‹ État de l'Eglise d'Alsace avant la RevolutionChapitre 24 sur 27 · Ùroit de glandée · texte numérisé non relu

Ùroit de glandée

en présence de l'intendant Lagrange, du vicaire-général Ratebon, du bailli de Mutzig, Thécwdore Ruther, et de George Materne, bénédictin d'Altorf, qui s'était fait Tapôtre de Dùttlenheim et qui en devint aussi le curé. — Grendelbruch. Nous sommes rentrés dans la vallée de la Bruche. C'était tantôt la Hasel, maintenant c'est la Magel qui nous appelle dans le petit vallon latéral , situé presque vis-à-vis de celui de Haselach. Après avoir gravi une longue côte entre champs et forêts on descend tout-à-coup sur Grendelbruch et on a devant soi la magnifique ruine deGirbaden. Cette belle construction féodale, est-elle d'origine romaine ou même celtique ? A-t-elle servi d'asile aux Templiers ? Ce sont là des conjectures sur lesquelles nous n'avons pas à nous prononcer. Toujours est-il qu'il faut voir dansGirbaden le Burchbergh dont le comte Hugues dota son abbaye d'Altorf et dont il est fait mention dans la notice de fondation de la dite abbaye. En effet le pape Célestin III nomme expressément cappelam Girbaden parmi les biens de l'abbaye d'Altorf; celle-ci possédait les dîmes et le patronage des églises de Grendelbruch , Muckenbach, Laubenheim, MoUkirch, Baerenbach, Schirmeck. Le château de Girbaden avec ses dépendances appartenait aux comtes d'Egisheim-Dagsbourg, les fondateurs d'Altorf. En 1220 il fut l'objet d'une transaction en vertu de laquelle Frédéric, comte de Linange, céda àl'évêque de Strasbourg la fortification de Girbaden , avec ses droits territoriaux dans la vallée de la Bruche 9 contre le château de Dagsbourg et ses attenances- L'empereur Henri VII confirma cette cession en 1239 ; à partir de cette époque le Girbaden ne cessa de fair^

partie du domaine épiscopal. Sous la domination française , quelques artificiers firent sauter les fronts de Tan tique forteresse qui avait résisté victorieusement aux assauts successifs des Armagnacs, des Strasbourgeois /des Rustauds, des Suédois et des troupes du Rhingrave. — La chapelle du château, dédiée à Saint Valentin , a été reconstruite ; c'est un lieu de pèlerinage.

Grendelbruch, dépendance de Girbaden, appartenait pour le temporel à Tévèque de Strasbourg, et pour le spirituel à l'abbaye d'Altorf. Dans la bulle confirmative des biens de l'église d'Altorf, du pape Célestin III, 1192, nous lisons : Ecclesiam beati Michaelis, Ecclesiam Berbach cum pertinentiis suis. 'Ecclesiam Grindelbroch cum pertinentiis suis. Predictam scilicet capellam beati Michaelis et duas ecclesias istas Berbach et Grindebroch sibi (Walthero abbati) et successoribus suis libère regendam ad hedijicium novi monasterii in perpetuum concedimus. Cette chapelle de Saint-Michel dont il est question dans la bulle, me semble être celle de Wisches, qui honore S. Michel comme patron et qui dépendait primitivement de Grendelbruch, ainsi qu'il a été dit plus haut. La cure de Grendelbruch resta incorporée à l'abbaye d'Altorf jusqu'en 1690, où elle fut sécularisée et placée sous le patronage de l'évêque de Strasbourg. Le curé devint décimateur universel , à charge de construire le , presbytère, le chœur et la tour de l'église. — Mollkirch, ^aheckirch, suivit les destinées de sa mère-église. — Laubenheim était un ancien prieuré de l'abbaye de Lure. Il fut donné au collège des Jésuites de Molsheim. La chapelle érigée en 14B4 , restaurée en 1720 , porte

rinscription suivante : Johes Stoer. Abbas M. Lutra. « Restaurator huj loci. Anno Dni 1484. IW. »

— Gresswiller était une ville royale que Tempereur Lothaire céda en 849 à l'abbaye d'Erstein. Après avoir connu divers feudataires, Gresswiller parvint en 1507 à l'évêché de Strasbourg. Le grand-chapitre, héritier des biens de l'abbaye d'Erstein, posséda les dîmes et le patronage de Gresswiller ; mais en 1640 il abandonna cette cure avec les dîmes aux Récollets de Hermolsheim qui en jouirent jusqu'à la révolution. L'église de Gresswiller fut bâtie en 1766 et la tour porte le millésime de 1523.

