‹ État des colonies et du commerce des Européens dans les deux Indes (volume 4)Chapitre 26 sur 34 · ÉTAT ACTUEL DO COBIIKHCB · texte numérisé non relu

ÉTAT ACTUEL DO COBIIKHCB

une grande iolluence sur ce commerce, cette ioflueoce ne peutqu'étreproportionaéeàlcurTaleur.

Tranquebar n'a éprouvé aucun changement dans son importance , ses relations et l'espèce de transactions qui s'y font; ainsi nous renvoyons DOS lecteurs à ce qu'en dit l'auteur de YUùtoire philosophique.

11 n'en est pas de même des colonies de Sainte- Croix et de Saint-Thomas ; elles ont éprouvé des améliorations sensibles. Nous devons donc nous y arrêter, et les faire connaître avec plus de détail.

L'île Saint-Thomas a dans sa plus grande longueur, de l'est à l'ouest, environ cinq lieues; sa plus grande largeur, du sud au nord, est d'un peu moins de deux lieues.

La population de l'î^ était, en 1775 , de trois cent trente-six blancs , et de quatre mille deux cent quatre-vingt-seize esclaves; en 178g, de quatre cent quatre-vingt-douze blancs, cent soixante nègres libres , et quatre mille six cent quatorze esclaves. En 1797 , elle était de sept cent vingt-six blancs, deux cent trente -neuf nègres libres, et quatre mille sept cent soixante-neuf esclaves. Cette population est aujourd'hui, à quelque chose près, de quatre mille blancs , et de huit mille nègres.

En 1 775 il y avait dans l'ile soixante-neuf plantations, dont vingt-sept à sucre , et quarante-deux d'autres cultures moius importantes, mais qui nourrissaient de nombreux troupeaux de bétes à

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laine. Eif 1 792 on y comptait soixante-seize plantations, savoir quarante en 'canne Ji sucre, et trente-six en coton. Leur produit ne passait pas annuellement quatorze cent huit barriques de sucre, quatre cent cinquante de rum, du poids d'environ mille livres pesant chaque barrique, et de six à sept milliers pesant de coton.

Aujourd'hui l'ile fournit au commerce de la métropole quatre mille tonneaux de sucre, deux mille tonneaux de rum, et trois cents balles de coton.

La population européenne de Saint-Thomas est composée d'Anglais , de Hollandais , d'Allemands , de Français , de Danois. Ces derniers en forment la moindre portion.

L'ile est divisée en cinq quartiers ou districts, qui ont chacun une administration chargée de la police et de la levée des impôts ; cette administration est la même qu'à Sainte-Croix, dont nous allons parler.

Les impôts, réunisaux droits perçus à la douane, suffisent et au-delà , en temps de paix , pour les dépenses administratives , la solde de la garnison , et les dépenses des officiers civils ; mais en temps de guerre cette balance devient incertaine par l'impossibilité de percevoir exactement les droits établis , par les fraudes multipliées des agens de la ferme , par l'augmentatioD des dépenses du gouvernement , et par le commerce interlope. 11 en résulte que Saint-Thomas , rempli de vastes magasins, dont la valeur a été jusqu'à près de

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trente millions de francs pendant la guerre dernière , est alors peu avantageux au Danemarck , pendant que Sainte-Croix , couverte de cultures florissantes, rapporte beaucoup à ta métropole, qui en reçoit les productions.

Pendant la guerre de l'Angleterre avec les États- Unis , en 1 780, où le Danemarck resta neutre, on compta à Saint-Thomas jusqu'à deux cents gros bâtimens à la fois, sans parler des petits. Pendant celle de la coalition contre la France , l'ile a tu augmenter rapidement son commerce et sa prospérité; sa capitale était devenue un des plus riches dépôts de l'Amérique pour les marchandises de toute espèce.

