M. Tabbé Gyss
La chapelle de Saint-Vendelin , dans la Mert^gasse ; et celle de la Vierge, dite Stangenkapelle , en dehors du faubourg. — La chapelle de Sainte-Catherine bâtie sur la montagne par un prêtre nommé Simon Week. — La Becklerskirche sur la route de Bœrsch , fondée par Luc Beckler et terminée par Laurent Roller. De toutes ces nombreuses fondations il ne resta après la Réforme que la Kapellkirche et la chapelle de l'hospice. On reconstruisit les chapelles de Sainte- Catherine et Sainte- Elisabeth auxquelles vinrent s'adjoindre celles de Saint- Gangolf et du Calvaire, et l'église des Capucins. Parmi les fondations pieuses ou charitables , mentionnons encore les aumônes fondées sous le nom de Sant-Gottesbruderschaft ^ Sebastianibruderschaft ^ Fronfastenalmosen, le Peter-Heldungs\in\e ou dotation aux filles pauvres ; le sermon dominical de Taprès-midi, fondé en 1459, moyennant une rente annuelle de 5 livres deniers sur laquelle le prédicateur prélevait un schilling pour chaque sermon ; enfin, la confrérie de la Ste Vierge érigée en 1 597 et confiée d'abord à la direction des Jésuites de Molsheim, puis à celle des Franciscains d'EU , prés de Benfeld. — Avant de quitter Obernai,il nous faut cependant dire un mot de son attitude pendant les troubles de la Réforme. Celle-ci y cueillit un fruit précoce. Dès Tannée 1522 , le chapelain de l'hospice , Luc Hackfurth , renonça à sa Foi et au célibat. Le magistrat l'expulsa de la ville et fit emprisonner trois ou quatre de ses partisans. Deux ans après le docteur Thomas Murner, gardien des franciscains de Strasbourg et intrépide champion du catholicisme, vint chercher un refuge dans Obernai, sa ville natale. Les Rustauds campés près de là demandèrent
qu'on leur livrât Muraer; mais il sut échapper à leur haine, et quelques années après, il revint à Obernai où il exerça avec zèle les fonctions de curé de Saint-Jean jusqu'en 1536, année de sa mort. Son exemple avait fait oublier le scandale du chapelain, et il ne fut pas sans exercer une sérieuse influence au milieu de ses compatriotes. Cependant les idées nouvelles recommencèrent à germer dans une certaine partie de la population , et le magistrat ne s'y montrait pas hostile. Des conflits, qui surgirent entre Obernai d'une part et, le château d'Oberkirch et la ville de Strasbourg d'autre part, provoquèrent une réaction dans Tétat des esprits. En s'efforçant de maintenir son indépendance et son intégrité territoriale contre les empié-
• tements et les immixtions de l'un et de l'autre, Obernai
se défendait du même coup contre la propagande religieuse qui lui venait des Oberkirch et de la ville de Strasbourg ; ainsi le protestantisme fut écarté du berceau de Ste Odile. Près du château d'Oberkirch que nous venons de mentionner, se trouvait l'église de Saint- Jean, paroisse de l'ancien village d'Oberlinden qui fut incorporé vers le XIII* siècle à la ville d'Obernai. Cette paroisse formait un rectorat avec primissariat , elle était au patronage des seigneurs d'Oberkirch et elle fut desservie jusqu'en rannéel547. Abandonnée pendant quelque temps , elle fut reprise par le seigneur voisin qui en fit le foyer de la propagande religieuse. Sigfrid d'Oberkirch, ou plutôt, sa femme Marguerite de Vehningen, y installa en 1570 un ministre protestant. Paul Soldinus de Gemmingen, auquel succéda le fougueux Daniel Schad. Celui-ci trouva un rude adversaire dans
Théodore Cornélius Gaudanus, curé d'Obernai. La lutte fut chaude entre le curé et le pasteur, la ville et le château : Strasbourg s'en mêla , les villes protestantes de la Décapole intervinrent; mais le magistrat d'Obernai, jaloux de son indépendance tint ferme et trouva un appui souverain dans l'empereur Rodolphe II. Dans le courant de l'année 1590 le pasteur Schad se décida de quitter son poste. Cependant l'église de Saint-Jean ne fut rendue au culte catholique qu'en 1741 lors de l'abjuration de Jean-Wolfgang d'Oberkirch
Notre statistique fait encore mention des villages détruits lie Finhey et d'Ingmarsheim, tous deux incorporés à la ville d'Obernai. Le premier n'existait plus au XV* siècle , mais son église paroissiale ne fut démolie que durant le XVII* siècle. Gunther de Vihengege ou Vinhege, frère de Herrade de Landsperg, emprunta son nom à ce village dont il aurait été le seigneur. — Le second village Ingmarsheim , Igesmarshaim en 803, était situé entre Obernai et Bischofsheim. Il figure dans la bulle de S. Léon parmi les biens de Hohenburg , qui y possédait une cour, la dîme et le patronage de l'église paroissiale dédiée à S. Gall. L'abbaye de Lièpvre y avait aussi une colonge. Les titulaires de l'église d'Ingmarsheim continuent de figurer après l'abandon du village, jusqu'en 1542. Quant à l'église elle-même, elle subsistait encore vers la fin du XVIP siècle : son clocher, ainsi que celui de Finhey, servait aux vigies pour les temps de guerre.
Maintenant prenons congé de la patrie du minnesinger Gœsli et de Rumpler , le chanoine errant qui ne vit plus ^ mais dont les excentricités littéraires sont encore très-
recherchées par les collectionneurs d'Alsatiques. Nous nevoulons pas oublier notre excellentGuide, auquel nous devons tout l'intérêt que peut offrir cette note.
— Ottrott tiendrait son nom d'un seigneur, appelé Otton, qui, vint s'établir dans ces parages alors incultes. Ottenrode figure dans le Testament apocryphe de Ste Odile parmi les biens de l'abbaye de Niedermùnster. Celle-ci possédait dans l'un et l'autre village le droit de patronage ; cependant les deux Ottrott n'apparaissent séparément que dans les titres du XIII* siècle, le village supérieur appartenant à l'Église de Strasbourg et le village inférieur aux seigneurs de Rathsamhausen. La chapelle ou église de Saint-Nicolas d'Ottrott-le-Bas relevait de temps immémorial de l'église d'Obernai. L'abbesse de Niedermùnster s'était engagée en 1451 à y faire célébrer la sainte messe deux fois par semaine ,.et le clergé d'Obernai y faisait le service aux quatre principales fêtes de l'année. Mais après la Réforme ce service fut supprimé et les habitants du village furent obligés de se rendre aux offices de la paroisse. Ce pénible état de choses dura jusqu'en 1656 où il fiit arrêté qu'Ottrott-le-Bas serait détaché d'Obernai pour être annexé à l'église d'Ottrott-le-Haut. — Saint-Nabor doit son nom aux reliques de ce saint que Chrodegang, évêque de Metz, apporta de Rome et transféra dans cette église, qui figure dans le Testament de Ste Odile à l'abbaye de Niedermùnster, et qui était la mère-église d 'Ottrott.
— Voici le sentier qui de Saint-Nabor conduit à Saint- Gorgon, à Niedermùnster, au mont Saint-Odile. Ce sentier, prenez-le, joyeux touristes ou dévots pèlerins,
pendant que de mon côté je chemine en toute hâte vers Tancienne ville impériale de Rosheim.
— La jolie petite ville a conservé en grande partie son vieux mur d'enceinte avec ses tours , ses portes intérieures qui la divisent en trois parties, ses deux églises , surtout la remarquable église de Saint-Pierre et de Saint-Paul qu'on ne se lasse pas d'admirer. Rosheim appelé dans les anciens titres Rodasheim, Rodisheim , Rotsem , figure dans un diplôme apocryphe de Louis-le-Débonnaire parmi les biens de la donation Athic à l'ahbaye de Hohenbourg. Celle-ci y possédait en eiFet une cour salique, dite Guot enhusen ^ klaquellt se rattachaient des droits trés-éténdus, ainsi que nous le fait connaître la constitution de cette colonge , publiée par M. l'abbé Hanauer. Sous les HohenstaufFen, la juridiction ducale se substitua à la juridiction abbatiale ; Rosheim devint une ville et entra dans la Confédération décapolitaine , dans laquelle elle occupa le septième rang. La guerre et l'incendie lui causèrent de grands dommages ; les chroniqueurs signalent entre autres l'incendie qui eut lieu en 1385, et le carnage que Mansfeld ordonna en 1622 pour laver le surnom de bâtard qui lui avait été donné.
Herzog dans sa chronique rapporte ainsi le terrible incendie. « Anno i385 auff S. Adolffstag da hett ein kind ^u Rosheim ein Fewer geholet in einem andern Haûss^ unnd als das kind uber den Weg gienge^ da empfiehle ihme das Fewer inn das Strohe^ unnd gienge die Statt davon an, und verbrandt mit einander, das kaum dreissig Haiiser belieben^ es verbrant auch die kirch mit den Glocken, unnd die Tûrme was von Hol:{werk darinnen war^ das Fewer
war so gross unnd schnell , dass viel Leut bei \eiten nicht entrinnen mochten , und wol acht:{ig Menschen verbranten, die andern in der Statt fielen iiber die Mauren um die Graben , dann die Bruck iiber dus Wasser verbrant auch, und n/urde dus Wasser, so durch die Statt fleisst so heiss das niemandt dadurch watten konte , die Brurmen und dos Erdreich ipurden auch so hit\ig, dass man sie nickt schôgffen dorffte. »
— Il y avait à Rosheim deux églises paroissiales, dont Tune à la collation du grand-chapitre et Tautre à celle de l'abbaye de Haute-Seille en Lorraine. Voici comme celleci obtint la jouissance de l'église de Saint-Pierre et Saint- Paul de Rosheim. Les parents de S. Léon IX fondèrent à Hesse entre Dabo et Sarrebourg une abbaye de femmes, leur petite fille Serberge en fut la première abbesse et Léon IX, leur fils, en consacra l'église. Dans la bulle que ce saint Pontife donna en 1050 en faveur de cette abbaye figurent Torolnesheim , Dreheim ou Traenheim , RichefH ho/en y et l'église inférieure de Rodesheim avec les trois quarts des dîmes. L'abbaye de Hesse échut dans la succession de la comtesse Gertrude à Tévêque de Strasbourg qui en investit les comtes de Linange. Étant tombée dans le relâchement et la disette, cette abbaye fut donnée successivement aux chanoines de Sarrebourg , aux augustins de Windesheim, enfin en 1576 aux bernardins de Haute-Seille. C'est ainsi que la dite abbaye obtint l'église inférieure de Rosheim avec la moitié des dîmes dans le ban de cette ville et dans celui de Rosheimw^eiler ou Rosenwiller. Ce village existait déjà comme paroisse au XIIP siècle ; il appartenait à l'évèque et fut très-éprouvé par les guerres qui ne
cessèrent de désoler la province dans les derniers siècles. Rosenwiller fut inféodé auxRathsamhausen-zum-Stein qui ne contribuèrent pas à sa prospérité spirituelle. Pendant les troubles de la Réforme, le village était resté privé de secours religieux ; un chapelain de Rosheim y vint de temps à autre célébrer le saint sacrifice de la messe. L'évêque reprit son fief en 1582, mais le provisoire de la paroisse dura jusqu'en 1762 ; un chapelain de Saint-Pierre et Saint-Paul de Rosheim y fut alors nornmé en qualité de vicaire résidant. — L'église de Rosenwiller est un lieu de pèlerinage qui était très-fréquenté avant la révolution ; le chœur et l'image miraculeuse de la Vierge ofi*rent un intérêt sérieux à l'archéologue. Lisez dans le Kirchen- und Schulblatt de 1854 la notice que M. l'abbé Straub à consacrée à l'église et au pèlerinage de Rosenwiller.
