S3 ^TAT ACT0KL DU COHHBRCK
pesant ; cacao , cinq cent treote-uo mille cinq cent soixante-onze livres pesant ; autres marchandises étraDgèies réexportées et payant un droit ad valorem 8,io3,734 dollars.
De ces différentes valeurs il a été exporté en 1816, en Europe, pour'49i87a)7>6 dollars en productions des États-Unis; et pour io,o43,665 dollars de productions étrangères.
En Asie , pendant la même année , il a été exporté pour 5o4i856doll. en productions indigènes, et pour 1,970, 137 doll. en productions étrangères.
En Afrique, pour 399,759 dollare de productions indigènes, 343,485 doll.en productions étrangères.
Aux Indes occidentales et sur le continent américain, en productions indigènes, pour 1 3,964* > > 3 doU.; en productions étrangères, 5,075,416 doU.
Nous avons TU qu'en 1817 les États-Unis ont exporté en Europe pour une valeur de 87,671,568 dollars, dont 68,3i3,5oo en productions indigènes, et 19,358,068 en productions étrangères.
Sur le total de 87,67 ■ ,568 dollars les pays septentrionaux de l'Europe ont reçu pour une valeur de 6,618,971 dollars; le royaume des Pays-Bas, 5,785,318 dollars ; l'Angleterre , 43,468,24a dollars ' ; la France , i a ,434,8 1 8 dollars ; l'E^agne , 8,433,936 dollars; le Portugal, i,834,833 dollars ; les autres états , tels que Naples , la Sicile , le Levant, etc., 9,105,460 dollars.
> Duii ce Doiubre l«* production! iodigèoet tout compnnc* pour ii,43i,>6S dollan.
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AES DECX INDES. 753
Eo 1 8 1 8 , le montant de ces exportatioDs dans les mêmes contrées a été de 92.739, 1 1 9 dollars ; les exportations en Angleterre ont été de 3,ooo,ooo de doll. de plus ; en France , de près de 9,000,000 de doli. ; au royaume des Pays-Bas de 1 >5oo,ooo doll. ; mais il y a eu une diminution de près de 4*000,000 de dollars dans tes envois aux états du nord.
Les AméricaiDS fréquentent beaucoup les mers de la Chine , et font le commerce du thé à Canton.
On voit qu'en 1810 îla avaient vingt-neuf vaisseaux employés à ce commerce , et qu'ils apportèrent de Canton neuf millions sept cent trentesept mille Boixaute-six livres pesant de thé; en i8it ils n'y employèrent que douze vaisseaux» dont les cargaisons ne furent que de deux millions huit cent quatre-vingt-quatre mille quatre cents livres pesant.
Un état authentique du tonnage des États- Unis porte qu'en 1816 ils avaient une navigation marchande d'un million trots cent soixantedouie mille deux cent dix - huit tonneaux ainsi répartis :
Huit cent mille sept cent cinquante-neuf tonneaux sur les bfttimens enregistrés pour le commerce étranger, quatre cent soixante-dix-neuf mille neuf cent soixante-dix-neuf pour le cabotage, onze cent soixante-huit pour la pèche de la baleine, trente-sept mille huit cent soixante-dixneuf pour celle de la morue , quarante-deux mille cent quatre-vingt-cinq tonneaux sur des barque^
de vingt tooneauz cbacuoe, employées au cabotage ; dix-mille deux ceot quarante-six sur de8 barques de mêmetoonagepourlapéchedela morue.
Total égal des toDoeaux de la marine marchande et de la pèche , un million trois cent soixantedouze mille deux cent dix-huit tonueaux.
L'abondance du numéraire ne répond pas, dans les états det'Union. à la grande quantité des transactions et aux besoins du commerce; de là le nombre de banques qui , à l'imitation de celles que l'on trouve dans les contrées de l'Angleterre , se sont formées dans les divers états de l'Union. Leur papier éprouve quelquefois un discrédit qui tient aux circonstances ; celui de la banque générale est plus «olide , et place cette banque au rang des établissemens les mieux conçus 'de cette espèce.
D'après l'acte de sa formation, donné par le Congrès, le lo avril i8)6, le capital est de 55,ooo,CM>o de dollars , divisés en trois cent cinquante mille actions, de loo dollars chacune; soixante-dix mille actions ( 7,000,000 de.dollars) appartiennent aux Etats-Unis, et deux cent quatrevingt mille actions ( 38,000,000 de dollars ) à des individus, compagnies ou corporations.
