‹ État et avenir du Canada en 1854 (volume 2)Chapitre 13 sur 22 · ANNÉES · texte numérisé non relu

ANNÉES

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À une époque antérieure à celle ci, les côtes de la Nouvelle Angleterre paraissaient être le rendez-vous favori de ce poisson. 46. L’exportation du Canada en fait de ‘ produits de la mer? pendant les 4 années qui se sont écoulées de 1850 à 1553 inclusivement, s’est montée en moyenne à £53,075 6s. 3d.; montant bien moins grand, comme on peut bases en Ne. que celui auquel s’est montée Pimportation des mêmes articles dans la province durant la même période. L’exportation du poisson du Nouveau Brunswick s’est montée en moyenne pour. ces mêmes années à la somme de £42,322 9s. 0. Je ne puis donner des renseignements semblables sur lexportation de la Nouvelle Ecosse, mais je trouve dans le recensement de cette province pour 1851, que le produit total des pêcheries est éva-.

Jué à quelque chose de moins que £200,000, et que sur une population de 276,117 âmes, il est employé 9,927 personnes à cette exploitation. L’exportation du poisson et des huiles de l’Isle du Prince Edward est peu de chose, ne se montant en 1851 (la : seule année dont j’ai les rapports) qu’à environ £8000. Comme ces sommes comprennent le produit des pêcheries de mer qui ne sont protégées ni par la convention de 1818, ni par le traité de 1854, ainsi que le produit des pêcheries d’eau douce qui sont protégées par les deux arrangements, aussibién que les pêcheries de mer sur les grèves qui sont rendues libres par l’un et protégés par l’autre, elles peuvent nous mettre en état d’évaluer la véritable valeur commerciale du monopole que l’on cherchait à conserver à un prix immense et au risque toujours imminent de collision hostile avec les citoyens d’un pays qui, vu sa position rapprochée, sa population identique et son activité commerciale, peut dans absence de toute législation génante, devenir le chaland le plus précieux de PAmérique Britannique du Nord. Aussi longtemps que les américains ne pourront pénétrer sur nos territoires à pêches que comme intrus, qu’ils seront privés de lavantage de descendre sur les grèves dés colonies pour les besoins de leur commerce, il est impossible de les empêcher de recourir à des pratiques préjudiciables aux pêcheries, et il est également impossible de faire ‘observer les règlements faits pour protéger et étendre nos pêcheries. Sous ces circonstances, et en vue de l’énergie croissante que lon donnera à cette branche de l’industrie coloniale en invitant la coopération des pêcheurs des Etats-Unis, on peut avec raison espérer que les colonies-en retireront directement et indirectement, après que le traité aura été mis en opération, des profits plus grands que ceux qu’elles en ont retiré durant la période de monopole dont elles sortent. | 47. La libre navigation du St. Laurent et des canaux qui s’y rattachent ouvérte aux bâtiments des Etats-Unis, et qui forme la troisième concession faite à ce pays par le traité en question, n’affecte que le Canada ; et il est facile de voir d’après les faits que révèlent les tableaux transmis ci-joints, que ce-ne sera pas au détriment de ia province que les américains en retireront quel que avantage. Dans l’état général des affaires de la province, les canaux du St. Laurent sont chargés de la somme de £1,352,102 14s., et le canal Welland de la somme de

£1,561,368 16s. &d., sommes qui représentent respectivement le montant employé à les construire. Ce dernier canal a, depuis plusieurs années, été ouvert aux bâtiments des Etats- Unis, pendant qu’ils étaient en grande partie exclus des autres, puisqw’ils n’ont pu passer de Montréal à Québec.; et bien qu'indubitablement il y ait d’autres circonstances qui contribuent à faire du canal Welland une source de revenu supérieure, il est cependant un fait qui mérite d’être mentionné pour démontrer les tendances d’un système de commerce moins restreint, c’est que le total du tonnage des bâtiments de toutes sortes qui ont passé par le canal Welland en 1853 a été de 1,072,248, contre un tonnage de 620,399 qui a passé par les canaux à St. Laurent; le tonnage É es articles transportés sur le premier a êté de 905, 518, contre 65t,H01, sur ces derniers, et le revenu : du premier a été de £53,452 165, 9d., contre £19,726 14s. 9d., pour ces derniers, à © Onest dans l'habitude, me dit-on, depuis un grand nombre d'années de construire des vaisseaux sur l’Ohio, pour un tonnage cohsidérable, à des endroits où le bois est en. abondance, et se les FPE jusqu’à POcéan pour les y vendre nr exporter, dans la’ saison où les eaux sont hautes dans les .æivières de lPOuest. Il est probable que cette industrie sera exploitée sur les bords de nos grands lacs » lorsque Von aura ouvert aux bâtiments Américains une Re à Lo mer par la voie du St. Laurent.

