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MUTZIG

«Nescio qua natale solum dulcedine cunctos Ducit, et immemores non sinit esse sui. » [Ovide).

Ce charme ineffable qui captive l'âme et l'attache par des liens les plus doux au sol natal, n'appartient pas seulement au poète. L*enfant de la campagne le connait aussi bien que l'habitant de la ville. L'un aime le clocher de son village et sa chaumière, autant que l'autre son église monumentale et sa maison somptueuse ; et tandis que celui-ci montre avec orgueil les nnonuments qui illustrent la cité de ses aïeux et raconte de guerres fécondes et de sièges fameux , d'hommes célèbres et d'événements mémorables, celui-là vous entretiendra des produits de la terre paternelle , ou, vous conduisant à la ruine féodale, il vous redira la légende du coin du feu et les traditions des ancêtres.

C'est sous l'empire de ce charme , que j'entre maintenant dans la riante vallée de la Bruche, qui tantôt encaissée, tantôt élargie, s'étend entre vertes collines et

montagnes boisées depuis Mutzig jusqu'à Schirmeck, et depuis Schirmeck jusqu'à la naissance du plateau de Saales, où la Bruche elle-même prend sa source. « Cette belle vallée de la Bruche a été, pendant quelques siècles, le plus précieux joyau de la couronne féodale des anciens évêques de Strasbourg. Entre toutes leurs nombreuses possessions de la Haute et de la Basse-Alsace et de rOrtenau , elle se montrait la plus compacte, la plus coquette à la fois et la plus forte, la mieux défendue par la nature et par Tart ; couverte au levant , par le château et la ville de Mutzig, au couchant par le château et la ville de Schirmeck, au midi par une chaîne de hautes montagnes et le château de Girbaden , au nord enfin, par des montagnes plus hautes encore et par les trois châteaux de Ringelstein , de Hohenstein et de Nideck ^ »

A l'entrée de cette vallée , dont elle est la clef, se trouve la petite ville de Mutzig. Le curé Kuntz, dans une note manuscrite, suppose que Mu\iecke tient son nom d'un fort ou château très-ancien, situé ainsi que celui de Schirmeck, à l'angle de la montagne, au canton dit Saltimann ou Rott, où l'on a découvert un souterrain et d'où Ton a déterré quantité de briques. Cette supposition se rapproche de celle de M. Levrault, qui ne ferait point difficulté de placer une tour de garde romaine, un castellum, à l'entrée de la vallée et sur la voie romaine qui passait par Mutzig. Cependant il n'est pas fait mention de Mutzig dans les anciens titres avant le X* siècle. L'évèque Richevin donna aux Frères de

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