COLONIALE
Cette partie de notre sujet est devenue aujourd'hui de la plus haute importance, à cause de l'accroissement de nos colonies ; dans l'ancien système de gouvernement, les colonies n'étaient regardées que comme des pays destinés à recevoir l'excès de population de la métropole. Elles remplissent le même objet dans les gouvernernens modernes, mais en même temps elles offrent de nouveaux débouchés aussi bien que de nouveaux alimens au commerce. Lorsqu'à la suite de la guerre d'Amérique, les Etats-Unis se séparèrent de la métropole , ce fut une opinion généralement répandue parmi les meilleurs écrivains de cette époque , que le commerce anglais venait de recevoir un coup dont il lui serait difficile de se relever entièrement. Quatre ans cependant s'étaient à peine écoulés depuis la fin de cette guerre, que le peu de possessions que nous conservions encore en Amérique , et même celles sur lesquelles nous osions le moins compter, avaient tellement accru leurs richesses.
tellement étendu leurs travaux agricoles, qu'elles absorbaient chaque année une plus grande partie de produits, soit bruts ou manufacturés de la Grande-Bretagne, que ne l'avaient jamais fait les treize provinces réunies de l'Amérique avant la guerre de 1775. M. Burke établit, dans un pamphlet qu'il publia à cette époque, que 1^ valeur totale des importations d'Amérique était d'environ un million de livres sterlings, et la valeur totale des produits des manufactures anglaises exportés de la Grande-Bretagne dans les provinces d'Amérique , d un million deux cent mille livres à un million cinq cent mille livres. Maintenant, pour 18 1 9 (et nous pourrions choisir une année plus favorable), la valeur de nos produits bruts et manufacturés exportés dans les quatre provinces de l'Amérique an- V glaise, le Nouveau -Brunswick, la Nouvelle- Ecosse, Terre-Neuve et le Canada , s'éleva à un million trois cent vingt mille livres; cette valeur alla jusqu'à un million cinq cent quarante-huit mille livres en 1820. Si nous comprenions dans ce calcul les îles des Indes occidentales, comme i) paraît que le fit M. Burke, nous devrions ajouter que le montant de nos ' exportations dans l'Amérique anglaise et les Indes occidentales fut, en 18 19, de six millions
( i3o ) huit cent mille livres , et le montant des importations des mêmes provinces et des îles fut, dans le même temps, d'un peu moins de neuf millions.
Tel est l'état de prospérité croissante de nos colonies 5 telles sont la profondeur et la pénétration de ceux qui, afin de faire ressortir quelques branches particulières d'industrie , établissent une comparaison insidieuse entre notre commerce, soit en général, soit avec nos colonies en particulier et notre agriculture. Ces diverses branches concourent simultanément, quoique à un degré différent, à former une masse générale de richesses qui , distribuées dans toutes les classes de la société , font participer aux bienfaits des capitaux et des prix payés à l'industrie toutes les classes de citoyens.
Si quelque branche de iiotre commerce venait à être paralysée ou diminuée sensiblement, l'effet s'en ferait sentir presque aussitôt par une baisse dans la valeur et dans le prix des terres. D'où vient, par exemple , que l'Irlande, comme le montre une expérience trop récente, abonde à-la-fois en population et en produits agricoles? D'où vient que nous avons vu dans ce royaume tantôt une affreuse disette au ççin des villes et des villages, tantôt une im-
m^rise abondance dans les marchés, où les demandes n'étaient pas en proportion des marchandises? C'est simplement parce que le prix des vivres n'est pas payé parle peuple en général, mais par cette partie du peuple qui a les moyens de le payer. Bornez notre commerce, diminuez nos manufactures , il s'ensuivra nécessairement une baisse proportionnelle dans le nombre et les moyens de ceux qui pouvaient auparavant faire une abondante consommation ; il est vrai que sous l'empire de nos lois sur les pauvres , il faut que les pauvres soient nourris en tout temps, mais autre chose est d'être nourri par les paroisses ou par ses propres ressources.