48. Sur le grand total des exportations de produits et pes RU du Canada en 1853, se montant, ainsi qu’on le voit dans ces tableaux, à £4,590,678 14s. éd le chiffre des exportations aux Etats-Unis se monte à Æ£2,205,706 17s. 4d. On peut sur ces chiffres se former une idée de l’étendue du commerce qui se fait entre le Canada et les Etats-Unis et de Pimportance des clauses de réciprocité pour ce commerce. Sans doute qu’une grande partie de cette exportation passe par ‘les États-Unis en entrepôt, mais l’on peut supposer d’un autre côté que les amas considérables de produits Canadiens qui : jusqu’ici se sont vus obligés de chercher d’autres marchés en conséquence des droits élévé du tarif américain, entreront dans la consommation de ce pays lorsque les drbité seront abolis. On peut se former quelqu’idéee de l’accroissement du commerce de transit parles Etats-Unis, en considérant le fait

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que -la valeur des articles transportés en entrepôt de Boston seulement au Canada, qui pour l’année expirée le 31 décembre 1847 était de £4,461 19s. 9d., se montait pour les neuf mois

expirés le 30 septembre 1854 à £977,805 4s. 1d., et que la valeur des produits canadiens mis en entrepôt à éd était, po ar l’année expirée le 31 décembre, 1850, de £12,906 5s., et que pour les trois premiers trimestres de 1854 cette FER s’est montée à £123,245 8s. Od.

49. Les produits naturels du Canada qui entrent sur les marchés des Etats-Unis peuvent être rangés dans les deux classes suivantes : Premièrement, les édisies pour. lesquels, dans les Etats-Unis ou dans la partie des Etats-Unis au moins qui avoisine la partie fertile du Canada, il y a demande constante : bien que variée d’intensité. . L’abolition des droits élevés qui pèsent sur cette classe d’articles importés du Canada sera évidemment bien profitable pour l’exportateur canadien puisqu'elle élève la valeur d’échange de ses produits et recule plus loin la limite où l’augmentation dans la demande lPoblige à se soumettre à une réduction dans le prix. » |

50. L'autre classe de produits naturels du Canada entrant sur. ce marché, comprend des articles qui, pour la moyenne des années, sont produits dans les Etats-Unis sur une échelle qui excède la consommation intérieure du pays, et que généralement les Etats-Unis ont l’habitude d’exporter. ‘Il ést peutêtre plus difficile de déterminer dans ce cas que dans Pautre, la somme précise d’avantages que le fabriquant canadien ets rera de l’abolition des droits sur le produit qu’il importe sur les marchés des Etats-Unis,—et il faut être bien au fait des mouvements du commerce pour pouvoir le décider d’une manière satisfaisante.

51. On pourrait s imaginer, par exemple,que comme les Etats- Unis sont dans l’habitude d’exporter du blé et des farines sur le‘marché dans lequel ils rencontrent le manufacturier canadien sur un pied d'égalité, le prix de ces articles en Angleterre sera déterminé par celui qui règne à l’étranger et que partant, & sauf dans quelques rares exceptions, il est de peu d'importance pour le manufacturier canadien de blé et de farines d’être exclus des marchés des Etats-Unis par un tarif élevé. L’expérience ne vient cependant pas, je conçois, à l’appui de cette conclusion. Que ce soit dû aux inconvénients qui résultent du système d’en-

trepôt ou à la valeur supérieure que l’on attache à un article admissible sur les deux marchés au détriment de celui qui n’est admissible que sur un marché,—le fait semblerait être que le prix du blé et des farines du Canada, en proportion de leur valeur intrinsèque, a toujours été au-dessous des prix américains, bien que pas pour tout le montant du droit américain, durant toute la période qui s’est écoulée depuis 1846, époque où les produits des Etats-Unis furent placés sur les marchés anglais dans une position plus favorable que celle. que le produit “hate occupait sur lès marchés américains.

