CHAPITRES ET ÉGLISES COLLÉGIALES
Quant aux chapitres et églises collégiales, le nombre en est petit.
L'on compte celuy de l'église cathédrale de Sées (3). Ce chapitre est composé de quarante ecclésiastiques, compris les dignités, chanoines, demy-prébendés et bas-chijcur (4). Le revenu des canonicats est de quatre à cinq cens livres : celuy des chapelains est très modique ;
L'église collégiale de Carrouges (5), composée de quatre
(1) Chaisc-Dicu-du-Theil, canlun de Rujrlcs (EurcK autrefois de rclection de VerncuiL de la subdêlejralion et du doyenné de Laijrle. La prieure était élective, triennale et confirmative par l'abbesse de Fontcvraull. Le revenu est évalué à ifVx) livres dans le Pouillé de 17^/).
(2) \'. \'au{;cois. Histoire de Laif^ie. 1841. in-8".
(3) \". II. Marais et Beaudouin. Essai historique sur la cathédrale et le chapitre Je Sées, 187^. in-^î".
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(4) Le ms. G ?^ ajoute: « Les prébendes ont depuis trois cens livres
jusques à mille livres et plus de ^ros. sans les distributions mar.ucllcs qui valent par an 5oo livres ».
(.S) La colléjriale de Carrouprcs doit sa fondation à Jean de Blo^sct et à Margrucrile d'Orval. son épouse, suivant Calimas (Mémoires pour servir
ou cinq chanoines ou chapelains qui ont deux cens livres de revenu.
j rhistoirc du diocèse de SéeSj ms.). Les auteurs ne sont pas d'accord sur la date de cette fondation. Calimas, VAlmanach du diocèse de Sées pour ijOq et MM. Marais et Beaudouin (Essai historique sur la cathédrale de Sées. p. 149) la placent en 1542. Mais cette date ne concorde avec Tcpoque où vivait Jean de Blosset qui est mort le 4 mai 1607. M. de La Sicotière (F Orne archéologique et pittoresque) indique Tannée 1480 et VAlmanach de rOrne pour iBà^^ p. 90, reproduit textuellement Tarticle relatif à la fondation de cette collégiale. Maurey d'Orville dit qu'elle fut fondée en 1490, « comme on le voit encore, dit-il, sur une pierre du tombeau de M. de Blosset échappée au vandalisme révolutionnaire ».
La g:énéalogie des seigneufs de Carrougcs, sur laquelle nous nous appuyons, n'est pas non plus sans offrir dcc difficultés. Suivant Morcrj {art. Le Veticur), Philippe le Veneur, ayant épousé, le 20 janvier 1450. Marie Blosset, fille de Guillaume, seigneur do Saint-Pierre et de Carrouges. et de Marguerite de Malcstroit. hérita de son beau-père, Jean Blosset, mort sans enfants. D'autre part. M. le comte Charles de Ikrticr. dans sa Note sur les seigneurs de Carrouges iRa^ue hist. et arch. du Maine, t. iv, p. 4i5). dit que Jean Blosset. n'ayant pas laissé d'enfants de son premier ni de son second mariage avec Marguerite de Darval de Malcstroit et avec Françoise du Chaslel. fut enterré avec elles, le 4 mai i5o7. dans la collégiale de Carrouges. Comment Philippe Le Veneur, mort en i^i^u a-t-il pu hériter de S(m beau-frôre Jean lilossel, mort en i.S*)7r La généalogie, donnée par .Moreri. est donc évidemment erronée. Marie Blosset. femme de Philippe Le Veneur, était fille n«m de Guillaume, mais de Pierre Blosset. qui. en 14 v*., avait lui-même épousé l'héritière de Carrouges. De plus, sa mère n'a pu porter le nom de Marguerite de Malcstroit. puisque tel était le nom de la femme de Jean l»losset.
Quant à la date do 1.^42, c'est celle de la bulle par laquelle le pape Paul m donna l'église de Sainte- Marguerite-de-Carrouges à la collégiale fondée par Jean Blosset et attribua, en échange, au chapitre de la cathédrale de Sées. auquel cette église apparlcnail. 1;. présentation de la première porlicm de la c<»mmune de i^i.
