‹ État Fédéral et Confédération d'ÉtatsChapitre 19 sur 311 · Polybe; XX,:9,4, 2/6 et · texte numérisé non relu

Polybe; XX,:9,4, 2/6 et

2. Mais il faut bien se garder de croire que par cela seul qu’ils entraient dans la ligue à la suite d’une guerre malheureuse, ces Elats se trouvaient réduits au rang de simples vassaux. Comme le fait remarquer M. Marcel Dubois, « il ne faut pas appliquer nos idées modernes à l’appréciation de ces temps, ni croire que l'assimilation du vaincu au vainqueur ait été une condition nécessaire pour que celui-ci pût accorder l’égalité à ses nouveaux administrés. D’abord, vainqueurs et vaincus étaient Grecs, et sentaient mieux que jamais la valeur de ce titre commun. Puis le vainqueur n'avait point à s’occuper de gagner la faveur des villes soumises ; il lui suffisait de favoriser dans chacune d’elles un parti qui prenait ia haute main et expulsait les opposants. Quiconque était mécontent du nouvel ordre choses quittait la cité. Les exilés pensaient beaucoup moins à accuser les Étoliens envahisseurs que le parti auquel ils devaient la domination. En un mot, l'opposition n'é-

divers membres variait davantage dans la ligue étolienne : chaque cité recevait au moment de son accession une loi détaillée, qui précisait les conditions de cette accession, et réglait son organisation nouvelle. Parfois les conditons imposées sont telles que la cité qui les subit peut être cons.dérée plutôt comme sujette que comme alliée ou confédérée. Mais l’on ne peut soutenir que telle ait été la situation de tous les membres de la ligue étolienne ; elle ne se rencontre au contraire que pour un petit nombre d’entre eux: et il suffit de l’existence de quelques membres libres et autonomes, prenant part à la formaüon de la volonté suprême, réunis entre eux par les liens d’une constitution à l’établissement de laquelle ils ont participé, et non par ceux d'une sujétion véritable, pour que l’on se trouve dans le cas de l'Etat fédératif. Sans parler des membres les plus indépendants, les cités d’Elide et de Messénie, par exemple, qui jouissaient d’une très grande autonomie, presque toutes les cités gardent leurs magistrats, ont leur budget particulier, leur monnaie à elle, leurs assemblées locales où elles élisent leurs propres magistrats, nomment leurs délégués au Sénat fédéral, discutent à l’avance les questions qui seront traitées à l'assemblée fédérale annuelle ; enfin, décident si elles se feront représenter aux assemblées extraordinaires. La ligue doit protéger les cités qui en font partie contre les attaques venant soit de l'étranger, soit d’un des membres : cette clause seule prouve bien qu’elle ne forme pas un Etat unitaire, car une semblable clause ne se comprendrait pas dans un Etat de ce genre.

En revanche, les cités confédérées ont, bien entendu, certaines obligations à remplir envers la ligue. Elles

tait pas apaisée ni soumise par le temps, mais supprimée par l'exil, et dans ce temps de perpétuelles discordes, le vainqueur étranger n’était point l’obligé, mais le bienfaiteur du parti qui l'avait appelé. »

tn de doivent lui fournir des contingents militaires et des contributions pécuniaires proportionnelles à leur population. Le pouvoir central intervient pour régler les contestations qui s'élèvent entre les divers membres, pour trancher les questions de délimitation de frontières, etc.

D'une manière générale, il exerce un certain droit de contrôle sur l’administration des cités. Il entretient dans chaque ville des représentants, archontes ou stratèges, chargés de veiller à l’exécution des obligations fédérales. Tout citoyen d’une cité confédérée est de plein droit citoyen étolien ; mais la qualité de citoyen de l'Etat fédéral passe avant celle de citoyen d’une des cités. On peut même, en certains cas, n’avoir que le titre de citoyen fédéral : cela arrive, par exemple, pour les citoyens d’une ville de la ligue prise par les ennemis, qui réussissent à gagner le territoire fédéral. La ligue, pour accroître son influence, donne aussi parfois le droit de cité étolien dans des villes étrangères, et y forme ainsi des partis qui lui sont dévoués. Mais les Romains, qui suivaient une politique analogue, obligèrent les Étoliens à y renoncer (196 a):

Telles ont été les institutions des deux plus célèbres confédérations de l’antiquité grecque. Je n’ai pas à retracer ici leur histoire; il me suffira d’en rappeler en quelques mots les faits essentiels. La ligue achéenne, fondée pour résister aux prétentions des Macédoniens, de Sparte et des Etoliens contre la liberté de la Grèce, eut un moment d'éclat sous Aratus et Philopæmen. Mais cette période brillante devait être de peu de durée. Le Sénat romain acheta successivement plusieurs des stratèges de la ligue ; il se fit même, pour plus de sûreté, livrer comme otage mille des personnages les plus influents de la ligue, dont Polybe, qu’il garda 17 ans en exil. Quelques-uns de ces bannis, de retour dans leur patrie, soulevèrent une dernière fois leurs compatriotes; mais les Grecs furent

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