populaires ( car c'est cèr^
taiiiement Texpression dont on doit se servir ) qui prévalurent dans la dernière session du Parlement , celle qui fut soutenue avec le plus d'opiniâtreté fut que la baisse des prix pour l'agriculture , et même pour les manufactures , devait être attribuée à la réduction violente dans la circulation qu'avait produite le bill de M. Peel. Quoique l'opinion publique ait été rectifiée sur ce sujet , il reste encore tant de traces de cette erreur, qu'il devient nécessaire de nous arrêter un instant sur cette question , et spécialement aujourd'hui que l'expérience a démontré la justesse de nos argumens.
La thèse de ceux qui affirment cette grande réduction dans le numéraire du pays, et qui l'imputent seulement à l'action violente du bill de M. Peel , ne peut être mieux établie que par les termes mêmes qu'a employés l'un des plus habiles, mais aussi des moins judicieux de nos écrivains populaires ; que la quantité des opérations commerciales dans le royaume est généralement la même d'année en année; que l'argent en est le moyen, et que si la même quantité d'opérations commerciales est distribuée entre un nombre diminué de pièces d'argent, une moindre portion de ces pièces d'argent sera le partage de chaque opération. Par exemple^
si les opéralions annuelles d'un pays se montent à cinquante millions et l'argent en circulation à cent millions de pièces, n'est-il pas manifeste que deux pièces seraient ici le partage de chaque opération? Mais si vous réduisez ces cent millions de pièces à cinquante millions, n'est-il pas également manifeste qu'une pièce au lieu de deux sera devenue le partage de chaque opération?
Cet argument appartient orginairement à Locke ; mais il le regarda comme applicable à un état de choses très-différent. De Locke, il passa à Hume, et de celui-ci à Paine : ces deux derniers l'ont établi à-peu-près dans les mêmes termes que ci-dessus; il sera beaucoup mieux compris toutefois en remontant à sa première autorité. L'argument de Locke consiste à dire en substance que les spéculations et le numéraire devraient concourir à s'accroître mutuellement et qu'on ne doit jamais les étendre ou les restreindre avec violence. Dans le développement de cette proposition on a de la peine à reconnaître le jugement et la pénétration ordinaires de cet écrivain. Le numéraire d'un pays, dit-il, devrait être assez considérable pour couvrir toutes ses opérations commerciales. Pqur qu'il existe une juste proportion entre l'argent et
les spéculations d'un pays, la quantité du numéraire doit exactement être en rapport avec le nombre des opérations de commerce. « La cou- » verture d'un lit, dit Locke d'une manière assez » triviale, doit couvrir tous ceux qui y cher- » chent un abri et le repos; diminuez-en les di- » mensions, et tous ceux que garantissaient ses » extrémités se trouveront exposés au froid , et » feront des efforts pour reprendre leur porj> tion ; étendez-la an contraire , et chacun en » aura une part plus considérable, à laquelle » il donnera d'autant moins de valeur. Il en est » de même des quantités en circulation dans le » royaume : réduisez ces quantités , chacun s'ef- » forcera de retirer sa portion pour ses propres » opérations et le résultat sera une hausse con- » sidérable dans la valeur de l'argent; aug- » mentez cette quantité, au contraire, la por- » tion de chacun sera augmentée , et la valeur 9 de l'argent tombera dans la même propor- » tion. »
Telles sont à-peu-près les formes bizarres de l'argument de ceux qui se plaignent d'une diminution considérable de notre numéraire et qui attribuent à cette circonstance la diminution des prix. Mais si nous admettons sans réserve le principe sur lequel toutefois on pour-