. La souscription se fait sous l'inspection de cinq commissaires à Philadelphie , et de trois au cheflieu de chaque état. Tout individu , compagnie , corporation des états , peut souscrire pour un nombre d'actions qui ne dépasse pas trois mille.
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DBS DEUX ]NDE3. ^^
7,000,000 de dollars doi?ent être payés en monnaie d'or ou d'argent des États-Unis, oueo moDnaic d'or d'Espagne , et 2 1 ,000,000 de dollars en papier monnaie ou billets de la dette contractée par les Etats-Unis au moment de la souscription. les billets qui portent intérêt de six pour cent par an n'ont que leur valeur nomioate ; ceux qui portent intérêt de trois pour cent sont au taux de 65 dollars par chaque centaine de dollars de leur Taleur nominale ; ceux qui portent intérêt de sept pour cent sont au taux de 106 dollars 5i centi -par chaque centaine de dollars de leur valeur nominale, arec le montant des intérêts, au temps de la souscription. Au moment de la souscription , il faut payer 5 dollars en or ou en argent monnayé , sur chaque action , et ^5 dollars en argent ou en papier monnaie. Au bout de six mois, 10 dollars en monnaie sur chaque action, et aS dollars en monnaie ou en papier ; au bout de douze mois, Â dater de la souscription, 10 dollars en monnaie , et aS dollars en monnaie on en papier, ce qui complète la somme. Les commissaires sont autorisés, parles souscripteurs, à transférer leurs fonds, avec les formalités prescrites, au président, aux directeurs et à la compagnie de la banque, aussitôt l'o^nisation.
Les États-Unis ont la faculté de pay«r et de racheter les billete de la dette souscrite aux taux détaillés ci - dessus , avec telle monnaie et à telle époque qu'ils jugent convenables. Le président.
^56 ÉTAT ACTCEL DD COUMERCE
les directeurs et la compagnie peuvent veodre et transférer en échange d'argent monnajé les bil- Jets de la dette, pourvu qu'ils n'en vendent pas pour pluB de a,ooo,ooo de dollars par an, et qu Ils n'en vendent aucune partie en aucun temps , dans les limites du territoire des États-Unis, sans les avoir offerts pendant quinze jours au prix courant par la voie du secrétaire du trésor.
Les souscripteurs de la banque* leurs successeurs et leurs substituts sont fonnés en corps politiques, sous la dénomioation de président, directeurs et compagnie de la banque des États- Unis. Ils ont la faculté de continuer leur association jusqu'au 3 mars i856, et de posséder 59,000,000 de dollars au plus, j compris leur capital. Les affaires de cette compagnie sont confiées à vtagt-cioq directeurs, dont cinq, étant actionnaires, sont désignés anouellemeot par le président des États-Unis d'après l'avis du sénat. On ne peut en désigner plus de trois en résidence dans le même état, et vingt doivent être élus le 1" janvier de chaque année i la bourse de Philadelphie , à la pluralité des votes , par des capitalistes souscripteurs, mais autres que les États- Unis eux-mêmes. Un directeur de celte banque ou de l'une de ses subdivisions ne peut être directeur d'aucune autre banque '. Le président doit être élu par les directeurs dans leur assemblée
' Le* 4irecl«un n'ont poÏDld'appiHnienieai, »c«pt4lepTëûdenl, lui a 7,500 doUon par «^, et la nbiier , qtti en a aulaM.
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DES DEDX INDES. ^.t;
annuelle. Lorsqu'un emploi devient racant, on j pourvoit par une autre élection ; quand il manque un directeur, son successeur. est nommé par le président des États-Unis, ou par les actionnaires, et nul ne peut être refusé, excepté ceux qui sont désignés par le président des États-Unis.
Les directeurs nomment tes chefs, les commis et les ageos secondaires, auxquels ils sont nutorisés d'allouer des appnintemens convenables.