La collégiale de Maillebois (i), dans le Tinierais, fondée par les seigneurs de la dite paroisse. 11 y a douze cens livres de revenu, trois chanoines, dont le curé de la paroisse en est un.
Le chapitre de Téglise cathédrale de Lisieux (2), composé d'environ quatre-vingt-treize ecclésiastiques, tant dignités, chanoines que bas-chœur. Outre le doyenné qui est de douze cens livres, les prébendes ont de gros depuis trois cens jusques à mille livres et plus, sans les distributions manuelles qui valent cinq cens livres par an chacun. Pour le revenu des chapelains et bas-chœur, le plus considérable est de trois cens livres.
MONASTKRES
Quant aux monastères, il y en a à Alençon, un des filles de Sainte-Claire (i), trcs-rccommandable par la vie austère des religieuses, au nombre de quarante ;
(1) .Maillebois, canton de (hAlcaunouf (Kiirc-el-Loir), autrefois de l'élection de Verneuil et de Icvêché de Chartres. Les titres de la colléf^iale de Notre-Dame-de-Maillebois, conservés aux Archives d'Eure-et- Loir, remontent à i5aS.
(2) V. au sujet du chapitre de Sainl-Pierre-de-Lisieux, le GalUa Christ,^ t. XI. — L. Dubois (Histoire de Lisieux, 2 vol. in-ft», 184.S). — H. de l'ormeville (Histoire Je l'ancien i"iH}chè, comté Je Lisieux, 2 vol. in-8".
(3) La fondation du monastère de Saintc-C'Iairc ou de l\4î«e Maria d'Alenvon, situé dans l'île du Ja^^eolet. formée par deux bras de la Briante. est due à .Mar^ruerite de Lorraine, duchesse d'Alençon. veuve du duc René, mort en 1492. Elle avait obtenu, le 11 mars 141/). du pape Alexandre VL les bulles nécessaires. L'éjrlise fut dédiée sous l'invocation
Un autre, sous le nom de filles de Notre-Dame (i), au nombre de cinquante;
Un autre, sous le nom de filles de la Visitation (2), au nombre de trente-six;
Une maison des filles de l'Union chrétienne (3) où sont
de la sainte Vierge, le 11 août 1499. — V. Odolant Desnos. Mémoires hist, sur Alençon, nouvelle édition publiée et annotée par M. L. de La Sicotière, p. 132-146. — Laurent {Histoire de Marguerite de Lorraine). — Documents hist, relatifs au couvent de Sainte-Claire d*Alençon, communication de MM. le Dr Chambay et Louis Duval {Bulletin de la Société hist. et arch. de rOrne, t. 11, p. i3o et suivants).
(i) Le couvent des Filles de Notre-Dame d'Alençon, situé sur remplacement de la Halle-aux-Grains, a été fondé par Julien Pasquier, curé d'Alençon, avec Tautorisation des habitants et de levêque de Sées, en 1628. Marie de la Motte d'Ozenne, religieuse de cette maison, avait rassemblé beaucoup de Mémoires pour Thistoirc de son ordre, qui ont servi à la composition de l'Histoire des Filles-Notre-Dame, en 2 vol. in-40. Louise Bouvet de la Brière, autre religieuse de la môme maison, a publié, en 16B7, quelques lettres curieuses adressées à ses deux frères (Odolant Desnos, Ibid. nouv. éd.. p. 147-150).
(2) Le couvent de Sainte-Marie de la \*isitation. aujourd'hui caserne de la Sénatorcrie, dans le quartier de Montsort, fut établi en 1^59. Ce bâtiment fut, sous le premier empire, affecté au logement de M. Rœdcrer, titulaire de la sénatorcrie de Caen (Odolant Desnos, Ibid. nouv. éd., p. 176-177).
(3) La communauté de l'Union chrétienne dut sa naissance à M^- de I arcy et fut favorisée par la duchesse de Guise et d'Alençon, qui. en 1677, donna une maison pour le logement des Nouvelles-Catholiques (Odolant l>esnos, Ibid. nouv. éd., p. 1.59-160). — J'ai publié sur les Nouveaux et les Nouvelles Catholiques une série d'articles, sous ce titre : La liberté des pères de famille sous l'ancien régime [W le Courrier de POuest, du 20 juin au 25 octobre 1879).