rait disputer, rargument que nous venons de rapporter est vicieux et dans ses prémisses et dans sa conclusion. C'est une chose certaine que le numéraire en circulation dans le pays n'a pas subi la diminution alléguée par ces écrivains; mais en regardant comme constant le fait de la réduction, la diminution des prix n'est pas une suite nécessaire de cette réduc^ tion. Supposons, par exemple, que le nombre des opérations commerciales et la quantité de l'argent en circulation aient subi une réduction simultanée, le même rapport n'existera-t-il pas entre le nombre de ces opérations et celui de ces pièces d'argent ? Par exemple , supposons que, dans le temps où le nombre des pièces d'argent a été réduit de cent millions à cinquante , le nombre des opérations commerciales l'a été de cinquante millions à vingt-cinq : cinquante millions de pièces réparties sur vingtcinq millions d'opérations donneraient évidemment la même proportion (c'est-à-dire deux pièces d'argent pour chaque Opération) que cent millions de pièces d'argent réparties sur cinquante millions d'opérations. Ici se manifeste donc le premier vice de l'argument, lequel tombe entièrement si on l'applique aux circonstances présentes. Il suppose effectivement
'deux faits, Vun est manifestement fauK et l'autre très-douteux. L'allégation fausse est celle que le nombre des opérations commerciales , c'està-dire le monopole dont nous avons joui pendant la guerre, notre commerce intérieur et les dépenses du gouvernement sont aujourd'hui les mêmes que pendant les années i8i5, i8i4 et i8i5; et que, par conséquent, d'après les termes mêmes de nos adversaires , la même quantité d'opérations doit attirer à elle une quantité de numéraire considérablement réduite. L'allégation douteuse, et certainement très-douteuse, est que le numéraire ait été réduit autant que le prétendent ces écrivains.
La différence entre la thèse de Locke et celle des personnes qui professent les opinions cidessus établies, se fait remarquer facilement dans la position même de la question ; elle se réduit , d'après Locke, à ceci : que si le nombre des opérations commerciales reste le même et que le nombre des pièces d'argent en circulation dans le pays diminue , la valeur de l'argent doit augmenter proportionnellement, puisqu'un nombre moindre de pièces d'argent doit être réparti sur un même nombre d'opérations, et par suite une plus petite portion d'argent doit être destinée à chaque opération commer-
ciale. On ne peut rien dire contre la justesse de cet argument, parce que sa conclusion est une conséquence nécessaire des prémisses. Cette conclusion se résume à ceci : que la valeur de l'argent augmentera si le nombre des opérations reste le même tandis que la quantité de l'argent diminue. Mais la question que nous examinons maintenant, est celle-ci : Commele nombre des opérations commerciales reste le même, et comme le nombre des pièces d'argent a été diminué, la valeur de l'argent a augmenté proportionnellement et par suite le prix de tous les objets nécessaires à la vie s'est trouvé proportionnellement diminué. Cette conclusion est évidemment fausse , parce qu'elle est une conséquence de prémisses fausses, puisqu'elles supposent que les opéralionSjC'est-à- dire la masse générale des dépenses , restent les mêmes , et trois faits incontestables sont là pour garantir notre assertion : le premier, que les dépenses annuelles du Gouvernement ont été diminuées de trente millionsau moins, qui, par conséquent, n'alimententplus les travaux, ne sont plus comptés comme revenus des capitaux, et comme moyens d'employer une grande masse d'individus.
Le second, que l'accumulation considérable des produits dans les marchés a seule amené
(67) une réduction dans les prix , et que cette réduction, d'après le prix courant des principaux articles manufacturés ( pour ne rien dire ici des produits agricoles ) , excède certainement un tier^. Le troisième enfin, que notre monopole pendant la guerre, et sur-tout l'heureuse position dans laquelle se trouvait l'Angleterre devenue alors une sorte d' emporium générail pour le commerce et les capitaux étrangers ^ ont cessé à la paix , et que par conséquent les affaires qui en étaient la suite ont été retranchées du nombre de nos opérations commerciales. En un mot, le véritable état de la question nous paraît se réduire à ceci : que si la quantité de l'argent en circulation s'est trouvée diminuée , elle ne l'a été que dans une juste proportion de la réduction opérée également dans les dépenses publiques par la cessation du monopole, et la réduction actuelle des prix , laquelle a été opérée par l'abondance des marchandises et non par la rareté de l'argent.