— RoTHAu. Nous entrons dans le Ban-de-la-Roche ou Steinthal qui a pris son nom du rocher sur lequel s'élevait le château fort , détruit en 1471 par le comte de Salm et la ville de Strasbourg. Séparée de la vallée de Schirmech par la Rothaine , de la principauté de Salm parla Bruche,duterritoired'ObernaiparleChampdu-Feu, et confinant vers le midi au val de Ville, la seigneurie du Ban-de-la-Roche renfermait 8 villages partagés entre les deux paroisses de Rothau et de Waldersbach. Elle était un fief d'Empire appartenant pendant plusieurs siècles aux Rathsamhausen qui avaient emprunté au château la dénomination e rupe, a lapide^ \um stein. En 1584 ils vendirent la seigneurie à Jean- George, comte palatin de Veldentz, moyennant 47000 florins.
Celui-ci y établit la Réforme et trouva un auxiliaire dans le curé apostat PapQllier, qui sut mériter le renom d'un joyeux convive et d'un intrépide danseur. L'église de Rothau , une des deux paroisses protestantes du Ban-de- la -Roche, devint mi-partie en 1725. Le 22 mars de la dite année parut à Rothau le curé d'Obernai, Mathias Meyer , accompagné d'un Jésuite, missionnaire royal et délégué de l'évèque-suffragant de Strasbourg, à l'effet de prendre possession du chœur de Téglise dont les protestants avaient été en jouissance depuis 180 ans. Le missionnaire vint à la tète d'une nombreuse procession qui s'était formée de tous les villages environnants. Les curés de Schirmeck, Haselach, Lùtzelhouse, Grendelbruch s'étaient rendus à Rothau. Ayant réclamé vainement les clefs de l'église, ils en firent ouvrir les portes par un serrurier. La consécration de l'église et du cimetière eut lieu avec grande solennité. Les communes voisines fournirent le mobilier et les ornements sacrés , et cela , dans une telle profusion, que sous ce rapport peu de paroisses étaient si bien établies que la nouvelle cure royale de Rothau. Ainsi raconte le pasteur Rœhrich. — Le village de Natzwiller était situé dans le bailliage de Schirmeck, mais dépendait dé la cure de Rothau. Le 8 mai 1749 eut lieu la pose de la première pierre, et le 2 décembre de la même année , la bénédiction de l'église de Natzwiller. Parmi les témoins de cet acte figurent Renaud , curé à Grendelbruch ; Foccard , curé à Lùtzelhouse ; Trœstler, vicaire à Grendelbruch ; Henry , chanoine de Tordre des Prémontrés ; et Valût qui s'intitule ^parochus totitis vallis petrosœ , necnon pagi Nassevilleriani. Cette dèno-
mination figure dans le registre paroissial jusqu'en 1776 ; mais à partir de cette année le curé Herrenberger signe « parochus in Rothau et filioH^JSlati'ipiller . » C'était donc l'église de Natzwiller qui, après la Réforme, desservit les catholiques du Ban-de-la-Roche.
— Russ. Ce village ne comptait au commencement du XVIIP siècle qu'une vingtaine de familles; il faisait partie avec Steinbach et Schwartzbach de la paroisse de Bxrenbach. En l'année 1761, Russ fut érigé en cure. Le procès- verbal de l'érection porte entre autres, sous la signature de l'évèque d'Arath, ce qui suit : « et pour conserver conformément à la disposition des saints canons l'honneur et la reconnaissance due à l'ancienne mère-église de Baerenbach , ordonnons que deux habitants des trois villages de Russ, Schwartzbach et Steinbach, députés par les prévôts et préposés de ces lieux, présenteront et donneront pour et au nom de leurs communautés chaque année, le jour de son Patron, publiquement et pendant la grand'Messe, immédiatement après l'Offertoire, deux cierges de cire blanche, chacun d'un poids d'une demi-livre ; assignons au nouveau curé de Russ et à ses successeurs en la dite cure, indépendamment du logement et jardin , pour compétence en grains, dix rézaux de froment , quinze de seigle , dix d'orge et quinze d'avoine, et trois cents livres tournois en argent ; jouira en outre le dit curé de tous les droits d'Etole ainsi que du produit des anniversaires et autres pieuses fondations faites ou à faire dans l'église de Russ, et finalement du bien dotal ou revenu situé dans ce ban donta joui jusqu'à présent le curé de Baerenbach ; et pour
pourvoir dès-à-prèsent la dite nouvelle cure d'un sujet
capable et idoine nous y nommons. . . M"" Laurent Frédéric Pétri, prêtre de ce diocèse. »
-- ScHiRMECK tient son nom de la montagne , qui porte l'ancien château-fort et avance dans la vallée, comme pour barrer le chemin à l'ennemi de la petite ville qu'elle était destinée à couvrir et à protéger. L'évêque de Strasbourg acquit Schirmeck avec les biens qu'il hérita de la comtesse Gertrude de Dabo. Au XIV' siècle, Jean I" bâtit le château et éleva le village au rang d'une petite ville forte. Un de ses successeurs , Jean III de Luxembourg, aliéna ïoppidum avec quelques autres localités de la vallée au comte de Salm , moyennant 1 2000 florins ; et ce n'est qu'après des opérations multiples que Guillaume de Honstein parvint à racheter ce domaine de la main des engagistes. Schirmeck était une des sept préfectures ou chefs-lieux de bailliage du domaine épiscopal. La communauté percevait les dîmes à Schirmeck, Baerenbach, Wackenbach, Russ, Schwartzbach, Storbach et Natzvsriller; et elle avait à sa charge deux presbytères, le chœur dô quatre églises et la compétence des curés. Celle du curé de Schirmeck consistait en 12 sacs de froment, 12 de seigle, 10 d'orge, 80 d'avoine, une portion congrue de bois, 400 francs pour le vicaire et la jouissance de 25 arpents de biens paroissiaux. — Baerenbach figure parmi les biens que le comte Hugues donna en 974 a l'abbaye d'Altorf , . . . ecclesiam Berbach cum appenditiis suis. Cette église exerçait primitivement la juridiction paroissiale sur Schirmeck, et fut desservie pendant quelques siècles par les bénédictins d'Altorf. Ceux-ci abandonnèrent en 1660 les dîmes de Baerenbach à la communauté de Schirmeck; mais ils
se maintinrent par un arrêt du conseil souverain de 1756 dans la jouissance du patronage que leur avait contesté révêque de Strasbourg. L'antique église de Baerenbach ne tarda pas à déchoir de son rang et fut placée sous la dépendance de l'église de Schirmeck. — Wackenbach qui formait au XI V^ siècle deux villages, fut détaché de la paroisse de Wisches pour être de même annexé à celle de Schirmeck. — La chapelle de Storbach(Surebac 1068) appartenait au chapitre de Haselach.
CAPn ULUM MONTIS FRATRUM.
Hujus Capituli Archipresbyter est Martinus Heim rcctor in Bischofsheim Canonicus collegiatae sancti Leonardi.
Bischofsheim. Krautergersheim. Schirmeck.
Obernai. Altorf. Grendelbruch.
Bœrsch. Griesheim. Gressweyler.
Boftzheim. Holtzheim. Ottenrott.
Meistratzheim. Dachstein.
Catholicam Religionem excusserunl in hoc capitule sex Parochiae.
ARCHTPRETRÉ DE RHINAU
Archiprêtre : Hacnner, curé de Saasenheim.
1781 : Chanoine, curé de Herbsenheim.
1790 : Scheck, D. recteur de Rhinau.
Artolsltelm. — Ég. p. de S. Maurice. Collateur : le pr. év. de Strasb., trois fois et la 4°»* fois, l'abbé d'Ebersm. Curé : Breitel, 1785 Melsheim.
RiCHTOLSHEiM. — Ég. de S. Arbogaste.
Baldenlteim f R. — Ég. p. de S. Biaise, Coll. : lepr. év. de Strasb. Curé : Malterwein, 1781 Geiser.
Ober-Rathsamhausen.
MuTTERSHOLTZ f. — Eg. de s. Urbain.
Nieder-Rathsamhausen. — Ehenweyer.
Bliiderii. — Ég. p. de S. Udalric. Coll. : le gr. prévôt de Strasb. Curé : Wipper, 1781 Gast.
nieboltsheim. — Ég. p. de S. Boniface, Coll. : de Bock. Curé : Scheck.
Etieliau. — Ég. p. de S. Trophime, Coll. : le grandchapitre de Strasb. Curé : Agon, 1790 Ballet.
WlEBOLTSHEIM. — SCHATZENHOF. — J^GERHOF.
Geriitlielm f R. — Ég. p. de S. Denis. Coll. : lepr.
év. de Strasb. Curé • Bootz, 1781 Weis.
Obenheim f . — Ég. de S. Remy.
Herbseitlieim. — Ég. p. de Ste Barbe. Coll. :legrand-
prévôt de Strasb. Curé : Chanoine.
RosFELDEN. — Ég. de S. Vendelin.
Ulltzeulteini. — Ég. p. de S. Martin. Coll. : l'abbé
d'Ebersmûnster. Curé : Dom Maurice Steckinger, 1783
Pinelle.
Illklrch f R. — Èg. p. de S, Symphorien. Coll. : le
pr. év. de Strasb. Curé : Bengel , 1780 Bœhr.
Graffenstaden.
Neuhof. — Ch. de la B. V. Marie.
Gambsau.
Mussiir* — Ég. p. de S. Oswald, Coll. : de Rathsam-
hausen. Curé : Sichler, 1789 Streicher.
Breitenheim, dét. — Ch. de S. Michel.
ScHNELLENBÛHL, dét. — Ch. de S. Ignace.
llTeiiiikircIt. — Eg. de la Nativité de la B. F. Marie.
Coll. : le pr. év. de Strasb. Curé : Kcenig.
WiTTERNHEiM. — Ég. de S. Sébastien.
Zelsenheim.
Friesenheim. — Eg. de S. Nicolas.
Plobslteiiti f . — Ég. p. de S. Pierre. Coll. : le pr. év.
de Strasb. Curé : Dietrich, 1784 Litaize. — Ch. de la
B. V. Marie-au-Chône. Rltlnau. — Ég. p. de S. Michel. Coll. : le pr. év. de
Strasb. Curé : Scheck. — Ch. de Ste Elisabeth. Daubensand.
