Strabon, XVII, p. 83(j
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86 ,S 1- I^ES ROMAmS EN AFRIQUE.
Hérodote, trois cents pour un. Aussi Leptis était-elle devenue une importante cité; ses ruines couvrent une éten due de trois milles de long sur deux de large ^ Après cette plaCeV Strabon ne nomme que quelques villes qui gardaient l'industrie de la teinture en pourpre, dernier reste de la civilisation phénicienne, dont un autre débris, l'idiome punique, subsistera longtemps encore. Notre géo^ graphe parle aussi d'un grand port plus au fond de la petite Syrte. De ce côté se trouve aujourd'hui la ville de Câbès qui ne compte pas moins de trente mille âmes.
Isolée par la mer et les sables, la région des Syrtes était restée, jusqu'aux dernières guerres, séparée du monde romain par la Numidie , dont le sénat n'avait pas voulu faire une province. Une inexplicable réserve avait en effet arrêté en Afrique les pmgrès de la colonisation romaine. C'était pour descendre sur ce continent que les légions étaient, pour la première fois, sorties de l'Italie; il y avait de cela deux siècles , et quoiqu'elles y fussent retournées trois autres fois avec les deux Scipion et Marius, il ne s'y était établi, au lieu de la foule qui courait en Espagne, en Gaule, en Asie, qu'un petit nombre de colons et de marchands italiens. Naguère Rome n'y possédait véritablement qu'un coin de terre, l'ancienne Afrique Carthaginoise; encore l'avait- elle généreusement partagée avec les rois de Numidie ^
Ce royaume, divisé àf)fès la mort de JuguTtha , avait été de nouveau réuni ; et sous Juba il s'étendait, à travers les plus fertiles régions, de l'Ampsagas à la merdes Syrtes. De cette manière il couvrait la province contre les incur-