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i. Bon, Odes, I, 1 ; Sat., 1, 6. Il descendait des Cilnius d'Élrurie. Sur les faiblesses de Mécène dont je n'ai pas à ui'occuper ici, voy. Sénèque de Pror.,3; de fîc««/:, IV, 36, et Ep,, 19, 92, lOl, 114; Séncc^ lè rliét., Controv., c. XII; voy. dans la Revue archéologique du 15 juin 1852, un article de M. Raoul-Rochette sur Agrippa, dans les i/emoïVej deVAcad. des Inscriptions, t. XL, p. 37-68, un travail de l'abbé Leblond , et Frandsen , M. Agrippais Leben, Altona , 1836.
MÉCÈNE ET AGUIPPA. 253
Leurs services seront grfir|ds ^ifÇor^^^ i}]^js di||^i;^#s. Mécène , qui a tant aidé son maître par sa dextérité à tourner les écueils, durant la tourmente , arrivé au port, s'assoit et se repose. Il s'efface et se tient loin des hpi^nei^ys; il laisse Agrippa gérer avec Auguste le consulat et la censure, administrer, bâtir des temples et des aqueducs, fonder des villes et des chemins militaires, parcourir sans cesser l'empire, et porter partout et en tout son activité et sa lu-r. cide intelligence. Pour lui , il reste à Rome : il fait de petits vers; il écoute Horace et Varius; il donne de fins soupers où les parfums ruissellent; et Auguste, qui volontiers plaisante,, l'appelle l'homme au style et aux cheveux trempés d'huile, fi.upoêp2/£iç. Cependant son rôle n'est pa^ moins sérieux j à sa table, les conversions s'opèrent, les courages farouches s'adoucissent, les vertus austères fondent au souffle du plaisir ; là on apprend toutes les joies de la paix , rindolence,^ la volupté; là surtout on oublie. Il tient maison ouverte d'esprit et de mollesse, et c'est chez lui, au terme d'un joyeux festin, entre une ode épicurienne d'Horace et une, élégie de Properce, que la liberté abdique en se consolanL avec quelque épigramine de Domitius Marsus, que l'amphitryon lui-même applaudit^, ,, „.,. ; „■ ,;.,!,, ...k',, i^-i ^.mib
Après les deux grands ijiiinis^res^ J^ i^e vois plus ?U|pW,r d'Octave que la froide et sévère figure d'Aniislius Labéon , républicain inflexible, et pourtant, dans la science du droit, novateur; Capiton, moins fier, et, comme lui, cbqf d'éçAle^; Vaîiérius Messala, qu'Octave venait de prendre pour collègue dans le consulat; Statilius, qui allait doter la ville de son premier amphithéâtre en pierre, comme pour dire aux Romains que leur nouveau maître ne voulait pas qu'il y eût
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1. Tacite, Ann., 111, 75, Labeo ex incorrupta lihertate et o^ id fçLmç. celehralior. Ortolan, Histoire de la législ, rom.^ p. 27 1 et sqq. s t.!
•254 g VI. LABÉON, MESSALA.
de relâche à leurs plaisirs; Salluste, le fils adoplif de l'historien, et Cocceius, et Dellius, et« les autres amis des premières entrées; » tous recrutés dans le camp ennemi, conquis par la clémence*.
ValériusMessala, proscrit parles triumvirs, comme complice du meurtre de César, avait, à la première journée de Philippes, pris le camp d'Octave et infligé au jeune triumvir cette défaite qui lui valut tant de sarcasmes. Octaye n'oublia jamais celui qui l'avait si bien battu. Il le combla d'honneurs, lui confia les plus importantes affaires et lui laissa vanter en toute liberté les vertus de Brutus. Un autre sénateur, Sestius, conservait aussi pieusement son image et son souvenir, ce qui ne l'empêchera pas d'arriver au consulat. Octave, qui voulait paraître continuer la république, honorer toutes ses gloires , se gardait bien de proscrire ce respect inoffensif pour le dernier républicain. Tite-Live, l'éloquent historien des hauts faits de l'aristocratie romaine et des beaux jours de la liberté, en sera quitte pour un surnom. Même un fils d'affranchi pouvait rappeler impunément k l'ancien triumvir qu'il avait combattu contre lui : le poëte courtisan se hâtait, il est vrai, d'ajouter qu'il avait été aussi un des premiers à fuir.
Relicta non bene parmuhi * .
Mais Octave n'avait pas imposé cet aveu peu digne. Lui-même il respecta à Milan une statue de Brutus ; il appela Cicéron, qu'il avait tué, un bon citoyen ^ et chercha à effacer ses remords en nommant le fils de la victime consul et augure, bien qu'il n'eût guère d'autre mérite que de disputer à Tor-
HOKaGE, VIRGILE, TITE-LIVK. 25 j
qualus Tnconge la réputation du plus grand buveur de Rome\
Messala, orateur célèbre*, se délassait dans le culte des muses; mais la poésie, naguère hostile avec Catulle, désarmait comme la politique. Si Tibulle, que la guerre avait vite effrayé, boudait encore Octave, à l'exemple de Properce, il ne chantait plus que l'amour, et Tite-Lîvé, Virgile, Horace, glorieux représentants de l'histoire, de l'épopée et de la poésie lyrique, servaient les desseins du fondateur de l'empire , en célébrant la grandeur de Rome ou les destinées promises aux descendants d'Iule.
Auprès du vainqueur d'Actium, je trouve encore Asinius PoUion , le protecteur de Virgile et , malgré les éloquents conseils d'Horace, l'historien des guerres civiles*. Il avait autrefois juré à Cicéron de combattre jusqu'à la mort pour la liberté*. Convaincu que cette liberté n'était plus possible, il avait accepté un maître, mais sans éÀïpressement ni bassesse, et, contre le despotisme, il s'était réfugié dans le culte des lettres et l'indépendance de l'esprit. Octave estimait plus qu'il n*àlmit ôe grave pCTsyMgérMui^^ Plaiicus avait moins honorablement traversé ces temps difficiles. Lieutenant de César, puis ami de ses assassins, il était passé aux triumvirs, auxquels il abandonna son frère. A Alexandrie, bouffon d'Antoine, qu'à Lyon il avait appelé un infâme brigand, il était encore venu le dénoncer à Rome. En lui se résumaient toutes les trahisons ; mais un homme si consciencieusement dévoué au plus fort, et qui tenait école ouverte d'adulation ^ était trop utile pour n'être pas