Cf. supra, p
2 V. supra, p.488; 492 n. 1.
que, mais deux sujets (1), l'Etat collectif « chef de la communauté » formée par l'union de cet Etat avec les Etats particuliers, et l’ensemble des Etats particuliers (en fait bien entendu, seulement la majorité d’entre eux), qui se trouvent juridiquement dans la dépendance de PEtat collectif, Du moment qu'il existe un être qui commande et d’autres êtres qui lui sont soumis, c’est que l’on se trouve en présence d’au moins deux personnes, deux sujets distincts. Car il est évidemment contraire à l’unité et à l’indivisibilité essentielles à la personne, qu’une partie de cette personne puisse commander à une autre partie de la même personne. Et ceci est aussi vrai des personnes morales que des personnes physiques, car la personne composée n'existe que lorsque l’on considère toutes ses parties unies entre elles comme un tout indivisible : les sépare-t-on, elle n’existe plus (2).
Si ce qui se passe dans une société organisée quelconque, où par le seul fait de cette organisation il y a des gouvernants et des gouvernés, semble contraire à ce qui vient d’être dit, ce n’est là qu’une pure apparence. II n’y
1. Cf. Zorn, dans Hirth's Annalen, 1884, p. 482. Les développements qui vont suivre démontreront, je l'espère, qu’il. ne faut pas hésiter à répondre affirmativement à la question que Zorn ne fait que poser sans la résoudre : « Est-il logiquement et juridiquement possible d'envisager « l'Etat collectif et les Etats particuliers dans leur ensemble » comme wn « sujet » alors que les Etats parliculiers sont soumis juridiquement-à l'Etat collectif, ou ne doit-on pas arriver nécessairement à la conclusion que Etat collectif et les Etats particuliers doivent, en vertu d’une nécessité logique, être considérés comme deux sujets. La « genossenschaftliche Person » [littéralement la personne faisant partie d’une association, mais ici plutôt la personne constituant elle-même une association] de Gierke ne fait-elle pas disparaître l'essence de la personne, c'est-à-dire son unité et son indivisibilité ? »