Boffzheim f . — Eg. de S. Etienne.
ISaaseiilieliii. — Ég. p. de S. Jean-Baptiste. Coll. : le
seigneur de Schœnau. Curé : Heenner, 1781Burkard.
— Ch. de S. Jean-Nép., au château.
ScHOENAu. — Ég de S. Oswald.
SuNDHAusEN f . — Eg. dc S. Martin.
LiNGKENHEiM, dét. — Ch. de S. Antoine de Padoue. liehuralislteiiii. — Eg. p. de S.-Jacques-le-Majeur .
Coll. : l'abbesse pr. d'Andlau. Curé : Meyer. BoLSENBiESEN. — Ég. de S. Sébastien, o//m par. NiFFERN. dét. — Ch. de Ste Catherine.
IVittishelm. — Ég. par. de S. Biaise. Coll. : l'abbé
d'Ebersmûnster. Curé : le P. Déodat MuUer, 1783
Anstett, 1788 Dietrich.
Dans le chapitre rural deRhinauily avait 16 paroisses
catholiques, 26 églises, 8 chapelles et 8 églises mixtes, dont 4 ont perdu le simultaneum , savoir : Neuhof en 1846, Bofzheim en 1862, Illkirch en 1865 et Gerstheim en 1869. Les annexes suivantes ont été érigées en paroisses , au commencement du siècle : Friesenheim, Neuhof, Muttersholtz, Rossfeld et Schœnau. L'érection de la succursale de Witternheim date de 1847 , et celle d'Obenheimdel861.
Familles cath. 1318, — prot. 798, — isr. 63.
Olim : Eschau. — Abbaye de chanoinesses.
Rhinau. — Collégiale.
VARIA
Artolsheim, fief de Tèvêché dépendant au XI* siècle
de l'église de Sainte-Croix de Woffenheim, est cité dans
le diplôme apocryphe de Louis-le-Débonnaireàrabbaye
d'Ebersmûnster ; « In Artovelsheim curtis dominica cum
omnibus pertinentis suis, bannus totaliter cum omni utili-
tate. » Au siècle dernier Tévèchéet l'abbaye y exerçaient
le droit de patronage et le curé possédait la moitié des
dîmes.
— Baldenheim figure en 817 dans le diplôme précité.
Ce village relevait primitivement du comté de Horbourg
dont héritèrent en 1324 les ducs de Wurtemberg.
D'abord annexés à la communauté de Muttersholtz,
les protestants de Baldenheim obtinrent en 1684 un
ministre particulier, et en 1749 les catholiques reprirent
possession du chœur de l'église. Avant la Réforme il y
avait à Baldenheim un rectorat , un plébanat et une
prémissairie ; de plus, un bénéfice dans la chapelle de
Saint-Os wald. — Nous voici en pleins domaines des
seigneurs de Rathsamhausen : famille noble très-ancienne, dont une branche portait la dénomination {um- Stein^ une autre, celle d'Ehenweyer. On sait que Jean Gaspard et Jacques d'Ehenweyer abjurèrent le catholicisme en 1576, et qu'ils entraînèrent avec eux les localités de leur seigneurie. Mûttersholz qui leur appartenait était originairement , d'après la tradition , un bois consacré à quelque divinité païenne. Ce village est mentionné en 817 parmi les possessions de l'abbaye d'Ebersmùnster : « In Mueterholi curtis dominica, salica terra cum decimis suis ; medictas banni in ipsam curtim pertinet. » En 1402 le pape Boniface incorpora la cure de Mûttersholz à l'abbaye d'Ebersmùnster, et le rectorat fut converti en vicariat perpétuel. L'église de Mûttersholtz livrée en 1576 à la Réforme , devint mi-partie en 1687 ; l'abbé d'Ebersmùnster avait conservé le droit de nomination à la cure protestante. — Ehenweyer, A\olveswilre 824, formait avec Mùtterholz, Eschau, Wibolsheim et les châteaux de Rathsamhausen , un fief de la maison de Lichtenberg, dont furent investis en 1367 les seigneurs d'Ehenweyer. Il y avait avant la Réforme dans ce village une cure-rectorat à la collation de l'abbé d'Ebersmùnster, mais dans la statistique diocésaine nous n'avons plus trouvé trace ni d'église , ni de chapelle.
— BiNDERN était un village commun à l'évêché et à l'abbaye d'Ebersmùnster. Celle-ci possédait déjà en 817 « Capellam in Birenheim cum decimis ipsius ville. »
— DiEBOLSHEiM. En l'au 803 Thibaut, Abbé d'Ebersmùnster, concéda au couvent de Fulde des biens situés dans Dubileshaim et Friesenhaim. Dans une charte de
1105 il est question d'un Walther de Tubelsheirh, qui donne à l'église de Sainte-Foi deSchlestadttout ce qu'il possède dans son village. Enfin, les Annales de Colmar font mention en 1281 d'une religieuse de Tubil\heim qm se rendit à Ca\inthal. Les d'Andlau furent à partir de 1422 les seigneurs de ce village.
— EscHAu est ancien. En 778 l'évêque Remy institua Notre-Dame de Strasbourg son héritière, en lui léguant tout ce qu'il possédait in insula que vocatur Hascgaugia (Eschaii), super fliiviiim il la , et est ipsa insula in marcha Blabodsaime (Blobsheim) , et in marcha Quibilisheime , (Wibolsheim). ^ous reviendrons à cette pieuse charte testamentaire lorsqu'il sera question du couvent d'Eschau. Celui-ci ayant été supprimé au XVI* siècle, SCS biens firent retour à l'évèché et parvinrent au grandchapitre qui, en sa qualité de patron de Téglise , possédait les dîmes dont il abandonna la moitié au curé. — Wibolshcim déjà cité, figure en 845 dans le diplôme de l'empereur Lothaire à l'abbaye de Saint-Étienne. Ce village fut inféodé aux Rathsamhausen d'Ehenweyer dont une branche prit le nom de Wibolsheim. C*est de cette branche que naquit Frédéric-Casimir prince abbé de Murbach , dont le père Wolfgang Théodoric avait abjuré le protestantisme. Plusieurs plumes ecclésiastiques se sont exercées à décrire la sainte vie de Frédéric- Casimir de Ratsamhausen , une des gloires les plus pures de l'église d'Alsace.
— Gi:rstheim est une villa romaine : les tumuli et le bas-relief de Glabro dont Schœpflin nous a laissé le dessin, en sont une preuve. L'abbesse Bertha fit don de Gersheim ^ à l'abbaye de Hohenburg, ainsi que le
rapporte la bulle de S. Léon IX ; et l'évêque Hetzel céda au couvent d'Eschau des biens situés à Gerhbodesheim. Ce village et celui d'Obenheim furent protestantisés par les Marx d'Eckwersheim et les Bock. Tun'en 1545, et l'autre en 1574. Les catholiques de Gerstheim et d'Obenheim prirent possession en 1635 du chœur de leurs églises.
— HiLTZENHEiM. La chronique d'Ebersmiinster désigne Hil\en comme emplacement du château d'Ertburg érigé par Jules-César. Cette assertion ne possède aucun fondement historique. Cependant Hiltzen est une ancienne villa royale ; Thierry III la concéda en 684 à l'abbaye d'Ebersmlinster qui y conserva jusqu'à la révolution une cour, les dîmes et le patronage de l'église.
— Illkirch est un très-ancien village que l'évêque Remy mentionne en 778 dans son Testament sous le nom d'Illekirchen. Il doit évidemment son nom à sa primitive église située sur l'Ill. Les abbayes d'Ebersmûnster, de Hohenburg, de wSaint-Etienne , d'Eschau, les chapitres de la cathédrale et de Saint-Léonard, et l'hôpital de Strasbourg possédaient tous des biens dans la banlieue d'Illkirch. Fief impérial, ce village fut engagé en 1283 avec GrafFenstaden et Illwickersheim à Nicolas de Zorn, et au X V*' siècle il parvint à la ville -de Strasbourg. Celle-ci y introduisit de bonne heure la Réforme, malgré l'opposition d'Etienne de Kageneck qui y exerçait quelques droits , et elle obligea le grand chœur , décimateur d'Illkirch , de céder la moitié des dimes pour la compétence du ministre chargé de prêcher dans le village le Dieu de la ville. Voici quelques doléances que firent en 1535 les inspecteurs
consistoriaux au sujet d'Illkirch : « Wùrt geklagt dass der Sontag nit gehalten wiirt , um mancherlejr wysse. Erstlich, Ein scherer sol die buren under der predig nit scheren, — Ein me^iger von Eschaw hawet under der predig fleisch uss. — Das etliche von der herrschafft , \ur \it der predig, beissen und jagen, Auch das, villicht durch etliche miinch messen gehalten werden wider myner Herrn verbott, — So lauf das jung volk anderss wohin \u tant\en an bâpstliche Ort mit ergernUss derselbigen. Der pfarrer klagt liber ein unordnung bim Nachtmal , das bit:{her der Schulths oder andern lejren, den kelch usstheilten, begert das solchs gebessert werde. » Rœrich, T. /, p. 363. — Avant la réforme il y avait à Illkirch une cure-rectorat, un plébanat, une prémissairie et les deuxchapeilenies d'Illwickersheim et de GrafFenstaden. Le 22 août 1760, Illkirch qui avait été jusqu'alors desservi par le curé d'Illwickersheim. fut érigé en cure royale , et les catholiques de Neuhof , Klebsau et Gambsau furent -détachés de la paroisse de Saint-Laurent et annexés à l'église d'Illkirch. — Le Neuhof servait autrefois de lit au Rhin. Les Jésuites y établirent une métairie, avec une chapelle qui, devenue paroisse en 1803, fut agrandie en 1809 et remplacée, il y a quelques années, par une nouvelle église élevée aux frais de la ville. La paroisse protestante ne date que de 1851.
— MussiG et Breitenheim étaient des fiefs de la maison d'Autriche, situés dans la seigneurie de Rappolstein et sous le bailliage de Guémar. Au XV' siècle, Breitenheim n'était déjà plus qu'un corps de ferme avec une chapelle qui appartenait à l'église de Coire , ainsi que nous l'apprend un diplôme d'Otton-le-Grand.
