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IMPORTATION d'Europe el d'Asie, j compris
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Ce tableau fait voir 0ue , si l'Asie ne prenait aucune part au commerce de l'Amérique , les nations manufacturières de l'Europe trouveraient actuellement dans les colonies espagnoles un débit annuel de marchandises pour la valeur de 59,200,000 piastres. Cette importation énorme n'est balancée que par 3o,ooo,ooo et demi de piastres, valeur des produits de l'agriculture coloniale. L'excédant de l'importation, qui s'élève à 150,675,000 livres tournois, ou 28,700,000 piastres , est soldé en or et en argent tirés des mines d'Amérique. ■
On voit aussi par ce tableau que la valeur des métaux précieux qui refluent annuellement d'Amérique en Europe est de 3S,ooo,ooo et demi de piastres, ou de 209,125,000 livres tournois '. Si l'on déduit de cette somme les 28,700,000 pias-tres destinées à payer l'excédant des importations sur les exportations, il reste g,8oo,ooo piastres, ou 5 1,450,000 francs, qui équivalent à peu prés aux rentes des propriétaires américains établis dans la péninsule, et à la quantité d'or et d'argent qui entre dans le trésor de l'état comme revenu net des colonies.
■ De l'ensemble de ces données, dît le savant auteur d'où nous les avons recueillies , il résulte le principe suivant, dont la connaissance intéresse l'économie politique : savoir, qu'au commence-
■ I4 line loarDoi* cl le fnnc diKteDl n pen, que. p<»u de p*rcillci iODUBet , od peni prendie L'un on l'tinire indifironmeol.
340 ilA.T ACTUEL DD COUUERCE
ment du dix-neuTième 0cle la valeur des importations dans l'Amérique espagnole est presque égale au produit des mines; après qu'on en a retranché la valeur de l'exportation en objets d'agriculture coloniale , les piastres qui refluent dans les caisses royales à Madrid ' , et les sommes peu considérables que retirent directement d'Amérique les colons qui demeurent en Europe. >
Lorsqu'on examine d'après ce principe les états d'importation de l'or et de l'argent en Espagne , et qu'on les compare au produit des hMels des monnaies en Amérique , on reconnaît facilement combien ta plupart des auteurs qui. ont traité du commerce espagnol ont exagéré le produit de la contrebande anglaise et le gain des négocians de la Jamaïque. Quelques auteurs ont dit que les Anglais gagnaient par ce commerce frauduleux plus de 20,000,000 de piastres par an. En ajoutant cette somme à la quantité d'or et d'argent qui est enregistrée à Cadix comme arrivant des colonies , soit pour le compte du roi , soit pour solder la valeur des marchandises espagnoles , on trouverait une masse d'argent qui excéderait de beaucoup le produit réel des mines. Quant aux objets et aux marchandises importés, on s'est assuré que , malgré la contrebande qui se fait sur les eûtes de Caracas, même depuis que les
■ Bou» «on» ïii priicéilcmnienl que loutea les colonies de l'Amérique cipiguole ne produiicnt au fiiC d'Eipa^e qu'un rCTcau aet, M, de 8(100,000 lûatre* vctiè in irtMrrajal.
Anglais sont maîtres de la, Trinité , et à l'époque où ils l'étaient aussi de Curaçao, l'importatioiifrau» duleuse dans toute l'Amérique espagnole ne s'est pas élevée au-delà du quart de l'importation totale.
Les choses ont changé depuis cette époque , sans doute ; l'état de guerre et d'agitation où se trouve le beau cootineot de l'Amérique méridionale a dû influer sur les relations de commerce extérieur.
Outre les possessions qui lui sont soumises en Amérique, et dont nous Tenons d'analyser la puissance et le commerce , l'Espagne possède encore quelques autres établissemens sur les côtes d'Afrique et aux Indes.
Les premiers sont les Canaries, dont l'importance , quoique peu considérable pour un aussi vaste empire , mérite cependant de fixer l'attention. Nous nous bornerons à peu de détails.