La sage tolérance pour tous les cultes qui règne i Saint-Thomas a contribué à y attirer beaucoup -d'émigrés de diverses colonies pendant les troubles qui les ont agitées , et surtout de Saint - Domingue. On y compte cinq croyances religieuses en plein exercice de leur culte , 1 * le luthérianisme : c'est la religion du gouvernement ; 3* le calvinisme : c'est la religion des Hollandais , auxquels se joignent les Anglais , qui n'ont pas de temple particulier; 3° les frères moraves, qui possèdent des habitations à t'est et k l'ouest de la ville ; 4° les juifs, nombreux et fort riches, ont une synagogue , où ils célèbrent le culte de Moîsej 5° les catholiques, la plupart réfugiés français, exercent paisiblement leur culte à ta partie occidentale de ta ville.

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Nous avons dit qu'en temps de paix le commerce de Saint-Thomas se réduit à peu de chose. Voici comment il se fait , et à quoi il se monte en temps de guerre.

■ Bristol, Lancastre et Liverpoollui envoient, sur douze ou quinze bfttimens, dit M. Le Dru ', des draps , de la hijouterie , de la faïence , de la quincaillerie, etaulres objets des manufactures anglaises, pour i5 à 16,000,000 de francs. Ces bâtimens prennent en retour un peu-de café et de sucre, beaucoup d'indigo, de bois de teinture, et presque tout le coton que le commerce dépose à Saint-Thomas.

■ On peut évaluer de loà i a, 000,000 de francs la cargaison de cinquante à soixante navires que l'ile reçoit annuellement de Brème, de Hambourg, deChristiana, de Copenhague. Cette dernière ville lut fournit des salaisons, du bois de charpente, des cordages , du savon de Russie et des épices.

( Raguse , Venise et Gènes * envoient à Saint- Thomas , toujours en temps de guerre , sur trente à quarante bâtimens,pour4à 5,ooo,ooo de francs de marchandises , chargées à Livourne et dans les ports de France. Leurs retours se font en denrées coloniales.

' foyagt am> t<w Tiniriffi, U Tri»iU, SaiM-Themai, <SilM«- Crviei, fûlpâr ordre du gonTernemeiit fniiçiûea 1796, ijifi- Dens TOluma «TEC cirtei.

* Gfcict u'eartm plui moi li perte de tem ioâipeniiace ■ dû eotnlDCr celle de ion commerce miritiine : l'un ne T> jamii* MM l'autre, >o nuiiiM pendaot Icm^unpi.

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■ Elle tire aussi d'Amsterdam quelques objets de fabrique hollandaise ou flamaDde, beaucoup de comestibles. Quelques nègres emportent diversement d'Afrique du bois travaillé, entre autres des maisons entières , dont les différentes pièces numérotées sont taillées avec tant de justesse et de précision, qu'un architecte dresse en vingtcinq jours, sur la demande qu'on lui en fait, un ou plusieurs appartemens complets. Ces objets. voitures sur quatre - vingt - dix A cent bàtimens. portant pavillon américain, produisent à peu près 4 à 5,000,000. Les vendeurs prennent en échange beaucoup de sucre, de café et de rum.

« Toutes les marchandises déposées à Saini- Thomas sont de là répandues dans les autres colonies et dans l'Europe. Leur valeur totale est de 2!S à 3o,ooo.ooo de francs. *

Tels ont été les avantages de la neutralité du Danemarck pendant la guerre de la coalition ; tels ils seront toujours pour une petite puissance coloniale, lorsqu'une grande puissance et l'Angleterre seront en guerre.

L'ile de Sainte-Croix offre d'autres avantages au commerce danois.

On lui donne six lieues en longueur, et deux et demie de largeur, et cinquante-un mille neuf cents acres carrés en superficie. Elle était presque inculte en 1 733 , lorsque les Français , qui en étaient maîtres, en cédèrent la propriété au Danemarck pour 730,000 francs. Les nouveniix

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possesseurs surent bientôt la mettre en valeur.

En 1775, on coinptait à -Sainte-Croix deux mille quatre cent soixante-onze blancs ; savoir , cinq cent eioixante-quatorze hommes , quatre cent quarante-deux femmes, trois cent trente-six garçons, cinq cent quarante-une filles, trois ceut sotxante-cinqouTrier8,soixante-dix-sept5crTantes, et cent trente-six militaires.

