‹ État Fédéral et Confédération d'ÉtatsChapitre 32 sur 311 · Cf. de Laveleye, loc. cit., p · texte numérisé non relu

Cf. de Laveleye, loc. cit., p

Ne

çais furent arrivés aux portes d'Amsterdam, le peuple se souleva, massacra de Witt et élut uu stathouder. Le stathoudérat était en effet en principe une fonction élective. Sous Guillaume III, il fut déclaré héréditaire; mais ce prince étant mort sans enfants, la République resta sans stathouder jusqu’en 1847, année où le peuple, à la suite d’un nouveau soulèvement, en élit un autre.

L'importance réelle du stathouder fut, au moins sous certains des princes d'Orange, beaucoup au-dessus de leur rôle juridique. En droit, le rôle du stathouder était assez restreint ; en fait les immenses services qu’ils rendirent à la République les firent reconnaître à certaines époques comme le premier ou l’un des premiers organes de la nation. Ainsi, bien que cette attribution ne leur eût Jamais été expressément confiée, c’étaient eux qui représentaient les Pays-Bas à l’étranger, et cela parfois sur la demande même des puissances étrangères : la notion de l'Etat étant alors peu développée, les souverains étrangers préféraient voir les traités par eux conclus reposer sur un engagement personnel, l’engagement du stathouder envers eux. De plus, tous les princes d'Orange sauf un, Maurice, en plus de leur titre de stathouder, reçurent des Etats Généraux ceux de capitaine général et d’amiral général des Provinces-Unies. Ils possédaient ainsi le commandement suprême des forces de terre et de mer de l’Union. En théorie, ils se trouvaient placés, même à ce point de vue, sous l’autorité des Etats Généraux ; mais en fait l’habileté et la modération avec laquelle ils usèrent toujours de ces importantes prérogatives leur firent reconnaître une autorité à peu près sans limites en matière militaire. Le stathouder devint ainsi en fait à certaines époques l’organe le plus important de la Confédérat:on. Comme l’a dit de Laveleye, « le stathouder n’était qu’un fonctionnaire provincial ; mais en fait le mérite extraordinaire et héréditaire des princes qui ont été investis de

SHPONLE cette fonction leur avait donné l'autorité d’un président de la République et parfois presque celle d’un souverain » (1).

D. — Enfin, au-dessous des Etats Généraux, du conseil d'Etat et du stathouder, se trouvaient un grand nombre de collèges, jouant le rôle des ministres des Etats actuels. Les affaires de la marine, par exemple, au lieu d’être administrées par un ministre responsable, l’étaient par cinq collèges de l’Amirauté. A côté de ces collèges, il y avait un certain nombre de Chambres ou conseils, possédant pour la plupart des attributions purement financières (Chambre des finances, Chambre des comptes, Chambre des monnaies), et quelques fonctionnaires fédéraux, civils ou militaires, par exemple, le grand pensionuaire de Hollande (2), le capitaine général et l’amiral général

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