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LES SCYTHES

1. Hérodote, IV, 99etsqq. Les Tristes et les lef^res d'Ovide, le Toxaris de Lucien, rinscriplion d'Olbia, n" 2058 dans Boeckii, Strabon, VII, 311, et Pausanias, YIU, 43, 3, peignent les Scythes de la même manière. On remarquera dans cette description, d'une part, les combats singuliers et en quelque sorte le duel judiciaire de l'Europe chrétienne et germanique du moyen âge^ de Tauire, le culte des Huns d' Attila,

à leur tour remplacés par les Slaves, peuplades longtemps obscures, à qui la moitié de l'Europe et le tiers de l'Asie semblent aujourd'hui ne pouvoir suffire*.

Thucydide disait des nations scythiques qu'elles seraient irrésistibles si elles étaient unies^ L'éloignement faisait illusion au grave historien. Ces peuples mal connus qui avaient bravé en Europe Darius, en Asie Alexandre, semblaient en effet bien fortes; mais, comme leurs descen- (lants, ils l'étaient beaucoup plus pour If résistance que pour la conquête. Rome, protégée contre eux par les Carpalhes et le Danube , n'a rien à en craindre , et les colonies grecques établies sur les côtes de l'Euxin vivent sans trop d'inquiétude dans le voisinage de ces barbares, payant tribut aux uns, guerroyant contre les autres, et tâchant de gagner les plus proches à la civilisation hellénique. « Ces nomades, dit Slrabon, sont plutôt guerriers que brigands. Ils ne font la guerre que pour se faire payer les tributs convenus. Laissant les terres à ceux qui veulent les cultiver, ils se contentent d'une modique redevance. Quand on re-

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1. Pour Hérodote et Hippocrate, les Sarmates étaient une branche des

Scythes, parlant un dialecte de leur langue et distingués seulement de

leurs voisins par les habitudes guerrières de leurs femmes. Mais cette

opinion est combattue par plusieurs écrivains modernes, notamment par

Bœckh [Introduciio ad InscripL Sarmat. corpus, p. 83), (jui fait des

Sarmates une tribu mède ou persique et les ancêtres des Slaves, Schafarik

combat cette identité des Sarmates et des Slaves. Les derniers ne seraient

autres que les peuples anciennement connus dans l'Illyrie et sur les bords

de la Baltique, sous le nom de Serbes et de Vindes; il fait des Sarmates

une tribu mède, radicalement distincte des Scythes. 11 ne s"appuie, il est

vrai, que sur des autorités assez faibles, Diodore, H, 43, Mêla, 1, I9, et

Pline, VI, 7. Quant à la liste de noms sarmates donnée par Bœckh comme

identiques avec les noms mèdes, elle n'est pas une preuve suffisante, car,

sui\ant Grootc, History of Greece, on trouverait la même analogie entre

'les noms scythes et les noms mèdes.

2. Thucyd., 11, 97..M Taût^ U [BaaildcL xûv Sxuôûv) àSûvaxa Èliaou^T- Oai oOx oTi xà èv xr, EÙpwTt^ , àXVoOÔ' èv x^ 'Aaia l6vo; ev Tipè; ev oùx Eoxiv ô'xiôuvaxôv Sxv6aiç Ô|xoyvw[jlovou(Ji 7ïâ<Tiv àvxKXxf.vai.

13G § lU. KUIS DU BOSPIJUIŒ.

fuse de la leur payer, ils l'exigent par les armes; sans cela ils ne songeraient jamais à la guerre*. » Un de ces rois Scythes s'était fait construire dans Olbia une vaste maison ornée de sphinx et de griffons sculptés l Aux bouches du Tanaïs s'étendait même un royaume grec, le Bosphore cimmérien, qui, tout en formant un État indépendant, était de ce côté comme une avant-garde du monde civilisé, et par conséquent une sentinelle de l'empire au milieu des nations scythiques.

Ce royaume avait été laissé par Pompée à Pharnace, le fils parricide du grand Mithridate^ Pharnace avait osé combattre contre César, et cette audace lui avait coûté la couronne et la vie. Asander, qu'il avait laissé dans ses Etats quand il rêvait la conquête du Pont et de toute l'Asie , s'était révolté derrière lui et l'avait tué au retour de sa malheureuse expédition^ (47 av. J.-C.j. César avait alors donné le Bosphore à JMithridate le Pergaméen; mais il fallait d'abord le conquérir, et Asander battit son compétiteur. Au temps qui nous occupe, il possédait encore ce royaume, qui, par son commerce , était un des points de

1. Voy. cependant dans Dion Chrisostome, Orat., LXXX, les continuelles alarmes où était tenue Olbia. Du temps de Pausanias' un peuple sarmate, les Costoboces (Pline, H.N., VI, 7), firent une incursion en Grèce et pénétrèrent jusqu'à Élatée (Paus. ,X , 3i , 5). Ptolémée dit aussi qu'ils voulurent s'établir en Galatie (Ptol., III, 34). Sur Olbia, cf. Dœckh Corp. Insc, 11, p. 87 b, et sur toutes les colonies de cette résion Tti tota., p. 80-170. Les chefs de ces tribus sarmates furent plus tard à la nomination ou dans la dépendance des empereurs. Dœckh n"* 2108 2109,2122-2126. ' '

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