COLONIES HOLLANDAISES
±JK Hollande n'est plus ce que nous l'avous vue au seizième et dix-septième siècle ; l'amour de la liberté, la haine de la tyrannie, avaient développé dans ce coin de l'Europe presque toutes les vertus qui fout tes grandes choses et assurent la prospérité des nations. Les Hollandais entreprirent alors de longues navigations, et acquirent sur les Portugais, alliés des Espagnolsàcctte époque, et leurs ennemis , ces riches possessions qui leur donnèrent long-temps une supériorité marquée dans un des plus riches commerces du monde , et qui of&ent encore aujourd'hui de grandes ressources à leur active industrie , malgré que l'état politique de l'Europe et la destruction de l'indépendance batave doivent tenir cet intéressant peuple au-dessous de sa première fortune.
Si Napoléon, arbitre du continent, eût su mieux apprécier ce qu'on peut attendre d'une nation libre; si , au Heu d'asservir les Bataves au joug d'une courouue fantastique, il eût soutenu leur indépendance, affermi chez eux l'empire de la liberté sur des bases durables, et relevé leur cou- . rage; enfin s'il avait fait de la France l'alliée et noi> la dominatrice delà Hollande , celle-ci aurait secondé ses projets , et, tranquille sur ses domaines
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en Europe, cette république eût porté toutes ses forces au secours des colonies françaises, devenues promptemeot la proie des Anglais. Cette méprise du seul homme qui commandait alors à la ''ortune a changé le sort de la Hollande , et préparé peut-être l'étonnante combinaison que dans ces dernières années nous avons vu subir à ce pays. , Quels efforts , quels progrès vers la prospérité :ittendre d'un peuple qui lui-même a cessé d'être ? qui, dépendant dans ses intérêts de tous ceux des autres puissances, ne peut consulter les siens dans les cas où tout lui en fait une lot? Concluons-en que, tant que la Hollande ne sera pas rendue à elle-même, il en sera comme de Gênes , comme, de Venise , qui , florissantes sous l'influence de la liberté, sont devenues de tristes domaines d'états avec lesquels autrefois elles eussent traité d'égal à égal.
On connaît cet étonnant changement; c'est encore un des résultats du grand bouleversement opéré à la chute de Napoléon. Nous disons boulerersement; et quel autre nom donner i. la réunion forcée de Gênes au Piémont , de Venise à l'Autriche, de la Pologne à la Russie, de la Hollande à la Belgique? N'est-ce pas le cas de dire que les hommes ont détruit ce que Dieu avait fait? Mais il reste à demander si leurs oeuvres dureront autant que celles de la Providence.
Il est présumablc, au reste, que cette réunion de la Hollande aux Pays-Bas, et leur érection en
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royaume , est ud trait de la politique anglaise , mais où son calcul a été en défaut. Eu effet, il parait que t'iateotioa de l'Angleterre arait été de tenir ce nouvel état dans sa dépendance , comme il tenait la Hollande depuis que la maison d'Orange s'y était en quelque sorte mise elle - même. Mais . un pareil ordre de -choses ne pouvait se consolider qu'à l'aide d'une alliance solide entre le prince élevé sur le trône des Pays-Bas et la famille royale d'Angleterre. Le mariage de la princesse Charlotte , fille du prince régent alors , aujourd'hui Georges iv, fut négocié ; mais cette princesse refusa sa main ; vainement on lui représenta qu'elle compromettait le succès d'une des plus heureuses conceptions du gouvernement britannique , puis^ qu'elle pouvait réunir un jour sur sa tête et sur celle de son époux les couronnes d'Angleterre et des Pays-Bas. La princesse aima mieux épouser un prince allemand sans fortune, et nul dans la balance politique. On sait que le prince d'Orange fut consolé bientôt après par la sœur de l'empereur de Russie; mariage qui a étendu l'influence de cette puissance colossale , et a diminué celle des Anglais sur le pays qu'ils croyaient gouverner. La Russie domine maintenant à la Haye et à Bruxelles , et peut-être les Anglais se repeoteatils d'avoir élevé le royaume des Pays - Bas , qui devient en quelque sorte une annexe de Pétersboui^ , et , sans contredit, une puissance secrètement ennemie.
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Maû, à bien examiner, si l'Angleterre s'est méprise en créant le royaume des- Pays-Bas, croyant le tenir dans sa dépendance, peut-êti« doit-elle s'applaudir de n'avoir pas contracté une alliance de couronne qui aurait partagé l'intérêt du gou- Ternement, et divisé en deux la mère-patrie. Autant il aurait été utile à l'Angleterre que ce ne fût pas la sœur de l'empereur de Aussie qui eût porté cette couronne, autant il a été heureux qu'elle ne soit point tombée sur une tête qui l'eût réunie à celle de la Grande-Bretagne. Mais il eût encore été plus avantageux pour elle que la Hollande eût été rendue â son ancienne indépendance, et que la Belgique , restée sous une domination roisine , en eût partagé le commerce et la puissance. Combinaison naturelle , et que le temps amènera, si jamais la France reprend le rang que lui assignent ses destinées.
C'est àVidée que le cabinet britannique serait le directeur de celui du nouveau royaume qu'est due la facilité qiill montra à rendre aux Hollandais les établissemens dont l'Angleterre s'était emparée dans les deux Indes. Mais les Anglais ont retenu le Cap de Bonne-Espérance, Cochin , Ceyian , une partie de la Guyane hollandaise, dont la prospérité actuelle atteste leur supériorité dans l'art de gûtlTemer les colonies.
De toutes celles que viennent de recouvrer les Hollandais, Batavia est sans contredit la plus con>sidérable; elle n'avait point dégénéré sous la do-
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mination anglaise, que les peuples regretteraient , si jamais on pouvait regretter* une domination étrangère-
Ainsi le royaume des Pays-Bas possède du chef de la Hollande, Java, l'archipel des Moluques , Malacca et les comptoirs établis à Sumatra, à B6rncu ; Surinam en Amérique , les îles de Curaçao , Saint-£ustache, Saint-Martin, enfin en Afrique plusieurs forts sur les cdtts de Guinée.