. Des circonstançes qui sont toutes de goût et de qualités Rs ce résultat d’une manière vraiment remarquable. Quand J’arrivai à New-York en Mai dernier, je rencontrai l’un de ceux ai cultivent le plus en grand le blé en ['anada, et il me dit qu'après avoir fait toutes es .perquisitions DÉsDIEES il trouvait qu’il était plus avantageux de payer le droit américain sur son blé et de loffrir sur les marchés de New-York que de exporter en entrepôt. Le prix du grain était encore très-élevé à cette époque sur les marchés anglais. 11 est à propos de faire remarquer ici que ce monsieur cultive du blé d’une bien belle qualité, et il y a peu de doute que si le traité de reciprocité eut été en opération, cette partie du prix de sa marchandise qui est entrée dans le trésor des Etats-Unis, ns restée dans sa bourse. |

93. D’ailleurs il est AU qu’en outre des principaux produits des colonies, tels que le blé, le charbon, le poisson et le bois, des FO qui Jusqu'ici n’ont pas été exportés sur une bien grande échelle, parce que la valeur en est proportionnellement trop basse pour le volume, vont se frayer un chemin vers les Etats-Unis, en vertu des clauses dutraité. A l'appui de cette assertion je puis dire qu’une personne, qui désirait beaucoup savoir si la pierre serait comprise dans la liste des articles soustraits aux droits, m’informa qu’il avait constaté qu’il y a dans la Baie de Fa une pierre propre à la construction et supérieure en qüalité à aucune autre pierre sur la côte, et qu’il comptait pouvoir, dans le cours de la saison suivante, en transporter 50,000 tonneaux à New York seulement. L’effet du traité sous le rapport des intérêts de la marine, et de la construction des vaisseaux semble m’inviter à faire quelques remarques en passant sur le sujet, vu que dans certains en-

droits lon s’y est opposé, sous le pretexte que le traité ne rend pas libre le commerce des côtes des Etats-Unis ét n’admet pas les bâtiments anglais au droit d’enregistrement américain.

54. Je ne m’arrête pas ici pour savoir si ces objections sont bien ou mal fondées. IH y a au moins quelque plausibilité à répliquer que les bâtiments, dans la plus large interprétation du mot, ne peuvent pas être rangés dans la classe des produits naturels-des colonies, et que s’il faut exiger des Etats-Unis la concession en question comme équivalent des avantages de même nature accordés à ce pays par les lois de la navigation anglaises telles qu’amendées, c'était lorsque ces lois ont été passées qu’il fallait réclamer ce droit. Comme objection à comprendre cette question dans le-traité de réciprocité ne gissait pas cependant dans aucune raison technique, mais bien dans le risque de voir le Congrès rejeter le-traité si ce sujet y eut été introduit, il est bon de voir si les avantages en question ne pourront pas être plus facilement obtenus, en adoptant le traité dans sa forme actuelle. :

55. Maintenant il est évident que Pexclusion dont sont frappés les vaisseaux construits dans les colonies à l’endroit du commerce des côtes-et du droit d’enregistrement américain, ne peut en aucune manière affecter la construction des vaisseaux ni les intérêts des propriétaires de vaisseaux dans les provinces, à moins que l’eflet n’en soit de tenir les prix des vaisseaux coloniaux bien au-dessous de celui.des vaisseaux des Etats-Unis, et les prix du fret des premiers bien au-dessous de ceux des derniers. Mais si le traité pouvait avoir cet eflet, il est évident que tout le commerce qui se fait entre les Etats- Unis et les colonies, se ferait par des vaisseaux coloniaux, et que les personnes qui dans les Etats-Unis, font le commerce des articles volumineux de la même description que ceux qui sont exportés des colonies, tels que, par exemple, le charbon, le bois et la pierre, trouveraient que pour alimenter leurs cités qui se trouvent sur le bord de la mer, elles ont à lutter avec désa vantage contre les colons en conséquence des frais considérables de transport qu’entraine pour elles leur système de protection. Il s’en suit que l’admission libre, dans les marchés américains, de tous les articles venant des colonies aura effet de grossir les rangs de ce parti déjà si influent dans les Etats- Unis qui prétend que la politique de la libre concurrence est la