En vertu de l'acte du Congrès du i" mars 1S17, qui a dû avoir force de loi à dater du 1" octobre suivant : ■ 1* Aucune marchandise ne doit être importée dans les États-Unis d'un port ou d'un pays étranger dans d'autres bâtimens que ceux des États-Unis, ou dans des vaisseaux appartenant en entier aux citoyens, ou sujets du pays dont ces marchandises sont les produits de l'agriculture et de l'industrie. Ces réglemens ne concerneront cependant pas les nations étrangères qui n'en auraient pas fait de semblables. Toute infraction à cet acte entraine la confiscation du vaisseau et de la cat^aison. a* Les primes et les allocations accordées aux propriétaires de bateaux et de bâtimens qui suivent les péchcR doivent être payées à ceux dont les officiers et les trois quarts de l'équipage seraient citoyens des Etats-Unis , nu ne seraient pas sujets d'un prince ou d'un état étranger. Le certificat en sera présenté au collecteur du district auquel le bateau ou le vaisseau appartient. 3* Il ne sera permis à aucun bâtiment
^58 i.TXT ICTCEL T>D COHIIERCE
étranger de transporter des marchandises d'un port des États-Unis à un autre. 4* Un droit de 5o cent» par tnaneau sera payé par tout bâtiment ou vaisseau des États-Unis qui quitterait un état pour se faire enregistrer dans un autre. On excepte : i' ceux des états qui sont voisins de la cdte , ou séparés par un lac ou une rivière navigable ; a* les bâtimens qui font le cabotage entre ]jong-Island, dans l'état de New-Yorcketle Rhode- Island , lesquels prennent une cargaison dans ' l'un de ces états pour la débarquer dans l'autre ; 3" les vaisseaux qui ont la liberté de trafiquer avec les différens districts , qui suivent la pécbe du banc de Terre-Neuve, ou celle de la baleine, plus d'une fois par an ; 4*si l'on peut prouver au collecteur que les trois quarts de l'équipage se composent de citoyens américains , ou d'hommes qui ne sont pas sujets d'un prince ou d'un état étranger , tes droits d'entrée ne seront que de 6 centi par tonneau ; 5* tout bâtiment ou vaisseau appartenant A un port ou à un état étranger dont les officiers et les trois quarts au moins de l'équipage ne seront pas Américains, ou des individus qui ne seraient assujettis à aucun état ou prince étranger, paiera 5o cents par tonneau pour se faire enregistrer dans les États-Unis '. i
' Va acle du Congrit, dti i5 mai 1S19, aviit nHi|«tli le* narire* freoçaû armant iao» ud do porta de lllnion, i un drait de po tr. p» tonoeaD ; c'était une véritable prehibiliim. En conaiijiieDce , uns MitoDDance du toi t àa 96 juillet iSao , aiait inpoti le eaine drak
Nous Tenons de parcourir rapidement l'immeose tableau d'un des plus puîssans états du monde par sa position , par ses richesses territoriales , par l'actÎTité de ses habitans ; voyons ce que lui promet la sagesse de ses institutions politiques; nous terminerons par ces importantes réflexions l'intéressant chapitre qui fixe aussi la limite de notre travail. Nous empruntons encore' de l'écrivain qui nous a si souvent servi de guide les solides réflexions que lui a sug^rées le sujet qui nous occupe.
■ Le gouvernement de l'Union , dit M. Warden , repose sur la seule base qui convenait à un système régulier d'indépendance, c'est-à-dire sur une représentation complète, imposante, égale de la nation ; tous les intérêts y sont assurés , parce qu'ils sont tous représentés ; la liberté des élections est presque universelle, et il ne se trouve point de classe condamnée à l'exclusion, et qui, par ressentiment , tende à détruire le système qui la dégrade ou l'asservit. Le gouvernement est puissant sans force militaire, parce que la uation qu'il gouverne est intéressée  sa conservation. 11 est impossible qu'il existe des froissemens entre le peuple et ses administrateurs , le premier ayant
nr Im aatirei «pparteuBt am Élali-UDit , porb de France; maà, leCoaprêt ijaotréToqai iod lUcrct da iS dmï, nue boutcIIc ordoonuice du n! , du a3 iiril iSai i a rappoiti celle ia tS jnillct , et In cboie* ont M remi>ei lor te pitd éitbli pu U loi dci dooiuM dcj Êlali Voit, du lo arril i8iS.