Le royaume des Pays-Bas peut donc un jour, si le sort protège sa durée , entretenir un riche commerce dans les deux mondes , et surtout dans l'Inde. Peuplé de près de cinq millions d'habitans, sur une étendue de plus de deux mille huit cents lieues carrées, il offre toutes les ressources d'une riche industrie et d'une grande activité commerciale. Le duché de Luxembourg, qui en fait partie, quoique non uni , accroît sa puissance d'une population de près de trois cent mille individus , répartis sur trois cent cinquante-huit lieues. 11 ne manque à la prospérité du royaume des Pays-Bas que plus d'uniformité dans les moeurs, le langage et les coutumes de ses habitans.
Les Hollandais seuls ont conservé les habitudes des longs voyages et le commerce de l'Index celui qu'ils font est considérable , et la compagnie hollandaise semble rivaliser de puissance avec celle de Londres dans les riches étabUssemens de l'Inde qu'elle exploite à son profit. S'il fallait en croire quelques récits , on n'aurait pas même à se
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louer de ses procédés envers les babitans et les princes soumis à sa puissance.
L'histoire a conservé plusieurs traits qu'il est d'autant plus important de recueillir qu'ils peuvent faire préjuger à l'avance les événemeus qui dans l'aTenir menacent ces colonies.
Avant que Java tombât au pouvoir des Anglais , tous les souverains indigènes de cette grande Ue étaient devenus tributaires ou vassaux de la compagnie hollandaise. Elle eut soin de se faiire ud parti dans toutes les cours de ces petits souverains , et de disposer en quelque sOrte de la succession au trône, lorsqu'il devenait vacant. Aucun prince de ces familles , aussi jalousés de leurs prétentions que les familles des monarques européens , ne pouvait s'assurer du sceptre qu'avec le secours des Hollandais. Un fait donnera une idée de l'abus que ceux-ci ûreot souvent de leur pouvoir usurpé à cet égard.
Au mois de mars 1 8o4 « l'amiral hollandais Hartzing, étant en rade vis-à-vis la ville deBantam, invitale roiàvenirà son bord. La couronne, d'après les lois de ce pays, appartenait à un àei frères de ce prince , dont la politique, suivant la maxime impitoyable des cours de l'Asie , avait cru devoir s'assurer en l'enfermant dans une forteresse i quelques lieues de Batavia, lîn fils du prince détenu, outré de' cette injustice, chefchait l'occasion de venger son père par la mort de l'usurpateur. Le repas accepté par son oncle à bord de
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l'amiral hollaDdaia la lui offrit. Déguiséen femmes Il s'introduisit dans l'appartement du roi, qui , à Bon retour, fut étranglé par son neveu j exemple déplorable des crimes qu'enfante chez les princes l'amour du pouvoir, et qui semble absoudre le peuple de ceux queproduit quelquefois l'amourde la liberté. Le meurtrier ne se cacha point; il eut même l'audace de se présenter au résident hollandais , se glorifiant d'avoir vengé son père, à qui le sceptre était légitimement dû.
Les Hollandais prireut part à cet événement, dont ils surent habilement profiter. L'amiral Hartzing commença par faire débarquer cinq cents hommes , pour empêcher, disait-il , que l'ordre ne fût troublé; mais bien réellement pour se rendre maîtres des résultats. Le procès fut fait au jeune assassin, qui , d'après les lois du pays , subit la peine du talion , et fut étranglé. La régence de Batavia se hâta de disposer de cette couronne ; et le nouveau roi de Bantam promit de rester le fidèle allié de la compagnie hollandaise, de lui fournir le nombre d'hommes stipulés par les traités antérieurs, ainsi que les productions de ses états , suivant les anciens marchés.
Le royaume de Bantam, quoique nominalement indépendant, est donc sous la domination des Hollandais; la ville qui porte ce nom est dans la partie occidentale de l'ile de Java; on y fait un assez grand commerce de camphre, d'arack et d'autres productions de l'ile. Ilyaplusieursbasars
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OÙ se rendent des marchands de divers points de llode et de la Chine ; son port est beau , raste et fréquenté.
Le commerce est tout entier entre les mains des Hollandais î le roi habite l'enceinte d'un fort dé* labre garni d'une centaine de canons de tout ca« libre, la plupart démontés de leur affût. Ce n'est qu'une raine représentation , qui ne peut iospirer de crainte aux véritables souverains. Environ quatre ceuts femmes composent le sérail de ce despote subalterne , qui conserve assez de puissance pour enchaîner la liberté et l'industrie de ses sujets « mais point asseï d'âme et de pouvoir pour se soostraire à la domination étrangère.
Une réflekîon se présente naturellement ici. Est- il bien vrai que les Européens gagnent plus à maintenir sur le trône contre les intérêts des peuples ces petits ^ois Ou despotes ^ qu'à les en renverser, et affranchir ainsi leurs tristes sujets d'ane domination désastreuse et tyrannique ? Estil sur que le commerce^ et la consommation qui en est l'aliment, n'augmenteraient pas avec l'affranchissement des peuples? Il n'en est pas de ces rois bizarres comme des souverains de l'Europe qui sont entourés de lois et d'institutions également protectrices de leurs droits et de ceux de leurs peuples. La souveraineté repose sur un intérêt réciproque, et aucune nation ne suppor-* ferait long-temps un roi étranger qui lui serait imposé par la force ou l'usuipation. Mais dans
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quelques endroits de l'Iude, dans ces îles nom' breuses où le nom auguste de roi est avili par le caractère de ceux qui le portent , où la corde et le poignard sont des mojens de parvenir au trône* où un audacieux peut s'élever sur des cadavres à la souveraine puissance pour en redescendre après de nombreux attentats , la morale , la politique , l'intérêt du commerce, ne sont-ils pas d'accord pour placer ailleurs que sur de semblables têtes des couronnes presque toujours ensanglantées : remises aux peuples qui en exerceraient les droits, ce ne serait qu'autant que la possibilité de les ressaisir existerait qu'elles feraient naître des factions ; mais, du moment où une loi de l'état et la force les auraient proscrites, un ordre de choses plus favorable aux progrès des arts et de la civilisation s'établirait promptement : vérité que démontrent assez les contrées où l'autorité s'exerce par le conseil de la nation , sans craindre les intrigues de cours subjuguées, faibles ou corrompues. Fuissent les nations européennes qui dominent dans les deux Iodes être bien convaincues de ces maximes, et les j mettre en pratique !