— Griesheim , surnommé im-Loch, appartenait à l'évêque. Il fut protestantisé. par les Landsperg, auxquels il avait été inféodé vers la fin du XV' siècle. A la mort de Samson de Landsperg, 1656, le village fit retour à son seigneur direct, et par lui, à l'Église catholique. Griesheim fut brûlé deux fois pendant les guerres des derniers siècles. La cure était à la collation de l'abbé d'Altorf , et desservie par les religieux de l'abbaye.

— HoLTZHEiM (Hoholfesheim 840) , était de même un village épiscopal , dont fut investi, en 1534, Wolf de Landsperg qui y établit la Réforme. En 1578 l'évêque Jean de Manderscheidt revendiqua son fief. Le village a donné son nom à une famille noble éteinte vers le milieu du XV'' siècle. — Lingolsheim, appelé Linginoldesheim en 1127 dans un titre de l'abbaye de Marmoutier , était un fief de l'Empire , qui appartint d'abord à Dietrich d'Epfig et qui fut donné en 1344 à la famille de Landsperg. Avant la Réforme, il y avait une cure-plébanat à

la collation du grand-custos qui continua de nommer le ministre protestant. L'église devint mi-partie en 1742. — Près de Lingolsheim se trouvait la chapelle de la Croix , pèlerinage très-connu et très-fréquenté par les Strasbourgeois. Primitivement, il n'y avait que trois croix de pierre qu'Eberhard de Landsperg avait fait élever à son retour de la Terre-sainte. En 1741 Samson- Ferdinand de Landsperg, qui avait abjuré le protestantisme, fit renfermer ces croix dans une chapelle et ériger des stations dans l'enclos voisin. La Révolution détruisit croix, chapelle et stations : il ne nous reste plus que l'Alsatica intitulé « Andachtsûbung und Besuchung der h. Kreut:{- Cape lie bey Lingolsheim, 7777. »

— Illwickersheim ou Wickersheim prit le nom de Saint-Oswald , de la fontaine et de la chapelle de ce saint très-honoré autrefois en ce lieu par les pèlerins. Le village impérial fut engagé aux Zorn et acquis par la ville de Strasbourg qui y introduisit le luthéranisme. Avant la Réforme il n'y avait à Illwickersheim que la chapelle de Saint-Oswald ; celle-ci était pourvue d'un bénéfice et dépendait d'Illckirch. En 1687 le village redevint catholique; mais chose curieuse, les femmes s'obstinèrent à ne pas suivre l'exemple des hommes qui tous avaient abjuré le protestantisme. L'année suivante Illwickersheim fut érigé en paroisse , et chargé de desservir son ancienne mère-église d'Illckirch, jusqu'en 1760, quand celle-ci eut elle-même de nouveau un curé catholique. Alors Illwickersheim quitta le chapitre

rural de Rhinau et prit rang dans celui du Mont-des- Frères.

— Innenheim formait, avec Kraut-Ergersheim , un

relevait de l'église de Saint-Maximin-, avec laquelle elle fut incorporée en 1332 à Moyentnoutier. Quelques nobles avaient fondé en 1314, dans la chapelle de Sainte- Barbe, une chapellenie qui fut érigée en 1340 en bénéfice perpétuel. Niedernai était un fief oblat de Téglise de Strasbourg, appartenant aux Landsperg qui le fortifièrent. La petite ville fut trés-éprouvée pendant la guerre des Armagnacs et des Suédois.

— Obernai. En remontant le cours de l'Ehn , nous arrivons de l'Ehnheim inférieur à l'Ehnheim supérieur. Obernai occupait le sixième rang parmi les villes impériales; mais dans son origine, la petite ville jette un éclat que lui disputent en vain ses Sœurs de la dècapole. Villa gallo-romaine, elle devint sous les rois mérovingiens le siège du chef de la province et de la cour judiciaire. Le duc Adalric ou Athic y avait sa résidence; Athic, le chef de cette illustre maison dont le nom se trouve gravé sur le frontispice des abbayes les plus florissantes de rÉglise d'Alsace, en même temps qu'il est étroitement lié aux destinées de la province et qu'il fait souche aux principales familles souveraines d'Europe ; Athic, le père de celle qui, condamnée à périr comme le déshonneur de sa race, en est devenue la gloire, et sans laquelle le nom du leude mérovingien nous serait resté inconnu. L'éternel honneur d'Obernai est d'avoir vu naître la sainte et vénérée Patronne de l'Alsace.