A la même époque cette île nourrissait vingtdeux mille deux cent quarante -quatre esclaves, et cent cinquante -cinq- affranchis. En i^SS, sa population était de dix-neuf cent cinquante-deux blancs, neufcent trente-cinq nègres libres, et vingtdeux mille quatre cent soixante esclaves ; en 1 797 , elle était de deux mille deux cent vingt-six blancs, seize cent soixante-quatre affranchis, vingt-cinq mille quatre cent cinquante-deux esclaves.

Elle avait alors vingt-huit mille six cent cinquante-cinqacresdeterre consacrés à l'agriculture, cent quinze moulins à vent , cent quarante - neuf moulins mis en mouvement par des animaux, trois mille huit cent soixante-neuf chevaux ou mulets.

Sainte-Croix est presque entièrement cultivée depuis le sommet des collines jusqu'au bord de la mer. Son sol est partagé en trois cent cinquante habitations , qui comprennent chacune cent cinquante acres de terre. Celles de la partie septentrionale nourrissent un grand nombre de bestiaux.

Sainte-Croix a produit en 1 79a onz^ millions de livres pesant de sucre , et environ trois millions

Ogo ETAT ACTUEL DU COMMERCE

cinq cent mille livres pesant de rum. Le produit du sucre en 1800 a été de trente-six mille barriques, pesant chacune quinze cents livres ; dix mille barriques de rum, et trois mille balles ou sacs de coton , de trois cents pesant.

Le tableau suivant montre la progression des trois principales cultures de 1 -jgS à 1 796 : savoir,

ADDéM.

Suoe.

Bum. Coton.

a4,887 barr.

9,993 barr. l^^^ sacs

On voit ici que les produits avantageux du sucre avaient fait négliger la culture du coton; mais le gouvernement a encouragé cette culture en permettant l'exportation du coton à l'étranger, moyennant sept et demi pour cent de droits de sortie : elle était précédemment prohibée.

Le Danemarck fournit à Sainte-Croix des chapeaux , des draps , des toiles , de la faïence , du fer , des cuirs , de l'orfèvrerie , tous les objets de construction navale, des marchandises de l'Inde, des vins d'Europe.

L'Amérique lui apporte des farines , des salaisons, du café et autres productions indigènes. Les bâtimens ae chargent en retour des productions du pays, dont ils prennent, année moyenne , à peu près dix-buH mille huit cents barriques de

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sucre, sept mille quatre cents barriques derum, douze mille six cents litres pesant de cotoD.

ChrJstianstadt , capitale de l'île, est bâtie au fond d'un gulfe sur un roc calcaire couvert d'une coucbe d'argile rouge et de terreau noir.

Sa plus grande longueur est de deux mille huit cents pieds danois , et sa plus grande largeur de sept cents, ^e port reçoit annuellement quarante à cinquante bàtimens de la métropole, d'Hambourg et d'Altona , soixante à soixante-dix des États-Unis , mais d'un tonnage inférieur. La rade est partagée par deux forts. Les vaisseaux sont obligés de passer sous le feu de leurs batteries, et de suivre dans cette rade une route tortueuse, peu profonde en beaucoup d'endroits.

Les îles danoises d'Amérique ont été prises par les Anglais en i&oi , et rendues à la paix entre les deux puissances. Mais les Anglais ont gardé Helgoland, située dans la mer du Nord, et dont nous avons parlé précédemment.

La petite île de Saint-Jean , placée entre Saint- Thomas et Sainte-Croix , est la troisième possession danoise aux Antilles. On lui donne une lieue trois quarts de longueur sur environ une lieue de largeur.

La capitale est située au sud-est sur un golfe qui forme une rade très-sûre ; mais elle n'a pas de port.

En 1775 sa population n'était que de cent dix blancs et de deux mille trois cent vingt -quatre

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nègres; eo 1789, de cent soixante-sept blancs , seize nègres libres et deux mille esclaves ; en 1797, décent treize blancs, quinze nègres libres , et dix-neuf cent quatre-ringt douze esclaves.

Une diminution aussi sensible de la population doit être attribuée à l'émigration de plusieurs habitaos, qui ont transporté leur industrie et leurs capitaux à Sainte-Croix et à. Saint-Thomas.

Les produits ordinaires de l'ile Saint-Jean ne passent guère huit cents barriques de sucre > trois cents barriques de mm, et trois mille cinq cents livres pesant de coton. Le café j croit en petite quantité;- mais il y est d'une qualité supérieure.