Le roi de Bantam fournit à la compagnie hollandaise à peu près trois milliers de livres pesant de poivre au prix de 28 à 3o francs le quintal : c'est le plus fort commerce du royaume de Bantam , qui compte à peine cent mille âmes de population.
Les Hollandais régnent encore sur un autre
ji-vGooglc
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roi dans l'île de Java, le sultan deTsieribou, qu'on prononce Chéribou , qui compte encore moins de sujets <}ue celui de Bantam. Il n'en est pas moins très-tttile à la compagnie; c'est un de leurs subordonnés. Les Hollandais trouvent dan» son royaume environ un million pesant de sucre , trois cents milliers de riz , et douze cents milliers de caféi
Le royaume de Mataram , autre souveraineté de Vile, a un chef qui prend le titre d'empereur. Cet état, après de longues guerres civiles entre deux rois qui s'en disputaient la possession, a été partagé en deux. La. compagnie hollandaise qui y «st intervenue a estimé la valeur de chacune des parties du royaume par celui des hommes ; elle a donné à l'une la propriété de six cent mille sujets , comme on donne celle d'un haras , et à l'autre de quatre cent cinquante mille, afm'de compenser les prétentions réciproques : imitation de la diplomatie allemande , qui évalue ainsi les souverainetés, et fait sans doute qu'en aucun pays dujm>Dde on n'a des tables de population plus exactes que dans les états d'au-delà du Rhin.
Des rivalités,, des guerres, une opposition plus ou moins hostile contre les Hollandais delà part des peuples ou des rois leurs vassaux , y rendent leur situation pénible, et-peuvent finir par leur ' faire perdre ces colonies. Cette chance est plus i craindre pour eux que jamais , depuis que les An- ^ais y ont régné et y ont laissé des amis et des
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partisaos toujours disposés à les servir. S'il fallait eo croite même les Anglais, les Hollandais y seraient en horreur; exagération, qui ne pourrait s'expliquer que parce que toute domination , et surtout une domination étrangère , est un objet de haine pour les peuples, quels qu'ils soient, même quand il y aurait compensation pour l'oppression où on les tient,
La côte orientale de Java est tout entière dans la dépendance des Hollandais : on y compte cinquante mille habitans. La population de Batavia et de sa banlieue s'élevait en 1818 à cent soixantedix - huit mille âmes ; mélange de toutes les nations , surtout des nations indiennes , chinoises, et japonaises.
Ou connaît trop l'intérieur et les production» de cette ile pour que nous nous attachions ici à les décrire. L'Histoire philosophique des deux- Jndes entre à cet égard dans des' détails qui doivent sufQre à l'instruction des lecteurs, et auxquels le temps a apporté de faibles changemens.
Toutes les épiceries que les Hollandais retirent des Iles Moluquea sont portées à Batavia , qui en est l'entrepôt général : elles sont déposées dans les magasins, où on les conserve avec soin. Le conseil général de la compagnie fixe ensuite la quantité de marchandises que l'on croit nécessaires au besoin de l'Europe et de l'Asie ; le reste est brûlé. Mais ce commerce est bien diminué depuis qu'on est parvenu à introduire et à cultiver le
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caDDelier, le girof&ier et les autres arbres à épices à l'Ile-de-France , à Cayenne et ailleure. Cepeodaot c'est encore une des branches les plus riches de celui que fait la Hollande.
La place de gouverneur de Batavia est une des plus importantes ; elle étend sa juridiction sur les autres possessions hollandaises dans ces parages , ainsi que sur les Moluques et Malacca.
Les navires étrangers qui arrivent à Batavia peuvent y porter toute espèce de marchandises des dJfFéreos pays de l'Inde et de la Chine ; mais la descente à terre de celles de l'Europe y est prohibée : od en excepte cependant quelques objets , tels que le fer et certains instrumens des arts.
La compagnie ne permet aux navires étrangers d'autres exportations que celles du sucre, de l'aracli, du riz, des noix d'areck, des nids d'alcions, du cochon salé , des carreaux , et de quelques minces articles de curiosités naturelles.
Le sucre, de trois qualités difTérentes, se livre dans de grands paniers faits avec des bambous appelés barget, qui en contiennent environ trois cent cinquante marcs. L'arack se vend dans des futailles de la contenance de soixante>dix à soixantedouze veltes , ou cinq cent soixante bouteilles de pinte. Ou sait que cette liqueur est faite avec du riz, du sirop et du vin de cocotier, que l'on fait fermenter ensemble, et qu'ensuite l'on distille i elle est plus estimée que celle qui , dans les Indes
orientales, se fabrique avec du vin de cocotier seulement.
C'est dans l'jle de Java que croit cet arbre appelé pohon-upas , dont le poison est si subtil , et sur lequel on a accrédité la fable que ses émanatioQç faisaient périr ceux qui en approchaient à la distance d'une demi'lleue. On a raconté qu'il croissait isolé au milieu d'un désert, parce que les plantas et les animaux oe pouvaient souffrir un voisinage aussi pernicieux; que des malfaiteurs condamnés au dernier supplice étaient contraints , au péril de leur vie , à faire la récolte de son poison.
La vérité est que cet arbre, connu dans le pays sous le nom d'anf/ar, croît, comme tant d'autres, dans les forêts de la province de Balanbonang, et que son voisinage n'a rien de plus dangereux que celui des autres végétaux connus pour être vénéneux- C'est le sue épaissi qu'on retire par incision de son écorce, qui s'appelle upa» ou oupat:. ce poison est tellement actif, qu'iotroduit dans le corps par la plus légère blessure , il donne la mort sur-le-champ '.
Les Malais, pour s'en servir (car il est connu dans toutes Içs îles de la Sonde), le mêlent avec quelque drogue dont ils font mystère, mais dans laquelle on sait qu'il entre de l'ail et du galanga i
' foyage ^«u f'iJa de Java, par H. ncKhampt , docleur-au!dccÎD dt Parb, l'un dca compagoosi da x^igc du g^niral d'Eiiti«>
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ils Y trempent la pointe de petites flèches de bambou, qu'ils lancentavec une espèce de sarbacane. Le docteur Deschamps, de qui nous tenons ces détails , assure avoir ru tuer de cette manière un BÎDge sur un arbre. Le singe reçut le trait empoisonné daDs la partie charnue de la cuisse , poussa uncri,ettombamort8ur-le-champ. La flèche cependaut n'avait pas pénétré un travers de doigt, et ne l'aurait pas empêché de prendre la fuite, si elle n'avait pas été trempée dans Vupas.
