‹ Etat de la généralité d'Alençon sous Louis XIVChapitre 4 sur 76 · XLIX · texte numérisé non relu

XLIX

cinq sols sur le vin, à la subvention à l'entrée, au détail, au quatrième, et à la subvention à la consommation. Dans la Généralité de Tours, limitrophe de celle dWlençon on ne payait que les anciens sols à l'entrée, le détail, le huitième, et la subvention. La ville d'Alençon avait un tarif particulier, établi par les notables et confirmé par un arrôt du Conseil du r juin i658, sous forme d'octroi, pour servir au payement de la taille, taillon et autres subsides. Ces droits furent réunis à la ferme des aides, par un autre arrêt du i3 mai i665, qui déchargeait cette ville de la. taille, pour toujours. Les ecclésiastiques, les nobles et les hauts fonctionnaires des finances étaient exempts du tarif à Alençon (i).

iM. de Morangis avait envoyé, le 29 décembre 1O81, un rapport sur Tétat du commerce et des manufactures de sa Généralité, dont Colbert témoigna sa satisfaction par sa lettre du 2 janvier suivant. Il l'invita, en même temps, à s'occuper d'introduire à Alençon où la dentelle à l'aiguille, connue sous le nom de points de France ou points d'Alençon, avait atteint la plus grande perfection (2), la dentelle aux fuseaux appelée passement de Flandre et d'Angleterre. Colbert se flattait que la création de ce nouveau genre de fabrication, sans nuire aux points à l'aiguille, produirait un grand avantage à la Généralité d'Alençon. « Comme vous connaissez, ajoute-t il, l'avantage qui revient de ces manufactures, vous devez incessamment vous

(1) Le Febvrc de La Bcllande, Traité général des droits d'aides, p. 272.

(2) J'ai fait connaître dans mes Documents pour servir à l'histoire de la fabrication du point d'Alençon (p. 7MI3) comment M"»» IkTrycr, femme du commis de Colbert. tenta d'établir à Paris, un comptoir de dentelles d\\Ien<;on, en usant de procédés plus ou moins frauduleux.

informer des moyens de les rendre plus parfaites, et de les augmenter. Et comme le principal défaut vient de ce que tous les points de France ne sont pas si fermes ni si blancs que ceux de Venise, je vous envoie l'extrait d'une lettre de M. de Varengeville (ambassadeur à N'enise) sur ces deux points, sur lesquels vous ferez les réflexions que vous croirez pouvoir augmenter la perfection de ces manufactures » (i).

Il est permis de se demander si M. de Morangis et Colbert lui-môme avaient bien la compétence nécessaire pour voir au juste ce qui convenait le plus a la prospérité de manufactures, pour lesquelles non seulement le goût, mais la fantaisie et la mode, étaient les éléments essentiels de succès, mais dont la mobilité rendait Tappréciation bien difficile à des administrateurs. Ce qui n'est pas douteux, c'est l'ardeur que déployait ce grand ministre pour développer l'industrie, le commerce et la richesse de la France, ardeur qu'il s'efTort;ail de communiquer à tous ses agents » (2).

Les querelles, si ardentes à cette époque entre les protestants etlescallîDliques, durent occuper constamment M. de.Morangis. Peu de temps après son arrivée à Alenv;on, le 17 juillet 1677, il avait dû assister avec M. Pecqueult, trésorier de France, à la

(n ItU, II, p. 725, 72^».

(2) Notons en p:issant qu'en \hrù\. un rapport de rinîendant dWuverj^ne nous présente la fahrication de la dentelle dWlenvon, comme asse;^ florissante à cette époque, al»»rs que sa nianufacture de point dWurillac, avait diminue. « Cette diminution vient, dit-il. de ce que la mode des dentelles a chan;4:é. et que d'ailleurs, les manufaclirjs d'Alcnçon peuvent procurer cet ouvra«re à meilleur marche, puisqu'il leur est moins coûteux de faire venir les lils de l'lan»ire. et qu'elles ne paxent quj l'entrée des cinq grosses fermes. »

plantation solennelle d'une croix, qui fut faite par Jean de Forcoal, évoque de Séez, sur la porte d'entrée de la maison des filles nouvellement converties, établie en la ville d'Alençon par la Duchesse de Guise (i). La ruine de Thérésie était dès ce moment résolue. Le lo août 1681, les protestants d'Alençon et des environs s'étaient réunis dans leur temple, sis à l'extrémité du faubourg de Lancrel, pour implorer le secours du ciel. Elie lienoit, l'un des ministres, y prêcha, et pendant qu'il était en chaire, la foule s'ameuta autour du temple, des vitres furent cassées, et des coups donnés. Cette affaire, dont l'instruction fut commencée par le bailliage d'Alençon (2) fut portée devant l'intendant, au mois de septembre 1681, en fit au contrôleur général le rapport suivant :

« Le désordre qui est arrivé le 10 du mois passé en cette ville n'a eu aucune suite fascheuse, et les défenses que j'ay fait publier de troubler ceux de la r. p. r. dans leur exercice ont retenu le zèle des catholiques qui commcnçoit à s'eschaufler. L'information qui a esté faite sur les plaintes respectives vous instruira précisément de ce qui s'est passé. .Mais, comme les procédures aigrissent les esprits, et que les condamnations pourroient osier un reste d'union et de correspondance, qui me paroist très nécessaire pour le service du Ruy, et pour le repos de ses peuples, je crois qu'il est plus h propos d'assoupir cette affaire, que de l'approfondir davantage. Cependant, je n'estime pas que l'on puisse passer sous silence ce que le ministre I>a Conseillère, avança dans son presche du jour de l'émotion, d'autant plus qu'il est desjâ tombé dans une faute à

(1) Archives de rdrnc, C\ ^107.

(2) Archives de l'Orne, série B., bailliage d'Alcnvon.

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