Mais procédons à un examen plus particulier de l'administration de nos colonies. Après un aperçu général sur cette partie de notre sujet , il paraît convenable de les diviser en trois classes : i^. les Indes occidentales anglaises et étrangères, et notre nouvelle politique relative à elles depuis la suppression , ou plutôt le nouveau règlement de nos lois sur la navigation ; 2^. l'Amérique anglaise, et particulièrementleCanada, et les nouvelles mesures prises pour régler et affermir son gouvernement ; 3^. les Indes orientales, et les petites colonies, le cap de Bonne-
( i52 ) Espérance, la Nouvelle-Galle du sud, rile-de-* France , etc.
Relativement au premier de ces articles, il est à peine nécessaire de répéter que des actes importans ont été rendus pendant la dernière session pour le soutien du commerce de l'Inde en général non - seulement avec les États-Unis de l'Amérique, mais même avec les Etats étrangers de l'Europe. D'après l'ancien système sur les colonies , système institué et maintenu par toutes les nations européennes, et par nous en commun avec elles, le commerce des colonies avec la métropole fut, à tous égards, un monopole. Elles ne peuvent vendre qu'à nous, ni acheter qu'à nous. Les progrès de nos connaissances commerciales finiront par faire comprendre que ce double monopole était également défavorable et aux colonies et à la métropole, qu'il entraînait naturellement l'augmentation de ces établissemens , et retardait ou plutôt détruisait entièrement les progrès des richesses de la population, et cet esprit de trafic nécessaire pour mettre les colonies lointaines à même de devenir d'importans marchés pour la mère-patrie : considéré par rapport à la mère -patrie, ce systèmie a paru également erroné. 11 lui donnait les
profits d'un étroit monopole au lieu d'un commerce vaste et libéral. Il lui procurait un grand profit sur le petit nombre de transactions d'un trafic circonscrit, au lieu d'un léger bénéfice sur l'innombrable quantité d'opérations d'un commerce libre et général. Cette expérience n'a pas été vaine. En conséquence, toutes nos colonies d'Asie ont été successivement dégagées de ce système restrictif, et notre législation s'est emparée de toutes les occasions pour délivrer de ce monopole le commerce du pays.
Comme l'exemple avait été donné dans les Indes orientales , il fiit bientôt étendu par le Gouvernement de cette époque aux îles des Indes occidentales. Par l'acte de 1 8o5 , le système de la liberté des ports fut consolidé et agrandi, et les ports furent ouverts dans presque toutes les îles pour recevoir les articles provenant des colonies étrangères. En 1806, ce système libéral fut étendu plus loin, et un ordre du Conseil fut rendu , qui permit aux vaisseaux américains d'apporter dans un ou plusieurs de ces ports toutes les productions des États-Unis, et d'exporter en retour toutes les productions des Indes occidentales. L'abandon de notre ancien monopole fut confirmé immédiatement après par plusieurs statuts successifs. A la même
( i54) époque un acte permit aux colonies d'envoyer leurs produits directement en Europe dans tous les ports au sud du cap Finistère. Ce privilège fut étendu par un acte subséquent à Malte et à Gibraltar, ce qui fut fait pour établir ces ports comme des dépôts pour le commerce de la Méditerranée, et comme des magasins pour l'approvisionnement en denrées coloniales des états étrangers de l'Europe.
Par l'effet de ces deux classes de statuts, l'ancien et double monopole colonial, qui consistait à tirer exclusivement de la mère patrie les fournitures pour la consommation des colonies, et de recevoir exclusivement leurs produits par une importation directe dans la Grande-Bretagne fut réellement et matériellement modifié. Par les actes relatifs à la liberté des ports, les colons reçurent la double faculté de vendre leurs productions aux pays étrangers et de recevoir d'eux en grande partie leurs approvisionnemens. Par les actes qui permettaient l'importatation des denrées coloniales à Malte et à Gibraltar et dans les ports de l'Europe au sud du cap Finistère, les colons reçurent la faculté illimitée de fournir toute l'Europe de leurs produits.
