EMPIRE DES PARTHES
la guerre elle joindra les discordes intestines, se partageant entre ses deux redoutables voisins qu'elle hait tous deux ', et recevant de leui^s mains dix rriis en moins de cinquante ans. Tout récemment Artavasde , traîné captif à Alexandrie par Marc-Antoine, y avait été mis à mort par Cléopâtre. « Mais, dit Tacite, la fin tragîqlie du phr^ nous fit un ennemi irréconciliable de son fils Artaxias, qui , secouru par les Arsacides, sut défendre et sa personne et ses États. » Auguste mettra ordre à celte indépendance dangereuse.
Ces Arsacides , qui avaient déjà vaincu deux fois les légions, partageaient avec les Romains la domination du monde connu, et semblàîètit'être îe plus formidable danger que l'empire eût à craindre. Ils prenaient l'ancien titre perse de roi des rois; car d'eux relevaient nombre de princes, les rois de la Bactriane, de la Médie Atropafènë, de l'Arménie, de l'Adiabène, de rÉlymaïde, de la Perside, et ils étaient alliés aux chefs des hordes nombreuses de même origine que letlt" nation, q\rt, âoîiè le nom de WàssïigMes et d'AIains s'étaient étendues entre le lac Aral et le Tanaïs*. De rindus à l'Euphrate tout paraissait soumis à leur pouvoir, et ils avaie;it souvent menacé l'Asie IVIineure et la Syrie. Mais ce que le Rhin était pour la civilisation romaine , l'Euphrate Tétait pour la civilisation hellénique. Le monde grec finissait véritablement sur ses rives^ C'est pour cela que tous les pays à l'occident de ce fleuve étaient entrés si aisément dans l'empire de Rome. Au delà était une autre
1. Maximis impcriis inlerjecH et sœpius discordes sunt^adversus Ilomajws odio, et in Farthum invidia. Tac, Ann., H, 5(>. C'a été encore leur rôle, dans les temps modernes, entre la Perse, la Russie et la Turquie.
2. Strabon, XV, 728, 73G, 744. (X Sainle-Croix ad TaciL, t. IV, p. 373 et seq. Édit. Lemaire.
3. En tant qu'organisation sociale, mais non comme litlérature cl langue, car on parlait grec dans toutes les cours de l'Orient, et on voit le» jois parthes prendre sur leurs monnaies le titre de ^MAEAAHJSES.
ï^2 § m. FAIBLESSE DES PARTHES.
nature et d'autres hommes. Ni les Romains, ni lesParthes, n'avaient jntérêt à déplacer ces barrières; ils l'eussent voulu , qu'ils n'auraient pas réussi , parce que d'autres lois que la force président à l'agrégation durable de ces grands corps qu'on appelle les empires. Les Germains pourront déborder un jour sur la Gaule , car ils y sont appelés par le souvenir des invasions antérieures, par le besoin de se donner de l'espace , du soleil , et une vie plus douce , surtout par l'organisation guerrière de leurs tribus. Mais ces Parthes qui vivent à cheval^ et sous la tente, qu'ont-ils à faire dans le Liban et le Taurus? Viendront-ils s'enfermer dans les cinq cents villes de l'Asie , eux qui n'entrent mêjne pas à Séleucie restée une république grecque aux portes de Ctésiphon^? Le Tibre et l'Oronte pouvaient couler sous les mêmes lois, comme ils vont à la même mer, jamais le Rhône et l'indus.
Cet empire n'avait d'ailleurs que les apparences de la grandeur et de la force . La féodalité qu'on veut trouver dans la seule Europe du moyen âge, a de tout temps régné ep Asie. Au-dessous des rois on voit une aristocratie puissante dont les chefs étaient les surenas ou généraux , et qui donnait ou ôtait la couronne, en s'imposant seulement la loi , comme nos anciens Francs , de choisir le prince dans la branche aînée de la famille des Arsacides^ Pour
1. Justin, XLl, 2. Equis omni tempure veclantur. Illis hella, illis conrrria, illis puhlica ac privata officia oheunt,
2. Cf. Tacite, Ann., VI, 42, et Mine, //. A., VI, 30. Séleucie soutint contre les ParUies un siège qui dura sept ans. Ann., XI, 9, Non sine dedecote Farthorum quos una civitas tamdiu cluserat.
3. Cf. Tac, Ann., II, 1 et sqq. — Le iMonument d'Ancyre, col. \T, 1. 9- 10, appelle iessalrapespnncipa- et reges. Pline, U. A., VI, 29, dit : « Kegna « Pailliorum duodevigentisunionniia, ita eniui dividunt pro\incias. » Les grand.s avaient aussi le nom de Megislanes.Siiéi., Calig , 5, et Tac, An7i., VI, 31. Us possédaient beaucoup de villages et allaient à la guerre avec une nombreuse suite de cavaliers. Jos., A. J., XVTII, 9, 6; Dion, XL, 16.