— Neunkirch, église-mère de Friesenheim et de Witternheim, fut incorporé en 1425 à l'hospice de Molsheim et parvint plus tard aux Jésuites de cette ville. Ceux-ci en confièrent la desserte au curé de Diebolsheim ; mais à partir de Tannée 1702 ils se chargèrent eux-mêmes d'administrer la paroisse, et lorsque la compagnie fut supprimée, le père Kœnig demeura à Neunkirch en qualité de curé. On connaît la légende du pèlerinage de Neunkirch , le concours de fidèles qui n'a cessé de s'y produire, le touchant épisode de la Terreur qui se rattache à la statue miraculeuse et à l'abbé Hûrstel : toutes choses relatées dans le livre du vicomte de Bussière ; << Culte et pèlerinage de la T. S. Vierge, »
— Plobsheim, in marca Blabodsaime jyS, était un fief de l'empire qui parvint en 1414 à la famille de Zorn. La branche dite de Plobsheim établit en 1570 le protestantisme dans ce village. — Non loin de Plobsheim, dans la forêt de Thumenau, s'élève la chapelle de Notre Dame-du-Chêne, bâtie en 1147 par Adam de Zorn. Au rapport de Herzog , cet endroit était un bois sacré où les Druides offraient leurs sacrifices. Il devint un lieu de pèlerinage très-fréquenté ; la tribu des boulangers de Strasbourg s'y rendait autrefois, chaque année, avec bannières déployées.
— Rheinau ou Rhinau apparaît au commencement du XIIP siècle, parmi les villes fortes du domaine épiscopal. En 1290 Conrad de Lichtenberg transféra le chapitre de Honau ad locum oppidi Rynouipe. Mais ici les chanoines ne furent pas plus à l'abri des vexations du Rhin qu'ils ne l'avaient été a Honau ; aussi de guerre las, ils s'établirent en 1398 à Saint-Pierre-le-Vieux de
Strasbourg. Bien leur en prit , car au XVI* siècle, le seigneur fluvial dans un de ses moments de boutade emporta sa vassale , la ville de Rhinau , et obligea les habitants de s'établir à une distance plus respectueuse. Rhinau vit naître au XIV*' siècle Jacques de Hochstatt ou d'Alto- Villa, le commentateur du livre des Sentences . Mais sa gloire est d'avoir donné le jour et le nom à l'une des plus grandes illustrations d'Alsace : Beatus Rhenanus est né à Rhinau en 1485 ; son père s'appelait Antoine Bild , et sa mère Barbe Kegel.
— BoFFZHEiM relevait de l'abbaye de Saint -Etienne ; il fut engagé aux Mueg dont il devint au XVP siècle la propriété. Sébastien Mueg, stettmeistre de Strasbourg, y établit en 1545 la Réforme. En 1687 les catholiques de Boffzheim obtinrent de nouveau une place dans l'église et furent annexés à la cure de Rhinau, et en 1694 ils rentrèrent en possession de leurs biens de Fabrique.
— Saasenheim est appelé en 739 Saxinhain dans un titre de l'abbaye de Wissembourg, Saxones en 778 dans une charte de Sigfrid en faveur de l'abbaye de Saint- Grégoire, et Saselsheim dans la bulle de S. Léon IX au monastère de Hohenburg. Ce village ainsi queSchœnau étaient deux fiefs de la seigneurie de Rappolstein, appartenant aux noblesdeSchcenau.Sundhausen,fiefdela maison de Wurtemberg, devint paroisse protestante en 1601, et en 1687 le chœur fut rendu au culte catholique.
— ScHWABSHEiM appartenait à l'évèque de Strasbourg. L'abbaye d'Ebersmûnster y possédait une cour que lui avait donné un noble de Souabe, nommé Lanzon. En 953, l'empereur Otton rendit à l'église de Coire entre autres biens, in pago ElisacicC, ecclesiam Schwabesheim
cum suis subsistentibus. — Bœsenbiesheim était un ancien fief du comté de Horbourg que le duc George de Wurtemberg concéda aux Rathsamhausen d'Ehnweyer. Il y avait dans ce village une église paroissiale dont le titre fut supprimé en 1769. — Niffern, village détruit au XVP siècle, figure dans plusieurs titres de l'abbaye d'Ebersmunster. « Capella... ecclesia Niveratesheim, Sij et 82g. » La chapellenie de Sainte-Catherine fut unie en 1503 à l'abbaye d'Ebersmûnster.
— WiTTisHEiM , vulgo Wit:{en , est mentionné en 818 dans le diplôme apocryphe de Louis-le-Débonnaire, parmi les biens d'Ebersmûnster : « in Witenesheim curtis dominica cum omnibus pertinenciis suis , salica terra cum decimis suis, ecclesia cum decimis suis. Bannus cum omni dominio. » L'abbé y partageait les dîmes avec le curé. La comtesse Hildegarde avait donné au monastère de Sainte- Foi quelques biens situés à Wittisheim. Son fils Otton, évêque de Strasbourg, « pour mettre l'église de Sainte-Foi à l'abri de toutes recherches relatives à ses biens , donna la somme de cinq livres , argent de Strasbourg, à un certain Godefroi, qui élevait des prétentions sur le bien de Wittisheim. Godefroi y renonça en jetant de sa main un fétu de paille, suivant les lois qui étaient alors en usage. » Grandidier, œuvres inédites, T. II, pag. 153.
CAPITULUM RURALE RHEINAV.
Hujus Capituli Archipresbyter est Joannes Walther Recto.r in Herbsheim.
Rheinau. Diebolsheim. Saasenheim.
Herbsheim. Hilsenhcim. Artolsheim. Mussig.
Defecerunt a fide circiter 9.
ARCHIPRÊTRÉ DE SCHLESTADT.
Archiprêtre : Drayeott, curé de Weiler ou Ville ; 1790 : Zaepffel, D., recteur de Dambach.
Salnt^Blalne ou Helmanss^reutlt. — Eg. p. de
S. Biaise. Collateur : le seigneur d'AndIau. Curé : Derché, 1785 Guntz.
Blancherupt ou Bliensbach.
JBreltenbaeli. — Ég. p. de S. GalL Coll. : Tabbesse pr. d'Andlau. Curé : Arbogaste, 1784 Stemm.
HoHWALD, forêt.
Coiroy-la-Roelie ou C^allerey. — Ég. p. de S, Nicolas. Coll. : Tabbesse pr. d'Andlau. Curé : Henry.
Ranrupt ou Roschbach. — Ég. de S. Vincent.
FONRUPT ou FUNBACH. — SaLSEY OU SaLTZHEIM. —
Stampemont ou Stemberg.
Bleffenbaeli, vie. rés. — Ég. de S. Laurent. Coll. : le curé de Neuve-Église. Curé : Karst.
Hirtzelbach ou Aschernbacm. — Neufbois ou Krûth.
Uanibaeli. — Eg. p. de S. Etienne. Coll. : Thôpital bourgeois de Strasb. Curé : Zaepffel. — Primissariat.
Altenweiler, dét.
Oberkirch, dét. — Ég. de S. Sébastien , olim parois. — Ch. de S. Jacques-le-Majeur et hôpital. — Ch. de S. Jean-Baptiste. — Ch. de l'Assomption.
Eberfihelni. — Eg. p. de 5. Martin. Coll. : le grandchapitre de Strasb. Curé : Schneider.
Fouehy ou €}piibe« — Eg. p. de S. Jean-Baptiste.
Coll. : l'abbesse pr. d'Andlau. Curé : Nauert.
Breitenau, une partie.
Hohwart. — Eg. p. de S. Gilles. Coll. : le grand-chapitre de Strasb. Curé : de la Scheere, 1780 Fanget.
Saint-Pi ERRE-Aux-Bois ou Petersholtz.
MesteiiholtaE ou Chàtenois. — Eg. p. de S. George. Coll. : le grand-chapitre de Strasb. Curé : Keifflin. — Ch. de la Croix. — Ch. de Ste Anne.
Wantzelle. — Administrateur : le curé de Lièpvre.
Mintzheiiti. — Ég. p. de S. Martin. Coll. : le chapitre de S. Léonard. Curé : Moppert. — Ch. de S. Oswald. — Ch. de S. Jacques, au château.
fiaiute-JVIarie-auiK^Jfliiies ou IflarclLireh , par. de S. Louis. — Ég. p. de S. Louis. Coll. : le prince Max de Deux-Ponts. Curé : Ingold.
FeRTRU ou ForDELBACH. — SaINT-BlAISE. — ESCHBERG
OU Eschery. — Eg. de SS. Pierre et Paul.
Raventhal. — Petit-Liépvre ou Klein Leberau.
ISaint-jflartIii. — Eg. p. de S. Martin. Coll. : l'abbesse
pr. d'Andlau. Curé : Guntz, 1785 Dietrich.
Meissengott. — Ch. de S. Antoine, eremite.
Steige. — Eg. de Ste Madeleine.
GUIRLIGOTTE et WaGENBACH.
]l'eu\e-E|^lise ou JlFeuliireh. — Eg p. de S. Nicolas. Coll. : le grand-chapitre de Strasb. Curé : Miller, 1788 Stachler.
Saint-Maurice ou Sanct-Moritz. — Ég. de S. Maurice
Breitenau, une partie.
Orbels. vie. rés. — Eg. de S. Nicolas. Coll. : le pr. év. de Strasb. Curé : Galleto.
Orseliweiler. — Eg. p. de*S. Maurice. Coll. : le grandprévôt de Strasb. Curé : Schaal. — Ch. de S. Joseph.
Saales ou ^eel. — Ég. de S. Barthélémy, Coll. : de Choiseul-Meuse. Curé : Schillinger.
Bruche. — Eg. p. de S. Pierre.
Levreuil.
Le Hang. — Gh. de S. Laurent.
lieherureller. — Eg. p. de SS. Pierre et Paul, Coll. : le grand-chapitre de Str. et Tabbesse d'Andlau alternativement. Curé : Fuchs , 1785 Muller. — Ch. de S. Wolfgang.
DiEFFENTHAL. — Eg. de S. Michel.
Selilestadt. — Eg. p. de -.9. George, Coll. : le magistrat deSchlestadt. Curé : Diell. — Chapelains : Hemmerlè. Bremy, Weisrock. — Trois chapellenies dans l'église par. — Ég. de la commanderie de S. Jean. — Ég. de Ste-Foi. — Ég. des dominicaines. — Ég. des récollets.
— Ég. des capucins. — Ég. des dominicaines. — Ch. de l'hôpital civil. — Ch. de l'hôpital militaire. — Ch. de S. Michel. — Ch. de Notre-Dame-des-Neiges. — Ch. de Ste Anne.
Tlilé ou l¥eller. — Ég. p. de VAisomption. Coll. : l'abbesse pr. d'Andlau. Curé : Draycott, 1784 Klein.
— Primissariat dans l'ég. paroissiale.
Triembach. — Ch. de S. Christophore.
Charpe ou Mittelscher.
Lalay ou Lach. — Ch. de Ste Aurélie.
Bassenberg. — Ch. de S. Quirin.
Cet archiprêtré comprenait en outre les cinq paroisses suivantes , situées en Lorraine , dans le bailliage de Saint-Dié.
Hialnte-Crolic.— Ég. p. de S. Nicolas, Coll. : le primat
de Nancy. Curé : Schaal.
Petit-Rombach. — Ch. de S. Antoine l'ermite.
Grand-Rombach.
maiiit-HIppolyte ou fSanet-PIlt. — Ég. p. de 5.
Hippolyte. Coll. : le primat de Nancy. Curé : Lorentz.