Les Javanais ne se servent plus dans leurs guerres avec les Hollandais de ces traits empoisonnés, les armes ù feu en rendent d'ailleurs l'usage insuffisant. Ce n'est plus qu'à la chasse que ces traits peuvent être utiles , et encore leur préfèrent - ils les fusils, quand ils peuvent s'en procurer. Il paraît cependant qu'ils n'ont rien à craindre du gibier tué de cette nianière , et que ce poison, pour agir, doit, comme celui de la vipère , être mêlé directement avec le sang.
L'arbre qui donne l'upaa n'est connu que dans la partie orientale de l'île ; il porte , comme on a dit plus haut, le nom de pofwn ou bohon antj'ar, ou pofum ubati c'est-à-dire l'arbre à upas. 11 s'élève à trente ou quarante pieds ; il a le port et la feuille de l'orme. Lorsque l'on brise ses branches ou qu'on entame son écorce, il eu découle un suc laiteux qui s'épaissit à l'air , et c'est ce qui constitue le poison dans lequel on trempe iea flèches.
On a cherché les moyens de se garantir de ses effets. Les vomissemens , excités d'une manière quelconque, sont regardés comme utiles après qu'on est blessé par la flèche empoisonnée. LesJavabais préleiideut qu'un morceau de sucre tenu dans la bouche suffît pour en préserver. On a encore tenté la ligature et l'amputation, mais sans succès; peut-être que l'alkali, qui est si efficace dans la morsure de la vipère , dont le venin parait avoir de la ressemblance avec l'upas, serait un remède plus certain que tout autre; mais on ne sait pas si l'essai en a été fait. Au reste, l'ufias n'est pas le seul poison qui ait la fatale propriété de donner la mort sur-le-champ, les Américains connaissent le funeste secret d'empoisonner leurs flèches au même degré ; et nous en voyons , dans les cabinets des curieux , qu'on dit préparées dfr la sorte.
Quant  l'origine de la fable que le poison de l'upas est recueilli par des malfaiteurs condamnés à cette épreuve , et qui obtiennent leur grâce s'ils reviennent de ce pèlerinage, voici ce qui a pu y donner lieu.
La polygamie est établie à Java , surtout parmi les grands ; les princes du sang royal y sont donc prodigieusement multipliés , si on peut regarder comme rois de petits despostes bien grossiers et bien ignorans. Les révoltes qui surviennent entre eux doivent y multiplier les criminels digues du dernier supplice. Cependant ces rois, pour s'épar-
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gner la douleur de répandre leur propre sang, oot imaginé d'enroyer dans une ile située au milieu d'un marais fangeux de la côte du sud les coupables , qui y resteat plus o.u moins loDgtemps, suivant la gravité du crime. Qu'on se figure la position de ces malheureux presque nus, sans abri , exposés à l'ardeur d'un soleil brûlant , et pendant la nuit aux vapeurs humides du marais qu] les entoure ; dévorés de mouBtiques , livrés à la morsure des serpene, et n'ayant pour se désaltérer que l'eau corrompue du marais. Il est Tare qu'ils résistent quinze jours à des tourmens pûreg que la mort; et s'ils en sortent vivans, ils périssent bientôt victimes des maladies dont ils ont puisé le germe dans un pareil séjour.
11 est préstimable que ce sont ces condamnés qu'on ne voit point revenir qui Ont donné lieu à la fable de la récolte périlleuse du poison upas. Il a sufË pour cela d'un peu d'exagération dans les rapports des habitans, et de légères altérations de la part des voyageurs.
Mous terminerons ces reoseignemcns généraux sur Java par quelques documeus utiles au commerce, et qui doivent trouver ici leur place. L'un est un règlement sur les droits d'entrée et de sortie à Java et à Madura ', affiché à Batavia le 12 septembre 1818; l'autre , l'extrait d'une ordonnance
■ Hadon ni une p«lii« Ik frrlile en ta, atcc un bon pori aa Don} de t> poiale oriealde de l'Ile de Jiri, el comprûe < lOUftiuemenl de BttaTÏi.
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générale, du i".octobre 1818 , concernant l'entrée des navires étrangers dans les ports de l'île..
Le premier porte :
> Akt. 1" Que les bâtimens venant d'Europe ^ d'Amérique ou de quelques possessions des puissances européennes en Asie et en Afrique, ne pourront entrer dans d'autre port que dans celui de Batavia,
« Les mêmes bâtimens seront tenus de faire leur déclaration d'entrée et de décharge à Bâta via ^ à moins que, pour des raisons particulières, il ne leur ait été accordé par la haule-régence la permission de déclarer et de décharger à Samarang où à Sourabaya.
( 3. Les bâtimens qui partiront pour l'Europe, l'Amérique , ou pour quelques possessions des puissances européennes en Asie ou en Afrique , pourront, à leur choix, faire leur déclaration de sortie à Batavia , Samarang ou Sourabaja , s'îU ont pris leur chargement entier dans une de ces trois places.
' 3. Aucun des bâtimens désignés dans les articles I et 3 ne pourra relâcher dans aucun autre port ou place de l'île de Java ou de Madura , et encore moins y charger et décharger , sans une permission spéciale de la haute-régence, des marchandises ou autres articles.
( 4- ^^s bâtimens nommés chineescke -joitken seront seulement admis à Batavia.
• 5. Tous les bâtimens appartenant à des habi-i
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tans de Java ou de Madura , ou de quelques autres endroits dans les mers orientales sous l'autorité hollandaise , de même que tous les bâtimens domiciliés dans les places appartenant à des princes ou peuples indiens liés d'amitié. avec la régence hollandaise, pourront entrer et sortir dans tous les ports de Java et de Madura , sous condition de se soumettre aux règlemens et ordonnances existans. ( Lorsque ces bâtimens en partiront ^ soit pour l'Europe , l'Amérique , où quelques possessions des puissances européennes en Asie ou en Afrique, ils seroot, de même que tous les autres bâtimens, soumis aux formalités prescrites par les articles I , a et 3.
• 6. Les droits d'entrée et de sortie devront être payés sur tous articles et marchandises qui seront portés à Java ou à Madura , et expédiés de ces places , à l'exception seulement de ceux qui «D sont exempts par le présent règlement, sauf les limites à déterminer par la suite.
