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Polybe, XXXIII

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rôle du peuple dans le Congrès a très probablement été fort exagéré par certains des auteurs qui ont écrit sur ce sujet ; tels qu’ils le décrivent en effet, ce rôle serait impossible à concilier avec le mode de votation adopté dans les assemblées fédérales, sur lequel nous avons des renseignements précis. Le vote est compté par peuples, non par tête de citoyens présents. C'était d’ailleurs de toute nécessité si l’on voulait mrintenir l'égalité entre les différents peuples ; sans cette mesure, des villes très peuplées, comme Sparte, Mégalopolis, auraient joui d’une influence excessive. Il est donc fort probable que le peuple n’avait quère qu’un rôle consultatif, car, du moment que le vote n’a pas lieu par tête, les citoyens sont en réalité réduits au rôle de simples spectateurs ; leur influence est surtout morale, et tout au plus peuvent-ils, par leurs marques d’approbation ou de désapprobation, indiquer qu'ils désirent l’adoption on le rejet de la mesure proposée.

Les règles applicables aux réunions du Congrès sont les mêmes pour les assemblées ordinaires et extraordinaires, La session dure trois jours ; il y a autant de votes que de peuples confédérés, et la décision de la majorité des peuples oblige tous les membres de la Confédération. Parfois les délégués dont l’opinion a été rejetée quittent l'assemblée en manière de protestation ; mais c’est là une manifestation purement platonique, car les cités qu'ils représentent n’en sont pas moins tenues d’obéir.

Les attributions du Congrès sont nombreuses et importantes. En dehors de sa compétence très étendue en matière internationale, c’est lui qui est chargé du maintien de l’union fédérale et des lois qui la régissent; c’est lui qui prononce sur l’admission des nouveaux membres. C’est aussi un tribunal fédéral; il peut, en cette qualité, punir d’amende les membres de la Confédération, et sa compétence s'étend même à des questions d'ordre privé : c’est

00e ainsi qu’on le voit, à diverses reprises, prononcer la peine de mort contre un citoyen coupable.

Ses attributions internationales sont considérables. C’est lui qui a la haute main sur la direction des affaires extérieures de la ligue ; seul il peut déclarer la guerre et faire la paix (1), conclure des traités d’alliance (2), nommer des ambassadeurs représentant la Confédération à l’étranger (3), recevoir les princes ou ambassadeurs étrangers (4), contrôler les relations particulières des peuples confédérés avec les puissances étrangères (5) ou entre eux.

Les magistrats fédéraux, on l’a vu, font partie du Congrès; mais ils ont aussi des attributions propres. Je ne m'occuperai que du stratège (6), qui est en réalité le véritable chef du pouvoir exécutif (7). Il est d’abord chef

. Polybe, XX, 3, 5, et Tite-Live, XXXV, 95.

. Polybe, XXII, 4, 5 et 6; Tite-Live, XXXII, 23.

. Polybe,XX VI, 1, 8; Tite-Live, XXXII, 23. Le titre officiel des ambassadeurs achéens est : envoyés du peuple des Achéens (Polybe, XVI, 35, 1). Ils devaient à l'assemblée un compte rigoureux de leurs actes. Polybe (XXII, 9, 5), cite un cas où l’assemblée annula un acte de ses ambassadeurs qu'elle désapprouvait.

4. Les princes et les ambassadeurs étrangers pouvaient être admis aux séances du Congrès; ils lui exposaient le but de leur demande et pouvaient même prononcer des discours pour la faire adopter.

5. On verra, en effet, qu’en principe, chaque ville conserve intact le droit de légation.

6. Il y en eut deux au (lébut; mais de bonne heure leurs pouvoirs furent réunis sur une seule tête.

7. Les autres magistrats ne sont guère en effet que les aides du stratège. Cela est vrai, surtout de l’hipparque et du navarque, lieutenants du stratège, qui commandent en sous-ordre les forces militaires et navales de la ligue. Le conseil des deémiurges, composé de dix membres, est une sorte de conseil exécutif et de comité secret de la confédération.

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