Cependant ces deux espèces de statuts cou-
( i55 ) tenaient encore une restriction qui, en grande partie , rendait leurs dispositions dérisoires. D'après les actes relatifs à la liberté des ports, les États-Unis ne pouvaient prendre le sucre et le rhum qu'aux îles Bermudes et à Bahama, et ils ne pouvaient les acheter directement sur les lieux delà production : lesnégocians de ces petites îles étaient interposés comme des traficans intermédiaires. Le trafic était nécessairement entravé par les profits du traficant, qui, exerçant le monopole, et qui en même temps étant un petit et un nouveau capitaliste , haussait considérablement le prix de la denrée. Les planteurs de la Jamaïque, des Barbades et des grandes îles perdaient ainsi presque tous les bénéfices du nouveau système , les prix étant considérablementaugmentés pour engager les Américains à tirer leurs marchandises de Cuba , d'Haïti et de Caracas. D'après la seconde classe de statuts permettant l'importation des denrées coloniales à Malte, à Gibraltar et dans les ports de l'Europe au sud du cap Finistère, le commerce des états étrangers de l'Europe était également alimenté par un traficant intermédiaire. Il fallait payer les profits de ce marchand, avant que les colons pussent envoyer, et que les mar-
chands étrangers pussent recevoir par ce canal les produits des Indes orientales.
Tel a été l'état du commerce des Indes occidentales jusqu'au printemps de l'année courante-, lorsque deux actes ont été obtenus par la persévérance du conseil de commerce , lesquels ont définitivement régularisé le commerce et l'ont enfin ( cela est constant) délivré réellement des anciennes entraves. Par l'un de ces actes, le système de la liberté des ports est étendu à presque toutes les îles des Indes occidentales , et les négocians des États - Unis ont eu la faculté de recevoir les productions coloniales directement des îles où elles croissent, dans leurs propres navires, au lieu de les recevoir, comme autrefois , importées exclusivement par des navires anglais. Par l'autre acte, il est permis aux colonies d'exporter leurs denrées dans les Etats étrangers de l'Europe 5 et l'établissement d'un dépôt intermédiaire à Malte, à Gibraltar ou dans tout autre port au sud du cap Finistère , a été aboli. Telles ont été, en peu de mots , les faveurs accordées par le Gouvernement auxïndes occidentales pendant les dernières sessions.
Relativement au second chapitre de notre administration coloniale , l'Amérique anglaise, il
( i57 ) n'entre pas dans notre objet (Vappeler l'attention publique d'une manière minutieuse sur les nouvelles mesures prises pour l'amélioration du gouvernement du Canada. Il est suffisant de dire que le dernier statut rendu pour 'ce sujet a deux objets : le premier , de réduire les dé*penses du gouvernement civil ; le second , d'assurer plus effectivement l'exécution des lois, et d'établir une marche plus simple et plus régulière dans les affaires publiques. En visant à ce double but , les ministres de Sa Majesté n'ont jamais perdu de vue les devoirs de l'humanité, et les principes d'tin gouvernement libre. S'ils ont réduit les établissemens , ils ont pris en considération les justes réclamations des services qui ont été utiles à une nation grande et généreuse. En considérant ce qui est dû au public , ils n'ont pas oublié ce qui est dû aux individus , et tout en recherchant l'économie , ils se sont rappelé qu'il était non-seulement de la justice , mais même dé la prudence, défavoriser et de récompenser l'esprit public dans le service public. Placer le service public , en ce qui touche les émolumens, au-dessous de la valeur du service de même espèce , dans les professions ou dans les emplois industriels, c'est effectivement dégrader les employés à leurs propres yeux.
Le résultat nécessaire de ce procédé est d'étouffer le principe de sentimens honorables ^ et par suite de nuire au service public , en d'autres termes c'est au moins restreindre le principe dans lequel l'employé puise ses forces contre la tentation.