— Primissariat dans l'ég. par. — Ch. de S. Jacques, à
l'hospice. — Ch. de S. Vendelin. — Ch. de la Croix. liièpvre ou Ijeberau. — Ég. p. de V Assomption.
Coll. : le primat de Nancy. Curé : Mosser.
Allemand-Rombach. — Ég. de Ste-Rosalie.
MussLOCH. — La Hingrie.
Salnte-Marle-auK-lflines, par. de Sainte-Marie- Madeleine. — Eg. p. de Ste-Marie-Madeleine. Coll. : le primat de Nancy. Curé : Claude, 1789 Cornette. — Ch. de S. Mathieu.
Tanviller. — Ég. p. de S. Jacques. Coll. : de Lort de St-Victor, 1788 de Dartein. — Curé : Marchai. — Ch. dom. au château.
L'archiprètré de Schlestadt présente donc un total de 24 paroisses catholiques avec 41 églises et 26 chapelles, 1 église mixte , 2 paroisses protestantes et 3 temples, 1 paroisse calviniste et 2 synagogues.
Les églises suivantes ont été érigées en paroisses dès le commencement du siècle : Erlenbach, Lalaye, Meissengott, Ranrupt, Steige, Triembach, Urbeis, et Saales qui devint une cure de canton ; Saint-Maurice en 1843, la Vanzelle en 1860 , Neubois en 1862, et Blancherupt en 1866.
Familles cath. 6025, — prot. 189,— calv.276, — isr. 41. Schlestadt. — Dominicains , 10 relig. ; Prieur : le P. Vincent Romer. — 30 Capucins; Gardien : le P. Prudence d'Obernai. — 24 Récollets; Gardien : le P. Stemmelé. — Commanderie de Saint-Jean, 2 prêtres ; Abbé-Commandeur : Fr. Ig. Schneider. — Dominicaines ; Prieure : Marie-Jeanne Scherb. Sainte-marie-aux-mines, en Lorraine. — Couvent de 15 Franciscains.
Olim : DiEFFENBACH. — Couvent de femmes.
Dambach. — Couvent de guillelmites.
HoHWARTH. — Prieuré.
HoNcouRT. — Abbaye.
Schlestadt. —Prévôté., , ,, , » o t^
T7 T^ • ' \ de 1 ordre de S. Benoit.
EscHERY. — Prieure.
Lièpvre. — Prieuré.
S.-HippoLYTE. -Prieuré.
VARIA
— Saint-Blaise ou Helmansgereuth , Helmgerith, Hildesgereuth^ était avec son annexe Blancherupt ou Plancanrup^ Bliensbach, un fief oblat de Téglisede Strasbourg que les Rathsamhausen - zum - Stein cédèrent enl604pour80001ivresàRodolphe,barondeBollwiller. Les comtes de Fugger, héritiers des Bollwiller, obtinrent ce fief en 1622, et le sous-engagèrent en 1659 aux seigneurs d'Andlau, qui jouirent ainsi dans les deux villages du droit seigneurial, de ladîme et du patronage de la cure.
— Breitenbach est un grand village qui appartenait primitivement à l'abbaye voisine de Honcourt, ainsi qu'il est rapporté en 1120 dans une bulle de Callixte IL Après l'incorporation de Honcourt à l'abbaye d'Andlau, celle-ci obtint la collation de la cure-rectorat de Breitenbach. L'abbaye de Moyen moutier y avait aussi des biens, puisque dans un titre de 1601 le seigneur d'Andlau déclare que les droits qu'il avait sur Brechtehbach , avaient été cédés à ses ancêtres par l'abbaye de Moyen— moutier. — Le Hohwald, déjà cité en 1269 dans un titre de révoque Henri « Sylva que dicitur Hochwald^ » était une propriété commune à l'évêque de Strasbourg et au comte de Choiseul-Meuse, seigneur de Ville.
— CoLROY-LA-RocHE siguific sclou Schœpflin colline royale. Sa dénomination de la Rochelui vient du château voisin des Rathsamhausen~zum-Stein et sert à le distinguer d'un autre village peu éloigné, appelé Colroy-
la-Grande. Dans la chronique de Senones , iV est fait mention de Colroy , Ranrupt et Stampeniont sous les noms de Conretum, Ranrumper et Samdoimont. Le village de Ranrupt ou Roschbach figure parmi les biens que le comte Wernher donna à l'abbaye de Honcourt qu'il avait fondée : « allodium in Regenesbach cumcapella suisque attinentiis . » L'abbaye d'Andlau hérita de Honcourt le droit de patronage de la cure de Colroy. Il y avait dans cette paroisse une conférie du Saint-Sacrement érigée en 1692.
— Nous voici au milieu du gracieux Val-de- Ville que le ruisseau de la Scheer ou le Giessen divise en deux parties. Le côté septentrional forme proprement* le Weilerthal, tandis que la partie méridionale a toujours été appelée le Comte-Ban ou Grafen-Bann. Le château de Frankenbourg , qui était le chef-lieu du district, appartenait aux comtes de Werd, landgraves d'Alsace; les comtes d'Œtingen le vendirent en 1359 à Tévèque de Strasbourg. « Frankenberg die burg, est-il dit dans Tacte de vente, item die d'àrffer Grube, Gertite, Hir:{elbach , Dieffenbach undt Brejrtenowe undt Nuwenkirch under Frankenberg. ». Ces villages avec Saint-Maurice parvinrent au commencement du XVP siècle aux chanoines-comtes de Strasbourg et formèrent un bailliage des terres-chapitrales.
— Dieffenbach possédait un couvent de religieuses : «inclusorium virginum ibi aWerdensibusfundatum Johannes episcopus i36g in prœbendam sacerdotalem convertit. »
— Neubois ou Critt figure dès l'année 1147 parmi les biens de l'abbaye de Ncubourg qui y possédait curtim Geruta cum appendiciis suis . L'abbaye vendit cette
cour en 1528. — Fouchy ou Grube fit partie de la dotation primitive de l'abbaye de Honcourt ou Hugueshoflfen. Le couvent de Baumgarten avait aussi une grange dans Fossa , ainsi que le rapporte une bulle du pape Luce III, de 1182. L abbaye d'Andlau, succédant aux droits de Honcourt, posséda le patronage et la dîme de la paroisse de Fouchy jusqu'à la révolution. — Neuve- Église ou Neukirch était au XIV* siècle le siège judiciaire du bailliage. Notons dans l'église de cet endroit l'inscription qui se trouve dans la nef , sur une plaque de marbre, et qui est destinée à perpétuer la mémoire du curé-martyr, l'héroïque François-Antoine Stackler, guillotiné à Strasbourg, le 3 février 1796.
— Saint-Maurice est le seul village au-delà de la Scheer , enclavé dans le domaine du grand-chapitre. L'église ou chapelle de Saint-Maurice est ancienne, puisque déjà en 1022 l'empereur Henri II la donna au couvent d'Ebersmûnster : « Capella sita in montanis Vosagi quœ ad S. Mauritium vocaturjuxta villulam quœ Tanjpilre dicitur cum décima ipsius allodii et omnium circum— quaque novalium. » Dans la charte par laquelle l'évèque Guillaume confirma les biens d'Ebersmûnster, il est dit : In Danjpilre allodium,.. cum capella S, Mauritii martyris. C'est dans cette trés-modeste église que l'évèque sufiFragant de Strasbourg, von derWiesen^ administra en 1720 le sacrement de confirmation.
Reste à visiter le chef-lieu du Comte-Ban, le Frankenbourg. Ce château , qui s'élevait jadis comme une sentinelle avancée, dominant la plaine et surveillant l'entrée des deux vallées qu'il sépare, appartenait à l'Église de Strasbourg. Il en est fait mention pour la
première fois en 1105, dans une charte de Frédéric-le- Borgne, et il fut détruit en 1582 par un incendie. Les fragments de murs découverts , il y a quelques années, dans l'enceinte extérieure du château , donnent raison aux auteurs qui font remonter les constructions primitives du Frankenbourg à l'ère romaine , voire même celtique.
— Dambach. Nous nous retrouvons au pied du Bernstein ou Baernstein, dans la ville de Dambach. Le château de Bernstein appartenait aux comtes d'Eguisheim- Dagsbourg et échut définitivement en 1236 à l'évèque de Strasbourg. Il devint le chef-lieu d'un bailliage épiscopal très-considérable, qui fut transféré à Benfeld, vers la fin du XVP siècle. Quant à Dambach, son nom n'apparait pas dans les chartes , avant le XI*- siècle. Mais à partir de cette époque il est mentionné souvent parmi les possessions des abbayes de Honcourt, Baumgarten, Etival, Pairis, Sainte-Croix et Altorf. L'évèque Berthold de Bucheck , l'acquéreur de Bernstein , érigea Dambach en ville et lui incorpora les villages d'Oberkirch et d'Altenweiler, ainsi que les hameaux de Steinhausen, Gisselbach, Neudorf et Oberthœrel. Les églises paroissiales survécurent à la ruine des villages ; mais comme elles étaient éloignées de Dambach qui ne formait pas encore paroisse, l'évèque Conrad ordonna aux curés-recteurs de ces églises de faire alternativement l'office dans la chapelle de Saint-Étienne de Dambach. Celle-ci devint paroisse en 1364. L'église d'Oberkirch, dite supérieure , était dédiée à S. Sébastien et était à la collation de l'évèque de Strasbourg, qui en céda les revenus d'abord, en 1356, aux chanoines réguliers de
Dachstein ; puis , en 1368, au grand-custos ; enfin, en 1450, à l'hôpital de Strasbourg. Elle avait trois chapellenies pour les autels de S. Nicolas, de S. Jodoque et de Ste Marguerite. L'église inférieure d'Altenweiler, dans laquelle il y avait aussi deux chapellenies, des autels de la Ste Vierge et de S. Jean , fut unie en 1332 à Tabbaye de Hohenbourg, qui la vendit en 1490 au même hôpital de Strasbourg. C'est ainsi que celui-ci obtint les dîmes et la cure de Dambach qu'il conserva jusqu'à la Révolution. Mentionnons encore de cette paroisse , une maladrerie, la chapelle de vSaint- Jacques à l'hôpital, celle de la Vierge située vers Bliensweiler, celle de St. Jean- Baptiste érigée sur l'emplacement de l'église d'Altenweiler. Toutes ces chapelles étaient pourvues de bénéfices qui furent supprimés et remplacés en 1693 par le primissariat auquel on affecta les revenus des chapellenies de la Vierge et de Saint-Nicolas de l'église paroissiale. Il y fut aussi établi en 1781 une confrérie du Rosaire. Dambach a été pris par les Armagnacs et les Suédois. Le dauphin, qui devint Louis XI , commandait en personne les Armagnacs et emporta de ce siège une flèche qui le blessa au genou. Dambach a donné le nom à une famille noble , et le jour à Jean de Tambach , savant dominicain qui nous a laissé entre autres un Traité intitulé « De consolatione theologiœ. »
— Ebersheim. Si la tradition que Beatus Rhenanus traite de fable, est vraie , Ebersheim doit son nom au sanglier qui blessa le fils du roi Dagobert II. Ce village est cité en 725 sous le nom à'Ebrotheim. L'abbaye de Honcourt y possédait des biens et celle d'Ebersmûnster y avait une cour seigneuriale. Ebersheim faisait partie
des terres du grand-chapitre qui en était le seigneur, le décimateur du ban et le coUateur de la cure.