La fausseté de l'assertion de ces messieurs paraît sur-tout évidente lorsqu'on pense que tandis qu'il est notoire que la réduction du prix des objets nécessaires à la vie peut avoir deux causes principales, l'abondance des marchandises dans les marchés et la diminution des va-
leurs en cifctilàtion, ils ne craigiiè^t "pas d'assurer q-tie cette réduction n'a qu'uVre cause unique, et qite cette cause est la dimitiutioik des espèces , lorsqu'il est ^manifeste potit tous, exdepté J)our euk , que cette isurabo^dance de inarchandises doit nécessairetnent exister actttèllement , à catiisè dé Tétat où se trouvent 'et notre agriculture et nos manufactures. Ces messieiu's, loin de se rendre à révidence dés faits, aiment mieux alléguer malignement ùtie cause dont tout semble contredire rexisteneie, et que méconnaissent unanimement tous les hommes habiles dans là partie. La thèse êe M. Western et de tous les écrivains du même parti, est qu'il existe une trop petite quantité d'argent pour les besoins ordinaires de la vie*, et que le blé est à bas prix , tioh parce que lé blé est abondant, mais parce là valeur de l'argent est augmentée ; que les banques provinciales ont réduit leur papier et cessé leurs opérations non parce que les fermiers n'ont plus de sûretés à leur donner, mais parce qu'elles n'ont plus d'argent à prêter; parce qu'en un mot elles peuvent, d'après le bill de M. Peel , être obligées à payer leur papier avec dé l'or, tandis qu'il serait impôssib^le de se procurer de l'or, même avec du crédit
( tH) )
et pour (les valeur réelles. Maintenant ne su£- \
firait-il pas , pour répondre à cet argument, /
d'en appeler à un homme versé dans les opé- ^
rations financières de la place de Londres? Demandez à tel financier si l'or a manqué pour les besoins ordinaires de la vie et pour les transactions diverses ; s'il a manqué à la Banque d'Angleterre ; s'il eût manqué aux banques provinciales tant en échange de valeurti réelles et de véritables sûretés : et il vous répondra que jamais l'or ne fut plus abondant qu'à l'époque actuelle, et que tous les corps commerçans, que tous les individus qui peuvent offrir des garanties, peuvent s'en procurer la quantité /^
qu'ils désireront et au moment où ils la dési- y
reront; qu'à l'époque actuelle jamais on ne ^ ^
manque d'or en échange de billets, et que par !
conséquent (du moins pour ce qui regard^ P
l'époque actuelle ) il n'y a pas de motifs pour diminuer l'émission des billets, par la crainte d'éprouver des difficultés pour en obtenir le paiement en argent.
Ou trouve ici , en vérité , une singulière ço^r tradiction entre la conduite et le langage de ces gentlemens, tandis qu'un grand nombre d'entrp eux se sont plaints si souvent des économiste? et de Tapplication de leurs pi incipe$ giiij^ que$-
(70) tions relatives à l'agriculture, ils adoptent la partie la plus obscure et la moins certaine de leur théorie. Si leur jugement n'eût point été troublé par l'adoption de tous ces lieux comïiiuns, ils comprendraient, de même que leurs pères , que les prix dépendent plus des spéculations de la place que des actes du Parlement; ils comprendraient que la rareté de l'argent dans certaines classes de la société peut provenir de deux causes : la première, que la classe dont il s'agit n'a que peu de choses ou rien du tout à donner en échange pour de l'argent; et, la seconde, que l'argent lui-même n'existe pas maintenant. Si, imbus de cette vérité si simple, ils réfléchissaient sur l'état actuel des choses, il ne serait pas néces-saire de leur apprendre à laquelle de ces deux causes la diminution des prix , dans l'agriculture , doit être imputée.