• 7. Le paiement des droits devra être fait chaque fois que les marchandises entreront ou sortiront de Java ou de Madura pour des ports situés hors de ces villes.
■ 8. Toutes marchandises qui seront expédiées d'une place à l'autre situées dans l'ile de Java ou de Madura ne seront point sujettes au paiement des droits d'entrée et de sortie, sous condition d'observer les règlemens existans ou à arrêter sur le cabotage. Les capitaines de ces bâtimens seront
igO 1ÉTAT ACTUEL tV COMltEBËE
néanmoins tenus de consigner tes droits d& sortie^ ou bien de présenter pour leur paiement une caii~ tion suffisante jusqu'au déchargement dans le lieti de destination i Java ou à Madura.
• 9. Les bâtimens qui relâcheront pour des causes de dangers, ou ceux destinés pour d'autrès ports situés hors de Java ou de Madura « et qui jetteront l'ancre dans la rade, ne paieront pas les droits d'entrée pour les articles qu'ils seront obligés de décharger ou de vendre.
< Le déchargement ne pourra avoir lieu que sur une permission spéciale de la haute-régence t ou sur celle de la place , et sous la surveillanc* nécessaire.
< 10. Les marchandises qui seront Chargées d'un bâtiment à l'autre, se trouvant en rade , de* vrout, de même que toutes les autres, payer les droits d'entrée et de sortie.
■ Le transport ne pourra en outre être fait que d'après une permission spéciale et sous la surveillance exigée par l'article précédent.
cil. Les marchandises entrées en transit ne paieront pas de droit , à condition qu'avant le dé-< chargement on fera connaître le but de leur en-* trée , et que ces marchandises seront transportées dans les-magasins destinés à cet e£fet à Batavia « en payant deux pour cent de la valeur calculée, et un loyer raisonnable de magasin.
• Les marchandises y pourront rester peu-* dant un an : après l'expiration de ce temps, on
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Sera obligé de payer les droits ordinaires d'entrée.
« 13. Seront entièrement exempts des droit» d'entrée les monnaies d'or et d'argent , les barres d'or et d'argent brutes, les cbevaux, le gros bétail , les brebis et les chèvres , les joyaux et pierres précieuses, les bagages. des militaires, les bagages des marins et des passagers , toutes les fois que ces effets ne seront pas considérés comme objets de commerce.
< 1 5. Seront également exempts des droits de sortie les monnaies d'or et d'argent , le sel , les joyaux et pierres précieuses , les bagages des militaires , marins et passagers , sous les stipulations déterminées dans l'article précédent , les vivres pour l'entretien de l'armée de terre et pour le service des marins à bord des bâttmeas du roi.
« i4- Les droits d'entrée et de sortie devront être payés en monnaie d'argent, d'après le cours et la valeur déterminés par la hagte-régence.
• i5. La quotité des droits d'entrée et de sortie sera déterminée d'après un tarif à rédiger spécialement sur toutes les marchandises et autres articles qui seront sujets à ces droits.
« 1 6. Tant que ce tarif ne sera pas rédigé et publié , on prendra pour base de la redevance du droit d'entrée la valeur en compte des marchandises telles qu'elles sont portées sur la facture ou sur le manifeste du cbai^ement.
• De cette valeur augmentée de trente pour cent, il sera payé i
igs ETAT ACTUEL DU COMMERCE
« Par les bâtimeos hollandais , six pour cent;
■ Par les bâtimens étrangers qui ont fait leur déclaration de sortie dans les Pays-Bas , neuf pour cent ;
■ Par les bâtimeiis étraugers venant des ports étrangers, douze pour cent.
* Lequel droit , à l'égard des bâtimens étrangers , sera exigé autant qu'il n'aura pas été conclu de coQTentioixs entre sa majesté et les puissances étrangères.
I i-j. Lorsque le prix des marchandises porté sur les factures sera reconnu trop bas en comparaison des autres chargemens , d'après les prix courans, ou par d'autres circonstances connues, le délateur pourra donner un calcul plus exact de leur valeur.
■ Le receveur devra avoir l'attentioD , quand oq^ fera une déclaration, de demander les considérations du fiscal maritime.
« 18. Quand l'intéressé refusera de produire une meilleure déclaration , ou daus le cas où il déclarerait ne pas avoir de facture , les droits d'entrée et de sortie devront être calculés d'après le prix du marché du jour, sur lequel sera faite la déclaration suivant la loi.
< 19. Les marchandises indiennes portées par des bâtimens du pays seront taxées et paieront le droit d'entrée de la valeur calculée.
I 20. Seront exemptes des fixations prescrites ci-dessus toutes les marchandises portées par des
bE9 DEUX IKDKS. igS
jonques cbiDoises ; mais elles paieront ud droit
d'entrée calculé d'après la base suivante ; savoir :
I Une grande jonque de Nimpho, 6,000 florins.
■ Une petite jonque de Nimpho, 4t*>oo
■ Une grande jonque de Canton, 5,ooo « Une petite jonque de Canton , 3,ooo
■ Une grande jonque d'Eymuy, 4tOoo • Une petite jonque d'Eymuy, 2,000
■ Après que ce paiement aura été fait, les chargemens de ces navires pourront être librement transportée, sous condition cependant qu'on ne comprendra dans ces chargemens aucun produit européen , ou marchandise de l'est de l'Inde ; ces dernières devront payer au contraire, quoique portées par des jonques, les droits d'entrée suivant les articles précédens.
< 3 1 .Tant que le tarif mentionné dans l'article xv ne sera pas arrêté etpublié, la valeur de toutes marchandises qui sortiront devra être calculée suivant le prix du marcbé au moment de la déclaration.
■ De celte valeur il sera payé :
■ Par les bdtimens hollandais , six pour cent ;
• Par les bàtimens étrangers destinés pour les Pays-Bas , neuf pour cent ;
1 Par les bàtimens étrangers destinés pour les ports étrangers , douze pour cent.
• Le tout , en regard des bâtimene étrangers , pour autant qu'il ne sera pas conclu de, cunven- ' tions entre sa majesté et lespuissances étrangères.