Les Canaries sont placées trop près de l'Europe , sans doute , et trop dépourvues de bons ports pour être d'une grande importance politique ou navale ; mais elles sont susceptibles d'améliorations commerciales et industrielles. Leur riche sol pourrait se couvrir de vignes , de blé, d'oliviers, de mûriers, d'amandiers. On pourrait établir des pêcheries sur les eûtes.
La population des sept îles Canaries s'est accrue, mais lenteàient. Il résulte des recherches qu'y a faites M. Bory-de-Saint-Vincent , que ie nombre des habitaos y était :
34S ÉTAT ACTCEt DU COMMERCE
Eïi 1678, de cent cinq mille six cent trentesept individus.
En 1745» <i* <^^"t soixante-seiie. mille cent quatre-TÎngt-douze.
£0 i8o3, de cent cinquante -sept mille sept cent cinquante-neuf.
Cette dernière population était distribuée de la manière suivante entre les diverses îles : Téaériffe, soixante-sept mille trois cent quatre-vingt disneuf habitans; Canaries quarante-un mille quatre-vingt deux ; Palme , vingt mille quatre-vingt seize ; Lancerote ( par approximation ) , neuf mille cinq cents; Fortaventure, buit mille cinq cents; Gomère, sept mille; Fer, quatre mille vingt-deux.
Le gouvernement espagnol avait favorisé d'une manière particulière les Canaries. Les trois ports de las Palmas, dans l'ile de ce nom, de la Luz dans la Grande-Canarie, et de Santa-Cruz dans Ténériffe , avaient le privilège de faire des armemens pour le commerce des colonies espagnoles en Amérique : c'était surtout à Santa-Cruz que se faisaient ces armemens. On voit, paries états du commerce de ces îles, qu'en 1786 elles exportèrent des marchandises'nationales pour une valeur de plus de 54o,ooo fr. , et en marchandises étrangères, à peu près la moitié de cette valeur.
La quantité de vins que produit Ténériffe est ,
Il ptii leur nom. On l'ippcUe
DES DBDX INDES. 349
BDoëe moyenne , de vingt-deux mOle pipes ( la pipe de six cent quatre-vingts pintes de Paris ). Les autres îles ensemble en produisent à peine une égale quantité. Une grande partie de ces vins est consommée dans le pays ; le reste est converti en eau-de-rie très-estimée. Tout te commerce de vin se fait à Ténériffe, savoir, à Santa-Cruz pour les colonies espagnoles , et à l'Orotava .pour l'étranger. L'exportation est d'environ quinze mille pipes, valant près de 4*000,000 de francs.
Fortavcnture et Lancerote , dépouillées de leurs forêts, éprouvent de longues sécheresses ; dans les années pluvieuses elles abondent en blé et en orge. On trouve dans ces deux îles des chameaux, des chevaux excellens , des mulets et des ânes : on en exporte beaucoup de soude. Canarie est trèsfertile en blé, légumes , olives , cire, miel , vin et coton ; ses pâturages nourrissent des troupeaux excellens. A Ténériffe certains districts sont d'une grande fécondité. Gomère a les mêmes ressources que Canarie; elle exporte des eaux-de-vie, des fruits, des légumes. A Palme, outre le vin, qui est très-estînié , on récolle plus de trois mille arrobes de sucre , et beaucoup de soie. L'ile de Fer éprouve de grandes sécheresses, et manque d'eau.
On connaît peu les revenus que le gouvernement espagnol retire des Canaries. On estime cependant que, tous frais d'administration prélevés, il reste encore au fisc environ 1,400,000 francs. Ce qu'il y a de vrai, c'est qu'en proportion du
tereou qu'oD perçoit, les dépeases d'admimstration sont considérables.
A l'autre extrémité du globe, l'Espagne possède les {les Marianes et les Philippines. L'historien des deux Iodes a trop bien décrit ces îles pour que nous ajoutions rien à ce qu'il en a dit.