plus sage qu’un peuple commerçant puisse adopter, et qu’il y a quelque chose d’absurde à faire servir la législation: à rehausser les prix du fret de mer quand, par la multiplication des chemins de ferou des canaux, on fait mille efforts pour diminuer ceux des frets de terre. La résolution suivante soumise par M. Toombs, de la Georgie, dans le sénat des Etats-Unis, vers la fin de la dernière session du congrès, et adoptée à Punanimité, vient à Pappui de mon opinion sur ce sujet—opinion qui gagne du terrain dans plusieurs endroits. |

“ Résolu—Que le comité du judiciairé s’enquière des lois ‘ actuellement en force concernant la navigation et le com- ‘ merce des côtes, et fasse rapport À la seësion prochaine, par ‘ bill ou autrement, sil est nécessaire d’y introduire quelques : ‘ changements, et, si telle nécessité existe, quels changements ‘doivent y être introduits pour diminuer les frais de transport ‘et développer les intérêts généraux du pays.”

96. Il n’est peut-être pas hors de propos de dire ici quelques mots sur les primes d’encouragement que le gouvernement américain accorde aux vaisseaux pêcheurs, vu que le principe sur lequel ces primes d'encouragement sont accordées n’est pas bien compris généralement. Ces primes furent d’abord accordées en 1789, comme commutation ou rabais du droit sur le sel, sous la forme d’un encouragement pour l’exportation non pas du poisson seulement mais de toutes autres provisions salées, y compris le bœuf et le lard. Elles ont toujours retenu leur nature originale sous ce rapport ; car, bien qu’en 1792 on ait substitué à cette prime d’encouragement-pour l’exportation une allocation sur le tonnage des vaisseaux employés sur les bancs et à la pêche de la morue, cette allocation tomba en 1807 lorsque le droit sur le sel fut aboli ; et elle fut remise en force en 1813 lorsque le droit sur le sel fut rétabli. Par la loi maintenant en force, ces gratuités ne peuvent être légalement accoïdées qu'aux vaisseaux qui sont exclusivement engagés dans le commerce des pêches et à des conditions concernant l'équipage, Péquipement et les engagements entre maîtres et, matelots et ‘autres matières, tout-à-fait onéreuses et propres seulement à créer des abus et inciter à la fraude. Comme question d’intérieur, intéressant jusqu’à un certain point le commerce, l’industrie et la morale des citoyens américains, ce système de prime souffre indubitablement de graves objections.

Mais l'effet qu’il peut avoir sur les intérêts coloniaux spéciale. ment compris dans le traité récent, n’est pas aussi direct ni aussi important. qu'on l’a supposé. Le montant payé par le gouvernement des Etats-Unis, comme primes d'encouragement, aux vaisseaux pêcheurs. dans les douze années qui se sont écoulées de 1841 à 1852 inclusivement, a été de £67,7179 1s. 3d.

57. Somme toute, je suis porté à croire que tandis qu’il va s’opérer, par suite de la mise en opération du traité de la réciprocité, un certain changement dans la direction des importations et des exportations du Canada, Padmission des produits naturels de la province sur les mêmes marchés et aux. mêmes conditions que ceux des Etats-Unis, afectera d’une manière bien sensible la valeur des propriétés dans la colonie et y attirera les capitaux étrangers et une émigfation appartenant à une classe supérieure. L’achèvement de nos grandes lignes de chemins de fer qui sont actuellement en voie de construction, qui ouvriront un accès facile aux marchés les plus éloignés et feront de la province la grande voie où s’écoulera ce grand commerce de transit, touten stimulant Pindustrie féconde des localités qu’elles traverseront, contribuera puissamment dans la même direction. On peut en attendre les mêmes résultats pour les sœurs colonies, quand l’effet combiné de toutes ces causes aura fait disparaître toutes les raisons commerciales qui imposait une-infériorité dans la valeur:des terres sur le côté anglais de la. frontière. Il y a donc toute raison d’espérer que si les grands pouvoirs déposés aujourd’hui entre les mains des législatures locales sont exercés avec jugement, la prospérité des provinces, qui s’est tant fait remarquer dernièrement, continuera encore à s’avancer à pas accélérés pendant quelques années: encore, sujette toujours aux fluctuations qui agitent le monde commercial.

