LUI
Dans un complc-rcndu des affaires de la Généralité, adresse à Colbert le 3 août 1682, M. de Morangis annonçait qu'il avait dressé un état, par élection, des individus faisant profession de la religion réformée; que les quatre officiers d'Alençon signalés, dans une lettre du 27 juillet, comme protestants, étaient prêts à obéir à Tordre qui leur avait été donné de se défaire de leurs charges, et qu'il n y avait plus, dans toute la Généralité, un seul officier de cette religion. 11 entretenait ensuite Colbert du cas d'un protestant de Saint-Pierre-sur-Dive, qui avait traversé la procession, à cheval et coiffé, et pour ce fait, avait été emprisonné, mais qui comprenant les conséquences de cet acte demandait à se faire instruire. M. de Morangis termine son rapport par cette réflexion, qui dénote sa sagacité :
« Quelque soin que Ton prenne, pour engager ceux de cette religion à se convertir, on n'en voit pas icy un grand succès: Les remèdes violens les aigrissent, et les voies douces ne les engagent pas. Je suis persuadé que la honte qu'ils attachent au changement de religion, empesche beaucoup de gens de changer. La plus grande partie de la noblesse me paroit avoir cnvied'unebonne réunion, et n'attendre pour cela qu'un prétexte honneste et plausible (i). »