ARMÉNIENS ET PARTHES
L'Arménie est cette région élevée d'où descendent le Tigre et l'Euphrate, d'où rayonnent dans toutes les direc-
1. Hérodote, II, 102-100; Diod. de Sic, I; Strab., XI , 498, etc.
2. M. Ozanam (les Germains, p. iO-2l) fait un peuple germain de la grande nation des Ases, ancêtres des Scandinaves, et la divise en deux parties, les Alains et les Massagètes. LesGotlis l'étaient très-certainement. Voy. pour toute la région caucasique : Dubois de Montpéreux, Voyage autour du Caucase,
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lions les montagnes qui couvrent l'Asie occidentale. Sauf le Caucase , muraille isolée , qui est dans le sens de la grande ligne orographique de l'ancien continent, toutes les chaînes qui traversent l'Asie Mineure, la Syrie et la Médie, peuvent se rattacher au mont Ârarat comme à leur centre géologique. 11 en résulte que l'Arménie est dans l'Asie occidentale ce que la Suisse est en Europe, une forteresse naturelle, une position dominante où se trouvent les clefs des contrées voisines ^ De là l'importance stratégique de l'Arménie dans les guerres des Romains et des Parthes. Que les premiers soient maîtres de ce haut plateau, et les Parthes seront découverts et menacés sur leurs flancs; que ceux-ci y dominent, et ils pourront inonder les provinces romaines de leur innombrahle cavalerie.
L'antagonisme des deux empires se prononçant chaque jour davantage, r Arménie pour son malheur se trouvera incessamment mêlée à leur histoire , comme le champ do bataille de leurs intrigues et de leurs armes. Aux maux de
I . Soumise aux Perses, ï'iCniiénie M dohri^e par Alexandre à Mi thréiiès. Après sa mort, elle passa à Néoptolème, puis aux Séleucides, jusqu'à la défaite de Magnésie, jyo. Alors les deux satrapes qui la gouvernaient se déclarèrent indépendants; mais leurs successeurs furent soumis parles Parthes, qui leur donnèrent pour roi Valarsace , frère de leur prince Mithridate le Graiid. Ardascliés, arrivé au trône en 114, arrache à Mitiiridate le titre de roi dos rois. Tigrane, son successeur, 8î), s'empare de la Syrie, soutient le roi de Pont Mitliridate, et est entramé dans sa chute. Pompée cependant le rétablit, lui laisse son titre de roi des rois, et son fds Artavasde sert d'abord fidèlement les Romains; mais il ahandonne Antoine qui le fait mourir. Mémoires «ur T^lrme/Mé? de Saint-Martin. —Nous avons déjà eu occasion de montrer que l'Asie Mineure avait été le point de contact des langues , des religions et des civilisations de TAsie et de la Grèce. L'Arménie en fournit de nouvelles preuves. Par ses traditions que Moïse de Kohren nous a conservées, par son premier alphabet et par quelques-uns des sons de sa langue, l'Arménie se rattache aux peuples sémitiques; par sa grammaire et son vocabulaire, à la race arlane qui l'entoure au nord et au sud. Ritter, West-Asien, t. HI. Abth., III, p. 577- 582. L'Arménie a donc été le point de contact et d'union des deux races, autre ressemblance avec la Suisse où se parlent trois langues.