En ce qui concerne la simplification du gouvernement et les nouvelles mesures pour la conduite des affaires publiques dans ces provinces , les ministres de Sa Majesté ont eu soin de ne porter aucune atteinte aux préjugés publics, à moins d'une nécessité absolue, et de ne point forcer les Canadiens à adopter les innovations , qui , quoique adaptées aux gouvernemens de l'Europe , étaient d'une utilité fort douteuse pour un peuple non préparé à les recevoir. Il est plus aisé de faire une loi sur les jurys que de trouver des jurés convenables. Il est plus aisé de détruire les privilèges de francs- tenanciers, que de trouver des francs-tenanciers ayant reçu leurs privilèges dans des circonstances semblables., à > celles où nous sommes nousmêmes. Ce serait réellement une pure pédanterie de cherchera ramener tous }es gpuvernemens à une conformité exacte avec le gouvernement de la Grande-Bretagne. En conséqu,ence , les ministres de Sa Majesté n'ont fait aucune tenta-
( i59 ) tive de ce genre. Ils ont laissé tels qu'ils les ont trouvés les restes inoffensifs des anciennes lois françaises , les lois de seigneurage , parce qu'ils ont trouvé les vieux Canadiens invinciblement attachés à ces monumens de leur origine , et parce que les ministres eux-mêmes ne pouvaient que respecter ces sentimens. En se renfermant dans ces limites , on ne peut douter que le nouvel acte pour le gouvernement du Canada ne soit un titre à la reconnaissance des Canadiens.
Quant au troisième chapitre , les Indes orientales , le titre seul ouvre le champ à une discussion très-étendue et très-importante. Les ministres de Sa Majesté ont toujours eu une grande attention et une grande sollicitude pour cette vaste partie de l'empire. Ils n'ont pas besoin d'apprendre qu'elle est infiniment moins productive pour notre commerce et pour la richesse nationale, sous la forme actuelle d'un monopole commercial qu'elle ne pourrait le devenir, en étant incorporée au corps gênéxal de l'empire, de manière à prendre part à ses capitaux, à participer à la liberté de son commerce, de ses manufactures et de sa consommation; mais des difficultés insurmontables les ont arrêtés au premier pas : la première, l'incon-
vénient de s'embarrasser légèrement dans un objet d'une telle importance, si compliqué, et de léser à un haut degré les intérêts territoriaux , ceux des corporations et des individus ; la seconde, les droits existans de la Compagnie des Indes orientales, et les justes prétentions à recevoir un équivalent en échange de ses concessions. Tant que ces difficultés ont laissé aux ministres la faculté d'agir , ils ont dirigé tous leurs efforts vers l'avancement de notre commerce, et l'extinction, en fait, du monopole de la Compagnie. Lors du renouvellement de son contrat en i8i5, on trouva avantageux de la laisser dans la possession exclusive du commerce du thé, et de ne pas exposer une importation considérable et une masse de revenus regardés alors comme des choses très-précaires. Il eût été injuste et il était en effet impossible à cette époque de transporter en la possession du public et du Gouvernement les privilèges et le commerce de la Compagnie. Il était peutêtre impossible de payer à la Compagnie et aux capitalistes les sommes immenses dont le Gouvernement fut, selon tout calcul approximatif, resté débiteur. Il fallait donc Tehottffeler son contrat, et en renouvelant ce cotitKlt il devenait injuste, peut-être même impraticable.
d'enlever à la compagnie son commerce de îa Chine ; ce commerce lui fut donc exclusivement abandonné ; mais d'un autre côté on exigea d^eux qu'ils nous laissassent le commerce d'approvisionnement dans l'Inde. Peut-être que l'histoire du monde entier n'offre pas un autre exemple aussi frappant des avantages de la liberté du commerce, et ces avantages auraient été plus considérables encore si les entreprises précipitées de nos négocians n'avaient pas, dans le principe nui à leurs profits et fait tomber les prix dans les marches; mais malgré tous ces désavantages, l'accroissement de notre comiherce a été assez considérable pour prouver Timmense avantage qu'on trouve dans la liberté des spéculations commerciales , et pour donner line idée de tout ce que peuvent les capitaux et ractîvité des négocians anglais.
