I. INDIGÈNES
die clans son récit de la guerre de Jugartha \ essaya de retrouver l'origine de ces peuples. Il lut dans les livrei^ d'Hiempsal, écrits sous l'influence des traditions puniques, que les Numides et les Maures étaient les descendants des compagnons d'Hercule. Après la mort du héros, en Espagne, son armée s'était dispersée. Les Perses, les Mèdes et les Arméniens, qui l'avaient suivi, étaient revenus en Afrique, où les premiers se mêlant aux Gélules avaient donné ûaissance auji Numides, Les autres, mêlés aux Libyens , eurent pour descendants les Maures. Procope parle aussi des Maures comme de Chananéens expulsés die la Palestine par Josué. Nous croyons peu à ces récilsj Quand la civilisation grecque gagna les Numides, les nouveaux érudits de ce peuple trouvèrent commode de se fabriquer une illustre origine. Ils ne pouvaient être ni Romains ni Grecs, ils se servirent d'un vague souvenir gardé à travers les âges de colonies venues de l'Orient, et des labuleuse^ axentures de l'Hercule tyriep pour se rattacher à ce qu'il y avait de plus illustre dans le monde, après Home et la Grèce, à la Perse. Quand la civilisation chrétienne pénétra à son tour dans ces ridions, quelques échos des traditions bibliques y retentirent tout naturellement \ Hérodote est plus siniple et plus près sans doute 4e la vérité lorsque , résumant tout ce qu'il sait de l'Afrique , il dit : .c H y a deux peuples indigènes, les Libyens et les Ethiopiens, et deux peuples étrangers, les Grecs et les Phéniciens. » Il y a pourtant quelque chose à conclure des autres récits, quoiqu'ils soient mensongers, dans leur forme actuelle. C'est la tradition persistante de grandes migrations, venues de l'Asie , et qui se seraient étendues de l'est à