■ aa. Seront exemptes des fixations ci-dessus
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les marchandises suivantes , soumiseB à un droit de sortie dilTéreot, suirant qu'elles sont transportées par bâtimens hollandais ou étrangers ; savoir :
« Le café, par pikol de cent vingt-cioq livres . par les bàtïmens hollaodais, a florins; par te» bâtimens étrangers destinés pour les Pays-Bas , 3 florins ; par les bàtimeos étrangers destinés pour les ports étrangers, 4 florins.
< Le poivre , par ^ikol de cent vingt-cinq livres , par les bâtimens hollandais, i florin; par les bâtimens étrangers destinés pour les Pays-Bas , 1 florin 1 5 gros ; pat les bâtimens étrangers destiués pour les ports étrangers , î florins.
> Le sucre , par pikol de cent vingt-cinq livres, par les bâtimens hollandais, i florin ; par les bâtimens étrangers destinés pour les Pays-Bas, 1 florin i5 gros; par les bâtimens étrangers destinés pour les ports étrangers , a florins.
t h'arak, par tonneau de trois cent quatrevingt-huit pintes, ou mesure dite kan, première qualité , par les bâtimens hollandais , lo florins ; par les bâtimens étrangers destinés pour les Pays- Bas, 10 florins; par les bâtimens étrangers destinés pour les ports étrangers, lo florins.
• — Idem, deuxième qualité , par les bâtimens hollandais , 8 florins ; par les bâtimens étrangers destinés pour les Pays-Bas , 8 florins ; par les bâtimens étrangers destinés pour les ports étrangers , S florins.
( — Idem, tioisième qualité , par les bâtimens
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hollaodais, 6 florins; par les bâtimeos étrangers destinés pour les Pays-Bas , 6 florins ; par les bâtimens étrangers deittinés pour les ports étrangers , 6 florins.
« Le riz y par koyang, parles bâtîmens hollandais, 5 flor.; par les bâtimeiis étrangers destinés pour les Pays-Bas, 5 florins; par les bâtiuiens étrangers destinés pour les ports étrangers , 3 flor.
■ Let chevaux , par tête , par les bàtimens hollandais, ao florins; par les bdtimens étrangers destinés pour les Pays-Ba^, uo florins; par les bdfimens étrangers destinés pour les ports étrangers, 30 florins.
( a3. Les bâtimenè étrangers destinés pour les Pays-Bas seront obligés, en outre des droits dus* de consigner aux bureaux des droits d'entrée et de sortie le suiplus de ce que paient les bâiimens étrangers destinés pour les ports étrangers ; lequel surplus leur sera remboursé dans les Pays-Bas.
■ 34* L'entrée , la sortie ou le transport par terre de toute espèce de munitions de guerre, telles que poudre à canon, boulets, canons, fusils, sabres et autres objets de ce genre, est trèssérieusement défendu par la présente , à moins que le gouverneur général n'en ait accordé la permission spéciale.
■ 33. L'entrée des clous de girofle, de la noix muscade et dumacis, pour le compte des particuliers, est également défendue.
■ a6. L'amfiOQ , soit du Bengale ou du Levant ,
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lie pourra entrer en quantité moindre d'une caisse entière, qui devra peser au moins cent vingtcinq livres.
1 L'amfion ne pourra être transporté d'uue place à l'autre sans uue permission spéciale du fiscal maritime.
> Il n'est permis à personne d'en acheter ou d'en vendre au fermier une moindre quantité-
« Aucune caisse ne pourra être ouverte qu'en présence du fiscal maritime et du fermier , ou de leurs délégués.
t 37. On entend par bâtimens hollandais , dans le présent règlement, ceux qui sont la propriété d'habitans des Pays-Bas , ou des possessions hollandaises aux ludes , et naviguant régulièrement sous le pavillon des Pays-Bas.
« Après l'expiration du délai fixé plus bas, tous ces avantages accordés aux bâtimens hollandais ne seront applicables qu'à ceux qui seront construits dans les pays ou dans les possessions hollandaises aux Iodes.
< a8. . Seront de même considérés comme bfttimens hollandais ceux appartenant à des princes ou peuples indiens qui sont liés d'amitié avec la régence hollandaise. ■
Par un autre règlement des mêmes -commissaires-généraux du royaume desPays-Bas,endate du 1" octobre 1818» il est arrêté «qu'après le • "novembre de la même ani^e, les vaisseaux des- 'tioés pour Java , et venant d'Europe , d'Amérique
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OU de possessions n'appartenant à aucune puissance maritime en Europe , en Asie et en Afrique , ne pourront eutrer et décharger dans un autre port que celui de Batavia , si ce n'est par permissioD spéciale du gouveroement qui leur permettra d'aller à Samarang '.
< Les vaisseaux qui prendront des cbargemens dans quelqu'un des ports ci-dessus mentionnés devront recevoir la totalité de leur cargaison dans le même port, et ne pourront pas aller dans un autre port pour la compléter.
(Tous les autres ports sont fermés aux vaisseaux «urc^eos, américains et autres, excepté aux vaisseaux holtaDdais, à partir de la même époque. ■
Par ce règlement , les droits sur les importations de tous les pays et de tous les lieux, les Pays- Bas exceptés, ont été augmentés de dix à seize pour cent sur le prix de la facture. Les droits d'ex- . portation sur les produits de l'intérieur ont été banssés sur le café , du quadruple ; sur le poivre et le sucre, du double : à moins que les vaisseaux o'aient reçu leurs expéditions pour aller charger à Java, dans un des ports du royaume des Pays-Bas.
Une autre île où les Hollandais, aujourd'hui sujets du Royaume-uni des Pays-Bas, ont des établissemens , est celle de Bornéo , une de celles qui forment les îles dites de la Sonde, dans la mer
' AuDuug ert une >îlU dertle delata, kcnniOD •obanle-dii fine* k l'en de Bâta*». Lm Hollandau j ont un oomploir et on fort i am j troaie bemronp de Cliinoii; et l'empereur, ou «ulian de J*Ta , j ùàl M refldmce babilnelle.
des Indes. Oq la regarde comme une des plus grandes du monde, ayant deux cent soixante-six lieues sur deux cent trente-cinq de large, et une surlace de vingt-cinq mille trois cent trente-quatre lieues carrées. L'intérieur est marécageux , et habité par des peuples dont les maisons , construites sur pilotis au milieu des rivières, annoncent une civilisation à peine ébauchée. Les dites sont peuplées de Macassarois , de Javanais , de Malais , et de Maures mahométans.