La comparaison des produits livrés sur le Continent et, dans les îles de l'Inde, avant et depuis cette mesure, par les manufactures anglaises , peut donner une juste idée de cet accroissement dans notre commerce. Les articles dé coton fournis à l'Inde en i8i5, c'est-à-dire sous l'empire de l'ancien système , par le moyen delà Compagnie, s'élevèrent à une valeur de cent neuf mille quatre cent quatre-vingt livres. Ils
furent, en 1 8a i, dans le système delà liberté du commerce, de huit cent cinquante mille huitcent quatre-vingt-une livres , et en 1822, d'un million cent vingt mille trois cent vingt- cinq livres ; ce qui excède plus de dix fois le montant de i8i4«La quantité des cotons imprimés importés en i8i5 , de la Grande-Bretagne dans l'Inde , fut de six cent quatre mille huit cent aunes. Elle fut de sept millions six cent deux mille deux cent quarante-cinq aunes en 1821, et de neuf mille neuf cent soixante-dix-neuf aunes en 1822. Un accroissement également surprenant se fait remarquer relativement aux cotons unis. En 181 5, la quantité des cotons unis exportés de la Grande-Bretagne dans l'Inde, fut de deux cent treize mille quatre cent huit aunes, de six millions sept cent vingt-quatre mille trente-une en Tan 1821, et de neuf millions neuf cent quarante mille sept cent trentesix en 1822.
Quant aux laines, la différence des climats et les habitudes des indigènes sont un obstacle naturel à ce que l'exportation de cet article présente le même accroissement ; et cependant la quantité des étoffes de laine même a été portée à un tiers de plus que dans le temps du monopole. En 181 5, la valeur des laines exportées
( "<53 ) cUns l'Inde fut d'un million quatre-vingt-quatre mille quatre cent trente-quatre livres, et cette même valeur s'éleva à nn million trois cent fjOi.xante-hiiit mille quatre cent soixante- sept livres. en 1821 ; elle lut en 1822 d'un million quatre cent \ingt-un mille nx cent quaranteneuf mille livres. La valeur des vétemens de laine, principaux articles de cette exportation, fut de quatre cent trente-quatre mille six cent quatre-vingt-neuf livres en i8i5, et de sept cent dpuze mille trois cent soixante-quatorze en
, Appréciant tous les avantages de| la liberté du commerce, les ministres n'ont rien épargné pour encourager ses progrès et lui apjanir tous, les obstacles. Ils prêtèrent en conséquence une. attention soutenue aux représentations des marchands de Londres , de Liverpool et des ports extérieurs , prétendant que cette liberté pouvait recevoir des accroissemens considérables si le tonnage n'était plus soumis à aucune restriction, et si tous les vaisseaux , aussi bien ceux d'au-dessous de trois cent cinquante tonneaux ( qui étaient l'objet des restrictions du contrat) , que les vaisseaux plus considérables, pouvaient être également employés à ce trafic. Ils ne perdirent pas leur temps en négociations avec la
( i64 ) Cofnpagnie pour obtenir i*2lhnaHalion dé cet 16 rëistrictiori, et après quelques difficultés ih parvinrent à obtenir tju^ la Côiti' des directeurs eng^agerait les actrontiaireS dfe la Compagnie à féirela concession dertrandée. Toutefois le corpà dès actionnaires profita de cette circonstance pouf dtniander un avantage équivalent à celui qu'il pierdait, et proposa d'àbofd qu'en retour dti privilège que lui enlevait la liberté du comitterce , on étendît aux vaisseaux construits dktis rinde le privilège particulier* attaché aux embarcations de construction anglaise; èti s^econd lieti une réduction dans les droits sur fës sucrés venant de l'Inde. On s'apercevra desuite <^uef céS^ deux coitcessions , quelle que puisse étfé? Itùt importance en thèse générale, âufaicttt affecté matériellement et directement 1^ intérêts de deux grandes classes dés capita- Bstés^ et dés propriétaires de vaisseaux anglais et dfes marchands et planteurs deë Inde^ occidérità- Tès. Sut ce poiutdonc, les ministres eurent ehcot*é k tôtnh^iitre les mêmes difficultés qu'ont toujotLté réUcontrées leurs efforts pOUr introduire' cheHiiùu^les véritables principes du commerce , éf puriir étendre la liberté g^énérale déis Sp^éula*;" tïoiîi cofnmérciale's'. ChaqUd rirarchand savait pnrMièïtiëtitclite àëèniëixirés éfai^nt fkvoraMefi^