Si ces messieurs avaient de même considéré la situation actuelle du blé dans les marchés , en ayant égard aux quantités demandées et fournies, il est certainement impossible que l'origine de cette baisse des prix eût échappé à leur intelligence : appelons donc un moment leur attention sur un court sommaire relatif à cet objet. Il arriva dans le port de Londres^
(7' ) en 1819, trois cent mille quatre cent seize quarts de froment ; la quantité livrée aux marchés de cette cité fut, en 1820, de quatre cent mille, et en 1821 de cinq cent mille : les comptes ne sont pas faits pour iSsba; mais en jugeant d'après les quantités livrées par semaine , nous pouvons garantir un excédant de cinquante mille quarts sur l'année précédente. L'approvisionnement des grands marchés des comtés , spécialement dans les districts du sud et du nord, a présenté la même échelle progressive d'accroissement. Ceci montre suffisamment, sans doute , que la baisse des prix est occasionnée par la surabondance des produits ; et il n'est pas besoin, comme on voit, d'avoir recours à cette supposition fallacieuse d'un numéraire réduit et resserré par des mesures violentes, pour s'expliquer, avec de la bonne foi et des connaissances pratiques dans la matière, pourquoi le froment devait être au prix courant de soixante-treize schellings le quart en 1819, de soixante- cinq en 1820, de quarante -cinq en 1821, et pourrait être ultérieurement amené à quarante dans le courant de l'année actuelle.
Mais il n'est pas vrai en fait que la circulation du pays ait été réduite autant qu'on Iq.
(72 ) prétend. Cette circulation, comme composé de papier et d'or, n'est pas actuellement moindre de plus que de quatre ou cinq pour cent qu'au plus haut période de l'émission des billets de banque. Ce fut au mois d'août 1817 qu'eut lieu l'émission la plus considérable qui ait jamais été faite de ces billets. A cette époque, ils atteignirent la somme énorme de trente millions neuf cent vingt mille trois cent soixante livres, en août de l'année suivante ils furent réduits à vingt-six millions six cent cinquante mille six cent dix livres, et en mars 1819 cette émission fut de nouveau réduite à vingt-quatre millions six cent dix mille six cent quatrevingt livres.1
Il est bon de rappeler, en passant , au lecteur qu'à l'époque où l'émission des billets de banque formait la somme de près de trenteun millions, le pays se trouvait dans la plus grande détresse : ses revenus avaient été diminués de près de dix pour cent, et chaque branche de notre commerce et de notre industrie était dans un état de crise.
A l'égard de cette partie de notre mise en circulation, qui consistait en billets des banques provinciales, l'émission varia considérablement pendant les années 1817, 1818 et 18x9. Dans
( 73 ) le rapport fait à la chambre des Lords en' .819 sur la reprise des paiemens en argent , un état estimatif fut fait de l'émission de ces banques, et d'après des données aussi exactes qu'il était possible d'en obtenir, le résultat des recherches établit les faits suivans : en i8i4i Témissioa des banques provinciales se monta à vingt-deux millions sept cent neuf raille livres et l'émission de la Banque d'Angleterre fut de vingt-six millions neuf cent un mille livres. — En 181 5, l'émission des premières fut de dix-neuf millions qui, réunis avec l'émission de la Banque d'Angleterre, produisirent un total de quarantecinq millions huit cent quatre-vingt-dix-sept mille livres. — En 1816, l'émission des banques provinciales ne fut que de quinze millions quatre-vingt-seize mille livres, formant, avec les billets de la Banque d'Angleterre, un total de quarante -un millions six cent soixante -dix mille livres. — En 181 7, l'émission combinée de ces deux sources de la circulation générale dépassa de très-peu quarante-quatre millions. — Dans l'année suivante, elle s'approcha de quarante-huit millions. — Dans l'année 1819 , dont les comptes (relativement aux banques provinciales ) ne sont pas aussi précis, les émissions réunies ne peuvent pas, d'après l'estima-
tioii la plus probable , être élevées au-dessus de quarante-cinq millions cinq cent mille livres. Ces calculs sont fondés sur les documens émanés de l'administration du timbre, qui présente toujours une assez grande incertitude; mais le résultat de cet état général sera que le terme moyen des valeurs en circulation en Angleterre, consistant soit en billets de la Banque d'Angleterre et des autres banques du pays, de 1810 à 181 9, les deux années comprises, a varié depuis quarante-deux millions environ jusqu'à près de quarante-huit, et qu'elle fut au plus haut en 181 4 et au plus bas en 1816.
