ÉTATS-UNIS
JLe plus grand, le plus magnifique résultat du dixhuitième siècle, ce sont les Etats-Unis. Cest aux lumières , c'est à l'esprit de liberté de cette brillante époque qu'est due la nouvelle république* Tout concourt à l'aflfermir : la sagesse de ses institutions , les progrès de sa puissance , l'émuIatioD, le patriotisme de ses habitans. Elle est une preuve de la supériorité d'un régime représentatif sur toute autre forme de gouvernement ; son accroissement , ses immenses ressources, sa population, la paix , la prospérité de son commerce , sont autant de démentis donnés à cette maxime si peu intelligible , que les formes despotiques seules assurent la grandeur et la police des nations. C'est bien là que l'homme a retrouvé les titres que la force ou l'ignorance de ses droits lui avaient fait perdre ; et , ce qui n'est pas moins accablant pour les sectateurs des doctrines opposées, c'est encore là qu'aucune convulsion , aucun symptôme d'anarchie n'altère la soumission aux lois unie à la pleine jouissance des libertés civiles.
Ce ne peut être qu'à l'aide de cette heureuse harmonie qu'il est possible d'expliquer la distance immense où se trouvent aujourd'hui ces riches et belles provinces , à partir de leur point de départ ,
D]E;S deux INDES. 7^1
lorsqti'en 1778 elles proclamèrent leur indépendance ; leur territoire s'est accru avec leur population , et son étendue est aujourd'hui égale ou supérieure à celle des plus grands empires.
Mesurées du nord au sud, les provinces de l'Union embrassent dans leur longueur depuis le lac des Bois jusqu'à l'emb^^uchure du Mississipi, 20 degrés ; et dans leur largeur depuis le cap Cod jusqu'aux sources du Missouri, 36 degréç. Mais, si l'on prend seulement sous les mêmes parallèles les points extrêmes des longitudes et des latitudes, d'un côté l'embouchure du Mississipi et ses sources , et de l'âu tre l'embouchure de la baie de Schesapeak et la chaîne la plus orientale des montagnes mexicaines , on n'aura guère qu'une largeur de 18 degrés ou neuf cent quatre-vingtdix milles, et une longueur de 3o degrés, ou de deux mille quatre-vingt-cinq milles' . « Les lignes
' Voyez l'ouvrage de M. Félix Beaujour, ancien consul-général au Levant, et ensuite aux Etats-Uni»^ intitulé j aperçu des États-Unis au oonifnencement du dix-newvièfne siècles i vol. in-8<* (i8i4 ); ainsi que W Description statistiqtie , historique et politique tUs États- Unis, en cinq vol. in-8<^ ( ^890 ) , par M. Warden , ancien consul américain à Paris , un des hommes les plus instruits dans l'histoire et la statistique de sa patrie.
On doit aussi des Annales statistiques , comprenant des aperçus sur la poptUation, le commerce , la navigation , les pêches, (es reven%a , etc. j des Etati-Unis , à M. Adam Seybert, M. D. , ancien membre du Congrès, imprimées à Boston^ un fort vol. in-4*' en aiv? ^ais ( 1818 }. On en a donné récemment un abrégé en français sous le titre de Statistique des Etats- Unis, ^
Le premier ouvrage de queîque étendue qui nous ait fait connaître l'intérieur de ce beau pays est le Voyage dans les États- UrUs en 179^9 ^79^9 ^797» par M. de La Rochefoucauld- Liancourt, aujourd^'hui
qui (ciment ces liniites, dit M. Félix Beau jour ^ derraient embrasser une superficie d'environ deux millions soixante - quatre mille cent cinquante milles carrés '. Mais , parce que ces lignes dont échancrées et irtégulières, et que la côte Atlantique finit diagonalement du nord-est au sudouest, et que les lacs du Canada rentrent par une grande courbe jusqu'au 4o* degré de latitude, la superficie réelle des États-Unis n'est guère que de df ux millions de milles carrés , ou d'un milliard deux dent quatre - vingts millions d'acres, dont la Louisiane seule occupe à peu près la moitié ^. »
pair de France , S vol. iQ*8* , imprime à Paris en 1 798. Le savoir} l'imperturbable philanthropie » la charité chrétienne , l'amour de h patrie et de la liberté, qui caractérisent cef icitérebsant ouvrage, 7 feraient reconnaître un membre de la plus illustre de nos assemblées, l'ancien ami de cœur du v^^rtueux Louis x?i, quand on ignorerait le nom de l'auteur à qui on le doit.
Les Américains eux-mêmes louent l'excellent ouvrage de M. de Volney, du soi et du cUrruU des États-Unis y a vol. in-8«. lis l'ont traduit dans leur langue , comme digne d'être ofert à l'instruction de leurs concitoyens.
■ Le mille américain est de soixante-neuf et demi au degré ; c'est le mém^e que le mille anglais , faisant un tiers de lieue de Fnnce de deux mille deux cent quatre-vingts toises.
* Snitant M. Wardcn, la Louisiane contient près d'un million trente m31e qnatrc-^vingt-dôuze milles carrés^ ce qui rentre assez dans l'évaluation de M. de Beaujour.
O On sait que cette vaste possession fut cédée aux États-Unis par la France, conformément au truté du' ^ë avril i8o3, pour la somme de i5,ooo^ooo de dollars, desquels S,75o,ooo furent balances par pareille somme que la France devait aux négocîàns américains. La différence de ii,35ô,ooo dollars fut payée par un emprunt à six pour cctit que fit le Congrès. L'Espagne ayant cessé d^ltre soumise i la
DES D£U^ I]^PE$9 ^âS
M. Warden présente une estimation différente de la précédente, dans laquelle il fait entrer les états de la Basse-Louisiane ^ du Mississipi , et le territoire de la Floride , pour cent vingt-neuf mille cinq cent vingt-huit milles carrés ^. D'après son calcul , les états de l'Union occupent ou plutôt possèdent une étendue d'un million six cent trente^ sept mille quî^tre cent vingt-quatre milles carrés, où l'on comptait en iÇio une population dé sept millions deux cent trente- neuf mille neuf cent trois individus sujets de la république, y compris près de douze cent mille esclaves noirs ; population portée depuis cettç époque à près de dix millions, ainsi qu'il résulte des calculs qui en ont été faits.
Le lecteur pourra voir dans le tableau qui suit la répartition inégale de cette population dans chacun des états de l'Union, inégalité résultant des divers moyens qu'offre chaque contrée aux établissemens qui s y forment et aux cômipupications que la nature y a ménagées.
France en i8i4) le ti'aitë de cession ne fut pas d'abord rççonptf par Ferdinand tu; de nouvelles négociations eurent lieu; enfin un nou- ▼eaa traité fut conclu le a a février 1819 à 'Washington. Mais ce ne fut que deux ans après, en 18a 1 ,. qu'il fut dë6nitivement ratifié par l'Espagne.
' Cette estimation de la Louisiane ne diffère si considérablement de celle qui a été donnée par M. de Beaujour que parce qu'il fait entrer dans la sienne la Himt&-LouUiane , dont l'étendue à l'ouest da Mississipi est estimée par lui avoir un million de milles carrés.