VI. LES RÉPUBLICAINS
miers beaux jours de Cicéron, c'est-à-dire plus loin que l'espace d'une vie d'homme. La génération actuelle, néa dans la guerre civile et les troubles, préférait un présent tranquille à ce passé dont elle ne connaissait que les douleurs *.
Quand une société se transforme , ce sont en effet les partis extrêmes et violents qui occupent la scène ; les modérés s'éloignent et se taisent. Mais les premiers s'usent dans la lutte, en raison même de leur énergie et au profit des seconds qui , l'œuvre de la force achevée , ressaisissent l'influence. Ceux-ci remplissaient maintenant le sénat et les charges ; ils avaient la fortune, mais ils ne demandaient pas le pouvoir, heureux qu'un autre en prit les ennuis et les dangers. Hommes nouveaux, créatures de tous les régimes, jetés dans le sénat par tous les ambitieux qui avaient eu successivement le pouvoir, ils étaient sans crédit sur le peuple qui ne les connaissait pas, et n'avaient des anciens pères conscrits que le costume, non l'imposante autorité, ni la grande existence «. Pour beaucoup d'entre eux, le laticlave cachait mal la braie gauloise ou la saie ibérienne. Si encore on ne les avait recrutés que de grossiers soldats! Mais qui ne trouvait-on pas sur ces sièges où Cinéas avait vu des rois! Naguère, afin de sauver la dignité du corps, trop souvent compromise, il avait fallu défendre qu'on appelât des sénateurs en justice pour cause de vol et de brigandage ^ et l'on avait arrêté les poursuites contre ceux qui étaient alors accusés. Quant à les voir rivaliser avec les gladiateurs, ce n'était plus une nouveauté; un d'eux com-
U Ann., 1, 2. Tuta et presentia quam tétera et periculosa mallent.
2. Suétone les appelle : deformis et incondita turha. Oct., 35
3. Eut Xyj^nei'a. Dion. XLIX, 48, en Tan de Rome 721, durant rédllité d'Agrippa.
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