è;^i^ pï'ppc^ m^tèi^ çt n^feis^U p^^ difficulté d'en reconnaître l'efficacité et 1m jiisjtice; ragis fpji nleut pais plutôt demandé à cliacun d'aban- ^fipi?e;r $es pHvilége^ particuliers, qu'ils troay^^-pnf: ipille raisons pour en juslifier lemaintien Il ftrriya àoï\ç ï^alheurensement dans cettç cii*- . çoosçtaiice qi^'aucuii des grands corps qu affecti^H }'4 Gqnc^^ssior; 4^ l'équivalent demandé pe voa- U}1 foii^e de f^ orifices, que les ministres ne pu- FçpjLt soumettre les mesures à l'approbation du P^iriement, et que les cargaisons furent affectées 4es jmêmes restrictions. Les produits dealnde.s <)ficuden taies furent si considérables, et par con- ^quent à si bas prix , que de fréquentes deoPâudes furent ajdressées au Gouvernement afîa d^ l'engager à- trouver quelques moyens pour pJ)|.Ç»ir une diminution dans les marchandises «jt iujie gugnientation dans les demandes. Ce3 dijfficultés firent nécessairement interrompre les négociations: nous nous servons du mol: «tégociation parce que la compagnie des Indes orientales a le droit incontestable de s'en référer ^ la lettre du statut qui la met en possession d'un commerce exclusif. Dansjces circonstancea, h Gjouyernement ne pouvait que négocier , jet tandis qu'il demandait une grice , il fut obligé
de discuter les ternies auxquels voulaient traiter les parties intéressées.
Mais quoique la négociation ait ainsi manqué» il est impossible que les ministres de Sa' Màjeslé ne se soient point fortement occupés de l'iraportancedes points en question pour le plu*, grand intérêt de l'empire. Il est manifeste, d'après l'état de notre revenu annuel, que le sucre , ce blé du monde des Tropiques^ et les produits d'une partie si considérable des possessions anglaises, ont été demandés et consommés en si grande quantité, qu'il a pris rang immédiatement après le blé en valeur et en importance. Conformément aux états financiers faits au commencement de l'année 1822, avant la réduction de la taxe sur la dréche , la recette actuelle de l'excise pour toutes les taxes sur la drêche en Angleterre s'est élevée à quatre millions et demi ; les recettes des douanes pour le sucre seulement semontèrent alors à cuiq millions. Avec ces faits sous les yeux, il est impossible de ne pas sentir la valeur d'un article qui contribue si considérablement au revenu et au commerce de l'Etat ; il est également impossible de ne pas appliquer, au moins en idée, à ce produit les principes d'un commerce libre et d'une culture indépendante, et d'en
( i67 ) tirer la conséquence naturelle que le produit et la consommation seraient infiniment plus étendus sous un système plus libéral. Il est vrai cependant que la prudence humaine doit être moins appelée à raisonner d'une manière abstraite et absolue , qu'à décider un état de choses positif en consultant les temps et les lieux. Si rien n'embarrassait notre jugement, on ne mettrait pas en question la supériorité d'un commerce libre sur un commerce restreint; mais quand un état particulier de choses ( appelez-le comme il vous plaira , ou système d'abus, ou système d'erreur) a graduellement et insensiblement succédé à des' temps moins élairés; et quand, par une conséquence de ce système, des capitaux considérables ont été employés et de grands et nombreux intérêts engagés, il est clair que de tels intérêts, méritent une attention particulière de la part du Gouvernement, sous le rapport de l'humanité et de la prudence. Ainsi la question est de savoir non pas ce qui estle mieux d'une manière absolue, mais ce qui offre le plus d'avantage dans l'état des circonstances. En un mot , il faut que nous considérions ce qui nous en coûterait pour la réforme aussi bien que pour le bien qui en résulterait : toutes les fois que nous apercevons de l'avantage
( iGS )
à faire un sacrifice, nous devons le faire. Quand, en pareille matière, tout se lie de manière à ne nous permettre aucune espèce de compromis, nous devons attendre que les intérêts n'existent plus. Tels sont les principes généraux d'après lesquels les ministres ont procédé et continueront à procéder d^ns toutes les questions de ce genre. Oui, nous le répétons, et que l'on comprenne bien qu'ils sont intimement pénétrés de la vérité de ce principe, que la liberté du commerce offre un égal avantage et au pays et au profit solide des marchands, des manufacturiers et des cultivateurs.