58. À l’occasion d’une visite faite par moi il y a quelques semaines dans la partie ouest de la province, pour assister à l'exposition annuelle de l’association agricole du Haut Canada, tenue cette année dans la ville de London, j'ai vu assez de résultats produits par les chemins de fer déjà en opération, pour pouvoir me former quelque idée des avantages que lPon receuillera lorsque les grands projets maintenant en voie d’exécution seront terminés. Dans le fait, il n’est guère possible, si ce n’est pour celui qui la vu de ses propres yeux, de se former

une idée correcte de l’activité que ces nouveaux pays qui renferment le germe non encore développé des ressources les plus vastes et qui.sont oùverts à émigration européenne, ont puisé dans louverture de ces voies de communication et dans les facilités de transport que leur ont offertes les chemins de fer. Je me trouvais d’autant mieux en état de juger de ces résultats, dans le moment, que javais visité en 1847 le même pays dans le même but. Je vous transmet ci-joint copie de quelques unes des adresses qui me furent présentées dans ma dernière visite; vous y verrez respirer les sentiments de loyauté et de

contentement qui règne parmi toute la population en général.

59. Avant d’en finir avec la question des pêcheries et du traité de réciprocité, peut-être me sera-t-il permis de remarquer que, sous un rapport, le traité a subi une épreuve des plus rigoureuses sur son aptitude à atteindre l’objet pour lequel il a été passé. Comme quelques-unes des dispositions de ce traité entraînent un changement dans les tarifs en force dans les colonies, et qu’il a fallu abroger certains statuts des clonies passés pour la protection des pêcheries et qui avaient reçu la sanction de la couronne, on à cru expédient d’inviter les législatures coloniales, avant de le mettre en opération, de passer les actes nécessaires à cette fin. Le parlement canadien a répondu à cette invitation en passant à Punanimité la loi demandée. La législature de PIsie du Prince Edward a suivi la même marche. Dans le conseil législatif du Nouveau Brunswick,. personne ne s’est opposé à la mesure, et dans l’assemblée législative il n’y a eu que cinq voix contre. ‘Le congrès des Etats-Unis a déjà ratifié le traité avec la même unanimité. Le parlement de la Nouvelle Ecosse s’est réuni en session spéciale pour législater sur le sujet, et J’espère pouvoir, avant de fermer cette dépêche, vous faire connaître le résultat de ses délibérations. Si l’action législative de cette province et celle du parlement impérial s’expriment d’une manière favorable à la mesure, les dispositions du traité auront été sanctionnées par cinq des législatures les plus populairement constituées du monde, chacune d’elles représentant une population profondément intéressée dans le sujet.

60. En même temps que s’effectue ce grand mouvement de l’industrie et de l’éducation que j’aï cherché à peindre en peu de mots, il s’est opéré dans la province un changement d’un autre caractère et qui n’est guère moins intéressant et digne de

remarque sous le point de vue morale et politique qu’il Pest sous lé point de vue économique. Le premier jour de Janvier 1847, les troupes stationnées en Canada et maintenues aux frais exclusifs du trésor anglais, se composaient de 7,149 sergents, tambours.et soldats, outre trois corps de cavalerie provinciale et une compagnie provinciale d'hommes de couleur qui ont été licenciés en 1850. A la même date en 1848, le nombre total de ces troupes était de........,... 6191 ler Janvier, 1849...................0.... 6253 PARC O PIE TSSONr MIE RAR SEM F do ISP EL PRO IR NE SUR UE TSETT dolls HOMME ST MUR RAS AR O4 do 1669 sn ee tar Ab?