Maintenant, ami lecteur , désirez-vous savoir quand et comment Obernai est devenu ville forte et ville libre, — les démêlés qu'il a eus, les guerres qu'il a soutenues, les lois administratives qui l'ont régi , et autres choses intéressantes , consultez ou lisez la très-complète ffis-

toire d'Obernai de M. l'abbé Gyss ? Cette même if Z^toire nous servira à résumer les faits qui se rattachent à la paroisse. — L'église d'Obernai figure dans le Testament de Ste Odile ; elle était située dans l'ancienne cour salique que le duc Athic donna à sa fille et que celle-ci légua ensuite par indivis aux abbayes de Hohenburg et de Niedermùnster. « Dux Adelricus ^ est-il dit dans le diplôme confirmatif de Louis-le- Débonnaire , 837 , tradidit enim predictœ filiœ suce ejusque poster is jure perpétua possidenda jurisdictionem in curia dominicali super iori Ehenheim cum ecc lesta in eadem curia sita, ejusdem ecclesiœ jus patronatus. » Les deux abbayes exercèrent une souveraineté incontestée sur le domaine patrimonial de Ste Odile jusqu'à l'avènement des HohenstaufiFen. Ces puissants seigneurs, investis du duché d'Alsace et de Souabe, et maîtres de l'Empire , étaient en même temps les avoués de Hohenburg. Substituant au droit de protectorat celui de possession, ils placèrent Obernai sous leur juridiction immédiate et ne dédaignèrent pas de s'annexer le droit de patronage de l'église. Les deux abbayes ne parvinrent à recouvrer une partie de leurs droits qu'après la chute de cette dynastie. L'empereur Guillaume de Hollande leur restitua en 1249 le patropage de l'église d'Ehenheim qu'il transféra six ans après au chapitre de Mayence. Les abbayes durent transiger avec le chapitre et partager avec lui pendant plus d'un siècle ce droit de collation. Enfin , pour réparer le dommage que leur avaient causé les invasions des compagnies anglaises, l'évêque Frédéric de Blanckheim leur incorpora l'église d'Obernai. Cette

union se fit en 1385, du consentement du recteur Jean de Flonheim, et elle fut confirmée en la même année par le pape Boniface IX. A partir de cette époque le curé d'Obernai ne fut plus qu'un vicaire perpétuel, plebanus, emger Lutpriester. Au XVP siècle il est de nouveau désigné sous le nom de Pfarrer et au XVII*

siècle il reprend le titre de Rector, « D'après une colligende de 1650 , la compétence du curé consistait alors en 5 Fuder de vin, 52 sacs de seigle, 16 sacs d'orge et 54 florins. Le curé avait à sa charge l'entretien de trois vicaires '. » On sait que vers le milieu du XVI* siècle l'incendie dévora successivement HohenburgetNiedermûnster : les deux abbayes jadis si florissantes ne se relevèrent plus de leurs ruines, et leurs biens échurent à l'évèché qui devint ainsi le patron de l'église d'Obernai. Celle-ci étendait sa juridiction sur les villages de Bernardswiller et d'Ottrott-le-Bas , et avant la Réforme, elle était richement dotée de chapelles et de bénéfices. Nous allons les examiner.

D'abord la Kapelle unserer lieben Frau, ou Kapellkirche, bâtie en 1285 et agrandie en 1474. Elle était pourvue des deux chapellenies de la Croix et de Saint- Nicolas, elle servait de succursale à l'église-mère , et elle était le siège de la confrérie de la Vierge. — La chapelle de l'hospice, érigée en 1315 et dédiée à S. Erhard. Le bénéfice y fut fondé par Conrad de Wiggersheim, chapelain de la Vierge. — La chapelle du béguinage, in der Closen, sous le vocable de S. Nicolas et située hors de la porte, dite Grûs^thor; et celle de Sainte-Elisabeth , attenante à la léproserie , ou Gutleutkirche, —

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