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•j6e ÉTAT ACTUEL Bl) COHHERCE
des organes qui exprimeot fidèlement sa voloaté ; et' le gourernemeot devant , par sa nature, obéissance à cette ToloDté. La chambre basse du congrès , choisie tous tes deux ans , peut être appelée , suivant l'expression de Buike , l'image parfaite des seniimens du peuple. Le sénat, dont l'élection a lieu tous les six ans , moins soumis aux désirs inconstans de ce peuple , peut être considéré comme représentant d'une manière plus vraie et plus exacte sa volonté laisonoée et ses intérêts permanens. L'influence que le sénat exerce sur les actes de la chambre des représentans n'est pas l'action d'un corps indépendant de la volonté de la nation; elle doit plutôt être comparée au con- trôle que la raison et l'expéiience d'une natiou éclairée exercent sur les explosions spontanées de ses sentimens et de ses désirs.
< La liberté renferme à elle seule tous les autres avantages ; et, heureusement pour les États-Unis , leur indépendance parait reposer sur les bases les plus durables. Tant que subsistera l'égalité actuelle des conditions, le gouvernement sera essentiellement républicain. S'il est vrai qu'il soit impossible , comme quelques publicistes le pensent , d'établir une démocratie en Europe <, il est également vrai qu'une aristocra'tie ne peut s'établir en Amérique. Une classe démocratique , et non privilégiée , existe dans tous les pays ; mais nulle
' L'auieur oublie l« Sui«ei> . chci ^ui l'an • ta \ts untoni d«> m(K.Ta(ii]un pratpérH cl Cire iicurcui I udc époque déjà éloigsce.
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classe ne se trouve aujonrdliui aux Étals-UDis, et aucuoe ne peut exister de loog-temps qui pourrait soutenir l'établissement d'uae aristocratie. Avant qu'une aristocratie puisse s'élever, les principes de liberté auront pris un tel empire sur les habitudes sur tout ce qui attache un peuple, qu'on tenterait vainement de lui ravir ses droits. I.es États-Unis sont garantis de ce danger par leur situation , qui les affranchit de ta nécessité de . maintenir une puissante année ' ; leur destinée est assurée. L'Amérique du nord n'a point et n'aura jamais , si elle reste unie , de riva) redoutable sur le continent qu'elle occupe. Outre ces raisons de sécurité pour leur indépendance, les États-Unis possèdent la liberté de la presse , et leur population est intelligente et éclairée : sous ce double point de vue ils jouissent d'une prééminence redoutable. La circulation des journaux 7 est plus étendue que dans aucun pays, et la classe qui
■ Lo tableau oBdrl de la milice if ilaU-Coif , MppMté t la •uite dn mmagc da prétideol . le 1 1 man 1816 , en porte le monluit i tepl ecnl qnaiiDle-lioil inillc cinq ceot ■oiMDie-iii hornaïa.
L'effectif de eetta Bilice, coaimiad^e pour Je letrice dei Binin- VtAt en >794> '»* de qualre-viogl mille boromciiil était de cent mille CD iSu6 ; de lia cent qaalre - TÎngl • qnalone mille lepl Cent tmtc-iroii en 1811 ; Cl de lepI cent dia-neaf mille q ont re cent qoa-. nnie-mur en i8i3, tfpgqae de la dernière guerre entre lllnitm et l'Angleterre.
Le tableau 'de l'elhetif de l'armie en 1817 éteil de dix mille Tingl quatre homme» Mint Ira *rmn , dont lept ceol Tingt-aii officîen.
La maricw militaire cooiiiiaii en Tiugl-huit Taîaieaui de goerre de ifii 1 loiiiute-quatonc canoni, dont acpt aiaient été prii yir lu AncUiitniSiS.
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76a ÉTAT ACTUBL DD COMHEKGE
s'intéresse aux matières politiques comprend le peuple tout eotier. Ou peut dire qu'il n'est pas d'acte du gourememeDt qui ne s'accomplisse sous les yeux d'une population intelligente , cootlnuellemeot exejrcée i raisonner sur les affaires publiques , et qui ne manque jamais de censurer de son propre mourement tous les abus de confiance qui pourraient venir des fonctionnaires publics. Tout individu qui serait tenté de jouer dans les État-Unis le rAle d'usuipateur , ne réussirait pas comme cbei les autres peuples, par cela seul qu'il pourrait entraîner dans sa cause quelques hommes d'une grande influence ; il faut tromper le Jugement de la nation tout entière , appelée à prononcer sur la conduite des hommes publics : c'est un obstacle qu'aucun usurpateur n'a rencontré jusqu'ici. Les imposteurs politiques ne doÎTent leurs succès qu'Â l'ignorance et i l'apathie du peuple '. 1
C'est ici le lieu de placer quelques considérations sur les intérêts du commerce français relativement à celui que nous pouvons faire avec les États-Dnis : plus cet état prendra de développement, plus l'importance de nos relatioùs avec lui méritera de fixer notre attention.
