PROS
particuliers, seuls en rapport direct avec l'Etat central au point de vue de la participation active à la souveraineté, se trouvent seuls aussi directement sous sa dépendance. En d’autres termes il n’existe aucun lien direct, ni actif, ni passif, entre le peuple et l’Etat central; chaque individu n'appartient à l'Etat central que médratement (d’où le mot de médiatisation), par l'intermédiaire de l'Etat particulier dont il fait partie. Ainsi, pour employer la comparaison de Laband, l'Empire allemand n’est pas une construction simple, à un étage, mais bien une construction à deux étages superposés ; l'Etat central repose, non pas directement sur le peuple allemand, mais sur les Etats particuliers, comme une coupole élevée au-dessus de plusieurs maisons distinctes repose non pas directement sur le sol, mais sur les maisons qui la supportent (1).
Cette théorie serait exacte si l'Etat fédéral pouvait ne comprendre qu’un seul élément, les Etats particuliers ; mais l'Etat fédéral, à raison de sa double nature de fédération et d'Etat comprend nécessairement deux éléments, les Etats particuliers et les individus, éléments dont la réunion, la coopération intime, et non pas la superposition, la disposition arbitraire en deux étages distincts, sont nécessaires à son existence comme Etat fédéral. Pour avoir refusé d'admettre la coopération à la souveraineté de ces deux facteurs de la volonté fédérale, dont la dualité ne se trouve pas plus en contradiction avec l'unité de la souveraineté que l’existence de trois organes du pouvoir dans l'Etat unitaire ne se trouve en contradiction avec l'unité logique du pouvoir (2), comme d’un autre côté l’existence du second de ces facteurs est impossible à nier, Laband se voit forcé d’en faire dans sa théorie