‹ État du monde romain vers le temps de la fondation de l'empire [microform]Chapitre 170 sur 191 · LES USURIERS · texte numérisé non relu

LES USURIERS

commandement d'un corps dti cavalerie en Cypre, enferma le sénat de Salamine dans sa curie, et l'y tint si longtemps, que cinq sénateurs moururent de faim*. Qu'était-ce, il est vrai, que le sénateur d'une ville alliée ? qu'était-ce que le plus recommandable des provinciaux, même à côté ^ixA&i' nier et du plus misérable des citoyens '? Toutes les taxes de la Cappadoce, plus de trente-tyois talents par mois, ne suffisaient pas à payer les intérêts de Pargent que» Campée avait prêté à Ariobai zane , et Ariobarzane avait encore d'autres créanciers, Brutus surtout, qui le pressait impitoyablement et qui lui arracha cent talents en un an. Aussi, disait Cicéïpn, il n'y a pas de roi plus pauvre ni de royaume plus misérable. Celui de Bithynie n'était pas moins obéré. Pour en tirer quelque chose, ses créanciers, tous chevaliers romains, députés du sénat, généraux, etc., le forcèrent de ravager la Paphlagonie, au risque d'attirer sur lui une guerre terrible ^ Quelques années plus tôt, au temps de Tift^asion des Cimbres , Marins lui avait demandé quelques troupes auxir liaires ; le roi lui répondit : « La Bithynie est déserte et ruinée. Mes sujets! demandez-les aux publicains, qui lœ ont réduits en servitude et les ont emmenés çà et là, dans vos provinces*. » « Où ^nt, s'écrie Cicéron, les richesses des nations maintenant réduites à l'indigence? Qu'avezvous besoin de chercher, quand vous voyez Athènes, Per-

1 Sur l'oppression des provinces par les usuriers. Cf. Justin, XXXV 111, 3, 7; App., B, M., et Cic, Ep. fam., XIU, 56. Sardes devait de grosses sommes à Annéius (XIII, 55); Mcée, huit cent mille sesterces à Pinnius (XUl, Gl) -, Parium à un autre. La loi Gabinia défendit aux alliés d'emprunter à Rome, mais on obtenait avec la plus grande facilité des décrets du sénat qui dispensaient de la loi. Cf. Cic, ad AU,, VI, 1.

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