Encore une remarque avant de terminer cette partie de notre travail. A la fin de la dernière guerre d'Amérique , notre Gouvernement, dans l'intérêt des principes de lalibertédrj commerce, perrnit aux Américains des relations directes avec les Indes orientales, de là vint cet heureux esprit d'activité et de trafic , favorisé dans nos établissemens indiens, dont l'Angleterre tire aujourd'hui annuellement pour ses n^ianufactures un bénéfice toujours croissant. 'Nos négocians ont été pardonnables, mais ont eu tort d'être jalou^jp de cette coucession ; aussi quelques-uns d'entre eux ont-ils demandé avec aigreur, dans certains pamphlet^, ci les Amérf'cains vont nous enlever le commerce de l'Inde
( '69 ) aussi bien que celui de la Chine , et s'ils doiyçnl partager nos profits dans le marché de l'Inde aussi bien qu'ils possèdent exclusivement le droit d'approvisionner l'Europe des thésdeCanton. A l'égard de la première de ces plainte^ , il est inutile de répéter que ce trafic n'est qup conforme à ce principe de Ja liberté du commerce, qui est le vœu de toutes nos classes m^irchaudes. Les progrès de ]a culture dans l'indç augmentent dans une proportion considérable la demande dans les marchés anglais , et nos marchands , ainsi que nos manufacturiers , en recueillent les profits. Tandis que l'Inde e^X restée une simple factorerie, sa consommation a été celle d'une factorerie; sa consommatioii commence maintenant à être considérable , parce qu'on l'approvisionne à bon marché et qu'on encourage fortement ]e développeipej^ij; de ses moyens de production.
Quant à la seconde question , c'est un de ce^ points sur lesquels les écrivains et les orateurs du parti populaire ont grossièrement abusé le public et eux-mêmes. On voit, par les états officiels américains publiés à la fin de cette aï?r née , que le commerce de l'Amérique ayejc 1^ Chine ne dépasse pas sept cent mille deux cent livres sterling. Maintenant, la valeur totale des importations de la Chine en Angleterre excède
( 170 ) trois millions six cent mille livres, c'est-à-dire environ cinq fois le montant du commerce américain avec ce pays. Si nous déduisons des sept cent mille deux cent livres, valeur des importations américaines, le montant probable de la consommation en thé , combien faible doit être la quantité qu'elle fournit aux peuples de l'Europe! Telles sont les erreurs que commettent les écrivains populaires lorsqu'ils abordent certains objets sans avoir en leur possession des documens indispensables , et qu'ils se livrent au hasard à de vaines assertions. On a tant en vériré parlé et tant écrit sur la situation comparative des Etats-Unis et de la Grande- Bretagne relativement à toutes les branches de commerce extérieur, que , placés au milieu des difficultés qu'offre la matière, et privés du secours des tableaux officiels, certains individus ont hasardé des assertions , extravagantes et si peu fondées , qu'il est nécessaire d'y mettre un terme en opposant des états authentiques à des estimations conjecturales. Le lecteur trouvera dans les tableaux suivans, extraits des rapports publiés par ordre du Congrès l'état réel du com- . merce américain pour l'année finissant en mars 1822, que nous avons comparé avec l'état actuel des exportations dans le même pays.
(171 ) No. I.
Tableau comparatif des exportations anglaises et américaines dans les principaux ports et places étrangères de V Europe ^ pendant 1821.
EXPORT ATIOIS S
Allemagne
Russie
Suède. . . ;
Danemarck'.
Hollande
France
Espagne
Tôrtugal
Italie • . . . .
Turquie et Levant. ....
îllalte
Gibraltar.
Total. . . .
anglaises, étrangères
et domestiques. et domestiques
américaines étrangères
Voy. Italie.