— HoHWARTH. Lorsque nous avons parcouru le Grafenbann^ nous avons aperçu de tous côtés sur le versant septentrional de la vallée une haute colline , tapissée de vignes, sur le sommet de laquelle s'élève isolée une vaste église : c'est la paroisse de Saint-Pierre-Bois , le pèlerinage très-ancien et très-fréquenté de S. Gilles, l'ancien domaine abbatial de Moyenmoutier. Comment cette abbaye prit-elle pied au milieu du Val de Ville? Bellhomme, dans son histoire de Moyenmoutier, nous l'explique : « Inter auxilia quœ ad augmentum Mediani- Monasterii tune (vivent e sto Hidulpho) eollata sunt, annu— merOtH debent (quantum opinamur) varia dominia, prœdia ae bona, quœ in valle Villariensi aliisque eireumvieinis Alsatiœ loeis olim possedit et quorum maximam.partem ab Attico duee eoncessam Juisse fert traditio. » C'est donc le duc Etichon ou Attic qui , par reconnaissance , donna ces biens situés dans le val à S. Hydulphe , le témoin ou l'instrument de la guérison miraculeuse de Sainte Odile. Or comme le nombre de ses disciples allait toujours en augmentant, le fondateur de Moyenmoutier établit çà et là d'autres cellules sur des terrains qui lui avaient été concédés. Les religieux défrichèrent les terres, des habitants vinrent s'y établir, les chapelles se changèrent en églises, des paroisses se formèrent autour des couvents et la juridiction de l'abbaye s'étendit sur les uns et les autres. C'est ainsi que les choses se passèrent ici. S. Hydulphe érigea un couvent sur les terres qui lui avaient été cédées dans le Val et qui alors étaient encore couvertes de forêts ; il dédia ce couvent
a S. Pierre : de là , le nom de Saint-Pierre-aux-Bois. Autour du couvent l'on vit s'élever les villages de Hohwarth , Saint-Pierre, Gunderschwiller, Hundschwiller et Thanwillcr. Tous ces endroits ne formaient ensemble qu'une seule paroisse qui resta jusqu'après la guerre des Suédois sous la juridiction de l'abbé de Moyenmoutier, et qui, sous Léopold d'Autriche, fut incorporée au diocèse de Strasbourg. Moyenmoutier avait alors perdu toutes ses possessions du val. Au XI* siècle déjà, il ne lui était plus resté qu'une cellule , une censé en gagnage et la dîme du franc-alleu. Ces derniers biens, Eric , évêque de Verdun et abbé-commendataire de Moyenmoutier, les vendit en 1601 à Claudine de Grammont , veuve de Jean-Frédéric de Tanwiller, pour la somme de 2250 livres.
Les villages qui composaient la paroisse de Saint- Pierre furent très-éprouvés par les guerres qui désolèrent la vallée. Gunderschwiller fut détruit par les Bourguignons, Hundschwiller par les Suédois: ceux-ci saccagèrent Petersholtz et Hohwarth de telle sorte, qu'il ne resta plus que quelques maisons dans l'un et l'autre village. Un acte dressé en 1665 rapporte que la dîme ne donnait plus que 60 mesures de vin et 13 sacs de seigle et d'avoine, au lieu de 10 foudres et 35 sacs qu'elle produisait avant la guerre. Les terres en partie n'étaient plus cultivées, faute de bras. Pour remédier à cet état de choses qui affligeait presque toute la province, Louis XIV publia son édit de 1662, par lequel il ramena des habitants dans les endroits dépeuplés et dévastés par les guerres. Des familles lorraines et françaises vinrent s'établir dans la paroisse de Saint-Pierre-
Bois. Ce qui nous explique la présence de curés français ■■ dont fait mention feu le curé Kramer dans la relation manuscrite qu'il a laissée de son ancienne paroisse. « De Lachaire ou Vonderscher, y est-il dit , obiit anno 1778. Ultimus fuit parochus gallici idiomatis; jam a plurimis annis lingua gallicana hâc in parochiâ linguae germanse locum cesserat. » Hohwarth était, avant la guerre des Suédois, le plus important des villages de la paroisse. Le curé y avait sa résidence. Quant à l'église paroissiale de Saint- Gilles, elle a toujours occupé l'emplacement actuel. Elle était primitivement une chapelle du couvent, et dans la vie de S. Wolfode curé de Hohwarth, il est rapporté que ce saint prêtre montait chaque nuit sur la montagne pour assister à l'office qu'on célébrait dans le couvent. La chapelle survécut à la ruine du monastère; mais elle-même fut saccagée au XI* siècle par les troupes lorraines. Il fallut bâtir une nouvelle église : les prétentions également intéressées de Hohwarth et de Petersholtz durent se taire devant les exigences du pèlerinage et, dit-on, la volonté du ciel; voilà pourquoi le nouvel édifice fut encore élevé sur la montagne, où il resta debout jusqu'en 1788. Alors les mêmes difficultés se présentèrent de nouveau. Une seconde fois la montagne eut raison et c'est ainsi que le long usage des siècles a maintenu l'église paroissiale de Saint-Gilles dans ce magnifique mais à tous égards pénible emplacement. On avait construit il est vrai, très-anciennement déjà, une chapelle sous le vocable de S. Jacques, à Saint-Pierre-Bois même. Cette chapelle devint plus tard l'église paroissiale de Thanwiller; on verra plus bas comment Petersholza perdu son annexe.
— Kestenholtz ou Chatenois est devenu aujourd'hui une station thermale ; autrefois il était une châtaigneraie : de là son nom de Castinetum ou Kestenholt:{, Le village est ancien. Au témoignage de la Chronique d'Ebersheim, Ste Odile donna à l'abbaye d'Ebersmûnster in Castineto curtim unam cum vineis ad ipsam pertinentibus . L'évêque Remy légua en 778 au couvent d'Eschau une cour avec vignes, prés et neuf manses in Kestenholt:^. Deux nobles de Chatenois, Reginhard et Frédéric, cédèrent en 1138 au couvent de HugshofFen molendinum in Tanwilare cum appenditiis et curtim cum molendino et appenditiis in Scheremlare. Le chapitre de Saint-Thomas et les couvents de Saint-Arbogaste, d'Etival, de Marbach citent Chatenois dans leurs titres fonciers. La seigneurie de cette petite ville appartint d'abord à l'évèque de Strasbourg ; il y avait un château, une cour où il tenait trois plaids par an, et sa fabrication de monnaie. Dès le commencement du XV* siècle cette seigneurie se trouve entre les mains du grand-chapitre qui en obtint la propriété définitive vers l'an 1506. La cure-rectorat lui avait été unie en 1367, et elle fut alors convertie en plébanat. L'église paroissiale possédait six chapellenies sur les autels de Ste Catherine, de S. Michel, de S. Martin et de Ste Foi, de S. Pierre et de S. Nicolas. De plus les chapelles de Ste Anne près du Kalgsthor, et celle de la Croix près de rOberthor. Celle-ci fut érigée en 1709 par Lambinet, curé de la paroisse. — Le village de La Vanzelle dépendait de la seigneurie et de la paroisse de Chatenois. Il figure dans la charte que Charlemagne donna en Êiveur du monastère de Lièpvre sous le nom de Bobolina Cella, Fief mouvant de l'église de Strasbourg, il fut acquis
3ar le grand-chapitre moyennant 6000 florins. La Vanselle n'avait ni église ni chapelle avant la Révolution.
— KiNTZHEiM. De Chàtenois un agréable chemin coniuit à travers les vignes dans l'ancienne villa royale de Kunigesheim. En 774 Charlemagne donna au monastère ie Lièpvre « loca sylvestria in pago alsaciense ex marca îsci nostri Qxi^uningirhaim , » donation que l'empereur LrOthaire confirma en 864. Ce dernier prince avait concédé en 843 villam Kunigesheim , mansos quadraginta in )ago Helicasensi au comte Erchangier, père de Ste Riïharde qui abandonna ce riche héritage à son abbaye fAndlau. L'église de Coire, les abbayes d'Ebersheim, i'Eschau, d'Etival, de Senones et de Zurich possédaient lussi des biens dans Kintzheim. Deux siècles plus tard, es.StaufiFen, ducs de Souabe et d'Alsace, disposent de a moitié de notre village en faveur du prieuré de Sainte- Poi de Schlestadt. L'empire avait repris ses droits sur iCintzheim, lorsque Rodolphe de Habsbourg l'engagea în 1286 aux seigneurs de Rathsamhausen. Enfin, en .328 Louis de Bavière l'abandonne à la ville de Schlesadt qui en conserva la propriété jusqu'à la Révolution, [^'abbesse d'Andlau y jouissait alors de droits considè- •ables, elle y possédait une cour franche où elle tenait juatre plaids annuels, et elle avait le 'droit de nommer le îchultheiss. La ville de Schlestadt acheta en 1536 ce droit et cette cour pour la somme de 1500 florins. Elle ivaitde même acheté en 1492, des seigneurs de Hatt- 3tatt le château situé au-dessus du village. Ce château, qui fut vendu en 1649 à la famille de Gollen et qui est devenu après la révolution la propriété du baron Mathieu de Faviers, occupe l'emplacement de l'ancien
palais de Charlemagne d'où cet empereur expédia plusieurs diplômes : « Actum Scalistati villa palacio publicoi Les chartes signées au palais de Kœnigshofifen, remarque judicieusement M. Vatin dans la Revue d'Alsace, portent de même, non pas le nom de Kœnigshoven, mais celui de Strasbourg : « Actum Argentorato palatio publico. » — Kintzheim était une cure-rectorat dont le patronage appartenait au chapitre de Saint-Léonard à qui elle fut unie en 1472 par Tévèque Robert de Bavière. Notre statistique fait mention de deux chapelles : celle de Saint- Oswald, dont les revenus furent unis à Thôpital de Schlestadt ; et celle du château , dédiée à S. Jacques, que les habitants de Châtenois visitaient processionnellement chaque année jusqu'en 1745. Ces relations de pieuse confraternité valaient à coup sûr celles qui existaient au temps de la guerre de succession entre Albert de Habsbourg et Rodolphe de Nassau, lorsque les deux petites villes de Kintzheim et de Châtenois se rendirent le service de s'incendier mutuellement.