Pour arrêter nos idées à cet égard , nous nous reporterons à une époque antérieure de quelques années, et nous partirons de là pour établir les données qui doivent nous servir de guides; si ,
' Wird. , t. 1, p. 66 de l'introduelion.
comme on l'assure , un traité de commerce arec la république est daus Jes intentions du gouvernement français , les notions recueillies ici pourront également servir et aux négociateurs et aux Français qui s'intéresseraient à cette importante transaction.
Par tout ce que nous avons dit jusqu'ici , on a pu voir que le commerce des États-Unis a fait de rapides progrès depuis la révolution française, et que ces progrès sont dus en partie aux guerres qui ont désolé l'Europe. Les Américains se sont enrichis des pertes comme des émigrations de tous les peuples, et ils ont remplacé les Hollandais dans le commerce de transport , et les Français dans celui des colonies. Ils ont été favorisés dans ce genre d'industrie par leur situation géographique. Placés entre l'Europe et les Antilles sur la route du Mexique et de l'Inde , leur pays a été comme un pont qui a lié l'Europe aux autres parties du moude , et qui est devenu l'entrepdt du commerce de toutes les nations.
Il y aurait deux manières de rétablir , dans le commerce de la France avec les États-Unis, l'équilibre entre tes ventes et les achats : la première serait de réduire nos achats au niveau de nos ventes; la seconde, d'élever nos ventes au ûiveau de nos achats.
Kien ne serait plus aisé que de réduire nos achats au niveau de nos ventes : il sufBrait d'un simple règlement de douane.
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^64 £*TÂT ACTDSL DD COMMERCE
La France échange principalement aux États-
Unis seB vins, ses eaux-de-vie et ses. soieries, contre du colon , du tabac et des marchandises coloniales. Deux sortes de négocians s'entremettent dans ces échanges : les négocîans qui font aussi con curremmeu t le commerce d'Angleterre, et ceox qui font exclusivement le commerce de France. Les premiers achetant plus aux Anglais qu'ils ne leur vendent, ont toujours une solde à leur payer; . el comme il leur convient mieux de payer cette solde en marchandises qu'en argent , ils font directement leurs envois en France pour en faire remettre le produit à Londres dans des maisons de banque , et ils chargent ainsi les négociaos français de solder leurs comptes avec les négocians d'Angleterre.
« Les négocians américains qui font exclusivement le commerce de France , n'ayant aucun compte  solder en Angleterre, dit M. deBeaujour, font tous leurs retours en marchandises françaises, pourbalancer ainsi leurs envois.Ces négocians sont presque tous des Français d'origine, qui, n'ayant guère de relations commerciales qu'en France, négligent tout commerce circuiteux, et ne cherchent qu'à ouvrir aux marchandises françaises des débouchés aux États-Unis , pour augmenter les profits de leur commerce ou ceux de leur commissioo. ■ Ces derniers négocians méritent d'être ftivon'sés ; les autres , qui , faisant le commerce d'Angleterre concurremment avec celui de France , ne
TODt faire leurs ventes en France que pour en remettre le produit en Angleterre , doivent être écartés. Tin simple règlement de douane , qui obligerait les bâtimeos américains à prendre en retoiir toute la valeur de leurs cargaisons en marchandises françaises, serait la meilleure mesure que l'on pût adopter à cet égard. Le négociant français paiera alors aux Américains toutes leurs marchandises avec les nôtres , et il ne sera plus obligé d'envoyer soa argent en Angleterre pour j payer l'industrie de nos rivaux.
