‹ État du monde romain vers le temps de la fondation de l'empire [microform]Chapitre 79 sur 191 · EiUrope, VI · texte numérisé non relu

EiUrope, VI

ROIS DE CAPPADOr.E. 109

cime du Rhodope. De telles mœurs ne font pas les peuples nonnireux et torts. La Ihrace, mal peuplée, est encore une gêne, mais n'est plus un péril. Quand les peuples barbares dégénèrent, quand ils perdent leur sauvage énergie, la chute est plus prompte, plus irrémédiable que pour les nations civilisées. Les Thraces de Thucydide étaient à retlpMtfiafrieeuî^fl^^Tâeite ne Bont que, misérables *.

JEn Asie, plus de la moitié des douzaines de la république av#t gardé ses chefs nationaux. La Gappadoce, grande plaine glacée l'hiver^ lirùlajs)ilfeè'jét|i^,)Çà.etiJà marécageusev et en l^eaucoup d'endroits imprégnée de siiBstànces sali* nés qui arrêtent le développement de la végétation , était riojKi pqurfcaoil„eii ipajos , , mais privée. ,|le i Mm et d^arbres à fruit. Elle:'man<|uait de villes , par conséquent d'indus^* trie et de commerce'^; et, sauf Mazaca, Comana et Tyaney elle n'avait guère que de misérables villages et des daâ? teaux'forts^ Les rois > leUrs amis et les nobles tënâieni de là , dans l'obéissance , une population lourde , sans énei^ie, aussi noial famée à Rome qu'à Athènes, et ^ av^it grandement scandalisé le sénat, en refusant naguère* la

1. Hérod., Vv3-.S|; YU, llÇ; IX, 1 1»,, Tliucyd-, U, JOO; VU, 29-;i0; Xéliopli., Ànah.^ Vlï, 2 , .'ÎS; tacite, Ànn., II, (ÎG; IV^ 4G. Ut., M. Ch. Texier doniièà cette ptalne cent viiT^t liénes de long sur ciiH quaii^ d(^.ljarg.e. JUa n^ige couvre la terre peiulaut piiipioups iijois.cb^^u« aunéè.Cf. Bulletin de la société de Géographie^ 2' série, jt. X, p. 300lilHl wll y lait plirs froid que dans le Pont, ». dit Sirabbn(tiv lili; ' Aussi 'f^ teint des liabitants était-il plus blanc que celmi des ^y5rlens, avec lesquels ils avaient connnunauté d'oriiiiue, et ou les ap^jclait Leuco-Sycieps pp,M|] les aislîriguer des Syriens vérilables Hérodote fait des Cappadociens des Syrieiis, Mtiîse Ue Kli<>rcn;ï. I; ctt. xuf, les raUài^he à la population arM^ nioune^ dont ils iwiiaienl la langue, c'est-à-dire à la popiilaiioH .aria»^. Au reste, ils subirent avec la plus ^nande facilité l'influence de la Perse. Strabon remarque (1. XV) qu'il y avait une grande multitude de ma^es dans la Gappadoce, et que les temples des dieux de la Perse y étaient trèsmultipliés.

3. Sur les dix préfectures de ta Cajipadoce, deux seulement avaient des villes. Strab., Xll, p. 537.

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110 s î^- GRANDS-PRÊTRES DE CÂPPADOCE.

liberté qu'il lui offrait'. Ses rois cependaût, n'usaient pas envers elle d'une autorité bien paternelle. Quand leurs revenus baissaient, ils faisaient volontiers, pour couvrir le déficit, la traite de leurs propres sujets ^ Un des derniers, le frère de cet Ariobarzane , que les exigences usuràii^es de Pompée et de Brutus rendaient \ij^ pi pauvre prince , s'était plu un jour à boucher une des issues du Mêlas, et avait changé en un lac tout une immense plaine. Il voulait se faire une mer Égé^,fi| miWm des terres, avec, des îles disposées en cercle comme les Cyclades. Mais Ip fleave rompit ses digues et inonda les terres des Galates. Ceux-ci sq plaignirent aux Romains , qui firent payer à Ariarathe cette fantaisie royale 300 talents.