Le terruil' y produit en abondance du riz , du coton, du sucre, du poivre, du camphre, qui, comme on sait, est la gomme d'un arbre extrêmement rhaut, et qui s'eleiid beaucoup. Il faut ajouter à ces diverses productions le benjoin, le sang-dragon , divers bois de construction , que les Chinois emploient pour construire des junkset des meubles; enfin le sagou qu'on y fabrique est excellent. On sait que cette espèce d'aliment est commune à toutes les iles de la Sonde , des Célèbes et des Moluques : c'est une pâte végétale que l'on retire d'une sorte de palmier. Les habitans de ces îles en font des petits pains qui se conservent long-temps, lorsqu'ils sont à l'abri de l'humidité. On le prépare aussi en petits grains ; le feu sur lequel on les dessèche leur donne une couleur rousse à l'extérieur : c'est dans cet état qu'on l'achète pour le transporter en Europe et à la Chine. Cuit dans le bouillon ou dans le lait, il forme un aliment assez agréable , mais peu nour-
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rissant : c'est pour cela qu'il coïiTJent aux enfans comme première nourriture.
II 7 a beaucoup de ChiDoÏE . établis à BorDéo , où ib ont des colonies très- anciennes, vÎTent dans une grande sécurité , et font un commerce assez coDsidérablc avec leur pays. Ils y importent des porcelaines , des toiles de coton , des soieries , et en exportent les productions, qui toutes sont propres pour la Chine.
Les naturels -de Bornéo sont féroces , d'une société peu sûre, et ce n'est qu'avec peine et beaucoup de difficultés que les Européens commercent arec eux. Les Hollandais ont des établiasemens sur les côtes de cette île soumis au gouyernement général de Batavia. Leurs comptoirs y sont en bon état , et leur ont été rendus par les Anglais , qui néanmoins n'ont point abandonné l'fspoir d'y conserver un établissement si utile à leur commerce dans ces régions.
Après la paix de 1 8 1 5 , et par suite des traités qu'ellea amenés, les Hollandais mirent une grande acti viléârentrerdans leurs établissemeDsdel'lnde. Le moment était favorable pour eux , l'Angleterre regardant le nouveau royanme-unj des Pays-Bas et de la Hollande comme son ouvrage , et comme devant rester dans son alliance et sa dépendance. Des commissaires hollandais se rendirent dans les possessions de la Sonde, des Célèbes et des Molaques, pour y être remis en possession par Ici Anglais. Le gouvernement de Java fut réoiyanisé
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sur UD plus grand pied ; les Célèbes et les Moluques y furent incoqjOFées.
Ce fut au printemps de 1818 qu'une expédition partit de Batavia , se rendit à Bornéo , releva les aucienB comptoirs hollandais , en établit de nouveaux , et les commissaires-généraux du roi des Pays-Bas conclurent un traité avantageux avec le sultan de Pontiaua. Les grands vassaux de ce prince , qui avait aussi transigé en leur nom , se révoltèrent contre lui. Le sultan marche à leur rencontre à la tête de ses troupes , grossies par une divisioD de Hollandais ; il remporte une victoire complète. Ce prince, dans l'excès de sa re- CQDDaissance, augmenté encore les privilèges déjà obtenus par ses nouveaux alliés, qui voient ainsi sous leur iaAuence exclusive une des îles les plus vastes et les plus fertiles du globe , une tle dont on n'approchait qu'en tremblant, parce qu'on supposait que ceux qui l'habitaient n'avaient aucun principe de civilisation.
Ainsi, par des conquêtes et par une adresse ambitieuse , la Hollande s'étend dans les îles de la même manière que la compagnie anglaise sur le continent de l'Inde : aussi verrons-nous peut-être un jour ces deux puissances éclater en reproches , se disputer quelques possessions, et s'entre-dé* truire par des hostilités de toute espèce. Déjà nous avons vu éclater leur jalousie ; nous avons fV la hauteur britannique s'irriter de l'ambition des commissaires bataves.
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Toujours attachés à l'exécution pleine et entière de ]a rentrée en posaessioa des colonies rendues en Tertu du traite de i8i4i ces commissaires donnèrent ordre à ta même expédition d'aller à Malacca , d'y arborer le drapeau du royaume des Pays-Bas , et de relever les comptoirs hollandais dans cette presqu'île importante. Sentant toute l'utilité d'un pareil établissement, le gouvernement de Batavia y fit placer une station maritime aûn de le protéger : deux vaisseaux de haut bord et une fr^ate se tiennent dans le port ou croisent aux environs pour le mettre à l'abri de toute ten< tative ennemie.
La presqu'île de Malacca, où est la ville de ce nom , est fort étroite , et d'environ cent-dix lieues de long. Quelques écrivains pensent que c'est ta Chenoni$e d'or des anciens. Elle ne tient au continent que par le nord, où elle confine aux états de Siam , ou plutôt au royaume de Jobor , qui en a été démembré , et qui en est seulement tributaire : elle est séparée de Sumatra par le détroit de Malacca. Le principal produit de cette île est en poivre, dents d'éléphant, cannes, gommes. Le climat est un des plus doux et dos plus agréables de l'univers.
■ije% habitans portent le nom AtMaîaU, qui est commun à ceux des iles de la Sonde. Ce sont des hommes féroces et dangereux; on é^ite autant que l'on peut d'en avoir dans les équipages des na- TÎres, Leur principal métier est la piraterie, qu'ils
exercent avec une grande audace et avec succès.
L'établissement de Malacca donne la clef des Hes de la Sonde , des Moluquea , de la Chine et du Japon. Ainsi on ne peut s'étonner de l'importance qu'ont mise les Hollandais à le ravoir : mais on peut trouver étrange la facilité avec laquelle les Anglais l'ont rendu. Aussi n'en sont-ils pas i témoigner leur mécontentement au sujet des concessions faites à la Hollande par la dernière paix.