■ La seconde manière , qui serait d'élever nos ventes au niveau de nos achats , présente plus de difScultés. 11 ne dépend pas de nous d'augmenter la vente des productions de notre sol , parce que ces productions données par la nature ne peuvent guère être modifiées par l'art ; mais nous pouvons augmenter la vente des productions de notre industrie , si nous voulons nous prêter dans nos manufactures aux goûts des Américains , qui veulent des étoffes légères et à bas prix , et imiter les Anglais qui fabriquent de mauvaises marchandises aussi-bien que de bonnes , pour pouvoir fournir tous les marchés et satisfaire tous les goûts. Il faudrait surtout que nous fabriquassions à l'instar des Anglais des draps légers , qui finiraient par supplanter ceux d'Angleterre , à cause de la supériorité de nos couleurs. L'article des draps est , dans le commerce des États-Unis, l'ar^ ticle le plus important , parce qu'en raison de
^66 ÉTAT ACTDEL OV COKMEBCE
l'aisance répandue daos te pays , tout le monde , jusqu'au simple ouvrier, est Têtu de cette étoffe.
I Nos soieries ont besoin de plus de légèreté* et que nous leur donnions les couleurs qui plaisent le plus aux Américains. Il faut répandre parmi eux le goût de notre bijouterie, de nos toileries , et surtout de nos toiles de lin , qui valent mieux pour l'usage du corps que celles de coton.
( Il ne faut pas seulement consulter le goût des acheteurs ; il fout encore chercher à leur vendre meilleur et  plus bas prix , parce que la meilleure qualité et le meilleur marché sont dans tous les pays les deux grandes raisons de préférence.
t Le marchand français veut en général gagner trop vite , comme si son métier l'ennuyait. S'il savait , comme l'Anglais , se contenter d'un profit modéré , mais continu , il écarterait aisément la concurrence , parce que la main-d'œuvre est moins coûteuse en France , et même meilleure.
* Le marchand anglais, meilleur calculateur, vend au prix le plus juste , pour pouvoir vendre davantage , et il gagne plus par l'étendue de son débit qu'il ne pourrait gagner par des prix trop élevés. C'est là le système de cette nation émi- ' nemment marchande, qui est aux autres nations commerçantes ce que sont aux' autres boutiques celles que l'on nomme à Paris gagne-petit
■ Nous' surpassons les Anglais dans tous les genres de haute industrie , et nous tes égalons dans tous les autres : ils n'ont jamais pu imiter notre
DES DRUX IBDE8. 767
draperie fine , dos brillatltes soieries , dos belles toiles de lin , nos riches dentelles , notre élégante argenterie , nos porcelaines de Sèvre , nos tapisseries des Gobelins , nos meubles semptueux et commodes , la magnificence de nos glaces , de nos bronzes , de nos dorures, et nous les avons égalés dans ce qu'ils ont produit de plus parfait , dans leurs tissus légers de laine et de coton , dans leur bonneterie et dans leur quincaillerie. Ils ont reconnu eux-mêmes leur infériorité dans tous les objets de magnificence et de luxe ; et, désespérant de nous égaler dans le beau , ils nous ont imités dans le commun , et ils nous ont supplantés chei toutes les nations , parce qu'ils les ont toutes séduites par leur bon marché : Toilà tout le secret de la prospérité de leurs manufactures. Si donc ils couserrent encore sur nous la supériorité dans le marché des États-Unis , ils ne la doivent qu'à leurs prix modérés et à leur esprit mercantile.
«Les Français peuvent donc, avec la supériorité de leur main-d'œuvre , supplanter les Anglais dans le commerce des États-Unis , en se pliant comme eux aux goûts des acheteurs.
( Slais un avantage qu'ils ne peuvent leur ravir qu'avec le temps, continue le même auteur, est celui qui dérive du préjugé des Américains. La Dation américaioe est un amalgame de toutes les autres nations , mais plus particulièrement d'Anglais , et elle conserve à l'égard de la France toutes
768 ilAT ACTUEL DU COHMEBCK
les préreotions de la Tieille Angleterre. Les Français auront dooc encore long-temps à lutter, dans ce pays , contre le préjugé national en fareur des Anglais, préjugé bizarre, quiveulqu'ilnesefasse rien de bon qu'en Angleterre; mais ce préjugé, tout fort qu'il est , ne peut tenir contre l'expé- . rience et la raison.
« Le seul avantage réel que nous ne puîsaidns pas maintenant contester aux Anglais dans le commerce des États-Unis , provient de la supériorité de leurs capitaux et de leurs machines ; mais une partie des capitaux européens ayant reflué d'Europe aux Etats -Unis depuis les dernières guerres , les Américains n'ont plus au)Ourd'hui le même besoin des crédits étrangers ; et ce motif de préférence en faveur de l'Angleterre n'en sera bientôt plus un d'exclusion pour les autres nations. Quant aux machines qui abrègent et économisent le travail des manufoctures , et qui donnent aux Anglais la préférence dans tous les marchés étrangers , l'usage commence à s'en introduire dans tous les pays , et cet usage deviendra de )our en jour plus commun en France.
