‹ État Fédéral et Confédération d'ÉtatsChapitre 10 sur 311 · Esmein, 4. c., p · texte numérisé non relu

Esmein, 4. c., p

sance publique. « Celui qui est devenu ainsi seigneur de fief, d'ordinaire a fait des concessions à d’autres personnes et réuni ainsi sous sa puissance un certain nombre de vassaux; car,aux âges de la force et de la violence, il faut être riche et puissant pour se faire chef et protecteur. Ces divers vassaux forment le groupe féodal, qui estl’âme de la société féodale. Il forme, en effet, comme un petit État, muni d’un gouvernement propre, et capable d’accomplir toutes les fonctions essentielles de l’État » (x). Tel est, en effet, le résultat de toutes ces chartes d’im-— munité, de tous ces droits régaliens concédés aux seigneurs : chacun d’eux devient en fait le suzerain d’un petit État. Evidemment il relève d’un suzerain, celui-ci d’un autre suzerain, et ainsi de suite jusqu’au roi de France, mais pendant longtemps, cette dépendance est purement nominale. Peu à peu la royauté commence à prendre conscience de sa force; d’une indépendance presque complète des seigneurs féodaux, des alleutiers, des villes libres, on arrive à une féodalité hiérarchisée, et alors chaque pays peut être considéré comme formant une vaste confédération, parfois à plusieurs degrés, avec le roi ou l’empereur comme président (2). Puis l’évolution

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