Hirtius, in B. A fric
CHEHSOiNESOS, PHANAGORIE , ETC. 137
contact du monde romain avec l'Orient, et par sa fertilité le grenier des provinces orientales'.
Strabon nous montrait tout à l'heure l'humeur pacifique des nomades de ces régions qui avaient vendu îè^stekés aux colons giecs au prix d'une légère redevance , comme aujourd'hui les chefs noirs ou océaniens nous vendent une portion de territoire pouf qûëlqlfe Mbdiqné prêànf. CÎé dispositions favorisaient le commerce de Chersonésos qui avait été déclarée libre ^ et qui garda sa liberté jusqu'au temps de Constantin le Grand; de Phanagorle, de Tanaïs et de Panticapée ; commerce important , car depuis que les Parthes avaient fermé aux marchands la roule de l'Asie centrale , les denrées de la haute Asie arrivaient en Europe par la mer Caspienne et le Bosphore. Les caravanes des cités grecques allaient les chercher jusqu'au delà du Volga =^. Ajoutez que l'on connaissait déjà les mines d'or de l'Oural % et qu'à ce point de contact du monde civilisé et du monde barbare il se faisait d'énormes ventes de la denrée alors la plus commune et qW|)oiit»tailf ^ë'plM^ait le mieux, l'homme, l'esclave. Mais, en ce temps là, comme aujourd'hui, les montagnards du Caucase infestaient de leurs pirateries tout l'orient de lEuxin. De grands e!^ solides navires ne leur étaient pas nécessaires. Quelques planches
1. «Ce fut de Théodosie, dit-on. que Leucon envoya aux Athéniens (sans doute lors de la grande disette de l'an .300) deux millions cent mille niédimnes de blé. » Slrai>., Vil. Suivant Démoslhène, adv. Leptin., les Athéniens recevaient tous les ans du Bosphore quatre cent mille niédimnes.
2. L'è)euO£^ia v.cà àiéÀsta. Constant. Porphyr., de Admin. tfnpcr., 53, p. 251, éd. Bekk.
3. Karamsin, IHst. de Bussie, 1. 1, p. 7. Lcii fSc^tlies vendaient aussi la laine de leurs troupeaux. Les Coraxiens livraient une laine extrêmement fine. Strab., lU, p. 144. '
4. Hérodote dit que les Massagèlcs ornaient d'or leurs casques, leurs ceintures et les harnais de leurs chevaux. '
138 § m. DioscuRiAs, la colchide.
réunies par des cordages , sans fer ni cuivre, faisaient une barque, et en un jour toute une flotte sortait du chantier et du port. Si la mer devenait mauvaise, ils ajoutaient des planches au bordage ; plus les vagues s'élevaient , plus la frêle muraille montait ; ils la fermaient enfin en forme de voûte ; puiss'abandonuant audacieusement aux flots, ils abordaient là où les jetait la tempête ^ Cependant des Grecs tenaient encore sur cette côte ; Dioscurias , à l'entrée de la Colchide, le principal entrepôt du commerce de tout le Caucase, trafiquait, dit-on, avec trois cents tribus.
L'isthme qui sépare l'Europe de la Caspienne est coupé par deux vallées, celle du Phase ou la Colchide", qui descend au Pont-Euxin; celle du Cyrus ou l'Ibérie et l'Albanie, qui s'ouvre sur la mer Caspienne. Toutes deux conduisent aux Pijles Caucasiennes, passage étroit, taillé par la nature entre des montagnes inaccessibles et que fermait une porte de fer ^
Les Colchidiens qu'on faisait descendre d'une colonie laissée par Sésostris sur les bords du Phase, avaient été célèbres autrefois par leurs richesses et leur industrie , leur pays ne fournissait plus que les matières nécessaires aux constructions navales, mais en grande abondance; car du bord même de la mer s'élèvent des montagnes hautes de quatre à cinq mille pieds que couvrent d'épaisses forets. Ce sol agreste nourrissait une race robuste, laborieuse et brave,