Kintzheim est assis sur le gradin inférieur de cette montagne, qui s'élève comme une immense pyramide, et dont le sommet porte le château du Haut-Kœnigsbourg, la plus vaste et la plus imposante ruine d'Alsace. Les chroniques ni les monographies ne disent rien de précis et de certain sur l'origine de ce château. De Tépoque romaine ou franque , — il n'apparait dans les chartes que vers le XIII^^ siècle, sous le nom de castrum Kunegesberg ; dus hus :{e Kungesburge , Hohenkunigsperg : les titres lorrains l'appellent Estuphin, Ce nom lui serait venu selon les uns, des ducs de StauflFen ; selon d'autres^ il n'est qu'un mot de la langue romane qui désigne la
forme pyramidale (un calice renversé) de la montagne. « Fief lorrain , le Haut-Kœnigsbourg passa successivement aux évêques de Strasbourg, à la maison d'Autriche et à la couronne de France. Il eut pour principaux
tenanciers féodaux les landgraves , comtes de Werd et d'Œttingen, les Thierstein , les Sickingen , les Bollwiller, les Fugger. En 1770 il parvint aux Boug d'Orschwiller. Devenu un repaire de pillards nobles, il fut pris en 1462 , et en partie détruit. La maison d'Autriche le fit reconstruire et l'érigea en capitainerie. En 1633 les Suédois assiégèrent le Haut-Kœnigsbourg, mais ils y rencontrèrent une longue et opiniâtre résistance, et ce n'est qu'à bout de ressources et sans espoir d'être secouru, que l'intrépide commandant Lichtenau rendit la place qui fut démantelée. Aujourd'hui la belle ruine féodale n'a plus d'autres assauts à subir que ceux du Temps et ceux plus inoffensifs des touristes , et il n'est plus défendu que par les amis des monuments d'autrefois.
' — Saint-Hippolyte et Ltèpvre. Du Haut-Kœnigsbourg on peut descendre sur Saint-Hippolyte, ou du côté opposé, sur Liépvre. Ces deux endroits ont une histoire presque commune. Tous deux doivent leur origine à S. Fulrad qui y fonda des prieurés sous la dépendance de l'abbaye de Saint -Denis. Tous deux appartinrent à l'ancien duché d'Alsace et furent incorporés au duché de Lorraine dont ils firent partie jusqu'à la Révolution. Enfin, leurs églises, situées dans le diocèse de Strasbourg , parvinrent toutes deux en 1502 au chapitre de Saint-George de Nancy qui fut lui-même incorporé en 1742 à Téglise primatiale. C'est en vertu
de cette union que la Primatiale de Nancy posséda le . droit de patronage des églises paroissiales de Saint- Hippolyte et de Lièpvre.
Dom Calmet croit que S. Fulrad est né à Saint-Hippolyte. Toujours y érigea-t-il un prieuré, dans lequel il transféra les reliques du martyr Hippolyte qu'il avait apportées vers Tan 764 de Rome. De là le nom deSaint- Hippolyte, Sant-Pult ou Billt , que prit la petite ville à laquelle on attribue le nom primitif d'Andaldovillare. M. StofiFel estime que c'est à tort, et qu'il faut appliquer ce nom au village voisin d'Orschv^iller : « On pouvait dire Saint-Hippolyte a Andovilare, comme Ton disait Sainte-Croix à WofFenheim. » Selon ce sentiment, le prieuré et l'église de Saint-Hippolyte auraient été construits sur le territoire d'Orschwiller. Au XIV' siècle la ville de Saint-Hippolyte, oppidum ad Sanctum Ypolitum^ apparait avec le Haut-Kœnigsbourg comme un fief de la maison de Lorraine , appartenant aux comtes d'CEttingen. Ceux-ci vendirent en 1359 ce domaine à Tèvêque de Strasbourg, moyennant 10000 florins d'or. Je ne rapporterai pas les différends que suscita cet acte de vente, ni les nombreux changements de maîtres, les guerres, les sièges et les incendies que subit la petite ville de Saint- Hippolyte. Un fait cependant que voici, et qui se trouve consigné dans les annales de Colmar : le 16 mars de l'an 1287 , Anselme le Téméraire, seigneur de Rappolstein, entra avec ses troupes dans le bourg de Saint-Hippolyte, qu'il incendia ainsi que l'église; le prêtre sauta hors de l'église , mais périt à l'instant brisé de sa chute, t Clericus de ecc lesta saltavit et confractus periit in instanti.^ Dans Golbéry cet événement est ainsi rapporté : t Le
uré voyant son église dévorée par les flammes , se mit danser et mourut subitement. » — La ville de Saintïippolyte fut définitivement incorporée au duché de rorraine vers la fin du XV^ siècle, et le patronage de la ure parvint, ainsi que nous l'avons dit, au chapitre de aint-George, puis à l'église primatiale de Naixcy. Il y <7ait, au rapport de Grandidier, dans l'église paroissiale e Saint-Hippolyte cinq bénéfices : les chapellenies de i Sainte -Vierge , de Tous les Saints, de S. Michel et . Nicolas, de Ste Catherine, et le primissariat érigé en 518, qui était à la collation de la communauté. De plus, eux confréries , Tune du S. Sacrement et l'autre de lotre-Dame-de-Pitié. Enfin, la chapelle de S. Jacques, l'hôpital , et prés de la porte de la ville la chapelle de i Croix, où l'on conservait une relique de la vraie Croix, t où l'on avait érigé, en 1660, une confrérie du cordon le Saint-François , qui était desservie par les récollets e Schlestadt.
— LiÈPVRE, déjà mentionné, est la première et la plus ncienne localité de la vallée. Il s'appelait primitivement i'ulradevillers, de S. Fulrad ,qui y avait fondé un couvent. )ans la suite, il adopta ainsi que la vallée, le nom de la ivière qui l'arrose , et qui dans les anciens titres est ippelée Laimaha^ Laima , Lebera , Lebraha. Le bourg de Lièpvre faisait partie de la Lorraine et du bailliage prèsidial de Saint-Dié ; il était le chef-lieu d'une mairie et formait avec l'Allemand-Rombach une seule et même paroisse. Le chapitre cathédrale de Nancy y percevait un tiers de la dîme, et le curé les deux autres tiers. Il y avait une Confrérie de la Sainte-Famille , érigée par buJle d'Innocent IX , de 1695. Lièpvre était une petite
ville forte qui fut prise et démantelée en 1445 par les troupes de l'évoque et de la ville de Strasbourg.
Outre la mairie de Lièpvre , la partie lorraine du val comprenait encore les mairies d'Allemand-Rombach, de Sainte-Croix et de Sainte-Marie. Les églises paroissiales de ces localités, anciennes dépendances du prieuré de Lièpvre , étaient en dernier lieu à la collation du primat de Nancy qui avait succédé aux droits du prieuré.
L'Allemand-Rombach ou Deutsch-Rumbach était une annexe de Lièpvre qui fut érigée en 1786 en cure particulière. Ce village figure ainsi que le petit et grand- Rombach et la Hingrie dans les diplômes de Charlemagne (774) et Lothaire (854) au couvent de Lièpvre sous le nom de Rumbach , alla Rumbach, tertia Rumbach, Achinisregni.
— Sainte-Croix , appelé dans Kœnigshoven Sant- Crûtz im Leberthal , n'était anciennement que le titre d'une chapellenie et dépendait de la cure-rectorat du Grand-Rombach. Ce dernier endroit déchut singulièrement ; il ne compte plus, dit Grandidier, que 12 familles et n'a plus ni église, ni chapelle. Dans l'église paroissiale de Sainte-Croix, il y avait, outre la confrérie du Rosaire, érigée en 1702 par bulle de Clément XI , cinq autres confréries, à savoir : celles des Trépassés, de S. Nicolas, de S. Sébastien, de S. Guérin , de Ste Agathe et de Ste Anne. « Grandidier^ Œuvres inédites. »
— Sainte-Marie-aux-Mines , doit son nom à son ancienne église de Sainte-Madeleine et à ses mines. La Lièpvrette, appelée aussi Landbach ou ruisseau provincial, séparait cette ville en deux parties ou deux paroisses, appartenant toutes deux au diocèse de Stras-
bourg, mais situées l'une en Lorraine et l'autre en Alsace dans la seigneurie deRibeaupierre. La rive gauche, ou partie lorraine, était presque exclusivement occupée par des catholiques français formant la paroisse de Ste-Marie-Madeleine ; tandis que sur la rive droite d'Alsace, la population était allemande de langage, mixte, et la paroisse de Saint-Louis disséminée dans les annexes d'Eschery, de St-Blaise, de Fertrupt et de Petit-Lièpvre. « Les habitants de ces deux paroisses différent entre eux non-seulement pour la religion et l'état civil , mais encore pour la langue , les mœurs et les habillements ; et quoique l'une et l'autre appartiennent aujourd'hui à la France, cette distinction est encore très-remarquable. Cependant les parties alsacienne et lorraine sont si peu éloignées, qu'on trouve à Ste-Marie des maisons dont la moitié, le tiers, ou le quart est dans l'une et le reste dans l'autre : ce qui justifie le proverbe qu'on y fait le pain en Alsace et qu'on le cuit en Lorraine, que l'homme couche dans la première de ces provinces et sa femme dans la seconde. » Grandîdier , Vues pittoresques de r Alsace.
Il est fait mention pour la première fois de Sainte- Marie en 1087 dans une charte deThierri, duc de Lorraine, par laquelle ce prince rendit au monastère de Liépvre les dîmes de Sainte-Marie et de Saint-Biaise, que son père, Gérard d'Alsace, avait usurpées. Il s'agit ici de l'église paroissiale de Sainte-Marie-Madeleine, appelée dans les titres 5. Maria^ Fanum S . Mariœ ^ S . Maria ad Fodinas. L'église du village de Saint-Biaise était la paroisse des catholiques de Sainte-Maried'Alsace ; ceuxci n'obtinrent une église particulière qu'en Tannée 1674.
Elle fut érigée par les soins de Louis XTV, dédiée à S.Louis et remplacée en 1848 par Téglise actuelle.
Lors dés troubles de la Réforme, le duc de Lorraine se fit le champion de la religion catholique qu'il sut maintenir dans toute l'étendue de son domaine. Au contraire, le seigneur de Rappolstein, Egenolf III, ayant embrassé les idées nouvelles , introduisit le protestantisme sur la rive droite et établit un pasteur dans Tèglise du Pré , auf-der-Matten^ hors de Sainte-Marie. Des réfugiés français, suisses et saxons, venus pour travailler aux mines , constituèrent les éléments d'une paroisse réformée dont le maître mineur Elie jeta en 1550 les premiers fondements. Trois années après, le seigneur Egenolf autorisa Jean Locquet , pasteur calviniste à Strasbourg, de prêcher dans le temple luthérien. En 1555 , François Morel , gentilhomme français , vint de Genève s'établir à Sainte-Marie en qualité de pasteur réformé. Il évangélisa les villages d'Eschery et de Fertrupt, et lorsque la Régence d'Ensisheim lui fit défendre l'exercice du culte réformé , il se retira dans le village d'Aubure appartenant au duc de Wurtemberg, d'où il continua ses prédications. Ses successeurs, Pierre Marbœuf et Renard, achevèrent d'organiser la paroisse à laquelle on céda l'église catholique d'Eschery. L'arrivée de nouveaux mineurs allemands donna lieu à l'érection d'une communauté réformée allemande. Je ne m'arrêterai pas à exposer les dissentiments qui s'élevèrent entre luthériens et réformés , entre la communauté allemande et la communauté française. J'ajouterai seulement , en terminant cette notice , que les réformés construisirent en Tannée 1634 un temple dans la ville
môme, et qu'à partir de cette époque le service se faisait alternativement à Sainte-Marie et à Eschery.
