‹ État du monde romain vers le temps de la fondation de l'empire [microform]Chapitre 40 sur 191 · LYCIENS · texte numérisé non relu

LYCIENS

Chez un autre peuple de cette péninsule se retouvent encore les traces du mélange des deux civilisations de rOiien^t et del'Occident. Dans la langue lycienne paraissent s'être fondus les idiomes de la Grèce et de la Perse, de même que l'architecture du pays rappelle dans les roches sé^julcrales de Myra les sépultures rojales(|^jjPersépolis, et dans les temples , dans les théâtres, l'architecture hellénique ^

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grecque et rôAiàfèfe ; jetu* caractère tout indigène nous revêle le style ar chllectural dos vieux Phrygiens. Rien û'y indique rinflucticc d'un goét étranger; l'art plirygiea s'y produit aussi éloigné des principes de l'art grec que de l'ancien style perse ou de la curieuse originalité du style lycien. La langue même des inscriptions y est purement phrygienne : et fetlc langue, avec rali)Uabet encore luoimplélemeiit déchilïré qui nous en a conservé les rares débris, reste enfermée dans les limites Ce l'ancien royaiiine ou régna la dynastie de Midas. Dans toute l'étendue de pays où se irouveiït ces restes vénérables du peuj)ie indigène , on ne voit que de très-rares débris de monuments appartenant à l'époque ronwiue; il semble que les conquérants successifs de la contrée aient ignoré ces vallées solitaires, on plus tard des familles chrétiennes vinrent cheicher un refuge contre la persécutiQu du paganisme, peut-«ire aussi contre l'invasion musulmane, ») Ces monuments sont tous funéraires et taillés dans les rochers, quelques-uns ont des proportions colossales. « Les caractères dos inscriptions qu'on y a trouvées ont une grande analogie avec les lettres grecques de la forme la plus ancienne , et notamment avec l'alpliabel du monuajent houstrophédon de Sigée. Or cet ali)liabet était déjà abandonné par les Hellènes plus de six siècles avant Jésus-Cl/rist ; la langue dont il nous reste un si faible spécimen était donc, selon toute probabilité, celle que parlaient les l'hrygiens avant que le royaume de Midas fût envahi par les Perses. On reconnaît néanmoins dans cette langue un fond grec, qui semblerait indiquer une connnunauié d'origine ; mais les mots inexpliqués, et ce sont les plus nombreux , appartiennent à une langue inconnue. » Voy., touchant l'influence exercée sur la civilisation grecque par les peuples de l'Asie, les Religions de Vantiquité, de M. Guigniaut, Soles, t. 11. Jir partie, p. 1003-1004. , .

' i. Voy. le voyage fait en i8Ï2 çn Lycie par le Rev. Daniel!, le lieutenant Spratt et le professeur Forbes, et les c^eux voyages exécutés dans le même pays en 18iO par sir Charles Fellow, le premier voyageur instruit qui ail pénétré en Pisidie , et qui découvrit les ruines de Xanlhos , dont les murs sont en grande partie construits d'après le système cyclopéen, et celles de Patara - un des principaux sièges de la civilisation hellénique dans la Lycio. n Raoul Rociieite, Journal de& Savants, 18i2,p. 38(i. Au >'. E.

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54 S 1- BITHYI^lEiNS, LYDIENS.

A l'époque dont nous parlons, c'est-à-dire vers le temps de la fondation de l'empire, ces populations, malgré la diversité de leur origine ou de leur histoire , ne parlaient plus, sauf peut-être au fond des campagnes et dans les hautes vallées du Taurus», qu'un des dialectes de la langue grecque, quelque peu altérée déjà dans le peuple, par le contact avec tant d'idiomes barbares et dans les écrivains par cette enflure asiatique dont Strabon se plaint si souvent. Les Bithyniens, par exemple, étaient parents des Thraces. -Mais, dit notre géographe, eux et tous les peuples qui s'étaient établis au milieu d'eux, Phrygiens, Mysiens, Lydiens ou Perses, avaient perdu jusqu'à leur langage et leur nom En Lydie , il ne reste pas trace de

rancien iç|i<?B^ ^^ pays^ »

Si tous ces peuples étaient à peu j[)rès frères par l'origine ou par l'adoption , le temps et les mœurs avaient mis entre eux de grandes différences. Le Phrygien « plus timide qu'un lièvre % » chassé par la misère du sol aride et brûlé

de la Lycie, habitaient les Pisidiciis, dans la chaîne môme du Taurus. Un voyageur moderne a découvert les ruines considérables de deux de leurs villes, Selgé el Sagalassos; celle-ci dans une situation très-escarpée, cellelà sur une crête de rocher de prodigieuse hauteur qui domino perpendiculairement une riche et profonde vallée , aujourd'hui tonte remplie de villages. Les ruines immenses de Sagalassos consistent en sept ou huit temples et trois autres édilices publics, « où tout respire le goût de l'ancien art grec , sans rien qui accuse une époque romaine ou byzantine. » Raoul Rochelte, Journal des Savants^ 1842, p. 379.

1. 11 semble que les Cariens conservaient aussi encore leur langue. « On dit que les Cauniens parlent la même langue que les Cariens, et seuls ont des lois et des usages qui leur sont propres. » Strabon, XIV, 659. Le grec n'avait pas chassé l'idiome celiique du pays des Galates, où S. Jérôme retrouva la même langue qu'il avait entendu parler aux environs de Trêves.

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