dote Mods 7e ro at 406806 lenOctobresr 1854) als tests. ver 1882 Il n’est pas probable que le premier jour de janvier, 1855, ce nombre excèdera 1750 ; et il s’est ouvert des négociations qui auront, probablement vers cette époque, déchargé la Grande- Bretagne d’une grande partie des dépenses qu’elle à à payer pour les casernes et les travaux militaires et qui jJusqw’ici ont étê défrayées par le trésor impérial. ‘ | 61. Le changement qui s’est opéré dans Pesprit public et le langage des hommes d'état de la province, à propos des dépenses de cette nature, est encore plus important pour la condition et l’avenir de l'Empire que ne peut l’être la diminution que l’on a eflectuée ainsi dans les dépenses encourues par la Grande-Bretagne. Au commencement de la période historique que comprend cette revue, non-seulement le A en et la législature de la: coloré refusaient de décharger la mèrepatrie d’une partie de ce fardeau onéreux, mais l’on remarquait, dans quelques cas, une disposition apparente à prendre avantage, d’une manière qui n’était pas trop généreuse, de la libéralité avec ne le gouvernement impérial défraÿ ait ces dépenses. Quand j'arrivai dans la province en 1847, je m’aperçus que certains articles importés par le commissariat pour Pusage des troupes et achetés avec les deniers anglais, étaient soumis en entrant dans la colonie, au paiement de droits qui rentraient ‘ dans le trésor de la province ; et ce ne fut que dans la session de 1849 à 1850 qu’il fut fait dans la loi des CHPRECIR OMR qui mirent fin à cette anomalie. Comme à cette époque il n’y avait

guère que le simulacre d’une force civile dans la province, les soldats de Sa Majesté étaient constamment requis de rendre des services qui auraient été rendus, d’une manière plus efficace et plus conforme à la pratique anglaise, par un corps de police. Et je suis heureux, de pouvoir dire qu’il s’est manifesté un esprit bien différend quand il s’est agi de faire face aux exigences occasionnées par les réductions récemment faites dans les établissements militaires de la province—et qu’il semble exister les meilleures dispositions de pourvoir aux fonds nécessaires à l’organisation et à l’établissement d’une force locale respectable. Bien que je maintienne qu’aussi longtemps que les colons n’auront point de voix dans les conseils de l'empire, : ils auront droit à attendre des autorités impériales cette protection qui les mettra à l’abri des hostilités qu’ils n'auront point . provoquées, et qu’il convient en conséquence qu’il soit entretenu des garnisons impériales à certaines stations militaires importantes, telles qu'à Québec, comme une garantie que cette protection ne sera pas invoquée en vain, si le besoin s’en présente, je suis certain que rien ne contribuera plus à aflermir l’Empire et établir dans le cœur des colons les sentiments élevés du devoir national et individuel, que de leur laisser une partie dé la responsabilité de leur propre défense et du maintien de l’ordre intérieur qui jusqu'ici incombait à la mère patrie.

62. Le parlement du Canada vient de: prouver tout l’intérêt qu’il porte à la lutte‘dans laquelle PEmpire se trouve engagé et à l’alliance qui heureusement existe entre les deux nations dont les descendants ne forment qu’un seul peuple dans cette province, en votant à l’unanimité la somme de £20,000 pour venir en aide aux veuves et aux orphelins des soldats et matelots formant partie des armées alliées qui succomberont au service de leur pays, dans la guerre actuelle. Est-ce trop que de croire que si, a quelque époque à venir, lorsque la puissance matérielle dé ces provinces florissantes se sera pleinement développée, Sa Majesté se trouve engagée dans une lutte qui, comme la présente, engage toutes les sympathies de son peuple, le même esprit qui a inspiré pour la cause de la charité cette contribution libérale ne. portera pas les canadiens à vouloir partager avec leurs frères de la. mère-patrie les gloires et les sacrifices d’une guerre honorable ?

. Ces résultats n’ont pas, il est vrai, été obtenus sans que Don “ introduit dans le système du gouvernement qui régit la province des modifications dont il est à propos pour moi de dire quelques mots avant de terminer ce rapport, vu que lefiet de ces modifications en certains endroits en est bien imparfaitement compris. 6

64. Les principes du gouvernement constitutionnel ou parlementaire, admis en hécre depuis le jour ou fut publié le rapport du comte de Durham sur les affaires du Canada, ont en pratique, durant ces quelques dernières années, eu leur pléin effet. Tous désirs de donner le monopole des charges à un seul parti dans la province, ou de décharger les ministres provinciaux de la responsabilité qui s'attache proprement à leur position comme serviteurs de la couronne dans la colonie, ont cessé. Le gouverneur a franchement accepté comme. conseillers les personnes qui, de temps en temps, ont possédé la confiance du pays et de la législature, avec l'entente bien comprise et fidèlement observée, qu’ils avaient son appui et sa faveur aussi longtemps qu’ils continueraient à le mériter par leur fidélité à la couronne et leur dévouement aux intérêts de la province.

