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pétence propre et celle des individus et des collectivités non Souveraines ; mais il doit le faire conformément au droit, et non pas en suivant son bon plaisir comme unique règle. C’est dire que l'Etat est tenu de respecter la nature et le but des collectivités qui le composent : etpar exemple il ne possède nullement, en vertu de sa puissance suprême, l’autorité familiale suprême, ni, dans la conception moderne de l’Etat, l'autorité religieuse suprême. Il s’agit là en effet de buts différents de celui de l'Etat, et auxquels par conséquent sa compétence ne s’étend pas ; car « la domination de l’Etat n’est fondée moralement et juridiquement que sur son but collectif. Or, celui-ci exige, mais aussi ne souffre rien de plus qu’il n’existe dans l'Etat aucune volonté et aucune domination qui ne soit saisie par lui et soumise à sa domination à lui en tant qu'il est nécessaire pour s’adapter à son principe et à son but collectif. À ce point de vue (et à celui-là seul), la domination de l’Etat est en comparaison avec toute autre une domination suprême, La souveraineté ainsi comprise est le trait caractéristique qui permet de distinguer l’Etat de toute autre forme d'organisation sociale, et en particulier de toute autre collectivité politique» (x).
La nature même de l'Etat implique donc l’existence de certaines limites théoriques à sa souveraineté. Est-ce à dire que l'Etat respectera toujours ces limites ? Non; par cela seul qu'ilconstitue une personne libre, il peut, par l'intermédiaire de ses organes, commettre des actes contraires au droit, comme le peut toute personne physique ou morale; il peut même, par un coup d'Etat, bouleverser les principes du droit dans leur existence objective, exactement comme ses membres par une révolution ; mais, non seulement il ne peut le faire qu’à condition, comme le dit Jellinek, de remplacer l’ancienne législation établie