Les premières ont été beaucoup négligées par la cour d'Espagne, qui ne tient de forces que dans la principale, appelée Giam, et qui est presque dépeuplée. Il y croit des citrons , des oranges , des fruits , des légumes ; on y élève des bestiaux , surtout dos cochons et des bœufs. Cette île, comme les autres Marianes, est de peu d'importance pour les forces et pour les richesses espagnoles.
L'atchipel des Philippines se compose d'une vingtaine d'îles, dont les principales sont, Luçon, Mindanao, Samar et Paragoa. Mindanao, la plus grande de toutes, est soumise à un sultan ou roi , qui a sous sa dépendance d'autres petits soutcrains. Les Espagnols n'ont des établissemens que sur la côte du nord. L'ile est très-fertile ; il j a même quelques mines d'or et d'argent, mais de peu de produit.
Les Anglais , qui ne négligent rien de ce qui peut étendre leur commerce , se sont fait céder sur la côte occidentale, par le sultan de Mindanao, une île nommée Bunwdrl.
'• Samar ne dépend pas des Espagnols ; mais ils j footcommerce : elle est occupée par un roidu pajs.
Ils n'ont également qu'un port et que quelques
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comptoirs à Paragoa, qui reconoait pour souveraio UD des sultans de fioméo.
La puissance espagnole s'est concentrée à Luçon , qu'elle a civilisée en très-grande partie. Les liabitans convertis habitent des villages, et sont soumis à des missionnaires pour le spirituel , et à des magistrats ou corrégidors pour le ciril. Manille , la capitale , a près de quarante mille habitans, sur lesquels on compte à peine douze cents Espagnols européens : c'est une des rilles les plus opulentes de l'Inde. Elle a de beaux magasins et des chantiers de construction pour la marine militaire et marchande.
C'est de Manille que partaient jadis les vaisseaux appelés galions , chargés de soie . de porcelaine , de mousselines, de toiles, d'épices et autres productions de l'Inde ; ils se rendaient pour l'ordinaire au port d'Acapulco , dans le Pérou.
La flotte du Chili, pays qui fait aujourd'hui partie de l'union américaine du midi , s'est emparée de plusieurs de ces galions. Le commerce de Manille, ignorant sans doute ce qui se passait dans l'Amérique méridionale , a expédie des vaisseaux comme à l'ordinaire ; ils ont été pris par les insurgés , ce qui a occasionné la ruine d'un grand nombre de maisons à Manille.
Cette !le n'a encore éprouvé aucune insurrection ; elle est! restée soumise à la métropole. Mais, très-enviée par les Anglais , il est possible qu'ils y faTorisent des germes de mécontentement.
( Si Madrid veutconserverLuçoa, dit M. Beaumont de Brivasac ','il doit gagner l'affection des indigènes au lieu de les laisser gémir sous le poids d'une admfnistration vexatoire. Il est de règle à la cour de Madrid d'envoyer à Manille quelque gentilhomme ruiné. Le nouveau titulaire n']' arrive que dans la ferme résolution d'y improviser une fortune, et il se montre d'autant plus rapace, qu'après trois ans d'exercice il est sûr d'être rappelé. Le moyen le plus expéditif qu'ont imaginé ces gouverneurs pour brusquer la fortune, c'est d'interdire aux babitans la faculté de vendre leurs denrées aux étrangers. Le gouverneur les fait acbeter lui-même en son nom. On sent combien les prix doivent être arbitrairement fixés, et quels bénéfices le gouverneur et ses agens doivent faire à la revente aux étrangers. ■
Passons maintenant à la France, et traçons rapidement son était colonial actuel , si loin de ce qu'il était , et sans doute de ce qu'il peut être encore un jour.
' Dt l'EvTopt et tU tu totoniti, «n déeanbre t>iigj tome i, p*ge 346.
ETAT
DBS BOBOPilNa DANS LES DEUX INDBS,
Duvu 1783 mtQD'En 1831,
A L'HISTOIEB FBIL080PHIQDE ET POLITIQUE
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DM morém Dim lu oici nui, sa BATNAL-,
PAR M. PEUCHET