■ Un autre point important est le débit des productions de notre sol. Nos vins sont de toutes ces productions la plus recherchée : or le seul moyen d'en augmenter la consommation aux États-Uais comme en Angleterre , serait d'écarter la concurrence des vins du Portugal ; ce qu'on ne peut faire tant qu'il y aura des vignes i Ûporto et à
Madère. Les Américains, avec leurs palais émoussés , aimeut les vins forts du Portugal , et il ne dépend pas de nous de leur donuer d'autres habitudes et d'autres sens. Ce qui en dépend , c'est d'éloigner tous les obstacles qui s'opposent au commerce de la France avec les États-Unis, et de bien régler ce commerce.
■ Pour bien régler le commerce delà France avec les Etats-Unis , il ne s'agit que de restreindre les importations américaines qui , par leur concurrence , pourraient faire tort à notre industrie , et de faTOriser toutes les autres. Par exemple , restreindre l'importation des productions coloniales, et surtout des sucres et des cafés , consommations de luxe qu'il ne faut pas recevoir , autant qu'on peut , de la seconde main , ni par un circuit aussi coûteux que celui des États-Unis. Restreindre l'importation des salaisons et de la morue, pour ne pas nuire à notre propre pèche , qui est la meilleure école de nos matelots; mais il faut favoriser l'importation des huiles de baleine et des autres poissons que notre navigation ne nous saurait fournir, et dont l'entrepdt en France peut être utile à notre industrie et à notre commerce extérieur.
t Si la France a besoin pour le mélange de ses
tabacs de ceux des États-Unis , il lui convient
d'en favoriser l'importation, pour ne pas diminuer
les profits de ses fabriques : sinon il lui convient
^^O ilAT ACTUEL DD COHIIERCE
mieux àe donoer la préférence aux tabacs du Levant , parce que la France fait avec le Levant un commerce plus avantageux qu'avec les États- Unis.
• Il faut £avorîaer l'impoitation des potasses , dea bois de construction et de toutes les munitions navales , d'abord pour payer ces produits moias cher , en les mettant dans notre marché en concurrence arec ceux des autres paya , et ensuite pour ménager nos bois et nos forêts ; favoriser l'importation des cotons tant que nous ne pourrons pas produire nous-mêmes ce lainage, ou que nous ne pourrona pas le tirer de nos propres colonies.
■ Mais surtout il faut favoriser l'importation des pelleteries et des fourrures , afin de ne pas rompre nos liaisons avec les traitans du nord de l'Amérique , et pour assortir nos cargaisons destinées pour l'Inde et le Levant. En un mot , la France doit favoriser, mais ne favoriser que l'importatiou des produits américains qui peuvent alimenter son commerce et ses manufactures.
* Mais il ne suffit pas de favoriser quelques branchée du commerce américain , il faut les dégager toutes des entraves inutiles.
■ Une des principales entraves est la multiplicité et la variation des règlemens de douane. Il faut adopter à cet égard un système, et surtout des formes très-simples , et ne pas les changer té-
DZS DEUX IHDXS. 771
gèremeot. 11 importe peu que les tarifs soient plus ou moins élevés ; mais il importe qu'ils soî^it fixes , pour que les négocians puissent régler leurs opérations : on ne peut pas ajuster sur une mire toujours Bottante.
( Les autres obstacles qui peuvent s'opposer au développement du commerce français aux États-Unis dérivent du traité de 1 800 , moins favocable pour la France que ne l'était pour l'Angleterre son traité avec les Américain». Le principe reconnu dans le traité français , que le pavillon couvre la marchandise, serait bon i admettre si toutes les Dations l'admettaient } mais dès que les Américains l'ont abandonné dans leur traité avec les Anglais , nous n'aurions pas dû nous-mêmes le maintenir dans le ndtre , parce qu'en temps de guerre entre la France et l'Angleterre , les Anglais peuvent confisquer notre propriété sous le pa< villon américain, tandis que nous sommes obligés nous - mêmes de respecter la propriété anglaise sous le même pavillon : d'où il résulte que nous nous trouvons alors dans l'alternative fâcheuse de violer nos engagemens , ou d'en être lésés si nous les respectons ».