65. On ne pouvait pas s’attendre à ce que ce système d’administration pût être honnêtement mis en pratique dans un pays où le feu des discordes civiles qui avaient récemment éclatté était à peine éteint, sans provoquer quelque part des sentiments de désappointement et d’irritation ; mais l’on devrait se rappeler, quant l’on envisage ces questions avec impartialité, que les résultats de l’insurrection en Canada ont été d’une nature quelque peu compliquée. Pendant que la résistance armée à l’autorité était promptement et efficacement réprimée, les abus dont se plaignaient les mécontents étaient dénoncés par les employés du gouvernement impérial nommés pour s’en enquérir, et cela dans des termes guères moins énergiques que ceux que les mécontents employaient eux mêmes, et que sur la foi de ces remontrances le parlement d'Angleterre, à l’heure du triomphe, prenait des mesures pour y remédier. Quand ils parlent de ces abus—le comte de Durham dans son rapport, Lord Sydenham dans sa correspondance devenue publique, et Pauteur de la biographie de Lord Metcalfe, se servent du même langage. Vouloir cepeñdant qu’une As les causes disparues, les effets dussent se continuer—cher-

cher par des méthodes indirectes à maintenir ce système d’exclusion qui avait été condamné en principe, c'était une chose aussi illogique qu’impolitique. C'était jeter du doute sur la sincérité du gouvernement impérial, c'était faire croire que ces concessions étaient dues à tout autre sentiment qu’au sentiment du droit et de la justice. : D’ailleurs pour quiconque a l’habitude de suivre les mouvements de l’opinion, il est évident que des tentatives de cette nature ne pouvaient avoir un succès permanent, quelque fût Phabileté qu’un gouverneur pût déployer. Dans une société où l’on était déjà si Pure de toute intervention impériale, dans les affaires locales,

la préférence marquée d’un gouverneur pour un parti dns l'Etat ne pouvait manquer d'exposer tôt ou tard à des SOUDE nie parti ainsi préféré et affaiblir par là l’influence qu’il devait avoir sur l’esprit public. Tandis que d’un autre côté, le fait de voir une classe d’hommes politiques devenir lobjet de sa méfiance particulière devait avoir un effet aussi sûr de ménager

à ce parti la simpathie populaire, à un degré nullement propor-

tionné à ses droits à la faveur publique. . Et,comme des soup- Gons et des simpathies de cette nature, qui dominent dans lé pays et dans le: parlement, doivent nécessairement affecter la stabilité des administrations, un gouverneur qui aurait adopté cette politique, quel que fut son tact.et son habileté, se serait trouvé inévitablement entouré à un époque de conseillers trop faibles pour Paider, à une autre époque de chefs de partis qui se seraient imaginé être parvenus au pouvoir contre son gré et être moins les serviteurs de la couronne que les. tribuns du peuple chargés de faire prévaloir des opinions populaires et des intérêts de parti auprès d’un exécutif sans responsabilité et sans volonté. J’ai vu, bientôt après mon arrivée dans cette province, assez de fruits de cette politique pour me convaincre que la position qu’elle fait à un gouverneur est une fausse position, et que l’agitation perpétuelle dans laquelle elle jette l’esprit publie est très nuisible au progrès matériel et moral de la société.