Pour ce qui est du montant des valeurs en circulation employées dans les transactions diverses du pays (quelle qu'en soit la nature), il est presque impossible de s'en former une juste idée.
: L'accroissement considérable des affaires de ce pays dans toutes les branches de son commerce intérieur et de son agriculture; l'augmentation de ses exportations et de ses importations de cinquante-un millions , montant moyen des trois années antérieures à 1797, à quatre-vingt millions, montant moyen des trois dernières années; l'élévation des charges de la dette nationale de treize millions cinq cent
( 75 ) in;lle livres en 1797 à quarante-quatre millions en 1822 , et le montant des taxes porté de seize à cinquante-cinq millions, pouvaient être regardés comme nécessitant une quantité plus considérable de valeurs dans la circulation. 11 est toutefois manifeste que la somme de ces valeurs n'est pas essentiellement en proportion avec l'étendue de notre commerce intérieur et extérieur et l'accroissement de nos revenus. Un grand mouvement commercial et un crédit solidement établi, lesquels occasionnent invariablement une grande activité dans la circulation, permettront à la même quantité de ces valeurs de subvenir à un nombre beaucoup plus considérable de transactions ; et les modifications infinies du crédit auxquelles un tel état de choses donne naissance , ajoutées aux améliorations dans le transfert commercial et dans l'administration des banques , doivent nécessairement produire les mêmes résultats. Il doit évidemment aussi y avoir une grande différence entre le montant d'un numéraire consistant en papier seulement , et un numéraire dont une portion est du papier et la plus grande partie des espèces. C'est par ces circonstances (concourant probablement avec d'autres) que nous pouvons voir pourquoi les valeurs actuellement
(76) çn circulatiou suffisent à une masse d'affaires beaucoup plus considérable que la masse d'at faires de 1797, effectuées avec des valeurs presque aussi élevées.
Afin d'arriver à une juste estimation de nos valeurs mixtes actuellement en circulation, quelques observations sont ici nécessaires relativement à l'argent monnoyé en circulation avant les mesures restrictives. Otant cinq millions de l'état fait par le feu comte de Liverpool (état généralement regardé comme exagéré ) , les espèces monnoyées en circulation avant 1797 se monteraient à vingt-cinq millions. Ajoutez à ceci les billets de la Banque d'Angleterre dont l'émission se montait avant 1 797 à dix millions et demi; ajoutez pareillement les billets des autres banques, y compris celles de l'Ecosse, se ^lontant à sept millions , et le résultat produira un total d'espèces monnoyées et de papier mis conjointement dans la circulation avant 1797» de quarante-deux millions, cinq cent mille livres offrant une différence , avec la plus haute émission de toutes les banques nationales , de cinq millions et demi. Mais prenant le taux moyen de l'émission que nous avons établie ci-dessus (entre quarante-deux et quarante-huit millions)^ la différence ser^ de deux millions et demi.
iii)
Ayant ainsi établi, d'après dès bases aussi exactes qu'il est possible d'en obtenir, la circulation du pays lorsqu'elle consistait en or et en papier avant la restriction , et lorsqu'elle était presque entièrement composée de papier après la restriction , si nous envisageons l'état de notre circulation actuelle, nous verrons que le montant se trouve peu éloigné de ce qu'il était à son plus haut période. Sous ce point de vue, nos premières recherches doiverit porter sur îa quantité des pièces d'or dont le monnoyage devait remplir le vide de l'émission de nos billets.
Depuis l'année 1817 jusqu'au 5i octobre de l'année qui vient de finir , le montant des monnaies d'or fabriquées et jetées dan^ la circulation est comme suit :
En 181 7, il fut inonnoyé. . . * 4?275,337 I.