• Nous aurions donc dû traiter avec les Américains sur le même pied que les Anglais , si nous
' Vojei , uir ce* qucttioni de droit maritisM, le lirit inâlolé : Dv commene lUt n«iitr«« en Umpi dt gvtrrt, Iridnit dp l'ilalien de LuDpiedi, pir H- P<uch«i , i «al- ta S* ( i8o3 ).
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^•ja éTAT ACTUEL AD COHHEKCE
aTioQS voulu retirer de qos traités les mêmes avaDtages qu'eux. -
( Les Américains sont bieu plus intéressés à Ca- Toriser les Français que les Anglais, puisqu'ils reçoivent des premiers une balance de 4iOoo,ooo de dollars, tandis qu'ils en paient aux autres une qui a été jusqu'à présent de 13,000,000 de dollars.
■ Les Américains ont pour principe , dans leurs faites commerciaux , de ne pas favoriser une nation plus qu'une autre, mais de les traiter toutes sur le même pied. Mais qui ne voit que des traités fondés sut un tel principe sont inutiles, puisque tes faveurs accordées à une nation deviennent bientAtcommunesà toutes les autres? Les faveurs commerciales, dev&nt toujours être le prix de quelque bienfait politique , doivent par la même raison être toujours des privilèges : or , un privilège n'en est plus un dès qu'il devient un droit commun.
I Si nous pouvions faire admettre par toutes les nations le principe que le pavillon couvre la marchandise, il nous conviendrait aussi de l'admettre nous-mêmes pour détruire le germe de toutes les guerres maritimes. Alors ces guerres , funestes à l'industrie de toutes les nations , n'offrant plus l'appât d'un gain facile et honteux , ne seraient plus entreprises et poursuivies avec tant d'ardeur, et le commerce, libre sur toutes les
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DES DBUX INDBS. •J')S
mers, enrichirait toutes les nations au lieu d'en enrichir une seule '. *
Telles sont les considérations qui peuvent servir de règles pour dos rapports commerciaux avec les Américains. Il en est d'autres qui pourraient également guider les États-Unis dans leur conduite avec la France. Sans cette puissance , en effet , la lutte qu'ils ont soutenue si heureusement pour établir et affermir leur indépendance eût été plus longue et plus périlleuse. Le secours de nos armées , de notre argent ', de nos officiers , de notre influence, t]ui était grande et décisive alors , ont promptement déterminé à leur avantage les chances de la guerre ; la France a inté~ ressé l'Europe en leur Eaveur, et n'a revendiqué que de faibles avantages pourprix de sa généreuse intervention, ou plutAt des avantages nuls. Ainsi les États-Unis oe peuvent, dans les transactionscommerciales, traiter la France sur le même pied que les autres nations sans une réelle ingratitude ; il 7 a une sorte de confraternité politique entre ces
' AfTfit dn Étali-Unit an eontmttiiemntM du Hiw-nnmiimu iiiêU, dfmit iBoo iui^'m 1810, par H. t« chcTsUcr Ftlù de BeMiioar, tncicn coainl-ginëral t Satoaiqna cl aux ElitcDDÎi,
pigii IÇ)-10.
NiHU «TCiai eo dsll oceauoD de parler aie* éloge de cet ouTnge ; IKMW oc dcToo) pa* laiiter ignortr que H. de Biaojour eit également aateni du TmUtm» dm eommtree da ia Griet imprimi en iSoo. AncuD li*rc ne tait mïetu coDDattre l'ëlat de cci betlei pronooef, ■ooleréci ■DJonrd'hui Contre le gouvernement barbai* dn Tnro.
* I] fut tianipoilé 6.000,000 en capÈcca numnajéei box Étali-IHnû pour Ibv Knice parlicnlier.
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deux grands états, coofraterDÎté qui doit être d'autant plus durable que )a paix la maiDtiendra entre l'un et l'autre , et au b«»oin par le secours réciproque de tous les deux : mais il n'était pas de notre sujet de traiter ici les questions de cette nature , et de donner les développemens qu'auraient exigés ces graves considératioDS. Il nous suffit de les avoir indiquées à l'attention du lecteur.
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DES DEDX INDES. ^^5