, I Le premier personnage de l'État était, après le roi, le grand prêtre de Ma, nommé 4, vie jvec les privilèges de la souveraineté, et toujours choisi dans la famille royale, A Comana, six mille esclaves des deux sexes étaient attachés ^^U service du temple, qui p)?§sçdait des revenus considérables \ Celui de Jupiter, dans la Morimène, en avait trois mille, avec un revenu annuel de quinze talents, pour le pontife qui tenait le premier ranç après le grand prêtre de Comana. Cette population, fort superstitieuse, se partageait , comme on voit , entre ses rois , ses nobles et ses prêtres , docilement soumise à tous. Antoine avait, en l'an 36, chassé Ariarathe et donné sa place à Archélaus*. , ,,j

1. Justin, XXXVin,2. Cf. Observations sur Vhistoire et leà monuments de Césarée en Cappadoce, par l'abbé Belley. Hùt. de l'Aca4. des InscripL, t. XII, p. 124-148, et t. XXXV, p. G24-C39, et le travail plus récent Ue llisely, de Historia Cappadocix^ ISliC.

2. Mancipiis locuples eget aris Cappadocuw. rex. Hor., Ep., I, G. â. Appius, B.M., 1 14, dit de ce sacerdoce ouep e^TTi ô\jvaT'reîa pacriXixri.

a. Gic, Ep. fam., XV, 4. U y avait un troisième pontife fort richeàZéla. Remarquons que la Cappodoce était le point de rencontre des cultes grec et perse. Slrabon y vit des Mages, XV, p. 733. 4. Uion,XUX, 32.

ï'*^ ' LES GALATES. m

i i'rès des Cappadociens lïaBîtaient îèy-èàlates, autrefois -•^divisés en trdis peuplades qui chacune formait quatre létrarchies. Les doure tétrarques et Id juges expédiaient les afïa?l*ei'ordinfei¥es, maîs'quând il s'agissait d'un meurtre, un jury de trois cents guerriers se réunissait à l'ombre des chênes et pcononçait. Gette organisation, souvenir de la prerhi^repatrî^;^'ét^k ^ëli'a peti iTiodifiée; chaque tribu n'avait plus eu qu'un chef, puis tout le peuple s'était partagé entre deux princes; plus tard encore Déjotarus aVait été proclamé seul roi. Quéï^ teiilps avîint la bataille d'Actium, Antoine, comptant peu sur le vieux monarque, avait donnée son général, Amyntas, une partie de la Galatie avec ces régions aridei' ët'rHtihtîi^rieiises, îhfestées de brigîinds que les gouverneurs n'avaient pu dompter; la Ly- *''caonie, une partie de l'isaurie*, de la Pamphylie, dfe la Pisidie; de la Phrygîë Parof^k et la Cilicie Trachée. Déjotarus et Amyntas n'en tirent pas moins défection la veille de **fe* bataille, mais cette trahison sauvait leur couronne, qu'Auguste leùt làïM. Pessinonte, si célèbre à cause de son temple de Cybèle, n'avait plus l'image de la déesse, de- ''puis longtemps transférée à Rome, et ses grands pMi'es avaient perdu ra'uibrîlé et les immenses revenus qui les rendaient égaux aux rois. Son commerce seul lui restait, grâce à sa position au centre de la péninsule *.

Durant l'expédition (^ue les Parthes avaient faite dans l'Asie Mineure, sous la conduite de Labiénus, un rhéteur avait sauvé la ville de Lapd^ç^e, Spn courage et son éloquence furent magnifiquement récompensés. Antoine , si

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1. Amyntas entretenait plus de trois cents troupeaux dans la Lycaonie Quant à l'Isaurie, elle était, comme au temps de Servllius Isauricus, un repaire de bandits contre lesquels il faudra qu'Auguste envole lui-même une expédition. Tac, Ann., 111, 48.

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