Le village d'Eschery situé à un quart de lieue de la ville, dans la vallée qui conduit au Bonhomme, tient son nom et son origine du prieuré fondé sous la dépendance de l'abbaye de Moyenmoutier par S. Guillaume et S. Acheric. Il n'était primitivement qu'une église dédiée à la Sainte-Vierge et s'appelait Belmont ou Schœnberg. L'église du couvent, placée sous le vocable de S. Pierre et de S. Paul, devint au XIII* siècle une paroisse, ainsi que le rapporte Richer de Senones : « In ce lia Acherici monachi mediani monasterii fere usque ad tempora nostra feruntur habitasse. Modo vero ecclesia parochialis per négligent iam monachorum est effecta. » Cette cure-rectorat comprenait les villages d'Eschery, de Petit-Lièpvre et de RauenthaJ ; l'abbaye de Moyenmoutier en conserva le patronage jusqu'ée^a Réforme. L'église d'Eschery fut affectée , ainsi qu'il a été dit plus haut, au culte réformé ; mais sous la domination française, une ordonnance royale de 1686 rendit aux catholiques le chœur de cette église, et en 1699 l'intendant d'Alsace leur fit restituer la moitié des biens paroissiaux, — Ce furent les premiers moines d'Eschery qui découvrirent les mines d'argent que recelait le sol de la vallée, et qui ouvrirent ainsi une source de prospérités croissantes pour la contrée. Plus tard, les religieux donnèrent en fief l'exploitation de ces mines à quelques nobles du pays , qui prirent le nom d'Eschery et bâtirent le château du même nom, dont on voit encore les ruines prés de Petit-Rombach. La famille des Eschery s'éteignit en 1381.
Dans le village de Saint-Biaise dippelc Sant-Wilhelm ou Alt-Echerich , il y avait aussi une église paroissiale, dédiée à S. Guillaume, qui s'étendait sur les villages de Saint-Biaise, de Fertrupt, et sur la partie alsacienne de Sainte-Marie. Elle était à la collation des seigneurs d'Eschery et parvint en 1317 à l'abbaye de Baumgarten qui en jouit jusqu'à la Réforme. Les protestants de Sainte-Marie y installèrent leur culte et maintinrent ce service extra-muros jusqu'en l'année 1844, où ils construisirent un temple dans l'intérieur de la ville. — Sainte-Marie possède donc sur la rive gauche l'église et la paroisse de Sainte-Madeleine ; sur la rive droite l'église paroissiale de Saint-Louis , un temple réformé et un temple protestant. A Eschery l'église de Saint- Pierre, située à Sur-l'hâte, est commune aux catholiques et aux réformés ; les protestants y ont un oratoire. Les villages de Saint-Biaise et de Fertrupt ont chacun un temple commun aux réformés et aux luthériens.
Au sortir de la vallée de Lièpvre et avant de suivre de nouveau l'ordre de notre statistique, dirigeons-nous sur le village de Thanvillé , appartenant lui aussi, aux ducs de Lorraine. Thanvillé, Dannmllery Thanenweiler fit partie du domaine que le duc Attic donna dans le val de Ville à S. Hydulphe. L'abbaye de Moyenmoutier perdit au IX* siècle une grande partie de ses biens dont s'emparèrent ses avoués, les rois de Lorraine. Aussi en 994 révèque Widerolphe disposa-t-il de Thanvillé en faveur de l'abbaye d'Ebersheim. Le village ayant feiit retour à Moyenmoutier, l'empereur Henri II le rendit en 1022 au couvent d'Ebersheim qui ne conserva pas ce domaine. Car au commencement du siècle suivant,
Henri IV érigea Thanvillé en seigneurie particulière, dont il gratifia les comtes de Hattstatt, ses partisans. Cette seigneurie entra en 1518 dans le domaine direct de la maison de Lorraine, et en dernier lieu (1786) elle parvint à la famille de Darteifi. Le château de Thanvillé avait été bâti vers l'an 1084. — Lors de la formation des communes, la partie située au-delà du ruisseau et sur laquelle se trouvait la chapelle de Saint-Jacques, fut annexée à Thanvillé; c'est pourquoi les maîtres du château figurent dans les actes avec la qualification suivante : « seigneurs de Thanvillé pour le tout, et de Saint-Pierre-Bois pour la moitié. » Thanvillé continua cependant de faire partie de la paroisse de Petersholtz ; le curé célébrait l'office à certains jours dans la chapelle de Saint-Jacques. Vers le milieu du XVIP siècle, le châtelain , voulant émanciper la fille et l'ériger en paroisse, refusa de payer au curé les dîmes d'usage. Cela donna lieu à toutes sortes de contestations ; mais, malgré les sérieuses oppositions des parties intéressées , le château l'emporta et Thanvillé fut détaché de l'église de Saint-Pierre-Bois et définitivement érigé en paroisse vers l'an 1719. Ce fut en 1784, sous le curé Gonaut, que l'église actuelle prit la plaôe de l'ancienne chapelle- de Saint-Jacques.
Saint-Martin figure comme église paroissiale dans la dotation de l'abbaye bénédictine de Honcourt, à l'ombre de laquelle le village a vécu pendant de longs siècles. Ses annexes ont été érigées depuis la Révolution en paroisses : « Meissengott , où commence, dit Schœpflin , le patois roman ; » on ne parle plus dans cet endroit que le patois allemand, et l'usage exclusif de la langue romane et
française ne commence qu'à partir du village suivant. Steige termine et ferme le val de Ville. Il est lui-même encaissé entre de hautes collines où fleurit encore la vigne et le cerisier, et il s'étend comme une longue bande sur la route dont il a pris le nom , et qui au sortir du village dénoue ses plis jusqu'au sommet de la montagne, pour de là pénétrer ou dans la Lorraine ou dans la vallée de la Bruche. Au XV^ siècle , Steige formait paroisse; comme telle , il figure encore en 1663 dans la description statistique de Pleister : mais je ne sais comment, si c'est à la suite d'un incendie de l'église, ou d'une dépopulation de la commune, il a été annexé à la paroisse de Saint-Martin. L'ancienne église de Steige date de Tannée 1719 et la nouvelle a été bâtie en 1869.
— Orbeis ou Urbeis était une annexe de l'église de Ville, qui fut érigée le 1**^ juillet 1760 en vicariat perpétuel. Le site de ce village est pittoresque et très-accidenté : au-dessus d' Urbeis s'élèvent les ruines de Bilstein , le plus ancien château de la vallée ; il remonte à l'époque, romaine et commandait la route des Gaules. Le village lui-même est situé sur le versant oriental du Climont où mène un sentier escarpé , à travers prés et champs, genêts et rochers. Cette montagne d'où jaillissent les sources de la Bruche, est, après le Champdu-Feu, le sommet le plus élevé de la Basse-Alsace. Elle était aussi appelée Winberg ; et en 1195 elle figure dans une bulle du pape Célestin III sous le nom de Cilkenberg , parmi les biens de l'abbaye de Baumgarten.
— Orsciiweiler faisait partie des biens que le duc Attic ou Ettichon céda à l'abbaye d'Ebersmûnster: €/«
Olleswilre, est-il dit dans le diplôme de 818 attribué à Louis-le- Débonnaire , curtis dominica cum allodio vinearum et agrorum, mansus censuales et servi les; decimœ ipsius prœdii totaliter ad portam monasterii in usus pauperum et hospitum pertinent. Bannus ipsius allodii cum omni mundiburde sua in ipsam curtimpertinet, viis scilicet et inviis, exitibus et redditibus ; communis vero baunus us* que in alveum Eggenbach et alveum II le fluminis , usus vero lignorum et pascua ad saginandos quinquaginta porcos in Westerhol^ in ipsam curtim pertinet : sita est autem in Comitatu Kirchheim. » La comtesse Hildegarde donna en 1094 des biens situés in Onoltesmlere au monastère de Sainte- Foi de Schlestadt. Le village était une dépendance du Haut-Kônigsbourg et relevait de la maison d'Autriche. Il faisait aussi partie de la Marckgenossenschafft qui existait entre Ribeauvillé, Bergheim, Saint- Hippolyte, Guémar, Ohnenheim , Elsenheim et Orschwiller. La paroisse était une cure-rectorat et le curé était seul décimateur du ban. La dîme du vin rapporta en 1664 cinq foudres, et avant les guerres elle donnait de 9 à 10 foudres. Celle en grains produisit 50 sacs de seigle, de froment et d'avoine, et auparavant elle s'élevait jusqu'à 80 sacs. Ces dîmes constituaient le revenu du curé.
— Saales , appartenant déjà avant la Révolution à l'Alsace et au diocèse de Strasbourg , faisait partie de la seigneurie de Ville et de l'archiprêtré de Schlestadt. Il était frontière , touchant d'un côté à la principauté de Salm, et de l'autre au val de Galilée ou de Saint-Dié. Assis sur un plateau élevé, où Edîe souffle à plaisir quand il lui en prend fantaisie, on y jouit d'une vue
très-étendue sur le Ban de la Roche et sur le val de Saint-Dié, dont les hautes montagnes, qui lui servent de ceinture, cachent comme derrière un rideau'la vaste plaine de l'Alsace. Le village de Saales est ancien. « Ce lieu dit Grandidier ^ est connu dans le diplôme du roi Childcric II, donné vers Tan 661 en faveur de Tabbaye de Senones , et dans celui de l'empereur Othon 1", de 949, pour la même abbaye , sous le nom de Strata Sarmatorutriy le chemin des Sarmates, des Vandales ou des Hongrois. » Cette via Sarmatorum allant de Schervillé par le val et par Saales jusqu'à Raon , n'était autre que la primitive route de la vallée, passant par Urbeis et reliant l'Alsace à la Lorraine, ou la Germanie aux Gaules. Le nom de Sarmates donné à cette voie ne semble pas indiquer un simple passage de ces peuplades, mais laisse plutôt supposer qu'une colonie de Sarmates s'est établie dans le val et dans la contrée voisine. On sait que les Sarmates se firent chasser de leur pays par leurs esclaves qu'ils avaient armés contre les Goths, et que l'empereur Constantin les reçut dans l'empire, en les répartissant dans diverses provinces, où il leur donna des terres à défricher. Ce chemin passant par Saales fut communément appelé via Salinatorum^ via Salinaria^ et c'est de là que l'endroit prit son nom, du sel et des sauniers qui venaient des salines de Lorraine, ainsi que du dépôt de sel qui y était établi pour l'Alsace. Le village figure en 1040 dans un titre de Senones sous le nom de Salis ; et en 1254 Hugues de Provenchères donna à l'abbaye de Senones quœdambona