‹ État du monde romain vers le temps de la fondation de l'empire [microform]Chapitre 23 sur 191 · Lucien, •AXéÇavSpoç, C · texte numérisé non relu

Lucien, •AXéÇavSpoç, C

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L'Épire un sud-ouest de la Macédonie ne s'était pas. encore, relevée du coup dont Paul-Éniile l'avait frappée. «Autrefois, dit Strabon, elle était occupée par un grand nombre de peuples vaillants, mais à présent la plupart de ses cantons sont déserts et ses villes détruites. Il ne lui reste que des villages ou des masures; et cette désolation commencée il y a longtemps continue encore ^ » Varron trouve. pQwnant quelque chose à y louer : « Les esclaves d'ÉpLr^, dit-il , sont les meilleurs et les plus chers ^ >. Quel renom pour les descendants des soldats de Pyrrhus ! Ce piiys, chaos de montagnes qui courent jusr|ue sur les bords de la mer n'a point de ces riches plaines autour d'un |>ort que recherchaient les colonsgrecs. Aussi n'étaient-ils venus qu'en petit nombre sur cette côte. Ayant peu de blé, les Épirotes vivaient épars dans beaucoup de villages du pï?o duit de leurs troupeaux. Aujourd'hui encore Janina fait venir sa farine de Thessalie d'où on la transporte à dos d'ânes et de mulets, tandis que les fruits et les végétaux sont tirés d'Arta, l'ancienne Ambraciel H n'y avait un peu de vie et de mouvement que le long de la grande voie Éymtia qui traversait cette province , la Macédoine et une partie de laThrace jusqu'à l'ilèbre, sur un développement de 535 nulles. Cette route était le grand passage de Grèce en Orient. Aussi Dyrrachium.^oa point de départ, élaitelle une cité importante , elle avait servi de place d'armes à Pompée, ce qui l'avait compromise aux yeux des amis de César. Apollonie , autre ville grecque, située plus au sud, en avait profité et ses écoles avaient eu l'honneur de recevoir le jeune Octave.

DÉPOPlI.ATrON DE L.\ GRÈCE. 35

Cette dépopulation de l'Épire s'étendait sur la Grôce même. Los tribus de l'OEta étaient pres(jlle Jinéâfilies : les Athamanes, leurs voisins, avaient disparu. Le pays des Acfu'nanes et l'Étolie étaient changés en déserts. Au lieu de champs cultivés, on n'y trouvait, comme en Arcadie , que des pâtlîrîl^es où le bétail elles chevaux erraient en liberté. Malgré la fertilité de ses campagnes et la liberté qu'elle devait à César \ la Thessalie qui avait servi tant de fois de champ de bataille, s'appauvrissait et voyait ses villes déchoir ^ Dans l'Hellade, Thèbes n'était plus qu'un gros l)ourg; Tanagre et Thespies exceptées, il ne restait des autres villes de Béotie que des ruines et leiir nom*. Mégare subsistait, mais pauvrement. Le Pirée, dont le port abritait jadis trois cents navires de guerre*, était un chétif village. Munychie aVàit été démantelée, îès Longs-Murs abattus, et Athènes ne s'était point encore relevée du désastre que Sylla lui avait infligée cinquante ans auparavant, quand le sang de la population égorgée coulait en ruisseaux par la ville et débordait hors des portes, jusque dans le Céramique.

Dans la lutte entre César et Pompée, entre les triumvirs et le parti républicain, Athènes et Sparte, avaient suivi des partis diflérents. La première alla du côté où elle i^Jràit voir encore la liberté et dressa des statues à firutus, auprès

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