1818, .. ,; ..O'dijbt^T' '^ • • . 2,862,373
18 19. i'Mvnm 2i'. . . . • 3,674
Total. ........ 22,407,645
'iLes espèces en argent inonnoyé pen'dant la
(78) même période (comprenant Tan. 1816) se montent à un peu moins de sept millions et demi : ainsi, en donnant au royaume, en monnaies d'or et d'argent, la somme énorme de trente millions, la fabrication, dans le court espace de cinq années présentera un total peu disproportionné avec la totalité des monnaies fabriquées depuis l'année 1760 (année de l'avènement du dernier roi à la couronne) jusqu'à l'époque des restrictions de la Banque ; à cette fabrication il faut ajouter une grande quantité d'or et d'argent en lingots, accumulée dans l'hôtel des monnaies; à quoi nous devons également ajouter le trésor que possédait la Banque avant la nouvelle fabrication, et qui n'avait pas encore été envoyé à la monnaie pour être de nouveau fabriqué : les guinées frappées en i8i5 ne sont point comprises dans les calculs ci-dessus.
Si tel est l'état jde. notre circulation métallique, oU du moins celui xles moyens possibles de circulation y jetons maintenant un coup d'œil sur ^a situation actuelle de nos papiers courans, dti moins autant qu'il est possible de la déterminer-
Depuis que la Banque d'Angleterre a payé ses billets en or, ses effets en circulation ont flotté entre seize et vingt millions ; en fé-
(79) vrier 18^2 , les effets de la Banque en émission formaient un total de dix -neuf millions en papier et de huit millions en or (i). Quoique les directeurs aient réduit leurs effets en circulation, ils les ont dans le fait augmentes en prenant ensemble la circulation des papiers et de For, qui, à l'époque où fut passé le bill de M. Peel, n'excédait pas vingt-cinq millions.
Il est bien connu que le montant des émissions de la Banque est déterminé parles besoins de l'industrie et du commerce , il est donc satisfaisant d'apprendre que ces émissions augmentent dans ce moment. Deux causes ont contribué à cet accroissement : la première est l'avis publié par la Banque qu'au lieu de se borner à escompter comme autrefois les billets à deux mois, elle les escompterait dorénavant à trois, et qu'en outre elle transmettrait aux différentes provinces au moins une somme de
(1) Dans les débats relatifs aux espèces en circulation, à la chambre des Communes le i3 juin dernier, il a été constaté, par l'un des directeurs , que la Banque avait mis en circulation entre dix et onze millions de sovereings : depuis cette époque , et la réduction du taux de l'escompte à quatre pour cent, la mise en circulation a considérablement augmenté.
( 8'> ) trois mille livres sans aucun frais de transport , Ja seconde, c'est la dernière résolution des directeurs d'escompter à quatre pour cent.
En s'en rapportant à l'état des billets mis en circulation parla Banque, transmis chaque semaine au Conseil privé, on trouvera que le taux moyen pour l'année qui vient de finir excède huit millions en papier. Il est également certain, quoique cela ne soit pas compris dans les mêmes rapports, que les espèces mises en cir^ culation par la Banque ont été de huit à neuf -millions : ainsi le taux moyen des papiers et de J'or mis en circulation l'année dernière peut bien être fixé à vingt-sept millions , c'est-à-dire qu'il offre un excédant de deux millions sur le montant de leur total à l'époque où passa le bill de M. Peel.
Le montant du papier des banques provinciales est plus difficile à fixer. Sans doute il a beaucoup souffert du bas prix des productions agricoles. Le propriétaire et le fermier ont eu malheureusement plus d'occasions d'emprunter que d'avantages et de sécurités à offrir ; mais ce n'est cependant point là une raison de croire que la circulation de ces papiers ait diminué de plus d'un tiers. Dans les grandes provinces manufacturières d'Yorck, de Glowcester et de
Sommerset , la circulation s'est accrue pencknt Tété et l'automne derniers; au contraire, dans les districts agricoles, elle a baissé considérablement pour des motifs que chacun peut connaître et dont le détail serait inutile. Il est trèsdifficile de donner un exact aperçu de celte partie de nos effets circulans. Les rapports de l'administration du timbre fournissent à cet égard les seuls renseignemens satisfaisans, ils furent adoptés en iBig dans les comités des lords et des communes, comme pouvant guider de la manière la plus sûre. Les comptes suivans jetteront donc quelque jour sur cette partie de notre circulation , ils suffisent à notre dessein, qui est l'appréciation des émissions comparatives.