Le commerce des trois iles danoises avec la métropole occupe ordinairement de quatre-vingtdix à cent bâtimens, et de quinze cents à deux mille matelots. Il consiste spécialement en coton, en sucre, en rum. I^es articles de moindre importance sont, le gingembre, le tabac, le café et les fruits. Ce commerce serait plus avantageux à la nation s'il n'y avait pas dans les colonies un grand nombre de propriétés appartenant à des Anglais et à des Hollandais , dont plusieurs vivent dans leur patrie et y consomment le revenu de leurs habitations.

Le gouvernement danois , persuadé avec raison

que des hommes libres sont pluspropres que des

' esclaves à cultiver le sol des Antilles , a donné au

monde l'exemple d'abolir la traite des noirs. Une

ordonnance du mois de mars 1793 déclare que

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tf)ut commerce des nègres cessera d'avoir lieu dans les colonies à commencer de i8o3. A cette époque , les planteurs ont dû ménager de plus en plus la vie de leurs esclaves , et encourager ta fécondité des négresses. Leurs champs, cultivés par des créoles , qui surpassent en force et en intelligence les Africains, continuent de donner des récoltes abondantes, et l'humanité n'a plus à gémir des sacrifices que lui imposait le coupable commerce de la traite '.

La Suède est une puissance qui compte à peine parmi celles qui ont des colonies.

Ce royaume, qui vient de subir une révolution remarquable, et qui voit son territoire agrandi par la réunion de la Norwége , est composé de ce dernier pays et de la Suéde proprement dite. Ces deux états réunis forment une étendue de quarante-quatre mille huit cent soîxante-qiiioze lieues carrées. Leur population n'est que de trois millions trois cent sept mille âmes.

On sait que le fer et l'acier sont la principale richesse de ce pays. Ils constituent presque ses seuls moyens d'échange ; ils sont d'une qualité supérieure. Les autres produits d'exportation pour la France sont, du bois de construction , du goudron , du cuivre , de la quincaillerie , des plumes , du poisson sec , du chanvre , qu'en temps ordi-

■ L'eimple 4a DaMmirck ripond TioloriEDMmeDt aui (ophiinet ■MDMMicn de* iihoÊtun it la traite : poiue cette mile ocuet en liaSa commi elle a d» le Turc , apni l«i loi* qui l'aboli«KBt 1

naire la Suède échange contre des vins et des eaux-de-vie de France.

Son commerce des Indes se fait par une compagnie qui réside à Gothembourg. Cette compagnie expédie annuellement cinq ou six bâtimens pour la Chine, et fait aussi le commerce des denrées coloniales, des productions et des marchandises du midi de l'Europe.

Comme les nations du nord du continent offirent à notre commerce beaucoup de produits que leur bas prix et leur qualité supérieure nous font rechercher, il 7 a toujours eu entre la France et la Suède des relations commerciales , qui malgré le peu d'étendue du territoire de ce dernier pays n'en ont pas moins été considérables. Elles pourront devenir plus étendues , aujourd'hui que la réunioD de la Norwége y ajoute des bois et tes produits de la pêche maritime.

Le gouvernement français a senti dans tous les temps l'importance du commerce avec la Suède : aussi h'a-t-il point négligé les moyens qui pouvaient unir les deux nations par des relations amicales. Un traité conclu en 1741» e* la convention confirmative de juillet 1 784 < l*'' Qous accordait UQ entrepôt à Gothembourg en échange de la partie de l'ile de Saint-Barthélemi aux Antilles que nous possédions < , avaient dirigé l'attention

' L'Jt«bliH«nicDl de I'ealrep6t de Gothemboarg o'i jinuâ eo Eco; lu Aoglul l'j «ont lodjoun oppoi^, et il a'en eit pu plu* quectioa ■ujoard'hai ipie li I'od oc l'en itiîl juaaïi oocopé ; nou* ■tooi ki«« ■Dira GhoM h pMaei.

du ministère français vers le commerce de la Baltique. La cour de Versailles accorda des privilèges pour cette navigation ; toutes les marchandises du nord apportées par des bâtimens français furent admises en entrepôt dans nos ports , avec la fzculte de les exporter sans avoir à payer aucun droit à l'entrée ni à la sortie. Ces eocouragemens ne produisirent pas l'effet qu'on en attendait, et le commerce de la Baltique par nos propres vaisseaux ne devint pas plus actif : il se fit toujours ou du moins pour la plus grande partie, par bâtimens étrangers.