Un de leurs papiers les plus accrédités dit k ce sujet : ■ Les Hollandais poursuivent le cours de leurs travaux iniques dans l'archipel Indien ; ils ont fermé les ports et forcé les navires nationaux à porter le pavillon et des papiers hollandais. Les ports, naguères indépendana de Bornéo, de Célêbes, de Sumatra-, sont aujourd'hui (iSso) en leur pouvoir, et ils ne manqueront point d'y établir le système d'exclusion qu'ils suivirent au dix-septième siècle. Qui pourra jamais' oublier leurs barbaries , et particulièrement celles dont ils se souillèrent à Amboine en 1621, où ils mirent à la torture des Anglais qui s'y étaient établis , et finirent par les ^nassacrer? Le nionopole de cette tic et de celle de Banda tomba dès-lors dans leurs mains. Ils avouent aujourd'hui ies mêmes intentions; ils poursuivent dans ces parages lointains le même système d'hostilités contre le commerce britannique. Tout est mis par eux en usage pour dégrader et avilir le nom anglais, pour harceler
et ruiner ceux des négocians de notre Dation qui , sur la foi des traités , se sont établis à Batavia. Il s'en faut que nous soyons partisans de la guerre; mais notre cabinet ne souffrira pas que te système hostile suivi par les Hollandais envers les sujets britanniques continue de les exposer aux plus mauvais traitemcns. Il exigera par des remontrances énergiques que ce cours d'usurpation et d'agression ait un terme. S'il en était autrement, tout le commerce oriental serait perdu. Les Hollandais s'emparent graduellement du monopole, et haussent arbitrairement le prix des productions de ce vaste archipel. Ils envoient pour leur propre compte des vaisseaux an Bengale pour T tendre le cuivre du Japon et l'étain de Banca au préjudice du commerce anglais et des intérêts de notre nation.
■ Tous ces détails mettent au plus grand jour notre méprise. Devions nous leur rétrocéder ce pays? Mais nous n'avons pas enctire articulé tous DOS griefs contre leur ambition. I>anB la vue d'interrompre toute communication entre les indigènes et nous , ils ont, vers la fin de 1818, mis en commission trois vaisseaux de ligne, cinq ft-égates , plusieurs sloops et beaucoup d'autres bâtimens armés. En un mot, la tranquillité ne peut plus régner dans cette partie du globe. En conséquence des restrictions imaginées par les Hol~ landais , le prix des denrées coloniales est triple à Java de ce qu'il était quand cette belle île se
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félicitait d'être sous le gouTernement sage et paternel de la Grande-Bretagne. Nous répétons que la guerre ne saurait nous compter parmi ses partisans; mais il s'en faut que nous sojons disposés à sacrifier les droits, les intérêts, l'honneur de notre pays à une nation aride et rivale. L'Angleterre a été trop prodigue dans ses concessions enrers la Hollande ; mais, quoiqu'on ait sujet de s'en repentir, nous ne voulons pas enfreindre le traité. Qu'en vertu de cet acte diplomatique ils ■ jouissent de ce qu'ils ont droit de posséder, mais qu'ils ne se mêlent plus de l'indépendance des ports nationaux , et qu'ils ne gênent plus notre commerce suivant leur caprice. >
Ces plaintes, quelque exagérées qu'elles soient, n'en annoncent pas moins les germes de divisions 'qui existent entre les deux nations, et qu'aux premières hostilités en Europe les possessions des Hollandais aux Indes seront exposées à devenir la proie de l'Angleterre.
La ville de Malacca est peu considérable par elle-même; mais elle l'est par sa position, par son commerce, qui pourrait être plus grand, et qui se borne au poivre et à quelques autres productions de l'ile.
Les marchandises dont le gouvernement bollandais permet la descente  Malacca, sont, des draps légers, des vins en bouteilles, et quelques articles de modes.
On en peut tirer du poivre , du coton , du. ben-
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join , du sagou , du bois rouge , qui trouve son débit à Bombay, de la doÎx d'areck , des rotins ou canoës , doot on fait un bon commerce avec la Chine.
Les navires trouvent en abondance à Malacca des provisions de bouche : les volailles, le poisson , les légumes , les fruits y sont à trés-bon marché ; le mangoustan, ce fruit si recherché par son goût, 7 est trés-commuD.
Mais raciivité hollandaise réduit à peu de chose pour le commerce étranger tant d'avantages ; il en est^ de même de Sumatra , où les Hollandais ont aussi des établissemens.
Lorsqu'ils se montrèrent eu iSi8 sur les côtes de cette grande île pour prendre possession de leurs comptoirs, soumis aux Anglais pendant ta guerre, ils j trouvèrent un concurrent d'un caractère ferme et d'un mérite distingué , sir Thomas RafQes , qui commandait l'escadre anglaise dans ces parages. Il en sera question plus bas, car le trait qui le concerne mérite de figurer dans cet aperçu de l'état des colonies. Mais disons un mot d'abord de Sumatra, mieux connue et appréciée aujourd'hui qu'autrefois.
Elle n'est séparée que par un détroit de la preS' qa'tle de Malacca ; on lui donne près de dix degrés du nord au sud; cette immense étendue n'est ni paiement peuplée, ni même connue dans sa totalité. Les chaleurs y sont tempérées par des Tenta de terre et de mer qui se succèdent régulièrement.
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et par des pluies très-fréqueotes. Des Malais eu occupent la partie méridionale ; ils ont leurs maisons ou plutôt leurs cabanes étevées sur des piliers de bambou et couvertes de feuilles de palmier. ' C'est dans le aord de Sumatra qu'on recueille le meilleur camphre et le meilleur benjoin de l'Asie; il s'en fait un grand commerce avec les Chinois et les Japonais. Le pays est en général très-fertile.
Les Malais établis à Sumatra sont, comme ceux de Malacca, adonnés à la piraterie, qu'ils exercent surtout dans le détroit. On ne saurait trop se mettre en garde contre eux. Ils sont d'autant plus à craindre qu'ils font la course avec de grandes pirogues qu'ils manœuvrent aisément; ils abordent de nuit , avec beaucoup d'audace et de férocité , les navires qui se laissent surprendre; ils les pillent après en avoir égorgé l'équipage : ils arment aussi des bâtimens à deux mâts qui portent de l'arlillerie ; ils en réunissent quelquefois plusieurs pour attaquer de gros navires.
Âchem est la capitale de l'île, et le plus grand marché ; elle a un port excellent , fréquenté principalement par des Hollandais, des Anglais, des Portugais , des Danois et des Chinois.
On y porte de l'Europe , du fer, du cuivre , de l'acier, du plomb, des armes, des munitions de guerre, et des draps d'orj de l'Inde on y porte des mousselines, des toiles peintes, des cotons filés et en bourre, de la soie, de l'argent, et surtout