66. Dans une dépêche que j'ai adressée au comte Grey, de bonne heure en 1849, et que je puis citer aujourd’hui puisqu’elle a été publiée dans les papiers parlementaires du jour, je faisais les remarques suivantes, en peignant les résultats de l’antagonisme constant qui avait régné entre l’exécutif et la branche

populaire de la législature, et qui avait pendant plusieurs années caractérisé le système des administrations canadiennes. ‘ Dans une société singulièrement démocratique dans sa for- ‘ mation, où les diversités de race fournissent des éléments ‘ particuliers d’agitation, et où par conséquent il est très impor- ‘{ tant que Pautorité constituée soit respectée, l’influence morale ‘ de la loi et du gouvernement. se trouvaient affaiblie par un ‘* état de luttes continuelles entre des pouvoirs qui devaient se é prêter un appui mutuel. On ne saurait se figurer un état ‘ moins favorable pour éteindre les animosités nationales et MORE établir solidement l’influence douce et bienveillante de ‘ ces institutions libérales qu’il est de Porgueil et du privilége de PAngleterre d'accorder à ses enfants. Et j’ajoutais : “ Je ne suis pas sans espoir, qu’en adhérant fermement aux principes du.gouvernement constitutionnel et en maintenant l’harmonie entre les branches co-ordonnées de la législature, on parviendra avee le temps à corriger ces abus.” Il est un fait de quelqu’importance, puisqu'il justifie les espérances que j’exprimais à la fin de ce dernier paragraphe, c’est que durant la présente session de la législature provinciale, des questions brûlantes d'intérêt, telles que celles des réserves du clergé et de la tenure seigneuriale, ont été réglées à des conditions qui commandent généralement lapprobation dans le parlement

comme au dehors, —et cela, par une administration possédant la

confiance du parti conservateur dans la province.

67. J’admets sans difficulté, que vouloir maintenir cette position jointe à l’influence légitime due au gouverneur, c’est offrir un des problèmes les nte difficiles qu il yaità our lorsque lPon veut adapter le gouvernement parlementaire au régime colonial, et qu’il est im possible de OP évaluer Pimportance qu’il ÿ a à le résoudre d’une manière satisfaisante. Comme le gouvernement et le parlement Impérial évitent toute intervention législative et tout exercice de patronage dans les affaires coloniales, la charge de gouverneur tend à devenir, dans le sens le plus vrai du mot, le lien unique qui relie la mêre-patrie à la colonie, et son LR le seul moyen qui puisse maintenir l'harmonie AR entre les RER locales et les autorités [mpériales. Ce n’est cependant pas, dans mon humble opinion, en cherchant à étendre le plus qw’il pourra en sa faveur les principes constitutionnels, mais bien au contraire en acceptant franche-

ment les conditions du système parlementaire que le gouverneur pourra avec le plus de certitude établir et étendre cette influence. Placé par sa position au-dessus des luttes de partis—tenant sa charge à des conditions beaucoup moins précaires que les ministres qui l’environnent ne tiennent la leur—n’ayant d’autres intérêts que éeux de la société dont il est appelé à administrer les affaires—son opinion, une fois que toutes les causes de jalousie et sonpeons auront disparu, ne peut manquer d’avoir un grand poids dans les conseils de la colonïe, pendant qu’ilpeut se constituer d’une manière toute spéciale le patron des intérêts. d’un ordre plus grand.et plus élevé—des intérêts par exemple tels que ceux de l'éducation, tels que ceux du développement A et matériel dans toutes ses branches qui, bien différends en cela des contestations de partis savent réunir au lieu de diviser les membres du corps politique. Vouloir parler de ces influences comme d’une puissance que l’on peut appécier dans ladminis

tration des affaires publiques, c’est peut-être provoquer l'ironie

dans la bouche de cette classe de personnes qui n’ont point de foi, quand on en appelle à d’autres sentiments qu’aux sentiments les plus bas de la nature humaine ; mais ceux qui nourrissent des sentiments plus justes sur l’humanité, et qui ont vu jusqu’à

quel point des influences toutes morales savent rectifier le

jugement, ne seront point disposés à leur refuser un haut ÈS d'efficacité,

Jai, &c.

(Signé) ELGIN ET KINCARDINE.

P. S.—Je viens d’apprendre que Paseniés législative de la Nouvelle Ecosse a, par une majorité de 31 contre 10, passé la loi requise pour donner effet au traité de réciprocité et des pêcheries, en autant que cette province y est concernée, et que le lieutenant-gouverneur l’a sanctionnée au nom de Sa Majesté.

Copie d'une dépéche du Comte d’Elgin et Kincardine au très-honorable Sir John Pakington, Bart.

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