Le commerce de France et de la Suède s'est constamment borné à échanger les productions des deux pays. Le seul article du fer et de l'acier a formé plus de la moitié des objets que nous en tirons, et celui des vins et eaux-de-vie fait au moins le tiers des exportations. Les denrées coloniales étaient , en Suède comme dans le nord , la principale matière de notre commerce.

On trouve qu'en 1787 nous -avons tiré de la Suède pour 80,900 francs de poistfoof 103,100 fr. de chanvre; 8âi,3oo fr. de bois de construction ; 8âg,300 fr. de goudron; 434i3oo fr. de cuivre; 4,386,600 fr. deferetd'acier;475,70ofr. de quincaillerie; 17,600 fr. de plumes d'édredon , etc. En 1789 ces importations en France avaient sensiblement diminué, à l'exception du fer et de l'acier, qui se montaient i 4)7^tOO'^ francs.

Elles sont encore moins considérables aujour-

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d'bui. Les buis, les goudrons, soot réduite à rieo, le fer et l'acier à oioltis de moitié.

Les exportations pour ta Suède ont été pour la même année 1587 de 5,o43,70o fr. ; dans laquelle somme les tIds et eaux-de-vie sont compris pour i,4a8,300 fr., et les denrées coloniales pour a, 658, 600. En 17S5 l'exportation arait été de 5,24a,ooo fr. ; les vins et eaux* de -vie pour 5i2|000 francs, et les denréss coloniales pour 3,370,000 francs.

Nos échanges avec la Suède se faisaient tous , comme on voit, en produits du sol ou de ]a pèche. Les produits de notre industrie j figurent à peine pour une somme de cent mille francs.

< Les fers de France , dit M. Chaptal , excelleus d'ailleurs pour tous les ouvrages où l'on emploie ce métal sans le dénaturer , ne donnent point par la cémentation un acier constamment de qualité égale à celle que fournit la Suède; ce qui tient probablement à ce qu'ils ne sont pas suffisamment corroyés ; ainsi les arts qui n'emploient que l'acier cémenté (et ce« arts sont en grand nombre) ne peuvent pas se servir avec avantage de l'acier cémenté provenant du fer de nos forges. Les tentatives qui ont été faites à cet égard ont prouvé quelesproduitsn'étaientjamais de qualité parfaite ni égale ; et , malgré l'énormité des droits , on est forcé de recourir aux fers de Suède ; ce qui élère le prix des produits de notre industrie et tourae à son détriment.

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* Les Anglais , qui se connaissent en moyens de prospérité industrielle, nous dooneot à cet égard une ^ande leçon. Loin de repousser les fers de Suède , ils accaparent et prennent pour leur compte tout le produit des forces de la province de Roslagie, qui fournissent les premières qualités ; ils en alimentent leur industrie, tandis qu'ils vendent aux autres nations une partie du fer de leurs mines * qui est de qualité inférieure , et emploient le reste à des ouvrages ordinaires '. •

L'historien des deux Indes a donné tous les détails historiques et topographiques qu'on peut désirer sur l'ile de Saint-Barthélemi ; mais depuis que la Suède en a acquis la propriété entière eu 1 7&4 ' '3 culture y a fait des progrès ; le coton surtout y a prospéré. Cette île a aiijourd'hui huit mille habitans.

Les Anglais l'avaient prise en 1801 , et la rendirent à la Suède à la paix d'Amiens.

Les deux dernières puissances que nous venons de passer en revue , la Suède et le Danemarck, peuvent à peine tenir un rang parmi celles qui possèdent des colonies. La Russie , aujourd'hui dans le même cas , tend à en sortir ; et déjà ses regards se portent à l'ouest du Nouveau - Monde pour y chercher de quoi y placer un point d'appui à sa marine et i ses projets dans l'Océan équinoxiale. C'est l'objet qui va nous occuper.

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