‹ État du monde romain vers le temps de la fondation de l'empire [microform]Chapitre 78 sur 191 · II. GOUVERNEMENTS INDIGÈNES · texte numérisé non relu

II. GOUVERNEMENTS INDIGÈNES

Tacite lui-même dit en un autre endroit : « On rendit aux Rhodiens la liberté qui leur avait été déjà sop vent reprise ou confirmée, selon qu'ils avaient bien mérité de Rome , par leurs services, ou compromis la paix publique par leurs discordes intestines ^ v Rome d'ailleurs , mpi^f/^s^SfSi.iipqotntestée du monde, n'en était plus réduite aux combinaisons machiavéliques qu'elle avait pu employer aux jours de sa faiblesse. Ces rois qu'elle conservait ne commandaient qu'à des populations dociles et peu nombreuses; qu'elle dise un mot et ils tomberont, sans même exciter un murmure, car ils ne sont., toutle monde le sait, que 4(^8 proçoasuls f^^-rfî mains l Cominé elle a souvent laissé leurs lois aux répu^ blicjues de la Grèce, elle laisse les chefs qu'ils préfèrent aux peuples habitués à l'autorité d'swjgi,ièu <i'uû prêtre, surtout aux tribus nomades, qui n'avaient point de villes par où Rome pût les saisir.

Tout son empire était donc ainsi divisé : d'un côté, les pays directement gouvernés par elle; de l'autre, ceux qu'elle fiusait administrer par les nationaux. Les premiers étaient les contrées, comme la Gaule et l'Espagne, où les vainqueurs nWàient pas trouvé, aiiWiilieu de mille États barbares, de gouvernement local assez tort pour leur répondre de la soumission du pays. Aussi, dans ces provinces, avaient -ils dû faire eux-mêmes leurs affaires, organiser l'administration, percer des routes et fonder des villes. Pour la Grèce d'Europe et d'Asie, ils se firent longtemps scrupule de renoncer au vieux mensonge de la li-

U Ânn., XIl, 58.

2. Quelques-uns de ces rois se disaient les procurateurs du P. R. « Mi- « cipsa pater meus moriens praecepil uti reguum Numidiae tantumniodo proft curationera eiistumareni meam,ceterura jus et imperium pênes vos esse. » Sali., B, J., 14. Le roi Cottius s'appelle daus son insciription prufedus civUatum....

CONBITION DfiS ROIS ALLIÉS. 107

berté hellénique, qui It^ur avait tant servi, et malgré' l'érection deS pHy^ en provinces , ils trouvèrent commode, pour s'éviter l'ennui d'une intervention continuelle, au milieu de populations querelleuses et bavardes, de conseri^èir Tautonomie à un granii iWMUbrede cités.

Plus loin , vers l'Arménie et l'Euphrate, il 'y avait à f^iire la- t)olice des frontières; qui pouvait mieux s'en charger, si iëîn de l'ïtâîiè, (Jifélë^ i^Wè»fil^^ les rudes leçons de Sylla et de Lucullus, de Pompée et de César, ces princes avaient appris quelles étaient la force de Roitie fet leur prépl^fki blesse. Ils acceptaient donc leur rôle avec résignation ; et l'hérédité qui leur était à peu près laissée ^ leur faisant considérer leur royaume comme un patrimoine, ils l^énàëlëlït d'incontestables sei-vices en main-

1. Strabon dit expressément : a Les Romains ont jugé plus convenable de soumettre la Cilicie Trachée à des rois que de la gouverner eux-mêmes par des ofliciers chaliïés d'y tenir les assises, et qui n'auraient pu être ni toujours présenta, ni accompagnés de troupes. » Voy. dans Suét.,Ocï.,48, la conduite d'Auguste à l'égard des rois alliés. 11 ne fit que continuer en ceci la politi((ue de la république.

2. Sauf consentemeut du sénat, plus lard de l'empereur, Jos., -4. J. XVI, 0. Ils payaient le tribut et devaient en cas de guerre des auxiliaires. Sa!!., Jug., 31. Tac, Ann., 42. App., J5. C, V, 75; Cic, ad /lff.,il, IG,2. L'histoire d'Hérode, racontée en détail par Joseph, montre quelle était la condition de ces rois. « Ils n'avaient pas le droit de faire la guerre , de disposer de leur succession et de leurs enfants, sans la permission de l'empereur, et le serment d'obéissance qui leur était prfté par le peuple en renfermait un autre de fidélité à l'empereur. Voyez en preuve Texpédition contre la Trachonitide, le jugement des deux fils d'Hérode, l'assemblée de Béryte, et pour le serment de fidélité à l'empereur, A. J,, XVll, 2, 4. Lisez au livre XIX, 8, les dures paroles du gouverneur Marsus à six rois venus au-devant de lui. Ces royaumes indépendants étaient donc considérés comme faisant partie intégrante de l'empire tout comme les villes libres; et quand un dénombrement était ordonné pour l'empire, on comptait aussi leurs habitants. Étong. selon àtttrtf lue, eh. H, 1. Sor celte question , voyez Huschke , Ueber den %ur Zeit der GeWrt Jesu €hrfs(î geJialtenen Census, p. 100-112.

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§ 11. UOIS DE LA THHACE.

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'«"^nl!l»''fe 4,'« sûreté des rjC^utef ,^,^i,Aje.lJp^j^,v,i».f fiome sûr les mouvements des nations voisines.

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ROIS DE THRACE, DE CAPPADOGEy ETC. 3ilH**3 «I

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Les provinces occidentales n'avaient pas, avons*nous dit* ; de gouvernement indigène , et l'Afrique venait de perdre tous te siensivcp n'était qu'en Thrace que l'on commençait à trouver des rèi^ alliés, commandant aux Odr^'Sés et' aîiK Sapéens; laibles du reste ^t fee partageant prudermftent dans les gliôrres civiles de Rome entre les deux par ffâ» afin que l'ami du vainqueur sauvât celui du vaincu* Rtiœ^fcupoHs avait ainsi servi Brutus, et son frère Rhœscus, lies trkinwirs, qui pardonnèrent au premier en faveur du se^ coud. Ces relations intix>duisaient dans le pays (filelciuys habitudes romaines; mais les Thi aces n'en restaietU pas naolns des barbai^es malgré les ver^ latins de Coty&l, efc dans l'Hœmus habitaient des peuplades misérables et fé-^ roces , qui devaient à leurs continuels brigandages le surnom de bandits^ Les couleurs dont Hérodote et Thucydide peignaient ces peuples quatre siècles auparavant, sont encore vraies, car Tacite emploie lés mêmes. Il§ se tatouaient l^^^jcps, achetaient leurs femmes et souvent vendaient leurs enfants. Ils regardaient comme indigne d'un guerrier de labourer la, terre, ,,qt.i Wj. connaissaient d'aptr^si sources de gain que la guerre ou le vol. Ils immolaient à M^ dfôn, que les Grecs appelaient Hermès /des yjcUc^ies humaines, et le sanctuaire d'une autre de leurs divinités, s'élevait au centre d'une forêt profonde, sur la plus haute

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